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	<title>Association Fran&#231;aise pour la Lecture</title>
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		<title>&#171; Robert Desnos l'homme qui souriait &#187; </title>
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		<dc:date>2017-06-15T11:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Jacques Fraenkel, ex directeur de la FEMIS (assistant de Bunuel, ami d'Aragon, de Pr&#233;vert...), un des rares &#224; avoir connu Robert Desnos, nous a re&#231;us pour parler de Chantefables, Chantefleurs, po&#232;mes destin&#233;s &#224; la jeunesse. Il a gard&#233; un souvenir si &#233;mu et si vivant de celui qui venait lui raconter des histoires dans la chambre o&#249; il &#233;tait reclus avec sa famille pendant l'Occupation qu'il a du mal &#224; parler de l'&#339;uvre sans &#233;voquer longuement l'homme, ami de son p&#232;re et de son oncle (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique55" rel="directory"&gt;138 - &#171; Michel Violet, Robert Desnos, Armand Gatti, John Berger &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques Fraenkel, ex directeur de la FEMIS (assistant de Bunuel, ami d'Aragon, de Pr&#233;vert...), un des rares &#224; avoir connu Robert Desnos, nous a re&#231;us pour parler de &lt;i&gt;Chantefables, Chantefleurs&lt;/i&gt;, po&#232;mes destin&#233;s &#224; la jeunesse. Il a gard&#233; un souvenir si &#233;mu et si vivant de celui qui venait lui raconter des histoires dans la chambre o&#249; il &#233;tait reclus avec sa famille pendant l'Occupation qu'il a du mal &#224; parler de l'&#339;uvre sans &#233;voquer longuement l'homme, ami de son p&#232;re et de son oncle avec lequel il avait particip&#233; au mouvement des Surr&#233;alistes. T&#233;moins d'une &#233;poque sombre et douloureuse, ces courts po&#232;mes t&#233;moignent de la r&#233;sistance opini&#226;tre d'un homme joyeux qui a aim&#233; la vie jusqu'au bout.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive ce n'est pas la po&#233;sie qui doit &#234;tre libre, c'est le po&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;(Robert Desnos, 1943)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Alors que, depuis la promulgation des lois antis&#233;mites par le gouvernement de Vichy, nous vivions dans la clandestinit&#233;, Robert Desnos &#233;tait un des rares &#224; nous rendre visite. Je ne savais pas alors comment il s'appelait, je ne savais pas non plus comment je m'appelais, je ne savais m&#234;me pas que &#231;a existait d'avoir un nom. J'avais entre 5 et 6 ans mais je garde un bon souvenir de lui parce que c'&#233;tait le seul qui souriait alors que la peur r&#233;gnait. Comme il nous fallait tout de m&#234;me sortir, ne serait-ce que pour aller d'une cachette &#224; l'autre, Desnos, qui avait, de par son engagement de r&#233;sistant, la possibilit&#233; de faire des faux papiers, avait fabriqu&#233; une fausse carte d'identit&#233; &#224; mon p&#232;re et, un jour o&#249; j'avais demand&#233; d'aller faire un tour dans le quartier parce que je n'en pouvais plus de rester reclus, on a &#233;t&#233; rafl&#233;s. Mon p&#232;re a alors sorti la carte qui nous a sauv&#233; la vie. La derni&#232;re fois que j'ai vu Desnos c'&#233;tait en f&#233;vrier 1944, environ un mois avant son arrestation. Il m'a dit : &#171; &lt;i&gt;C'est bient&#244;t ton anniversaire. Je vais t'&#233;crire un po&#232;me, je te ferai un dessin et je reviendrai t'apporter &#231;a la prochaine fois.&lt;/i&gt; &#187;. Depuis, je le c&#244;toie tous les jours, j'ai des photos partout. J'ai la chance d'&#234;tre devenu son ayant-droit puisqu'il est mort sans h&#233;ritier et, avec Marie-Claire Dumas, je fais vivre son &#339;uvre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'&#233;mission &#224; laquelle ils ont particip&#233; tous les deux sur France Culture&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Je suis toujours tr&#232;s &#233;mu en pensant &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son p&#232;re avait commenc&#233; comme marchand des quatre saisons avant d'&#234;tre mandataire (grossiste) en volailles et gibier aux Halles, &#224; Paris. Il l'a laiss&#233; mener sa vie de po&#232;te en pensant qu'il reviendrait mais il n'est jamais revenu sans pour autant se f&#226;cher avec sa famille. Il a fait de la radio (&lt;i&gt;La cl&#233; des songes&lt;/i&gt;), a travaill&#233; dans des revues, &#233;t&#233; repr&#233;sentant de commerce... Antimilitariste, il a r&#233;sist&#233; comme il a pu mais il a r&#233;sist&#233;. Il se battait tous les jours, soit en montant des spectacles, soit en faisant des blagues, soit en chantant, en venant nous voir... Il profitait de son activit&#233; de journaliste pour piquer les d&#233;p&#234;ches non encore censur&#233;es et les communiquait &#224; la R&#233;sistance. Il &#233;tait membre du r&#233;seau AGIR qui comprenait de nombreux cheminots dont certains se sont &#233;tonn&#233;s, un jour, des mouvements de wagons qui partaient vers la Normandie en transportant des chargements bizarres (ciment, rails...). Michel Hollard, responsable du r&#233;seau, a d&#233;p&#234;ch&#233; Desnos sur place (parmi d'autres) pour enqu&#234;ter. Robert est donc parti avec son petit chevalet d'aquarelliste faire de beaux dessins de la c&#244;te. Il s'est aper&#231;u qu'on construisait des bases de lancement de V1 et de V2 et, chaque fois qu'il en localisait une, il l'int&#233;grait &#224; son paysage en dessinant un petit arbre. Aussit&#244;t communiqu&#233;s &#224; Londres, ces dessins ont servi &#224; des op&#233;rations de bombardement. Il s'entendait tr&#232;s bien avec Pr&#233;vert avec lequel il lui est arriv&#233; de d&#233;m&#233;nager, dans des valises, des armes qu'il cachait chez lui. Bien qu'il ait au moins particip&#233; &#224; un acte meurtrier (&#171; &lt;i&gt;Moi aussi j'ai abattu mon ennemi. / Il est mort dans le ruisseau, l'Allemand d'Hitler anonyme et ha&#239;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le veilleur du Pont-au-change &#187;, 1942, repris dans Destin&#233;e arbitraire, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), il n'a pas &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; pour acte de terrorisme mais d&#233;nonc&#233; par un journaliste de droite &#224; qui il vouait un m&#233;pris total et qu'il avait gifl&#233; publiquement en le traitant de &#171; &lt;i&gt;sale collabo&lt;/i&gt; &#187;. D&#233;port&#233; &#224; Auschwitz, il est mort du typhus &#224; T&#233;r&#233;zine alors que le camp venait d'&#234;tre ouvert par les Sovi&#233;tiques. En apercevant son nom sur les listes, deux &#233;tudiants tch&#232;ques, qui connaissaient son &#339;uvre, l'ont cherch&#233; et lui ont demand&#233; s'il &#233;tait bien le po&#232;te fran&#231;ais. Ils lui ont offert le bonheur de ne pas mourir anonyme. Ses amis se sont alors organis&#233;s pour que ses cendres soient recueillies et ramen&#233;es &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Honte aux rutabagas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le seringa : &#171; Honneur au seringa / Honte aux rutabagas. &#187;&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A Paris, lorsqu'il comprend que ses jours sont en danger, Robert Desnos remet le manuscrit de &lt;i&gt;Chantefables, Chantefleurs&lt;/i&gt; &#224; Michel Gr&#252;nd qu'il croisait r&#233;guli&#232;rement au caf&#233;. Malgr&#233; la diligence de l'&#233;diteur, l'ouvrage sort trop tard pour que son auteur puisse le voir. Depuis, l'&#339;uvre poursuit son chemin, chant&#233;e &#171; &lt;i&gt;sur n'importe quel air&lt;/i&gt; &#187; comme le pr&#233;conisait le titre de la premi&#232;re parution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;30 chantefables pour les enfants sages &#224; chanter sur n'importe quel air, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; &lt;i&gt;J'ai mis un certain temps &#224; conna&#238;tre ses po&#232;mes, poursuit Jacques Fraenkel, j'ai d&#251; les d&#233;couvrir quand j'avais 10 /12 ans, et comme beaucoup d'enfants, j'ai commenc&#233; &#233;videmment par les Chantefleurs Chantefables qui me fascinaient sans que j'aie acc&#232;s &#224; leur double sens. La Fourmi, par exemple, est un de ces &#171; po&#232;mes de r&#233;sistance&lt;/i&gt; &#187;. Fourmies est une ville du nord de la France, avec des usines m&#233;tallurgiques o&#249; on fabriquait des locomotives. Ces locomotives &#233;taient connues dans le milieu des chemins de fer, on les appelait des &#171; &lt;i&gt;Fourmi(e)s&lt;/i&gt; &#187;. Et quand Desnos parle de la &#171; &lt;i&gt;fourmi de dix-huit m&#232;tres&lt;/i&gt; &#187;, il se trouve que la locomotive et son wagon de charbon mesurent dix-huit m&#232;tres ; quant au chapeau, il s'agit du chapeau de fum&#233;e. Tous ces pingouins et ces canards qui, dans le train, parlent fran&#231;ais, javanais et d'autres langues, il est aujourd'hui &#233;vident que ce sont les &#233;trangers, les Juifs et les r&#233;sistants qu'on emportait dans ces wagons. C'&#233;tait un jeu, pour Robert, d'&#233;crire comme &#231;a, &#231;a le faisait marrer ; il faisait &#231;a pour les enfants, pour les faire rire et, en m&#234;me temps, il faisait passer quelques remarques, quelques messages. Il a su nous transmettre, dans une &#339;uvre diverse et vari&#233;e, non seulement le go&#251;t de la libert&#233; mais aussi l'obligation de d&#233;fendre cette libert&#233; et de se battre pour elle, pour des id&#233;es neuves et des id&#233;es de g&#233;n&#233;rosit&#233;... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, Jacques Fraenkel ouvre son propre recueil garni de dizaines de post-it pour r&#233;v&#233;ler quelques secrets de ces po&#233;sies dont le style et l'humeur rappellent les messages crypt&#233;s envoy&#233;s de Londres comme le fait remarquer notre interlocuteur : &#171; Dans &#171; Le lotus &#187;, par exemple, il &#233;crit, &#224; partir du ca&#239;man, &#171; &lt;i&gt;Il pleure, il pleure, il ment&lt;/i&gt; &#187; : le rythme et les sonorit&#233;s de ce vers rappellent ce que chantait Pierre Dac sur Radio Londres : &#171; &lt;i&gt;Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est allemand.&lt;/i&gt; &#187;. Dans &#171; Le bouton d'or &#187;, (&#171; &lt;i&gt;Un beau bateau, charg&#233; jusqu'au sabord / De cent millions de boutons d'or&lt;/i&gt; &#187;), les boutons d'or repr&#233;sentent les &#233;toiles jaunes comme l'affirme aussi Yves Thouvenel qui cite &lt;i&gt;Le Cahier jaune&lt;/i&gt;, revue antis&#233;mite, en 1942 : &#171; ... &lt;i&gt;une floraison de boutons d'or dans nos art&#232;res parisiennes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2000, Yves THOUVENEL, com&#233;dien, a mont&#233; un spectacle sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plus loin, &#224; propos de Nabuchodonosor (&#171; &lt;i&gt;Il brait, il mange, il boit, il dort, / Il n'aura pas de boutons d'or&lt;/i&gt; &#187;) Jacques Fraenkel &#233;voque ce roi qui, en 597 avant JC s'empara de J&#233;rusalem et d&#233;porta les Juifs malgr&#233; leur r&#233;sistance. Puis il continue avec &#171; Le coquelicot &#187; en pointant, avec le sourire, le mot &#171; cocarde &#187; : Le champ de bl&#233; met sa cocarde Coquelicot.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Voici l'&#233;t&#233;, le temps me tarde&lt;br class='autobr' /&gt;
De voir l'arc-en-ciel refleurir.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'orage fuit, il va mourir,&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous irons te cueillir bient&#244;t, Coquelicot.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il poursuit son feuilletage et rel&#232;ve ensuite, avec un air entendu, le mot &#171; &#233;teignoir &#187; dans le po&#232;me &#171; Le Tamanoir &#187; (&lt;i&gt;&#233;teignoir&lt;/i&gt; : ce qui &#233;touffe et arr&#234;te l'&#233;lan de l'esprit, de la gaiet&#233;) et, continuant sa recherche, il tombe sur un autre po&#232;me, &#171; Le brochet &#187;, soulignant, comme une &#233;vidence, la nature agressive de ce poisson pr&#233;dateur (voyageur, mauvais c&#339;ur) mais aussi, heureusement, de fortune (passager, fragile, peu fiable).&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le brochet&lt;br class='autobr' /&gt;
fait des projets.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'irai voir, dit-il,&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Gange et le Nil,&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Tage et le Tibre&lt;br class='autobr' /&gt;
Et le Yang-Ts&#233;-Kiang.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et, quand ses yeux tombent sur &#171; Le Papillon &#187; (&#171; &lt;i&gt;Trois cent millions de papillons / Sont arriv&#233;s &#224; Ch&#226;tillon...&lt;/i&gt; &#187;), il raconte : &#171; Pendant l'Occupation, les Anglais larguaient des centaines de milliers de petits papiers argent&#233;s destin&#233;s &#224; brouiller les radars allemands. &#199;a coupait l'&#233;cho. On les appelait les papillons. On en trouvait plein le jardin. On en ramassait plein &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Desnos, artificier du langage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les 30 Chantefables et les 51 Chantefleurs sont des po&#232;mes brefs et suffisamment allusifs pour s&#233;duire en m&#234;me temps qu'intriguer. S'ils r&#233;sistent &#224; l'analyse (leurs associations de mots, leurs images, leur fin souvent d&#233;routent), ils plaisent sans r&#233;serve aux jeunes enfants qui les adoptent en bloc pour leurs rythmes, leurs sonorit&#233;s et ces volte-face qui envoient joyeusement balader le sens jusqu'au nonsense et jettent la tristesse cul par-dessus t&#234;te. Se livrent-ils pour autant &#224; &#171; &lt;i&gt;un plaisir sans contrepartie et sans arri&#232;re-pens&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, comme l'&#233;crit Pierre Mur&#226;t ? Il semble que les enfants aiment ces petites pi&#232;ces moins pour leur l&#233;g&#232;ret&#233; que&lt;br class='autobr' /&gt;
parce qu'elles les engagent tout entier, verbalement et physiquement. Sollicit&#233;s par le rythme des structures jusqu'au vertige, ils entrent dans la ronde, interpel&#233;s par des interrogations directes (&#171; &lt;i&gt;Avez-vous vu le tamanoir ?&lt;/i&gt; &#187;) ou d&#233;routantes (&#171; &lt;i&gt;Es-tu narcisse ou jonquille ? / Es-tu gar&#231;on, es-tu fille ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/i&gt;), parfois obs&#233;dantes &#224; force de tourner sur elles-m&#234;mes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La digitale pourpre tirant sur le violet fournit la digitaline poison (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (&#171; &lt;i&gt;La digitale au clair matin : Dit-il, dis-tu, dis-je ? (...) Dit-il, dis-tu, dis je ? / Dis-je bien ainsi ? : Dis-je ?&lt;/i&gt; &#187;). Ces petites compositions, loin de les laisser indiff&#233;rents, les exhortent &#224; s'impliquer, par le corps et par l'esprit, &#224; compatir (&#171; &lt;i&gt;Plaignez les gens de Ch&#226;tillon&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Plaignez plaignez la baleine&lt;/i&gt; &#187;), &#224; se mettre en fureur (&#171; &lt;i&gt;Bisque ! Bisque ! Bisque ! Rage !&lt;/i&gt; &#187;), &#224; s'enthousiasmer pour ceux qui, comme l'hippocampe, refusent de se laisser chevaucher ou de se laisser harnacher (&#171; &lt;i&gt;Hip ! Hip ! Hip ! Pour l'hippocampe.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Respectivement Le tamanoir, Le narcisse et la jonquille, La digitale, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) et restent ind&#233;fectiblement confiants :&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;La lune, nid des vers luisants,&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le ciel continue sa route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle s&#232;me sur les enfants,&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur tous les beaux enfants dormant,&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#234;ve sur r&#234;ve, goutte &#224; goutte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le ver luisant&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les jeux avec les pronoms favorisent l'identification du lecteur (&#171; &lt;i&gt;Je me fais un &#233;dredon / Avec des rhododendrons&lt;/i&gt; &#187;), ils l'interpellent (&#171; &lt;i&gt;Si tu vas dans les bois, / Prends garde au l&#233;opard.&lt;/i&gt; &#187;), ils l'apostrophent (&#171; &lt;i&gt;Tu feras ta barbe / Avec un poireau / lu n'auras pas mon blaireau&lt;/i&gt; &#187;) et, finalement, partagent le m&#234;me sort gr&#226;ce &#224; l'emploi du &#171; notre &#187; et du &#171; nous &#187; (&#171; &lt;i&gt;Un troupeau de cam&#233;lias, / Puis un troupeau de dahlias / Ont travers&#233; notre pelouse.&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;A Parme nous irons...&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Nous avons m&#234;me fortune&lt;/i&gt; &#187;...)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Respectivement Le rhododendron, Le l&#233;opard, L'&#339;illet et le lilas, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les jeux verbaux attirent les enfants, c'est qu'ils leur font retraverser leur exp&#233;rience linguistique depuis l'&#233;poque o&#249;, pour s'emparer du langage, ils affectionnaient les onomatop&#233;es (&#171; &lt;i&gt;Pan ! Pan ! Pan ! Oui frappe &#224; ma porte ?&lt;/i&gt; &#187;), les litanies (&#171; &lt;i&gt;Perce, perce, perce-neige&lt;/i&gt; &#187;), les formules (&#171; &lt;i&gt;Un peu, beaucoup, vraiment, / Un peu plus, doucement, / Et passionn&#233;ment.&lt;/i&gt; &#187;), tr&#233;buchant parfois sur les syllabes (&#171; &lt;i&gt;Le b&#233;gogo, le b&#233;gonia / Va au papa / Va au palais...&lt;/i&gt; &#187;) mais recherchant ardemment les difficult&#233;s propos&#233;es par certains voisinages (&#171; &lt;i&gt;O&#249; r&#233;sida le r&#233;s&#233;da ?&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Et pour qui sont ces six soucis ?&lt;/i&gt; &#187;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Respectivement Le Gnou, Le perce-neige, La marguerite, Le b&#233;gonia, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ils aiment aussi ces personnages inconnus qui animent les choses (&#171; &lt;i&gt;Mimosa Monsieur, Mimosa Madame&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;P&#232;re gla&#239;eul o&#249; est ton fils ?&lt;/i&gt; &#187;), et ennoblissent les univers (&#171; &lt;i&gt;C'est sur la tour Qniquengrogne / Marguerite de Bourgogne, / Marguerite de Navarre&lt;/i&gt; &#187;). Le lecteur, enfant ou adulte, re&#231;oit ces comme des cadeaux et c'est ainsi que Robert Desnos les consid&#233;rait lui qui avait l'habitude d'offrir des textes illustr&#233;s aux enfants de ses amis (&lt;i&gt;La M&#233;nagerie de Tristan&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Parterre d'Hyacinthe&lt;/i&gt; ont &#233;t&#233; &#233;crits pour les enfants de Lise et Paul Deharme en 1932, La &lt;i&gt;G&#233;om&#233;trie de Daniel&lt;/i&gt; pour le fils de Darius Milhaud en 1939).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 f&#233;vrier 1944, quelques jours avant son arrestation, Robert Desnos &#233;crivait : &#171; &lt;i&gt;Ce que j'&#233;cris ici ou ailleurs n'int&#233;ressera sans doute que quelques curieux espac&#233;s au long des ann&#233;es. Tous les vingt-cinq ou trente ans on exhumera dans quelques publications confidentielles mon nom et quelques extraits, toujours les m&#234;mes. Les po&#232;mes pour enfants auront surv&#233;cu un peu plus longtemps que le reste. J'appartiendrai au chapitre de la curiosit&#233; limit&#233;e. Mais cela durera plus longtemps que beaucoup de paperasses contemporaines&lt;/i&gt; &#187;. En quittant Jacques Fraenkel, ses &#233;tag&#232;res et ses murs pleins de souvenirs, nous savons que, dans cet appartement ouvert sur un petit jardin, quelqu'un veille ardemment sur la m&#233;moire de celui qui connaissait de longs po&#232;mes par c&#339;ur (Hugo, Apollinaire...) et prot&#232;ge modestement le souvenir de celui qui souriait quand tous les autres tremblaient. Alors qu'en partant, on lui demande s'il n'a jamais eu envie de transmettre son exp&#233;rience par &#233;crit, il r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Ecrire, moi ? Je donne tout ce que je sais, tout ce que j'ai&lt;/i&gt; &#187;. Mais il accepte de venir (volontiers) rencontrer des enfants pour parler de Robert si sa sant&#233; le lui permet car, dit-il, &#171; &lt;i&gt;j'ai 80 ans, je fais du rab&lt;/i&gt; &#187;. Et puis il nous dit au revoir sur la porte, l&#224; o&#249; il nous avait accueillis, car cet homme est de celui qui aime et qui sait &#171; &lt;i&gt;tenir compagnie&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_569 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/jpg/2020-01-09_11-50-18.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L500xH331/2020-01-09_11-50-18-6a8cd-beb08.jpg?1674163297' width='500' height='331' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_570 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al138_p16_desnos-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 501.3 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1787365426' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Robert Desnos l'homme qui souriait &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;https://www.franceculture.fr/creation-sonore/nuit-speciale-robert-desnos-avec-m-c-dumas-et-j-fraenkel-par-christine-goeme-nuit-du&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'&#233;mission&lt;/a&gt; &#224; laquelle ils ont particip&#233; tous les deux sur France Culture&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Le veilleur du Pont-au-change&lt;/i&gt; &#187;, 1942, repris dans &lt;i&gt;Destin&#233;e arbitraire&lt;/i&gt;,&lt;br class='autobr' /&gt;
Gallimard, 1975&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans le seringa : &#171; &lt;i&gt;Honneur au seringa / Honte aux rutabagas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;30 chantefables pour les enfants sages &#224; chanter sur n'importe quel air&lt;/i&gt;, ill. Olga Kowalewsky, Gr&#252;nd, 1945&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En 2000, Yves THOUVENEL, com&#233;dien, a mont&#233; un spectacle sur les &lt;i&gt;Chantefables, Chantefleurs&lt;/i&gt; qu'il a jou&#233; plus de 300 fois devant 15000 enfants : &#171; &lt;i&gt;Et ! Pourquoi pas ? Spectacle pour un temps de guerre&lt;/i&gt; &#187; http://yvesthouvenel.blogspotfr/p/le-bouton-dor.html&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La digitale pourpre tirant sur le violet fournit la digitaline poison violent &#224; certaines doses que certains r&#233;sistants portaient sur eux dans une capsule pour ne rien donner, ne rien dire : http://yvesthouvenel.blogspotfr/p/la-digitale.html&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Respectivement Le tamanoir, Le narcisse et la jonquille, La digitale, Le papillon, La baleine, L'ours, L'hippocampe&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le ver luisant&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Respectivement &lt;i&gt;Le rhododendron, Le l&#233;opard, L'&#339;illet et le lilas, Le blaireau, La cam&#233;lia et le dahlia, La violette, le soleil&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Respectivement &lt;i&gt;Le Gnou, Le perce-neige, La marguerite, Le b&#233;gonia, Le r&#233;s&#233;da, Le souci&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Si les sympt&#244;mes persistent consultez un po&#232;te &#8212; po&#232;mes politiques &#187;</title>
		<link>http://actes-de-lecture.org/spip.php?article260</link>
		<guid isPermaLink="true">http://actes-de-lecture.org/spip.php?article260</guid>
		<dc:date>2017-03-15T10:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Conscience de classe &lt;br /&gt;Ressentir l'injustice dont tu es la victime, quand tu en es victime, cela tu le peux. (C'est &#224; la port&#233;e de tous. M&#234;me le chien quand tu fais mine de le frapper s'&#233;carte et se rebiffe. Encore qu'il y ait, me diras-tu, des humains qui ne se rebiffent pas...) Ressentir l'injustice quand les autres en sont victimes cela aussi, tu le devrais... (&#224; condition bien s&#251;r que tu ne sois pas toi-m&#234;me un chien). Mais comprendre les causes de l'injustice, savoir d'o&#249; (...)

-
&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique60" rel="directory"&gt;137 - &#171; Censure &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conscience de classe&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_600 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L150xH215/sans_titre_1-4002f-f6b88.jpg?1591282207' width='150' height='215' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ressentir l'injustice&lt;br class='autobr' /&gt;
dont tu es la victime,&lt;br class='autobr' /&gt;
quand tu en es victime,&lt;br class='autobr' /&gt;
cela tu le peux.&lt;br class='autobr' /&gt;
(C'est &#224; la port&#233;e de tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me le chien&lt;br class='autobr' /&gt;
quand tu fais mine de le frapper&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;carte et se rebiffe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Encore qu'il y ait, me diras-tu, des humains&lt;br class='autobr' /&gt;
qui ne se rebiffent pas...)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ressentir l'injustice&lt;br class='autobr' /&gt;
quand les autres en sont victimes&lt;br class='autobr' /&gt;
cela aussi, tu le devrais...&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#224; condition bien s&#251;r&lt;br class='autobr' /&gt;
que tu ne sois pas toi-m&#234;me un chien).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais comprendre les causes de l'injustice,&lt;br class='autobr' /&gt;
savoir d'o&#249; viennent les coups,&lt;br class='autobr' /&gt;
pourquoi,&lt;br class='autobr' /&gt;
comment les parer,&lt;br class='autobr' /&gt;
et comment frapper &#224; ton tour,&lt;br class='autobr' /&gt;
cela,&lt;br class='autobr' /&gt;
il te faudra l'apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;Extrait de &#171; Si les sympt&#244;mes persistent consultez un po&#232;te - po&#232;mes politiques &#187;
Francis COMBES &#8211; &#201;ditions Le Merle Moqueur&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_601 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;88&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al137_p35_extrait_combes-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 198.6 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1787365426' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Si les sympt&#244;mes persistent consultez un po&#232;te &#8212; po&#232;mes politiques &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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