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	<title>Association Fran&#231;aise pour la Lecture</title>
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		<title>&#171; L'entra&#238;nement ou le ring imaginaire de la vie : Jean-Marc Mormeck, champion du monde de boxe en parle &#187;</title>
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		<dc:date>2017-09-15T10:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>La lecture que nous promouvons ne vise pas une pratique amatrice et dilettante (m&#234;me si elle l'inclut) mais une activit&#233; sup&#233;rieure alliant des objectifs pr&#233;cis &#224; des comp&#233;tences multiples. Il faut, pour &#234;tre lecteur, autant de bonnes raisons que de technique : l'apprentissage, aussi bien social (&#234;tre int&#233;gr&#233; dans un groupe de lecteurs) qu'individuel (acqu&#233;rir et aguerrir son regard) n&#233;cessite un entra&#238;nement de haut niveau tel que le pratiquent les champions, les virtuoses, les (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique53" rel="directory"&gt;139 - &#171; Les cycles, sur les traces d'une innovation &#233;gar&#233;e &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lecture que nous promouvons ne vise pas une pratique amatrice et dilettante (m&#234;me si elle l'inclut) mais une activit&#233; sup&#233;rieure alliant des objectifs pr&#233;cis &#224; des comp&#233;tences multiples. Il faut, pour &#234;tre lecteur, autant de bonnes raisons que de technique : l'apprentissage, aussi bien social (&#234;tre int&#233;gr&#233; dans un groupe de lecteurs) qu'individuel (acqu&#233;rir et aguerrir son regard) n&#233;cessite un entra&#238;nement de haut niveau tel que le pratiquent les champions, les virtuoses, les performeurs. Quand la lecture est limit&#233;e &#224; un plaisir l&#233;ger et contagieux, comment populariser l'encha&#238;nement d'exercices d&#233;connect&#233;s de la pratique ? Nous avons d&#233;cid&#233; d'en parler avec ces adeptes de l'entra&#238;nement que sont les athl&#232;tes, les musiciens et les acteurs qui se soumettent &#224; des s&#233;ries de gammes, d'essais, de r&#233;p&#233;titions pour des instants d'&#233;motions fugaces. O&#249; puisent-ils leur d&#233;termination et quels arguments utiliseraient-ils pour valoriser l'entra&#238;nement ? Nous avons rencontr&#233; le boxeur Jean-Marc Mormeck au minist&#232;re des Affaires Etrang&#232;res pour sa double comp&#233;tence de sportif (six fois champion du monde dans la cat&#233;gorie lourd-l&#233;ger) et de d&#233;l&#233;gu&#233; interminist&#233;riel pour l'&#233;galit&#233; des chances des Fran&#231;ais d'Outre-mer. Derri&#232;re le champion, l'homme d'affaires, le politique, c'est d'abord avec le gamin de Point-&#224;-Pitre exil&#233; &#224; 6 ans du &#171; &lt;i&gt;pays o&#249; il faisait toujours beau&lt;/i&gt; &#187; vers la froide m&#233;tropole (Bobigny) que nous avons eu rendez-vous. Puis, c'est en technicien que le champion a &#233;voqu&#233; les moyens de transmettre la lecture et ses finalit&#233;s &#224; des jeunes rebut&#233;s par son exercice.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'homme parle avec douceur de ce qu'il a appris de la vie (d&#233;termination, confiance, alt&#233;rit&#233;). Quand il d&#233;crit un entra&#238;nement, il &#233;voque une entreprise extr&#234;me, collective et reli&#233;e &#224; un objectif puissant mais surtout il refait le fil de sa vie avec &#233;motions : impr&#233;gn&#233;s de morale sportive et de bon sens proverbial, les mots disent les raisons de monter sur un ring, d'atteindre les sommets et de promouvoir la boxe et ses valeurs. Au minist&#232;re, comme dans la r&#233;serve citoyenne dont il fait partie, le champion est un citoyen qui aide les jeunes &#224; lutter contre l'injustice dont il a &#233;t&#233; tr&#232;s jeune conscient.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Repousser ses limites&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'entra&#238;nement, c'est une rencontre avec soi, ses d&#233;sirs et ses potentialit&#233;s. Une pratique individuelle que Jean-Marc Mormeck relie &#224; la condition humaine en utilisant des pronoms globalisants (&lt;i&gt;vous, on&lt;/i&gt;) : &#171; &lt;i&gt;Le monde appartient &#224; ceux qui se l&#232;vent t&#244;t donc vous vous levez t&#244;t. Vous arrivez le matin, vous avez un staff autour de vous, certains ont encore une partie de leur nuit dans les yeux mais on est tous d&#233;cid&#233;s. Je me concentre pour aller faire ce que me dit le pr&#233;parateur : un tour, deux tours de piste et les exercices deviennent de plus en plus brutaux, acc&#233;l&#232;rent le c&#339;ur au fur et &#224; mesure. Le jour n'a m&#234;me pas commenc&#233; et vous fixez ce r&#234;ve qui vous rappelle ce que vous faites l&#224; : devenir champion du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous r&#233;sistez vous repoussez les limites de la douleur parce que, face &#224; l'adversaire, vous n'aurez pas le droit de montrer vos faiblesses. Alors, m&#234;me si vous suffoquez vous pers&#233;v&#233;rez parce que c'est &#224; ce moment qu'il va falloir acc&#233;l&#233;rer pour &#234;tre le plus fort et que l'autre se dise &#171; Je ne pourrai pas gagner &#187;. Vous recommencez l'entra&#238;nement l'apr&#232;s-midi. Apr&#232;s la condition physique (la course, l'explosivit&#233;), vous faites ce qui est sp&#233;cifique (le combat, la corde, le sac, la frappe). Marteler le corps, l'endolorir pour qu'il n'ait plus mal. Vous r&#233;p&#233;tez ces entra&#238;nements, vous &#234;tes content de les faire parce que chaque fois vous repoussez vos limites et vous vous dites &#171; Je vais gagner parce que j'ai tout fait bien. &#187;. Le jour du combat le corps a &#233;t&#233; structur&#233; comme un dessin. Vous attendez dans un couloir sans savoir ce qui va vous arriver. Vous entendez le public appeler, la peur vous prend. Une voix dit &#171; N'y va pas &#187; et une autre &#171; Tu vas &#234;tre le plus fort &#187;. C'est votre tour, on vous met les gants. Vous &#234;tes en sueur : un peu de peur, un peu de joie, savoir qui est le meilleur. La peur dit &#171; Il faut que tu restes un h&#233;ros, on compte sur toi &#187;. Sur le ring, vous essayez de ne pas regarder le public, vous vous fermez dans votre bulle pour visualiser ce que vous &#234;tes en train de faire. Si mon adversaire me bat, qu'est-ce que je vais faire apr&#232;s ? Quand le gong sonne, vous ailez &#234;tre lib&#233;r&#233; et vous vous jetez au combat.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Se fixer un but et le garder&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marc Mormeck d&#233;roule sa carri&#232;re, moins par fiert&#233; ou par nostalgie que pour donner un sens &#224; son parcours et en extraire les fondamentaux : l'&#233;coute, le travail, l'&#233;change avec les autres... &#171; &lt;i&gt;En 1998 je deviens champion de France mais je suis si pr&#233;tentieux que je ne fais pas l'Europe et comme j'ai commenc&#233; tard (15 ans), je veux rattraper le temps. Le championnat du monde arrive. J'affronte une l&#233;gende (Virgil Hill) qu'aucun Fran&#231;ais n'a vaincu. Personne n'y croit. Je gagne avant la nuit. Derri&#232;re, je fais 9 championnats du monde. Comme l'app&#233;tit vient en mangeant, je r&#233;unifie les f&#233;d&#233;rations pour &#234;tre le plus fort au monde dans cette cat&#233;gorie. Pourquoi ? Mac Tyson qui assommait ses adversaires en quelques secondes, pleurait avant de monter sur le ring. Son entra&#238;neur lui dit : &#171; Le h&#233;ros a aussi peur que le l&#226;che mais il fait un pas en avant quand le l&#226;che en fait un en arri&#232;re. Qu'est-ce que tu veux &#234;tre ? &#187; Moi, j'ai toujours voulu &#234;tre un h&#233;ros. Donc, je savais pourquoi je montais. Les r&#234;ves m'ont construit : j'ai v&#233;cu dans ma t&#234;te. Si vous &#234;tes RMIste et que vous vous dites &#171; un jour je prendrai un train j'irai en vacances &#187;, si vous mettez chaque mois 30 &#8364; de c&#244;t&#233;, vous partirez parce que ce r&#234;ve vous le vivez int&#233;rieurement. Si on croit &#224; quelque chose, on est connect&#233; &#224; une force. Je crois en &#231;a : travailler (il mart&#232;le poing sur la table), faire ce qu'il faut pour ne pas avoir de regrets. Il y a trop de gens aigris qui n'ont pas r&#233;alis&#233; leurs r&#234;ves parce qu'ils n'ont pas os&#233;. On ment aux autres mais pas &#224; soi-m&#234;me. Si on n 'a pas r&#233;ussi, c'est qu'on n'a pas voulu&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#202;tre quelqu'un&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La boxe na&#238;t souvent sur un terreau de douleur, de vengeance et de r&#233;demption. Jean-Marc Mormeck a r&#233;colt&#233;, sur le ring, des blessures spectaculaires moins fortes que celle qu'il &#233;voque spontan&#233;ment : &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais avec ma m&#232;re et ma grand-m&#232;re, au pays, on vivait bien. Il faisait beau, c'&#233;tait plus ou moins le paradis et un jour on m'a dit &#171; Ton p&#232;re veut te voir &#187;. J'avais 6 ans, j'ai dit chouette, je vais aller en m&#233;tropole, je vais prendre cet oiseau de fer immense et puis, au retour, je pourrai raconter ce qui s'est pass&#233;. Je suis parti rejoindre cet homme que je n'avais jamais vu et je suis revenu &#224; 17 ans. J'avais perdu toute connexion avec ma m&#232;re, je n'ai jamais eu d'&#233;crit d'elle. Comment m'int&#233;grer dans une famille que je ne connaissais pas ? J'&#233;tais sens&#233; retourner, je ne retournais pas et le temps passait lentement. J'&#233;tais triste, je pleurais et je me rappelais ma grand-m&#232;re qui m'emmenait &#224; la messe. C'&#233;tait une f&#234;te. J'&#233;tais &#233;merveill&#233; par ce vivre ensemble, ces gens en harmonie et j'avais tout perdu ; on m'avait abandonn&#233;, alors je me suis dit que je serai quelqu'un pour leur faire payer&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Accepter les r&#232;gles du jeu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les plus fortes d&#233;terminations sont peu de choses sans le soutien collectif. Jean-Marc Mormeck n'a pas oubli&#233; les ma&#238;tres qui ont jalonn&#233; son parcours en montrant autant d'exigences que de confiance : &#171; &lt;i&gt;Mon p&#232;re avait &#233;t&#233; footeux. Comme on s'entendait bien l&#224;-dessus, on regardait des matchs ensemble. Un soir, je me suis lev&#233;, il regardait un match de boxe fabuleux, un des trois plus violents de l'histoire. Je reste devant la t&#233;l&#233; et je vois un type qui d&#233;gag&#233;* quelque chose et je me dis &#171; Je veux &#234;tre ce type &#187;. C'&#233;tait Marvin Hagler (contre Thomas Hearns). Ce type est bless&#233; &#224; l'arcade, &#224; deux doigts de perdre, on lui donne une chance, il se jette sur son adversaire et il gagne. Je me suis dit que dans la vie tout &#233;tait possible, qu'il fallait se battre jusqu'&#224; la derni&#232;re minute : &#171; Je veux &#234;tre ce type mais dans l'&#233;l&#233;gance, dans son fonctionnement &#187;. Je me suis battu en &#233;tant s&#233;rieux : je suis devenu boxeur. La premi&#232;re fois que je suis all&#233; au club, je sortais de l'&#233;cole et, comme pour moi rien n'&#233;tait important ou parce que je suis Antillais, toujours en d&#233;calage horaire, j'&#233;tais en retard. Les autres &#233;taient d&#233;j&#224; &#224; l'entra&#238;nement. Je suis entr&#233; dans les vestiaires comme si j'&#233;tais che% moi mais l'entra&#238;neur m'a dit :&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tu es en retard les autres ont commenc&#233; donc tu t'entra&#238;nes pas.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ben je rentre chez moi.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tu fais partie de ce club ? Alors, il faut t'entra&#238;ner en m&#234;me temps que tout le monde. Donc tu restes l&#224; et tu regardes les autres, si tu rentres chez toi tu ne reviens pas.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je ne pouvais rien tenter ils &#233;taient plus forts que moi mais je suis rest&#233; parce que je voulais faire ce sport. Je suis venu tous les jours &#224; l'heure, m&#234;me avant, et, en un an, c'&#233;tait moi qui faisais r&#233;chauffement parce que j'avais compris qu'ils m'avaient fait confiance. J'ai rencontr&#233; un entra&#238;neur qui m'a endurci. Il &#233;tait plus fort, plus exp&#233;riment&#233; et je prenais des coups pas possibles. Je pensais qu'il ne m'aimait pas. Un jour que j'avais pr&#233;vu de lui casser la gueule, il m'a dit : &#171; 11 n'y a pas d'amis dans ce sport. Si tu veux &#234;tre fort il faut travailler. Je mets les gants parce que tu as des qualit&#233;s. Tu seras champion &#187;. A un moment, je le faisais r&#233;guli&#232;rement tomber alors que j'avais du respect pour lui, je ne voulais pas lui faire mal. C'est lui qui m'a dit : &#171; C'est le moment de changer de club pour devenir ce que tu veux &#234;tre. En 2002, j'&#233;tais sur une super affiche. J'ai pens&#233; &#224; Aznavour : &#171; J'me voyais d&#233;j&#224;... &#187;. Personne n'a cru en lui, il &#233;tait petit et aujourd'hui c'est le plus grand. Je l'ai vu en r&#233;p&#233;tition, je me suis assis &#224; c&#244;t&#233; de lui comme un enfant alors que j'&#233;tais champion du monde. Il chantait &#171; Hier encore... &#187;, l'histoire de tout homme. J'ai dit : &#171; Est-ce qu'il faut avoir v&#233;cu ces choses pour les chanter aussi bien ? &#187; Il m'a dit : &#171; Heureusement que non sinon je ne serai plus l&#224; &#187;. J'avais honte de lui avoir dit &#231;a.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le c&#233;r&#233;monial de l'entra&#238;nement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour Jean-Marie Mormeck, l'entra&#238;nement, c'est la mise de comp&#233;tences multiples au service d'un seul pour le m&#234;me objectif. Il sait ce qu'une r&#233;ussite individuelle doit &#224; un bon tutorat : &lt;i&gt;L'entra&#238;nement, c'est comme un orchestre. Tout le monde sait jouer d'un instrument mais c'est le chef d'orchestre qui donne le ton pour que l'&#233;motion passe. Donc un entra&#238;neur, c'est celui qui a l'&#233;nergie et la strat&#233;gie. Dans la boxe, c'est un bookmaker qui choisit avec vous l'adversaire qui se rapprochera le plus du style de votre adversaire, comme un clone, pour travailler au plus pr&#232;s la technique que vous voulez employer. La philosophie, c'est de faire le combat avant le combat, d'int&#233;rioriser. On choisit son &#233;quipe et on converge tous dans la m&#234;me direction en (s)expliquant ce qu'on veut faire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Transmettre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Loin des lumi&#232;res du ring, nombreux sont les champions qui sombrent. Jean-Marc Mormeck a su se reconvertir dans le milieu de la boxe tout en se consacrant aux jeunes en difficult&#233; qu'il conna&#238;t bien : &lt;i&gt;La banlieue m'a fait grandir. Sans elle, je n'en serai pas l&#224;. Donc j'ai d&#233;cid&#233; de faire le lien avec les jeunes d&#233;munis &#233;conomiquement parce que je sors du m&#234;me milieu, je suis traducteur de ce qu'ils voudront, de ce qu'ils pourraient, de ce que je peux leur proposer. Toujours se dire que c'est possible. Si on vient dans ce monde pour repartir sans que personne ne sache que vous avez exist&#233; &#224; quoi &#231;a sert ? Donc ce passage, il faut le faire positivement et ensemble. Peu importe la nationalit&#233; et la culture. C'est frustrant quand vous avez les capacit&#233;s et que personne ne les reconna&#238;t. Dans un m&#234;me pays on ne se comprend pas parce qu'il y a trop de codes : je trouve &#231;a injuste. Il faut trouver les moyens d'attirer, de faire r&#233;fl&#233;chir. Les mots justes font changer n'importe qui. Il y a quelques mois, dans le cadre de la r&#233;serve citoyenne, je vais dans une &#233;cole o&#249; les enfants sont ex&#233;crables avec leurs enseignantes. Ils font de la boxe pour les valeurs et pour canaliser les &#233;nergies. Je demande &#224; deux petites filles tr&#232;s r&#233;serv&#233;es si elles aiment la boxe et elles me r&#233;pondent qu'elles ne viennent jamais parce que &#231;a fait mal. Je leur dis que tant qu'on n'a pas mang&#233; un g&#226;teau on ne peut pas savoir s'il est bon et je leur demande si elles pensent mieux sauter &#224; la corde que moi. Elles r&#233;pondent : &#171; Bien s&#251;r ! &#187;. Je ne leur ai pas demand&#233; de sauter vite, juste de ne pas s'emm&#234;ler les pieds pendant 30 secondes et je me suis mis &#224; sauter, &#224; danser, &#224; faire plein de trucs (j'ai pass&#233; toute ma vie &#224; sauter &#224; la corde). A 25 secondes, je me suis volontairement emm&#234;l&#233; les pieds et j'ai dit : &#171; Je suis champion du monde et tu me bats ? Donc je vais faire un autre d&#233;fi &#187;. J'ai accroch&#233; des pinces &#224; linge sur nos v&#234;tements pour qu'on se les enl&#232;ve. Je perds volontairement et la petite fille est all&#233;e en voir une autre en disant : &#171; On le fait ensemble ? &#187; Elle lui a tout pris. Alors, j'ai dit &#224; une prof : &#171; Je vais me venger sur vous qui m'avez fait venir pour me faire perdre &#187;. Tous les enfants nient : &#171; Allez, madame ! &#187; Je dis : &#171; Je croyais qu'ils ne vous aimaient pas. Donc vous m'avez fait venir pour me ridiculiser &#187;. A la fin, on s'est assis pour parler de ce qu'on avait fait. Avant de partir, j'ai dit : &#171; Je veux que vous arriviez &#224; l'heure &#224; l'&#233;cole, que vous &#233;coutiez les profs, que vous fassiez ce que vous avez fait : jouer, apprendre ensemble &#187;. C'&#233;tait une belle op&#233;ration&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;trange champion qui a b&#233;n&#233;fici&#233; de l'exigence de ses entra&#238;neurs et qui, face aux petits, use d'artifices, attendri : &#171; &lt;i&gt;Un enfant, vous pouvez &#234;tre le pr&#233;sident de la R&#233;publique, s'il a un truc m&#233;chant &#224; vous dire il vous le dira. Mais quand vous lui racontez une histoire, il &#233;carquille les yeux, il se transforme parce qu'il est dans l'imaginaire, il vous &#233;coute et moi je trouve &#231;a magique &#187;. Comment valoriserait-il un entra&#238;nement en lecture quand cette pratique, pr&#233;sent&#233;e comme un go&#251;t, est d&#233;pouill&#233;e de ses enjeux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'abord, il faut leur demander ce qu'ils veulent. Est-ce que tu sais pourquoi tu lis, &#224; quoi &#231;a sert ? Lire ce n'est pas juste lire les mots, c'est interpr&#233;ter. Il y a une &#233;motion qui doit passer. On est sur une colline, il faut qu'on imagine la colline, qu'on arrive &#224; se projeter, qu'on vive, qu'on r&#234;ve la situation. Moi si je chante Aznavour, &#231;a ne transmet rien mais lui il le fait avec une telle &#233;motion qu'on a l'impression qu'il a tout v&#233;cu : un transmetteur, c'est comme un aimant &#231;a doit vous coller. Au d&#233;but, il faut donner un truc court qui vous parle. Si vous l'avez choisi vous arriverez &#224; vous transcender. Apr&#232;s, vous pourrez vous approprier autre chose parce que vous avez r&#233;ussi le d&#233;fi de lire une histoire comme si vous l'aviez &#233;crite vous-m&#234;me, comme si c'&#233;tait la v&#244;tre. Quand l'enfant d&#233;bute, il a des h&#233;sitations parce qu'il ne saisit pas bien les mots (&#171; au-jour-d'hui-on-va-fai-re-&#231;a &#187;) mais quand &#231;a arrive &#224; &#234;tre fluide, c'est l&#224; que la passion le prend. Quand c'est hach&#233;, vous savez que vous ne lisez pas bien, &#231;a vous repousse. Vous vous dites que si vous le faisiez en silence vous le feriez mieux. Vous lisez vous relisez. Quand vous arrivez &#224; lire d'un trait, qu'il y a une continuit&#233;, les gens sont accroch&#233;s. L'entra&#238;nement, on le d&#233;cide ensemble et on travaille jusqu'&#224; ce que les gestes deviennent automatiques. L'&#339;il et le cerveau reconnaissent le mot. Si vous arrivez &#224; dire tous les mots, c'est que vous avez anticip&#233;, vous savez ce qu'il y a derri&#232;re. L'anticipation permet la fluidit&#233;. Il faut r&#233;p&#233;ter, r&#233;p&#233;ter. Regarder, lire, regarder, lire, s'approprier l'histoire en mettant de l'&#233;motion. Quand on lit &#171; ce petit oiseau bless&#233; va descendre &#187;, &#231;a fait quelque chose, alors la voix descend, s'adapte &#224; la situation et on vous &#233;coute. Il faut s'approprier le texte en le synth&#233;tisant, toujours de l'&#339;il au cerveau, suivre un parcours comme un chemin balis&#233;. Si vous avez l'habitude de courir dix kilom&#232;tres et que vous courez sur un autre chemin de la m&#234;me longueur o&#249; vous n'avez plus vos rep&#232;res vous avez l'impression de courir davantage. En lecture, il faut laisser l'&#339;il &#233;tudier le parcours, visualiser pour s'approprier le sens.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quel entra&#238;nement en lecture ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les sportifs de haut niveau n'imaginent pas rater un entra&#238;nement ou le faire &#224; moiti&#233;. Ils consacrent des efforts continus &#224; des exercices qui ont peu de choses &#224; voir avec leur passion tout en sachant qu'ils la facilitent. Nous cherchons, dans cet entretien, et dans ceux qui suivront, &#224; savoir si ceux qui font de l'entra&#238;nement leur activit&#233; quotidienne (les sportifs, les musiciens, les gens de th&#233;&#226;tre...) peuvent nous aider &#224; d&#233;finir les cadres d'un bon entra&#238;nement, celui qui ne s&#233;pare pas l'exercice de la pratique sociale. En &#233;coutant Jean-Marc Mormeck des axes se d&#233;gagent qui peuvent favoriser l'utilisation de la plateforme &lt;strong&gt;elsa&lt;/strong&gt; (perfectionnement en ligne des comp&#233;tences de lecteurs) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; c'est un peu court de parler de motivation intrins&#232;que pour expliquer l'investissement de celui qui s'entra&#238;ne. La d&#233;termination de Jean-Marc Mormeck prend sans doute sa source dans une histoire d'enfance mais elle s'implante surtout dans un &lt;strong&gt;projet personnel et social&lt;/strong&gt; : &#234;tre champion. Tout entra&#238;nement (en lecture et dans un autre domaine) doit r&#233;pondre &#224; cette question : qu'est-ce que je veux faire de cette formation ? &#192; quel(s) projet(s) la relier et comment la nourrir de l'exp&#233;rience personnelle et collective (comme point de rep&#232;re, comparateur ou aiguillon) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; les s&#233;ances d'entra&#238;nement proposent des activit&#233;s souvent inutilis&#233;es dans la pratique (les enfants n'imaginaient pas que Jean-Marc Mormeck, au physique si puissant, puisse sautiller &#224; la corde) mais toutes servent la pratique et c'est cet objectif qui doit rester central : savoir identifier des mots n'a aucun int&#233;r&#234;t hors du sens global d'un texte. Celui qui s'entra&#238;ne doit toujours &lt;strong&gt;pouvoir replacer l'exercice dans l'usage&lt;/strong&gt; : ici, lire avec agilit&#233;, tonicit&#233; et r&#233;sistance pour mieux participer &#224; la culture, toujours en construction, d'une soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; dans un entra&#238;nement en ligne, l'individu est seul mais lors de rencontres, r&#233;elles ou virtuelles, avec un tuteur il reconnecte ses performances au groupe de lecteurs qui &#233;changent, &#224; travers leurs lectures, des id&#233;es, des &#233;motions, des visions du monde. &lt;strong&gt;Toute pratique r&#233;pond &#224; un id&#233;al social&lt;/strong&gt; et si les boxeurs fascinent parce qu'ils m&#233;taphorisent les tensions d'une soci&#233;t&#233;, les lecteurs lisent pour s'affronter &#224; l'os de l'existence (ses ombres et ses lumi&#232;res, ses aspects glorieux ou crapuleux). Le plaisir que &#231;a offre n'a rien d'un d&#233;tachement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; l'entra&#238;nement conduit &#224; &lt;strong&gt;des performances et &#224; une fa&#231;on d'&#234;tre&lt;/strong&gt; : devenir de plus en plus responsable de son entra&#238;nement, de plus en plus cr&#233;atif, de plus en plus exigeant avec soi-m&#234;me, de plus en plus attentif &#224; l'autre. Comme le boxeur se bat contre les ombres (&lt;i&gt;shadow boxing&lt;/i&gt;), le lecteur s'entra&#238;ne &#224; aborder un texte comme un ensemble flou de signes : il travaille les placements et les d&#233;placements de l'&#339;il, impr&#232;gne un rythme dans son regard pour que l'acte de lire s'effectue sans y penser et que, dans cette insouciance apprise, survienne la gr&#226;ce de comprendre quelque chose du mouvement de la vie, la chance d'orienter le mouvement de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_553 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;120&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al139_p55_chenouf-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 192.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779463801' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'entra&#238;nement ou le ring imaginaire de la vie : Jean-Marc Mormeck, champion du monde de boxe en parle &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Un mirage, la partie de ballon dans Timbuktu ? &#187;</title>
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		<dc:date>2017-09-15T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Nous avons beaucoup &#233;voqu&#233;, dans ces colonnes, les langages, &#171; outils de th&#233;orisation de la pratique et d'&#233;laboration des concepts, produits &#224; l'int&#233;rieur de d&#233;marches intellectuelles en constante &#233;volution de par leur confrontation &#224; la globalit&#233; du r&#233;el &#187; , &#171; outils neurocognitifs (r&#233;seaux neuronaux) qui doivent se cr&#233;er pour transformer en repr&#233;sentations l'infinit&#233; des informations per&#231;ues par les sens pour pouvoir vivre, &#233;voluer et agir dans un environnement. &#187; , etc. Au m&#234;me (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique53" rel="directory"&gt;139 - &#171; Les cycles, sur les traces d'une innovation &#233;gar&#233;e &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous avons beaucoup &#233;voqu&#233;, dans ces colonnes, les langages, &#171; &lt;i&gt;outils de th&#233;orisation de la pratique et d'&#233;laboration des concepts, produits &#224; l'int&#233;rieur de d&#233;marches intellectuelles en constante &#233;volution de par leur confrontation &#224; la globalit&#233; du r&#233;el&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Travailler la pens&#233;e sauvage &#187;, Jean FOUCAMBERT, A.L. n&#176;111, septembre 2010&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; &lt;i&gt;outils neurocognitifs (r&#233;seaux neuronaux) qui doivent se cr&#233;er pour transformer en repr&#233;sentations l'infinit&#233; des informations per&#231;ues par les sens pour pouvoir vivre, &#233;voluer et agir dans un environnement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pour une &#233;ducation de l'intelligence collective &#187;, Bernard COLLOT, dans ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, etc. Au m&#234;me titre que l'&#233;crit, la physique, la danse, la peinture... le cin&#233;ma est un langage qui dispose de techniques uniques &#171; &lt;i&gt;ne n&#233;cessitant pas de passage, de d&#233;cryptage par le langage oral pour &#234;tre compris par les spectateurs. Le message est intellectualis&#233;, assimil&#233; naturellement par eux&lt;/i&gt; &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ce qu'on fait quand on utilise le langage cin&#233;matographique &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Tel est l'effet produit par la sc&#232;ne de football sans ballon dans &lt;i&gt;Timbuktu&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Film franco-mauritanien, r&#233;alis&#233; par Abderrahmane SISSAKO, sorti en 2014&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; o&#249; le spectateur a le sentiment d'assister &#224; un match, d'&#234;tre acteur de ce match dont l'enjeu, pour des jeunes villageois, est de taille : r&#233;sister au nez et &#224; la barbe de leurs oppresseurs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En avril 2012, des djihadistes s'emparent de Tombouctou et soumettent la population &#224; la loi islamique, jusqu'&#224; l'intervention des militaires fran&#231;ais et maliens (janvier 2013). Traqu&#233;s dans leurs moindres gestes, les habitants r&#233;sistent sourdement aux obligations (porter le voile, mettre des gants, ne pas commettre d'adult&#232;re) et aux interdictions (faire de la musique, utiliser un ballon). &#192; travers des extraits de critiques ou d'entretiens avec le r&#233;alisateur, on comprend comment le cin&#233;ma lie les mouvements des corps et des &#233;motions dans une repr&#233;sentation aussi esth&#233;tique que symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un match chor&#233;graphique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De cette sc&#232;ne de foot, Abderrahmane Sissako d&#233;clare : &#171; &lt;i&gt;Ce moment me ram&#232;ne tr&#232;s loin, &#224; mon film de fin d'&#233;tudes &#224; l'Institut f&#233;d&#233;ral d'&#201;tat du cin&#233;ma de Moscou. Il a pour titre Le Jeu et met en sc&#232;ne des enfants jouant &#224; la guerre. Et, en le voyant, mon directeur de m&#233;moire a dit : &#171; Si ce gar&#231;on ne devient pas cin&#233;aste, il sera chor&#233;graphe &#187;. Ces mots r&#233;sonnent encore aujourd'hui car cet homme, que je connaissais finalement peu, avait lu en moi. Je r&#234;vais alors secr&#232;tement de devenir chor&#233;graphe et n'en avais parl&#233; &#224; personne... Dans Timbuktu, j'ai imagin&#233; ce match de football sans ballon comme un ballet, pour tenter de mat&#233;rialiser l'interdit. &#192; mes yeux, le r&#244;le du cin&#233;ma n'est pas de dire les choses mais de les faire vivre. De cr&#233;er une &#233;motion qui n'a de sens que si le spectateur s'en empare. Mais quand j'ai &#233;crit cette sc&#232;ne, je ne pensais pas qu'elle m&#232;nerait aussi loin. J'ai tourn&#233; avec deux cam&#233;ras une sur travelling, une autre pour les gros plans de d&#233;tails et j'ai tout de suite senti la magie po&#233;tique qui se d&#233;ployait sous mes yeux. Aux acteurs, je n'ai donn&#233; aucune indication. Quand l'entra&#238;neur a siffl&#233; le d&#233;but du match, ils ont vraiment jou&#233; ensemble. Sans balle. Pourtant, ils se faisaient des passes et tiraient au but. C'&#233;tait une v&#233;ritable danse&lt;/i&gt; &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de &#171; C&#233;sar 2015 : Timbuktu en 6 sc&#232;nes marquantes &#187;, Thierry CH&#200;ZE, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La musique comme &#171; supporter &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est une chor&#233;graphie, un ballet, donc il faut que la musique porte &#231;a comme si on &#233;tait au Bolcbo&#239;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de &#171; Entretien avec Abderrahmane Sissako, r&#233;alisateur de Timbuktu &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_554 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/jpg/2020-01-06_11-24-23.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L447xH836/2020-01-06_11-24-23-f5719.jpg?1578307150' width='447' height='836' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La symphonie (...) annonce une trou&#233;e dans l'esprit des obscurantistes (...) la musique contribuant &#224; effacer l'absurdit&#233; planant sur cette rencontre sportive improvis&#233;e contre les barbares. La musique r&#233;sonne alors comme un po&#232;me. Les cordes redonnent son pr&#233;cieux &#224; ta vie, s'interpr&#232;tent en contrepoint de la violence sugg&#233;r&#233;e par le film. Une musique, qui, jamais, ne banalise le propos, mais l'&#233;l&#232;ve, plut&#244;t, vers des hauteurs de tol&#233;rance et de doute&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir ici&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un r&#233;alisme symbolique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Hautement symbolique, la sc&#232;ne du match de football sans ballon s'ouvre sur l'image d'une cage de but sur laquelle se d&#233;coupe la silhouette, de dos, d'un jeune gardien. Pla&#231;ant sa cam&#233;ra derri&#232;re le filet, Abderrahmane Sissako compose un v&#233;ritable patchwork visuel. La couleur est amen&#233;e par les tenues des joueurs, dispos&#233;s en d&#233;fense sur le terrain. En arri&#232;re-plan, un troupeau s'&#233;branle, indiff&#233;rent au match. Le plan est z&#233;br&#233; par les lignes du filet qui nuisent &#224; sa nettet&#233;. Toutes les perspectives sont floues, du premier &#224; l'arri&#232;re-plan. La cage de but enferme les joueurs qui semblent pris dans la glu d'un regard ext&#233;rieur &#224; la sc&#232;ne. Le filet mat&#233;rialise physiquement l'interdiction de jouer au football que bravent des gamins intr&#233;pides et imaginatifs. En &#233;largissant par la suite son plan, Sissako donne du champ &#224; ses protagonistes et leur ouvre l'espace de libert&#233; que leur ont &#244;t&#233; les djihadistes. Quand ces derniers font irruption &#224; moto sur le terrain, le jeu s'arr&#234;te. C'est cette situation de surveillance et d'oppression que le cin&#233;aste a voulu exprimer en barrant son plan au moyen du filet&lt;/i&gt; &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir ici&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La musique d'Amine Bouhafa soutient cette chor&#233;graphie a&#233;rienne qui d&#233;fie la nouvelle loi coranique de la pesanteur. Croisement de jambes dans le vide, passes imaginaires, jeux de t&#234;tes mim&#233;s, dribbles oniriques, fluidit&#233; des placements sur le sable qui virevoltent. Trompant le gardien, un joueur marque un but. Il court, bras &#233;cart&#233;s, en faisant l'oiseau. Ballet sublime, transgression somptueuse. Une patrouille &#224; moto, flairant le d&#233;lit, tourne autour de ces magiciens inspir&#233;s qui ont trouv&#233; la parade : une innocente gymnastique d'&#233;chauffement, exempte de toute condamnation divine. Les cerb&#232;res repartent bredouilles, sans gibier pour leur potence. L'all&#233;gresse de la libert&#233; conquise, la po&#233;sie de cette r&#233;sistance pacifique, la limpidit&#233; de la mise en sc&#232;ne, la lumi&#232;re de cet instant suspendu provoquent une &#233;motion tr&#232;s profonde, inattendue. Depuis toujours, le cin&#233;ma &#233;choue &#224; filmer le football. Pourquoi ce sport plan&#233;taire, cet esp&#233;ranto universel, inspire-t-il si peu le septi&#232;me art ? Abderrahmane Sissako vient &#224; bout de cette mal&#233;diction. Il r&#233;ussit l'impossible. En une s&#233;quence. Sid&#233;rante, bouleversante. Face &#224; un &#233;cran, jamais nous n'avions &#233;prouv&#233;, aussi intens&#233;ment, aussi intimement, ce tremblement venu de l'enfance, cette jubilation perdue que Timbuktu nous restitue par surprise. Pur instant de gr&#226;ce&lt;/i&gt; &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir ici&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le spectateur r&#233;sistant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La voiture de la police islamiste qui patrouille pour faire r&#233;gner l'ordre (et interdire le football) passe et ne r&#233;agit pas. Elle ne s'int&#233;resse qu'&#224; l'aspect mat&#233;riel du football (le ballon) et oublie tout le reste, c'est &#224; dire l'essentiel. Les joueurs tout comme les spectateurs ont bel et bien assist&#233; &#224; une partie de foot. Dans un pays o&#249; les interdits absurdes sont de plus en plus nombreux, les jeunes trouvent des moyens pour contourner ces interdits. Ils jouent au football sans le ballon, et la beaut&#233; du cin&#233;ma est de pouvoir retransmettre cet acte de r&#233;sistance en r&#233;veillant le spectateur et en le faisant devenir acteur de cette r&#233;sistance. C'est parce qu'on souhaite les voir jouer que le ballon existe dans notre esprit ! On en devine m&#234;me les trajectoires ! Il nous ram&#232;ne &#224; notre position de spectateur en nous disant qu'il ne faut pas demeurer passif avec les images mais bien actif. Refuser la passivit&#233; ! R&#233;veiller l'esprit de cr&#233;ation ! (...) C'est pour &#231;a qu'on aime le cin&#233;ma, pour qu'il nous rappelle le pouvoir de l'imagination. Ils peuvent d&#233;truire les &#339;uvres (dans la premi&#232;re sc&#232;ne du film on voit des statuettes de bois d&#233;truites par des balles des Kalashnikovs) mais ils ne d&#233;truiront jamais le pouvoir et le d&#233;sir de cr&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1943, Renoir, &#233;xil&#233; alors aux &#201;tats-Unis, r&#233;alisait Vivre libre sur l'occupation nazie en France. En 2014, Sissako r&#233;alise Timbuktu en Mauritanie sur l'occupation djihadiste au Mali. Autre &#233;poque, autres pays, m&#234;me r&#233;sistance&lt;/i&gt; &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Timbuktu : Un foot sans ballon c'est quoi ? &#187;&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_555 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al139_p60_mirage-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 196.3 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779463801' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un mirage, la partie de ballon dans Timbuktu ? &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Travailler la pens&#233;e sauvage&lt;/i&gt; &#187;, Jean FOUCAMBERT, A.L. n&#176;111, septembre 2010&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Pour une &#233;ducation de l'intelligence collective&lt;/i&gt; &#187;, Bernard COLLOT, dans ce num&#233;ro, pp. 61&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce qu'on fait quand on utilise le langage cin&#233;matographique&lt;/i&gt; &#187;, Jean-Christophe RIBOT, A.L. n&#176;115, septembre 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Film franco-mauritanien, r&#233;alis&#233; par Abderrahmane SISSAKO, sorti en 2014&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Extrait de &#171; &lt;i&gt;C&#233;sar 2015 : Timbuktu en 6 sc&#232;nes marquantes&lt;/i&gt; &#187;, Thierry CH&#200;ZE, publi&#233; le 10/12/2014, l'Express.fr&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Extrait de &#171; &lt;i&gt;Entretien avec Abderrahmane Sissako, r&#233;alisateur de Timbuktu&lt;/i&gt; &#187;, 09/12/2014, troiscouleurs.fr&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://africultures.com/timbuktu-au-nom-de-la-musique-12790/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;https://www.cineligue-hdf.org/cineligue/15/2015_2016/timbuktu/timbuktu_livret.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.bande-a-part.fr/cinema/chronique/timbuktu-abderrahmane-sissako-magazine-de-cinema/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://monarquemgzn.co/2015/03/01/997/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Timbuktu : Un foot sans ballon c'est quoi ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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