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	<title>Association Fran&#231;aise pour la Lecture</title>
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		<title>&#171; Nos &#233;tudes &#187; </title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Voici comment se passe une le&#231;on de composition : Nous sommes assis &#224; la table de la cuisine avec nos feuilles quadrill&#233;es, nos crayons, et le grand cahier. Nous sommes seuls. L'un de nous dit : &#8212; Le titre de ta composition est : &#171; L'arriv&#233;e chez Grand-m&#232;re &#187; L'autre dit : &#8212; Le titre de ta composition est &#171; Nos travaux &#187;. Nous nous mettons &#224; &#233;crire. Nous avons deux heures pour traiter le sujet et deux feuilles de papier &#224; notre disposition. Au bout de deux heures, nous &#233;changeons (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique26" rel="directory"&gt;147 - &#171; L'&#233;crit : Une affaire d'&#233;cole ou une affaire de classe ? &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;Voici comment se passe une le&#231;on de composition : &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes assis &#224; la table de la cuisine avec nos feuilles quadrill&#233;es, nos crayons, et le grand cahier. Nous sommes seuls.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'un de nous dit :
&lt;br /&gt;&#8212; Le titre de ta composition est : &#171; L'arriv&#233;e chez Grand-m&#232;re &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre dit :
&lt;br /&gt;&#8212; Le titre de ta composition est &#171; Nos travaux &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous mettons &#224; &#233;crire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons deux heures pour traiter le sujet et deux feuilles de papier &#224; notre disposition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au bout de deux heures, nous &#233;changeons nos feuilles, chacun de nous corrige les fautes d'orthographes de l'autre &#224; l'aide du dictionnaire et, en bas de page, &#233;crit : &#171; Bien &#187; ou &#171; Pas bien &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si c'est &#171; Pas bien &#187;, nous jetons la composition dans le feu et nous essayons de traiter le m&#234;me sujet &#224; la le&#231;on suivante. Si c'est &#171; Bien &#187;, nous pouvons recopier&lt;br class='autobr' /&gt;
la composition dans le Grand Cahier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour d&#233;cider si c'est &#171; Bien &#187; ou &#171; Pas bien &#187;, nous avons une r&#232;gle tr&#232;s simple : la composition doit &#234;tre vraie. Nous devons d&#233;crire ce qui est, ce que nous voyons, ce que nous entendons, ce que nous faisons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, il est interdit d'&#233;crire : &#171; Grand-m&#232;re ressemble &#224; une sorci&#232;re &#187; ; Mais&lt;br class='autobr' /&gt;
il est permis d'&#233;crire &#171; Les gens appellent Grand-m&#232;re la Sorci&#232;re &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est interdit d'&#233;crire : &#171; La petite ville est belle &#187;, car la petite ville peut &#234;tre belle pour nous et laide pour quelqu'un d'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
De m&#234;me, si nous &#233;crivons :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'ordonnance est gentil &#187;, cela n'est pas une v&#233;rit&#233;, parce que l'ordonnance est peut-&#234;tre capable de m&#233;chancet&#233;s que nous ignorons. Nous &#233;crirons donc simplement &#171; L'ordonnance nous donne des couvertures &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous &#233;crirons : &#171; Nous mangeons beaucoup de noix &#187; ; et non pas &#171; Nous aimons les noix &#187;, car le mot &#171; aimer &#187; n 'est pas un mot sur, il manque de pr&#233;cision et d'objectivit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Aimer les noix &#187; et &#171; aimer notre m&#232;re &#187;, cela ne peut pas vouloir dire la m&#234;me chose. La premi&#232;re formule d&#233;signe un go&#251;t agr&#233;able dans la bouche, et la deuxi&#232;me un sentiment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les mots qui d&#233;finissent les sentiments sont tr&#232;s vagues, il vaut mieux &#233;viter leur emploi et s'en tenir &#224; la description des objets, des &#234;tres humains et de soi-m&#234;me, c'est &#224; dire la description fid&#232;le des faits.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;Agota Kristof, &lt;i&gt;Le grand Cahier&lt;/i&gt;, Editions du Seuil, 1986&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_374 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al147_p3.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 72.2 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779463801' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Nos &#233;tudes &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; I am not your negro &#187; et &#171; Retour dans l'&#339;il du cyclone &#187;</title>
		<link>http://actes-de-lecture.org/spip.php?article133</link>
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		<dc:date>2017-12-15T15:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>&#171; Je ne sais pas ce que ressentent la plupart des Blancs de ce pays mais je ne peux comprendre ce qu'ils ressentent qu'&#224; partir de l'&#233;tat de leurs institutions. Je ne sais pas si les Chr&#233;tiens blancs ha&#239;ssent les Noirs ou pas mais je sais que nous avons une &#233;glise chr&#233;tienne qui est blanche et une &#233;glise chr&#233;tienne qui est noire. Je sais, comme Malcolm X le disait, que l'heure la plus s&#233;gr&#233;gu&#233;e de la vie am&#233;ricaine est le midi le dimanche. &#199;a dit, pour moi, beaucoup de choses sur une (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique24" rel="directory"&gt;140 : &#171; Dans l'air du temps &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne sais pas ce que ressentent la plupart des Blancs de ce pays mais je ne peux comprendre ce qu'ils ressentent qu'&#224; partir de l'&#233;tat de leurs institutions. Je ne sais pas si les Chr&#233;tiens blancs ha&#239;ssent les Noirs ou pas mais je sais que nous avons une &#233;glise chr&#233;tienne qui est blanche et une &#233;glise chr&#233;tienne qui est noire. Je sais, comme Malcolm X le disait, que l'heure la plus s&#233;gr&#233;gu&#233;e de la vie am&#233;ricaine est le midi le dimanche. &#199;a dit, pour moi, beaucoup de choses sur une nation chr&#233;tienne. &#199;a veut dire que je ne peux pas me permettre de croire la plupart des Chr&#233;tiens blancs et que je ne peux certainement pas croire l'&#233;glise chr&#233;tienne. Je ne sais pas si les syndicats et leurs patrons me d&#233;testent - ce n'est pas important - mais je sais que je ne suis pas dans leur syndicat. Je ne sais pas si le lobby immobilier a quelque chose contre les Noirs mais je sais que le lobby immobilier me laisse dans le ghetto. Je ne sais pas si le minist&#232;re de l'&#233;ducation hait les noirs mais je connais les livres qu'ils donnent &#224; mes enfants et les &#233;coles o&#249; nous devons aller. C'est la preuve. Vous voulez que je fasse confiance, que je risque ma vie, celle de ma femme, de ma s&#339;ur, de mes enfants sur un id&#233;alisme dont vous m'assurez qu'il existe en Am&#233;rique mais que je n'ai jamais vu ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;James BALDWIN, &lt;i&gt;I am not your negro&lt;/i&gt;, Robert Laffont, 2017&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand j'&#233;tais enfant, on m'a appris dans les livres d'histoire am&#233;ricaine que l'Afrique n'avait pas d'histoire et que moi non plus. On m'a appris que j'&#233;tais un sauvage sauv&#233; par l'Europe et amen&#233; en Am&#233;rique, sur lequel moins on en disait, mieux c'&#233;tait. Et bien s&#251;r, je le croyais. Je n'avais pas le choix. C'&#233;taient les seuls livres qu'il y avait. Tout le monde semblait &#234;tre d'accord. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;James BALDWIN, &lt;i&gt;Retour dans l'&#339;il du cyclone&lt;/i&gt;, Bourgois, 2015&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_357 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;85&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al140_p14_extraits-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 39.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779463801' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; I am not your negro &#187; et &#171; Retour dans l'&#339;il du cyclone &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Emma Bovary &#187;</title>
		<link>http://actes-de-lecture.org/spip.php?article221</link>
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		<dc:date>2017-09-15T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Nous &#233;tions &#224; l'&#201;tude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habill&#233; en bourgeois... &lt;br /&gt;Quand Charles Bovary arrive au coll&#232;ge tout son &#234;tre le d&#233;peint comme diff&#233;rent des autres : plus jeune, plus humble, bredouillant, inadapt&#233; aux usages en cours dans la classe : d&#233;cal&#233; et moqu&#233;. Aux normes bourgeoises du &#171; nous &#187; s'oppose la singularit&#233; paysanne du &#171; nouveau &#187; qui devra faire preuve de docilit&#233; et d'obstination pour acqu&#233;rir les savoirs minimums. Mais, ne poss&#233;dant pas les (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique53" rel="directory"&gt;139 - &#171; Les cycles, sur les traces d'une innovation &#233;gar&#233;e &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous &#233;tions &#224; l'&#201;tude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habill&#233; en bourgeois...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Charles Bovary arrive au coll&#232;ge tout son &#234;tre le d&#233;peint comme diff&#233;rent des autres : plus jeune, plus humble, bredouillant, inadapt&#233; aux usages en cours dans la classe : d&#233;cal&#233; et moqu&#233;. Aux normes bourgeoises du &#171; &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; &#187; s'oppose la singularit&#233; paysanne du &#171; &lt;i&gt;nouveau&lt;/i&gt; &#187; qui devra faire preuve de docilit&#233; et d'obstination pour acqu&#233;rir les savoirs minimums. Mais, ne poss&#233;dant pas les codes l'&#233;l&#232;ve suiviste restera un homme laborieux qui &#171; &lt;i&gt;travaille sans avancer&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui dormaient se r&#233;veill&#232;rent, et chacun se leva comme surpris dans son travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tournant vers le ma&#238;tre d'&#233;tudes : &#171; &lt;i&gt;Monsieur Roger&lt;/i&gt;, lui dit-il &#224; demi-voix, &lt;i&gt;voici un &#233;l&#232;ve que je vous recommande, il entre en cinqui&#232;me. Si son travail et sa conduite sont m&#233;ritoires, il passera dans les grands, o&#249; l'appelle son &#226;ge&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rest&#233; dans l'angle, derri&#232;re la porte, si bien qu'on l'apercevait &#224; peine, le nouveau &#233;tait un gars de la campagne, d'une quinzaine d'ann&#233;es environ, et plus haut de taille qu'aucun de nous tous. Il avait les cheveux coup&#233;s droit sur le front, comme un chantre de village, l'air raisonnable et fort embarrass&#233;. Quoiqu'il ne f&#251;t pas large des &#233;paules, son habit-veste de drap vert &#224; boutons noirs devait le g&#234;ner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitu&#233;s &#224; &#234;tre nus. Ses jambes, en bas bleus, sortaient d'un pantalon jaun&#226;tre tr&#232;s tir&#233; par les bretelles. Il &#233;tait chauss&#233; de souliers forts, mal cir&#233;s, garnis de clous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On commen&#231;a la r&#233;citation des le&#231;ons. Il les &#233;couta de toutes ses oreilles, attentif comme au sermon, n'osant m&#234;me croiser les cuisses, ni s'appuyer sur le coude, et, &#224; deux heures, quand la cloche sonna, le ma&#238;tre d'&#233;tudes fut oblig&#233; de l'avertir, pour qu'il se m&#238;t avec nous dans les rangs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions l'habitude, en entrant en classe, de jeter nos casquettes par terre, afin d'avoir ensuite nos mains plus libres ; il fallait, d&#232;s le seuil de la porte, les lancer sous le banc, de fa&#231;on &#224; frapper contre la muraille en faisant beaucoup de poussi&#232;re ; c'&#233;tait l&#224; le &lt;i&gt;genre&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, soit qu'il n'e&#251;t pas remarqu&#233; cette man&#339;uvre ou qu'il n'e&#251;t os&#233; s'y soumettre, la pri&#232;re &#233;tait finie que le nouveau tenait encore sa casquette sur ses deux genoux. C'&#233;tait une de ces coiffures d'ordre composite, o&#249; l'on retrouve les &#233;l&#233;ments du bonnet &#224; poil, du chapska, du chapeau rond, de la casquette de loutre et du bonnet de coton, une de ces pauvres choses, enfin, dont la laideur muette a des profondeurs d'expression comme le visage d'un imb&#233;cile. Ovo&#239;de et renfl&#233;e de baleines, elle commen&#231;ait par trois boudins circulaires ; puis s'alternaient, s&#233;par&#233;s par une bande rouge, des losanges de velours et de poils de lapin ; venait ensuite une fa&#231;on de sac qui se terminait par un polygone cartonn&#233;, couvert d'une broderie en soutache compliqu&#233;e, et d'o&#249; pendait, au bout d'un long cordon trop mince, un petit croisillon de fils d'or, en mani&#232;re de gland. Elle &#233;tait neuve ; la visi&#232;re brillait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Levez-vous&lt;/i&gt; &#187;, dit le professeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se leva ; sa casquette tomba. Toute la classe se mit &#224; rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se baissa pour la reprendre. Un voisin la fit tomber d'un coup de coude, il la ramassa encore une fols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;D&#233;barrassez-vous donc de votre casque&lt;/i&gt; &#187;, dit le professeur, qui &#233;tait un homme d'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut un rire &#233;clatant des &#233;coliers qui d&#233;contenan&#231;a le pauvre gar&#231;on, si bien qu'il ne savait s'il fallait garder sa casquette &#224; la main, la laisser par terre ou la mettre sur sa t&#234;te. Il se rassit et la posa sur ses genoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Levez-vous&lt;/i&gt;, reprit le professeur,&lt;i&gt; et dites-moi votre nom.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;nouveau&lt;/i&gt; articula, d'une voix bredouillante, un nom inintelligible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;R&#233;p&#233;tez !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me bredouillement de syllabes se fit entendre, couvert par les hu&#233;es de la classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Plus haut ! cria le ma&#238;tre, plus haut !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;nouveau&lt;/i&gt;, prenant alors une r&#233;solution extr&#234;me, ouvrit une bouche d&#233;mesur&#233;e et lan&#231;a &#224; pleins poumons, comme pour appeler quelqu'un, ce mot : &lt;i&gt;Charbovari&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut un vacarme qui s'&#233;lan&#231;a d'un bond, monta en crescendo, avec des &#233;clats de voix aigus (on hurlait, on aboyait, on tr&#233;pignait, on r&#233;p&#233;tait : &lt;i&gt;Charbovari ! Charbovari !&lt;/i&gt;), puis qui roula en notes isol&#233;es, se calmant &#224; grand-peine, et parfois qui reprenait tout &#224; coup sur la ligne d'un banc o&#249; saillissait encore &#231;&#224; et l&#224;, comme un p&#233;tard mal &#233;teint, quelque rire &#233;touff&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, sous la pluie des pensums, l'ordre peu &#224; peu se r&#233;tablit dans la classe, et le professeur, parvenu &#224; saisir le nom de Charles Bovary, se l'&#233;tant fait dicter, &#233;peler et relire, commanda tout de suite au pauvre diable d'aller s'asseoir sur le banc de paresse, au pied de la chaire. Il se mit en mouvement, mais, avant de partir, h&#233;sita.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Que cherchez-vous ?&lt;/i&gt; demanda le professeur.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Ma cas...&lt;/i&gt;, fit timidement le nouveau, promenant autour de lui des regards inquiets.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Cinq cents vers &#224; toute la classe !&lt;/i&gt; &#187; exclam&#233; d'une voix furieuse, arr&#234;ta, comme &lt;i&gt;Quos ego&lt;/i&gt;, une bourrasque nouvelle. &#171; &lt;i&gt;Restez donc tranquilles !&lt;/i&gt; continuait le professeur indign&#233;, et, s'essuyant le front avec son mouchoir qu'il venait de prendre dans sa toque : &lt;i&gt;quant &#224; vous, le nouveau, vous me copierez vingt fois le verbe ridiculus sum.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, d'une voix plus douce :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Eh ! vous la retrouverez, votre casquette ; on ne vous l'a pas vol&#233;e !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout reprit son calme. Les t&#234;tes se courb&#232;rent sur les cartons, et le &lt;i&gt;nouveau&lt;/i&gt; resta pendant deux heures dans une tenue exemplaire, quoiqu'il y e&#251;t bien, de temps &#224; autre, quelque boulette de papier lanc&#233;e d'un bec de plume qui v&#238;nt s'&#233;clabousser sur sa figure. Mais il s'essuyait avec la main, et demeurait immobile, les yeux baiss&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir, &#224; l'&#233;tude, il tira ses bouts de manches de son pupitre, mit en ordre ses petites affaires, r&#233;gla soigneusement son papier. Nous le v&#238;mes qui travaillait en conscience, cherchant tous les mots dans le dictionnaire et se donnant beaucoup de mal. Gr&#226;ce, sans doute, &#224; cette bonne volont&#233; dont il fit preuve, il dut de ne pas descendre dans la classe inf&#233;rieure ; car, s'il savait passablement ses r&#232;gles, il n'avait gu&#232;re d'&#233;l&#233;gance dans les tournures. C'&#233;tait le cur&#233; de son village qui lui avait commenc&#233; le latin, ses parents, par &#233;conomie, ne l'ayant envoy&#233; au coll&#232;ge que le&lt;br class='autobr' /&gt;
plus tard possible.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;&lt;i&gt;Emma Bovary&lt;/i&gt;, Gustave FLAUBERT (d&#233;but)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_542 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al139_p16_extrait-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 58.3 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779463801' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Emma Bovary &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; L'invention simultan&#233;e de nouveaux lecteurs et d'une nouvelle lecture &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Extrait d'une conf&#233;rence donn&#233;e par ]ean-Claude Passeron au cours du colloque &#171; Lecture et biblioth&#232;ques publiques &#187; &#224; H&#233;nin-Beaumont en 1982, paru dans Les Actes de Lecture n&#176;16, d&#233;cembre 1986. &lt;br /&gt;&#171; On touche ainsi du doigt le caract&#232;re approximatif, et souvent pernicieux, de l'analogie entre bien &#233;conomique et bien culturel et plus g&#233;n&#233;ralement du langage de l'offre et de la demande, lorsqu'on ne fait que d&#233;calquer &#224; propos de la lecture et de la culture des probl&#232;mes de l'offre et (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique55" rel="directory"&gt;138 - &#171; Michel Violet, Robert Desnos, Armand Gatti, John Berger &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extrait d'une conf&#233;rence donn&#233;e par ]ean-Claude Passeron au cours du colloque &#171; &lt;i&gt;Lecture et biblioth&#232;ques publiques&lt;/i&gt; &#187; &#224; H&#233;nin-Beaumont en 1982, paru dans &lt;i&gt;Les Actes de Lecture&lt;/i&gt; n&#176;16, d&#233;cembre 1986.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; On touche ainsi du doigt le caract&#232;re approximatif, et souvent pernicieux, de l'analogie entre bien &#233;conomique et bien culturel et plus g&#233;n&#233;ralement du langage de l'offre et de la demande, lorsqu'on ne fait que d&#233;calquer &#224; propos de la lecture et de la culture des probl&#232;mes de l'offre et de la demande &#233;conomiques. Autrement dit, les probl&#232;mes de d&#233;mocratisation de la lecture ne peuvent pas &#234;tre pos&#233;s en termes de &#171; &lt;i&gt;redistribution&lt;/i&gt; &#187; de la culture en songeant &#224; des m&#233;canismes redistributeurs aussi simples que les m&#233;canismes de redistribution de revenus. Quand on cherche o&#249; est la diff&#233;rence, on s'aper&#231;oit &#233;videmment qu'elle est dans &#171; &lt;i&gt;l'objet m&#234;me&lt;/i&gt; &#187; qui est offert. Il est, bien s&#251;r, associ&#233; &#224; un bien ou un service, qui a une valeur &#233;conomique et dont l'appropriation ou la d&#233;tention provisoire est condition de son usage culturel. Mais l'usage proprement culturel est r&#233;ception, compr&#233;hension d'un sens. Puisqu'il faut se r&#233;soudre &#224; des analogies, c'est au moins autant en termes de &#171; &lt;i&gt;message&lt;/i&gt; &#187; qu'il faut poser les questions de l'ordre culturel, qu'en termes d'appropriation des supports ou d'acc&#232;s &#224; des services. L'&#233;conomisme latent des politiques de planification tend toujours &#224; r&#233;duire le probl&#232;me de la diffusion de la culture &#224; celui, plus ma&#238;trisable de l'accessibilit&#233; mat&#233;rielle des supports de la pratique culturelle. &#192; la limite, la bonne volont&#233; de l'offre ne s'int&#233;resse plus qu'au voiturage de l'objet le plus pr&#232;s possible du consommateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est offert &#224; consommer quand on offre des moyens ou des occasions de lecture sont indissociablement toutes les conditions de l'offre : espace, formes de sociabilit&#233; qu'on y associe, habitudes sociales, comp&#233;tences et valeurs exig&#233;es par l'utilisation pleine des objets offerts. Ce qui commande la consommation, ce sont les comp&#233;tences et les orientations symboliques, bref, les valeurs les plus profondes engag&#233;es par chaque groupe social dans sa pratique de lecture, de non-lecture ou de lecture distraite, de lecture rapide ou de &#171; &lt;i&gt;lecture de survie&lt;/i&gt; &#187;. Rien n'est fait pour une politique de diffusion de la lecture tant qu'elle ne sait pas admettre (et se f&#233;liciter) que des groupes sociaux puissent sortir de l'illettrisme sans pour autant se convertir &#224; la lecture litt&#233;raire : il y a bien des demeures dans la maison polymorphe de la lecture. Toutes ont leurs vertus et leurs profits de communication ; toutes ont des portes qui font communiquer avec d'autres demeures, une fois que l'aisance dans le plaisir a mis un lecteur en mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on a pris conscience que les publics les moins lisants sont des publics qui ne savent pas lire (au sens exig&#233; par la lecture rapide et soutenue), on doit se f&#233;liciter, on doit encourager toute lecture, quelle qu'elle soit, puisque rien n'est inutile dans ce qui maintient en contact avec l'&#233;crit et qui, par l&#224;, fait franchir quelques &#233;tapes dans l'appropriation d'une comp&#233;tence dont le polymorphisme fait une cl&#233; universelle. Il faut savoir renoncer aux jugements de valeur tout faits : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas de petits profits&lt;/i&gt; &#187; en mati&#232;re de familiarisation avec la chose &#233;crite. Quelle que soit la chose lue, quelles que soient les conditions de la lecture, tout est bon qui permet aux gens qui lisent le moins de lire un peu plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les temps ne sont plus o&#249; une censure, religieuse, morale ou politique, d&#233;cr&#233;tait la non-lecture comme pr&#233;f&#233;rable &#224; la lecture des &#171; &lt;i&gt;mauvais lecteurs&lt;/i&gt; &#187;. Mais une censure culturelle habite encore un chacun de nous, se croirait-il le plus relativiste en mati&#232;re de culture : qui n'a pas sa certitude que telles ou telles lectures &#171; &lt;i&gt;de bas &#233;tages&lt;/i&gt; &#187; ne sont qu'infra-lectures &#224; dissuader ? Seul pourtant le principe inverse est de bonne politique culturelle : il n'y a pas de mauvais livres, il n'y a jamais de mauvaises lectures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est si rare ou si sporadique, pour certains groupes en tout cas, de s'acheminer vers la lecture, que c'est un crime culturel de ne pas se f&#233;liciter de tout ce qui est fait sur ce chemin, de quelque mani&#232;re que se chaussent les gens pour y marcher : regarde-t-on &#224; la couleur des baskets lorsqu'on pr&#244;ne le jogging ? Une strat&#233;gie de la lecture qui vise &#224; implanter durablement dans la culture populaire des pratiques fortes de lecture et d'y rendre normal et familier le recours &#224; l'instrument-livre doit d'abord se garder de confondre ce projet avec celui de faire sortir les membres des classes populaires de la culture populaire. Le probl&#232;me n'est pas de d&#233;-culturer, mais de faire entrer le livre dans une culture o&#249; il &#233;tait jusqu'ici inop&#233;rant. Il faut en assumer &#224; la fois la cons&#233;quence et son corollaire : la diffusion de la familiarit&#233; avec le livre et l'&#233;crit changerait assur&#233;ment quelque chose de la culture populaire, mais aussi le sens social et culturel du livre et de la lecture.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_561 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;87&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al138_p08_bonne_page-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 74.6 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779463801' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'invention simultan&#233;e de nouveaux lecteurs et d'une nouvelle lecture &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Puisque je vous dis que c'est de l'&#233;crit ! &#187;</title>
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		<dc:date>2017-06-15T14:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Au Club des id&#233;es, sur France Inter, le 7 mai 2017, Laurence Luret invitait Alexis Br&#233;zet (Le Figaro) et Laurent Joffrin (Lib&#233;ration) &#224; d&#233;battre autour du livre d'Ali Benmakhlouf : La Conversation comme mani&#232;re de vivre (Albin Michel, 2016) &lt;br /&gt;LJ : La conversation est une forme de civilisation. &#199;a suppose un mode de raisonnement souple &#224; l'&#233;coute de son interlocuteur, un sens de la digression, du changement de sujet, une certaine l&#233;g&#232;ret&#233; et, surtout, &#231;a suppose un accord fondamental (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique55" rel="directory"&gt;138 - &#171; Michel Violet, Robert Desnos, Armand Gatti, John Berger &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au &lt;i&gt;Club des id&#233;es&lt;/i&gt;, sur France Inter, le 7 mai 2017, Laurence Luret invitait Alexis Br&#233;zet (&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;) et Laurent Joffrin (&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;) &#224; d&#233;battre autour du livre d'Ali Benmakhlouf : &lt;i&gt;La Conversation comme mani&#232;re de vivre&lt;/i&gt; (Albin Michel, 2016)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_567 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/jpg/9782226320346-j.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L150xH228/9782226320346-j-06b23-78efd.jpg?1578479875' width='150' height='228' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LJ :&lt;/strong&gt; La conversation est une forme de civilisation. &#199;a suppose un mode de raisonnement souple &#224; l'&#233;coute de son interlocuteur, un sens de la digression, du changement de sujet, une certaine l&#233;g&#232;ret&#233; et, surtout, &#231;a suppose un accord fondamental entre les deux protagonistes parce qu'ils acceptent de parler sans opposer &#224; l'autre une d&#233;monstration irr&#233;futable et p&#233;remptoire qui arr&#234;terait l&#224; la conversation. C'est un &#233;l&#233;ment de la d&#233;mocratie, c'est un &#233;l&#233;ment du d&#233;bat public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB :&lt;/strong&gt; C'est un sujet formidable. La conversation dont Ali Benmaklouf nous parle &#231;a n'est pas le bavardage, &#231;a n'est pas la discussion, &#231;a n'est pas la dispute ou la conf&#233;rence. C'est un art de vivre, c'est un art de civilisation, cette fa&#231;on de passer du coq &#224; l'&#226;ne. Il cite beaucoup Montaigne, &#171; &lt;i&gt;la conversation qui marche &#224; sauts et &#224; gambades&lt;/i&gt; &#187;. &#199;a, &#231;a me pla&#238;t. Mais il y a un truc que je ne comprends pas dans son livre c'est que, pour illustrer cet art de la conversation, il ne va s'appuyer que sur des textes &#233;crits. Vous allez me dire que c'est difficile de s'appuyer sur des conversations...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LJ :&lt;/strong&gt; Chez Socrate, il n'y avait pas de micro...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB :&lt;/strong&gt; Certes, mais la fa&#231;on de dire &#171; &lt;i&gt;j'ai trouv&#233; des &#233;crivains oraux dont les &#233;crits nous ram&#232;nent au parler prompt de la conversation...&lt;/i&gt; &#187;... Il nous dit Flaubert. Je ne vois pas en quoi Flaubert est un &#233;crivain oral. Il n'y a rien de plus &#233;crit que Flaubert. Il dit &#171; &lt;i&gt;oui, mais Flaubert gueulait ses textes dans son gueuloir&lt;/i&gt; &#187; mais c'est pas de la conversation de gueuler ses textes, c'est pour voir si &#231;a sonne bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LJ :&lt;/strong&gt; Non, mais il cite la correspondance aussi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB :&lt;/strong&gt; Oui, mais la correspondance n'est pas non plus exactement de la conversation. Il nous dit Saint-Simon. Mais, Saint-Simon, c'est absolument pas de la conversation. C'est un &#233;crivain, c'est un styliste. C'est pas quelqu'un qui le soir prenait des notes sur la vie. C'est pas du tout &#231;a. Il le fait &#224; la fin de sa vie et il fait exploser la syntaxe des grands seigneurs qui ont &#233;crit leurs souvenirs. Pourquoi on retient Saint-Simon ? C'est parce que c'est un &#233;crivain ! Oui on parle de conversations auxquelles il a assist&#233; mais &#231;a n'est en rien illustratif de la conversation. Et de la m&#234;me fa&#231;on Proust. Il faut quand m&#234;me m'expliquer en quoi Proust serait un &#233;crivain oral ! Il y a des gens qui parlent dans des salons, dans Proust, mais ce n'est pas pour autant un &#233;crivain oral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LJ :&lt;/strong&gt; Il le retranscrit avec tellement de talent que &#231;a devient l'essence m&#234;me de l'&#233;change informel, dr&#244;le, &#233;mouvant ou parfois ridicule. Il se moque de ses propres personnages. &#199;a arrive souvent. Dans Proust, comme dans Oscar Wilde et d'autres, vous avez un art de la phrase... Il y a une parole...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB :&lt;/strong&gt; Il y a un humour absolument extraordinaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LJ :&lt;/strong&gt; C'est un art &#233;crit de l'oral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB :&lt;/strong&gt; Non ! Proust n'est pas un art &#233;crit de l'oral, c'est un art &#233;crit de l'&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;i&gt;rires&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LJ :&lt;/strong&gt; Dans la mani&#232;re dont il retranscrit les dialogues si, bien s&#251;r, bien s&#251;r... On peut le dire de beaucoup d'&#233;crivains, &#233;videmment...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB :&lt;/strong&gt; Il se trouve qu'il est sp&#233;cialiste de Montaigne, il s'int&#233;resse &#224; Proust, &#224; Saint-Simon, il a raison mais je trouve qu'appliquer &#231;a &#224; sa th&#232;se c'est un peu curieux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LL :&lt;/strong&gt; M&#234;me quand il rappelle les paroles de Montaigne quand il dit dans &lt;i&gt;Les Essais&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;On est sur la mani&#232;re de dire pas sur la mati&#232;re de dire...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB :&lt;/strong&gt; Si on veut s'int&#233;resser &#224; l'art de la conversation il faut faire de l'histoire parce qu'on ne parle pas de la m&#234;me fa&#231;on chez Athena&#239;s de Montespan... Proust le raconte tr&#232;s bien, il dit : &#171; &lt;i&gt;Elle avait le tour Mortemart, la fa&#231;on de parler des Mortemart&lt;/i&gt; &#187;, bon, apr&#232;s encore faut-il l'expliquer... Il aurait pu s'appuyer l&#224;-dessus dans Proust...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LJ :&lt;/strong&gt; Attendez ! Vous faites une critique comme s'il aurait fallu qu'il utilise la litt&#233;rature mondiale pour illustrer sa th&#232;se. Il suffit de prendre des exemples... Comme dans une conversation d'ailleurs...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB :&lt;/strong&gt; Oui, mais son livre n'est pas un livre de conversations, c'est un essai...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LJ :&lt;/strong&gt; Ce n'est pas un trait&#233;, une somme d&#233;finitive. Heureusement d'ailleurs...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB :&lt;/strong&gt; Les salons de madame de Sta&#235;l c'est pas la m&#234;me chose qu'Alexandra Sublet. C'est int&#233;ressant de voir comment a pu &#233;voluer...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LJ :&lt;/strong&gt; La comparaison est d&#233;licieuse...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LL :&lt;/strong&gt;... et os&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB :&lt;/strong&gt; N'emp&#234;che que, est-ce que c'est pas &#231;a les salons d'aujourd'hui ? Je n'en sais rien. Moi &#231;a m'aurait int&#233;ress&#233;. La conversation chez les Anglais, le &lt;i&gt;small talk&lt;/i&gt;, c'est pas la conversation des Fran&#231;ais. C'est autre chose...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LJ :&lt;/strong&gt; Vous &#234;tes injuste. J'ai appris beaucoup de choses dedans, par exemple des termes qui sortent de la rh&#233;torique si j'ai bien compris. Alors, je vais faire une interrogation : qu'est-ce que c'est qu'un apophtegme, un solipsisme, un enthym&#232;me ? (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB :&lt;/strong&gt; C'est pas l'art de la conversation, &#231;a. C'est l'art de la rh&#233;torique et la rh&#233;torique c'est &#233;crit. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LJ :&lt;/strong&gt; Il y a une phrase que je trouve int&#233;ressante, elle est de Brecht : &#171; &lt;i&gt;Il pensait dans d'autres t&#234;tes et dans la sienne d'autres que lui pensaient. C'est &#231;a la vraie pens&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; (...)&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Extrait&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Que ma Bovary m'emb&#234;te ! Je commence &#224; m'y d&#233;brouiller pourtant un peu. Je n'ai jamais de ma vie rien &#233;crit de plus difficile que ce que je fais maintenant, du dialogue trivial ! Cette sc&#232;ne d'auberge va peut-&#234;tre me demander trois mois, je n'en sais rien ? J'en ai envie de pleurer par moments, tant je sens mon impuissance. Mais je cr&#232;verai plut&#244;t dessus que de l'escamoter. J'ai &#224; poser &#224; la fois dans la m&#234;me conversation cinq ou six personnages (qui parlent), plusieurs autres (dont on parle), le lieu o&#249; l'on est, tout le pays, en faisant des descriptions physiques de gens et d'objets, et &#224; montrer au milieu de tout cela un monsieur et une dame qui commencent (par une sympathie de go&#251;ts) &#224; s'&#233;prendre un peu l'un de l'autre. Si j'avais de la place encore ! Mais il faut que tout cela soit rapide sans &#234;tre sec, et d&#233;velopp&#233; sans &#234;tre &#233;pat&#233;, tout en me m&#233;nageant, pour la suite, d'autres d&#233;tails qui l&#224; seraient plus frappants. (...) La phrase en elle-m&#234;me m'est fort p&#233;nible. Il me faut faire parler, en style &#233;crit, des gens du dernier commun, et la politesse du langage enl&#232;ve tant de pittoresque &#224; l'expression !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;Gustave Flaubert, &lt;i&gt;Lettre du 19 septembre 1852&lt;/i&gt;, in &lt;i&gt;Correspondance II&lt;/i&gt;, Gallimard Pl&#233;iade&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_566 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al138_p12_bonnes_pages-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 55.9 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779463801' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Puisque je vous dis que c'est de l'&#233;crit ! &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Sans famille &#187;</title>
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		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Pour le naturaliste, la vache est un animal ruminant ; pour le promeneur, c'est une b&#234;te qui fait bien dans le paysage lorsqu'elle l&#232;ve au-dessus des herbes son mufle noir humide de ros&#233;e ; pour l'enfant des villes, c'est la source du caf&#233; au lait et du fromage &#224; la cr&#232;me ; mais pour le paysan, c'est bien plus et bien mieux encore. Si pauvre qu'il puisse &#234;tre et si nombreuse que soit sa famille, il est assur&#233; de ne pas souffrir de la faim tant qu'il a une vache dans son &#233;table. Avec (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique55" rel="directory"&gt;138 - &#171; Michel Violet, Robert Desnos, Armand Gatti, John Berger &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;Pour le naturaliste, la vache est un animal ruminant ; pour le promeneur, c'est une b&#234;te qui fait bien dans le paysage lorsqu'elle l&#232;ve au-dessus des herbes son mufle noir humide de ros&#233;e ; pour l'enfant des villes, c'est la source du caf&#233; au lait et du fromage &#224; la cr&#232;me ; mais pour le paysan, c'est bien plus et bien mieux encore. Si pauvre qu'il puisse &#234;tre et si nombreuse que soit sa famille, il est assur&#233; de ne pas souffrir de la faim tant qu'il a une vache dans son &#233;table. Avec une longe ou m&#234;me avec une simple hart nou&#233;e autour des cornes, un enfant prom&#232;ne la vache le long des chemins herbus, l&#224; o&#249; la p&#226;ture n'appartient &#224; personne, et le soir la famille enti&#232;re a du beurre dans sa soupe et du lait pour mouiller ses pommes de terre : le p&#232;re, la m&#232;re, les enfants, les grands comme les petits, tout le monde vit de la vache. (...) Mais ce n'&#233;tait pas seulement notre nourrice qu'elle &#233;tait, c'&#233;tait encore notre camarade, notre amie, car il ne faut pas s'imaginer que la vache est une b&#234;te stupide, c'est au contraire un animal plein d'intelligence et de qualit&#233;s morales d'autant plus d&#233;velopp&#233;es qu'on les aura cultiv&#233;es par l'&#233;ducation. Nous caressions la n&#244;tre, nous lui parlions, elle nous comprenait, et de son c&#244;t&#233;, avec ses grands yeux ronds pleins de douceur, elle savait tr&#232;s bien nous faire entendre ce qu'elle voulait ou ce qu'elle ressentait. Enfin nous l'aimions et elle nous aimait, ce qui est tout dire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_568 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al138_p14_extrait-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 38.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779463801' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Sans famille &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Martin Eden &#187;</title>
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		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Un jeune matelot, Martin Eden, d&#233;couvre passionn&#233;ment la lecture et l'&#233;criture comme moyen de comprendre le monde et de s'&#233;lever socialement. Extrait du roman le plus autobiographique de Jack London : &lt;br /&gt;&#171; Il ne perdait pas un instant. Sur son miroir, il y avait des listes de vocabulaire, qu'il r&#233;visait syst&#233;matiquement en se rasant, en s'habillant ou en se peignant. Des listes semblables &#233;taient affich&#233;es au-dessus de son r&#233;chaud et il les apprenait pareillement en faisant la (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique60" rel="directory"&gt;137 - &#171; Censure &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un jeune matelot, Martin Eden, d&#233;couvre passionn&#233;ment la lecture et l'&#233;criture comme moyen de comprendre le monde et de s'&#233;lever socialement. Extrait du roman le plus autobiographique de Jack London :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il ne perdait pas un instant. Sur son miroir, il y avait des listes de vocabulaire, qu'il r&#233;visait syst&#233;matiquement en se rasant, en s'habillant ou en se peignant. Des listes semblables &#233;taient affich&#233;es au-dessus de son r&#233;chaud et il les apprenait pareillement en faisant la cuisine ou la vaisselle. Quand il les savait par c&#339;ur, il les rempla&#231;ait par d'autres. D&#232;s qu'il rencontrait un mot inconnu ou mal connu dans ses lectures, il le notait et, quand la s&#233;rie atteignait un certain nombre, il la recopiait &#224; la machine pour l'&#233;pingler au-dessus du miroir ou sur le mur. Il emportait m&#234;me les fiches dans ses poches afin de les r&#233;viser &#224; ses moments perdus, dans les rues ou les files d'attente chez le boucher ou l'&#233;picier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'arr&#234;ta pas l&#224;. En lisant les &#339;uvres des &#233;crivains connus, il notait leurs trouvailles, &#233;tudiait leurs m&#233;thodes &#8212; leurs proc&#233;d&#233;s narratifs, leurs techniques d'exposition, leurs figures de style, leur science du contraste et de l'&#233;pigramme &#8212; et en dressait de nouvelles listes qu'il potassait comme un coll&#233;gien. Il ne singeait pas. Il cherchait des principes de base, des mod&#232;les de construction, des tournures litt&#233;raires qu'il essayait ensuite d'appliquer, en bon &#233;l&#232;ve, dans des contextes originaux. Il collectionnait aussi des listes de phrases fortes, &#233;vocatrices, d&#233;capantes comme l'acide et br&#251;lantes comme la flamme ou riches et pleines de s&#232;ve comme de luxuriantes oasis dans le d&#233;sert aride du langage ordinaire. Il voulait avant tout comprendre le cheminement de l'auteur, savoir comment celui-ci avait fait pour pouvoir s'en inspirer et cr&#233;er &#224; son tour. Il ne se satisfaisait pas de contempler la beaut&#233;, il la diss&#233;quait dans son petit laboratoire, parmi les odeurs de cuisine et les criailleries de la tribu Silva, il en fouillait &#161;'anatomie pour apprendre &#224; la modeler au plus juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait ainsi fait qu'il ne pouvait rien produire sans comprendre. Il &#233;tait incapable de travailler &#224; l'aveuglette, dans le noir, sans regarder son ouvrage et en se fiant &#224; sa seule bonne &#233;toile pour parvenir &#224; un r&#233;sultat. Il ne croyait pas au hasard. Il voulait toujours conna&#238;tre le pourquoi et le comment. Il avait le g&#233;nie de la cr&#233;ation et, d&#232;s avant de commencer un r&#233;cit ou un po&#232;me, il avait besoin de se repr&#233;senter l'ouvrage d&#233;j&#224; termin&#233; en imagination, d'en pressentir les couleurs et la fin, sans quoi ses efforts eussent &#233;t&#233; vou&#233;s &#224; l'&#233;chec. Cela ne l'emp&#234;chait pas, cependant, d'appr&#233;cier les alliances de mots al&#233;atoires, les phrases spontan&#233;es et enlev&#233;es, dans lesquelles il d&#233;couvrait des connotations et des significations impr&#233;vues qui l'enchantaient. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;&lt;i&gt;Martin Eden&lt;/i&gt; &#8212; Jack London &#8212; Editions Libretto,2010&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_588 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al137_p07_bonnepage-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 41.9 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779463801' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Martin Eden &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; M&#233;moires d'une jeune fille rang&#233;e &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>LES JARDINS DU PALAIS ROYAL &lt;br /&gt;En octobre, la Sorbonne ferm&#233;e, je passais mes journ&#233;es &#224; la Biblioth&#232;que nationale. J'avais obtenu de ne pas rentrer d&#233;jeuner &#224; la maison : j'achetais du pain, des rillettes, et je les mangeais dans les jardins du Palais-Royal, en regardant mourir les derni&#232;res roses ; assis sur des banc, des terrassiers mordaient dans de gros sandwiches et buvaient du vin rouge. S'il bruinait, je m'abritais dans un caf&#233; Biard, parmi des ma&#231;ons qui puisaient dans des (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique60" rel="directory"&gt;137 - &#171; Censure &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LES JARDINS DU PALAIS ROYAL&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En octobre, la Sorbonne ferm&#233;e, je passais mes journ&#233;es &#224; la Biblioth&#232;que nationale. J'avais obtenu de ne pas rentrer d&#233;jeuner &#224; la maison : j'achetais du pain, des rillettes, et je les mangeais dans les jardins du Palais-Royal, en regardant mourir les derni&#232;res roses ; assis sur des banc, des terrassiers mordaient dans de gros sandwiches et buvaient du vin rouge. S'il bruinait, je m'abritais dans un caf&#233; Biard, parmi des ma&#231;ons qui puisaient dans des gamelles ; je me r&#233;jouissais d'&#233;chapper au c&#233;r&#233;monial des repas de famille ; en r&#233;duisant la nourriture &#224; sa v&#233;rit&#233;, il me semblait faire un pas vers la libert&#233;. Je regagnais la Biblioth&#232;que ; j'&#233;tudiais la th&#233;orie de la relativit&#233;, et je me passionnais. De temps en temps, je regardais les autres lecteurs, et je me carrais avec satisfaction dans mon fauteuil : parmi ces &#233;rudits, ces savants, ces chercheurs, ces penseurs, j'&#233;tais &#224; ma place. Je ne me sentais plus du tout rejet&#233;e par mon milieu : c'&#233;tait moi qui l'avais quitt&#233; pour entrer dans cette soci&#233;t&#233; dont je voyais ici une r&#233;duction, o&#249; communiaient &#224; travers l'espace et les si&#232;cles tous les esprits qu'int&#233;resse la v&#233;rit&#233;. Moi aussi, je participais &#224; l'effort que fait l'humanit&#233; pour savoir, comprendre, s'exprimer : j'&#233;tais engag&#233;e dans une grande entreprise collective et j'&#233;chappais &#224; jamais &#224; la solitude. Quelle victoire ! Je revenais &#224; mon travail. &#192; six heures moins un quart, la voix du gardien annon&#231;ait avec solennit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Messieurs &#8212; on va &#8212; bient&#244;t &#8212; fermer.&lt;/i&gt; &#187;. C'&#233;tait chaque fols une surprise, au sortir des livres, de retrouver les magasins, les lumi&#232;res, les passants, et le nain qui vendait des violettes &#224; c&#244;t&#233; du Th&#233;&#226;tre-Fran&#231;ais. Je marchais lentement, m'abandonnant &#224; la m&#233;lancolie des soirs et des retours.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;&lt;i&gt;M&#233;moires d'une jeune fille rang&#233;e&lt;/i&gt; &#8212; Simone de Beauvoir &#8212; Editions Gallimard, 1958&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_593 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;68&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al137_p15_extrait_beauvoir-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 42.6 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779463801' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; M&#233;moires d'une jeune fille rang&#233;e &#187; Simone de BEAUVOIR
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; &#201;loge du th&#233;&#226;tre &#187;</title>
		<link>http://actes-de-lecture.org/spip.php?article255</link>
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		<dc:date>2017-03-15T14:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Mais il faut &#224; la fin revenir &#224; cette sorte de miracle : il y a quelques corps, quelque part, sur un plancher, avec de faibles lumi&#232;res. Ils parlent. Et alors, comme pour Mallarm&#233; du seul mot fleur po&#233;tiquement prononc&#233;, surgit, &#233;ternelle, l'absente de tout bouquet, vient &#224; ceux qui regardent une pens&#233;e neuve surtout ce qu'ils ne savaient pas qu'ils pouvaient faire, alors qu'ils en avaient secr&#232;tement le d&#233;sir. &lt;br /&gt;&#171; &#201;loge du th&#233;&#226;tre &#187; &#8212; Alain BADIOU &#8212; Collection Champs Essais, &#201;d. Flammarion, 2013

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique60" rel="directory"&gt;137 - &#171; Censure &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut &#224; la fin revenir &#224; cette sorte de miracle : il y a quelques corps, quelque part, sur un plancher, avec de faibles lumi&#232;res. Ils parlent. Et alors, comme pour Mallarm&#233; du seul mot fleur po&#233;tiquement prononc&#233;, surgit, &#233;ternelle, l'absente de tout bouquet, vient &#224; ceux qui regardent une pens&#233;e neuve surtout ce qu'ils ne savaient pas qu'ils pouvaient faire, alors qu'ils en avaient secr&#232;tement le d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;&#201;loge du th&#233;&#226;tre&lt;/i&gt; &#187; &#8212; Alain BADIOU &#8212; Collection Champs Essais, &#201;d. Flammarion, 2013&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_594 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al137_p17_extrait_badiou-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 36.4 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779463801' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; &#201;loge du th&#233;&#226;tre &#187; Alain BADIOU
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Si les sympt&#244;mes persistent consultez un po&#232;te &#8212; po&#232;mes politiques &#187;</title>
		<link>http://actes-de-lecture.org/spip.php?article260</link>
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		<dc:date>2017-03-15T10:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Conscience de classe &lt;br /&gt;Ressentir l'injustice dont tu es la victime, quand tu en es victime, cela tu le peux. (C'est &#224; la port&#233;e de tous. M&#234;me le chien quand tu fais mine de le frapper s'&#233;carte et se rebiffe. Encore qu'il y ait, me diras-tu, des humains qui ne se rebiffent pas...) Ressentir l'injustice quand les autres en sont victimes cela aussi, tu le devrais... (&#224; condition bien s&#251;r que tu ne sois pas toi-m&#234;me un chien). Mais comprendre les causes de l'injustice, savoir d'o&#249; (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique60" rel="directory"&gt;137 - &#171; Censure &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conscience de classe&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_600 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L150xH215/sans_titre_1-4002f-f6b88.jpg?1591282207' width='150' height='215' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ressentir l'injustice&lt;br class='autobr' /&gt;
dont tu es la victime,&lt;br class='autobr' /&gt;
quand tu en es victime,&lt;br class='autobr' /&gt;
cela tu le peux.&lt;br class='autobr' /&gt;
(C'est &#224; la port&#233;e de tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me le chien&lt;br class='autobr' /&gt;
quand tu fais mine de le frapper&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;carte et se rebiffe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Encore qu'il y ait, me diras-tu, des humains&lt;br class='autobr' /&gt;
qui ne se rebiffent pas...)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ressentir l'injustice&lt;br class='autobr' /&gt;
quand les autres en sont victimes&lt;br class='autobr' /&gt;
cela aussi, tu le devrais...&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#224; condition bien s&#251;r&lt;br class='autobr' /&gt;
que tu ne sois pas toi-m&#234;me un chien).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais comprendre les causes de l'injustice,&lt;br class='autobr' /&gt;
savoir d'o&#249; viennent les coups,&lt;br class='autobr' /&gt;
pourquoi,&lt;br class='autobr' /&gt;
comment les parer,&lt;br class='autobr' /&gt;
et comment frapper &#224; ton tour,&lt;br class='autobr' /&gt;
cela,&lt;br class='autobr' /&gt;
il te faudra l'apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;Extrait de &#171; Si les sympt&#244;mes persistent consultez un po&#232;te - po&#232;mes politiques &#187;
Francis COMBES &#8211; &#201;ditions Le Merle Moqueur&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_601 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;88&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al137_p35_extrait_combes-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 198.6 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779463801' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Si les sympt&#244;mes persistent consultez un po&#232;te &#8212; po&#232;mes politiques &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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