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	<title>Association Fran&#231;aise pour la Lecture</title>
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		<title>&#171; Permis de lire &#187;</title>
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		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Nous savons appr&#233;cier le professionnalisme et l'engagement de Laure Adler. Son &#233;mission &#171; Permis de penser &#187; dit se fonder sur l'id&#233;e que &#171; c'est dans la divergence plus que dans la contradiction frontale que l'on parvient le mieux &#224; approfondir. &#187; Dans cette perspective, l'&#233;mission du 3 octobre intitul&#233;e L'apprentissage de ia lecture : pourquoi tant de querelles ? accueillait deux invit&#233;s : Anne-Claudine Oller, sociologue, auteure avec Sandrine Garcia de l'ouvrage R&#233;apprendre &#224; lire (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique20" rel="directory"&gt;132 - &#171; Elsa &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous savons appr&#233;cier le professionnalisme et l'engagement de Laure Adler. Son &#233;mission &#171; &lt;i&gt;Permis de penser&lt;/i&gt; &#187; dit se fonder sur l'id&#233;e que &#171; &lt;i&gt;c'est dans la divergence plus que dans la contradiction frontale que l'on parvient le mieux &#224; approfondir.&lt;/i&gt; &#187; Dans cette perspective, l'&#233;mission du 3 octobre intitul&#233;e &lt;i&gt;L'apprentissage de ia lecture : pourquoi tant de querelles ?&lt;/i&gt; accueillait deux invit&#233;s : Anne-Claudine Oller, sociologue, auteure avec Sandrine Garcia de l'ouvrage &lt;i&gt;R&#233;apprendre &#224; lire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sandrine Garcia et Anne-Claudine Oller, R&#233;apprendre &#224; lire, de la querelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Michel Lussault, directeur du conseil sup&#233;rieur des programmes qui venait parler de l'enqu&#234;te &lt;i&gt;Lire &#233;crire&lt;/i&gt;, coordonn&#233;e par Roland Goigoux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Recherche coordonn&#233;e par l'Institut fran&#231;ais de l'&#201;ducation / ENS de Lyon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Disons-le tout net : nous n'avons clairement entendu ce jour-l&#224;, ni approfondissement sur l'apprentissage de la lecture ni expression de divergences r&#233;elles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ressort-il plus pr&#233;cis&#233;ment de l'&#233;mission du 3 octobre ? Pour Anne-Claudine Oller&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la suite de l'article, tout ce qui est en italique est la transcription (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;i&gt;apprendre &#224; lire, c'est d'abord ma&#238;triser l'acte technique de la lecture, c'est-&#224;-dire pouvoir d&#233;chiffrer sans se tromper un texte et de mani&#232;re suffisamment fluide&lt;/i&gt;. Donc, quand on parle de la lecture, on parle de &lt;strong&gt;ma&#238;triser le code&lt;/strong&gt;. Elle &lt;i&gt;rejoint tout &#224; fait l'&#233;tude de Roland Goigoux&lt;/i&gt; en disant que &lt;i&gt;le travail de compr&#233;hension fine, celui des inf&#233;rences, n'est pas suffisamment travaill&#233;&lt;/i&gt;. La &lt;i&gt;grande question, c'est de savoir s'il faut travailler (la compr&#233;hension) sur le m&#234;me temps que celui consacr&#233; &#224; la lecture lui-m&#234;me&lt;/i&gt;. Ainsi, selon la sociologue, on apprend d'abord &#224; lire, on comprend apr&#232;s. Savoir lire, c'est savoir d&#233;chiffrer ; comprendre, c'est une autre affaire ! Mais, souligne-t-elle, &lt;i&gt;ce n'est pas parce que les enseignants font un travail autour du code que les &#233;l&#232;ves s'approprient obligatoirement ce travail-l&#224;. C'est en quoi il est important d'avoir un temps d'incorporation suffisamment important pour les &#233;l&#232;ves pour qu'ils puissent s'approprier ce travail&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Lussault dit s'opposer aux propos d'Anne-Claudine Oller sur le point de la compr&#233;hension qu'il juge essentielle. &lt;i&gt;La recherche montre que l'on a tendance &#224; se focaliser trop sur le lien [...] entre sons et code alphab&#233;tique et que Ton pense que lorsqu'il est capable d'automatiser ce lien, de d&#233;chiffrer, (l'enfant) sait lire. Or, la recherche montre que c'est une partie fondamentale mais pas l'ensemble et que beaucoup trop d'&#233;l&#232;ves, m&#234;me quand ils ma&#238;trisent le d&#233;chiffrage, ne comprennent pas le sens de ce qu'ils lisent donc nous insistons beaucoup sur l'&#233;tape d&#233;cisive de la compr&#233;hension.&lt;/i&gt; |...| Toutefois, Michel Lussaut l'affirme, &lt;i&gt;il n'y a pas d&#233;saccord profond avec Anne-Claudine Oller et Sandrine Garcia. Encore une fois la ma&#238;trise du code est absolument indispensable, personne ne pourrait dire le contraire [...] Ce que montre notre &#233;lude c'est que la compr&#233;hension renforce la capacit&#233; de nos &#233;l&#232;ves &#224; ma&#238;triser le code.&lt;/i&gt; Mais ne saurait la pr&#233;c&#233;der...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;tons-nous sur ces moments cl&#233;s de l'&#233;mission. Sur le fond, on ne pointe pas de divergence, encore moins de querelles entre les invit&#233;s. Tout se passe &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; comme si des v&#233;rit&#233;s absolues &#233;taient aujourd'hui pos&#233;es qui reposent sur un postulat : la langue fran&#231;aise est une langue phonographique et la langue &#233;crite n'est que la transcription graphique des sons de la langue parl&#233;e. Pour le dire autrement, l'&#233;crit est le prolongement de l'oral. Corollaire : apprendre &#224; lire, c'est apprendre le code de correspondance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laure Adler pose alors cette question &#224; propos des in&#233;galit&#233;s : &lt;i&gt;quand l'&#233;cole va-t-elle tenir sa promesse d'un monde dans lequel le m&#233;rite va enfin remplacer la naissance ?&lt;/i&gt; Selon Michel Lussault, &lt;i&gt;les enfants de tous les milieux arrivent &#224; apprendre le code parce que les enseignants le leur enseignent bien, lui o&#249; les diff&#233;rences sociales sont les plus fortes, c'est dans l'aptitude &#224; la compr&#233;hension. [...] On constate que les &#233;l&#232;ves des milieux les plus populaires sont ceux qui sont les plus fragiles en termes de compr&#233;hension. Il faut donc tout faire pour que ces &#233;l&#232;ves gagnent aussi en compr&#233;hension et qu'on arrive &#224; r&#233;sorber cet &#233;cart social.&lt;/i&gt; &#187; Pour cela, &lt;i&gt;il faut accepter que les 3 ann&#233;es du cycle 2 soient consacr&#233;es quasi exclusivement aux fondamentaux.&lt;/i&gt; Pour Marie-Claudine Oller, &lt;i&gt;vouloir tout faire en m&#234;me temps risque d'aboutir &#224; des r&#233;sultats peu probants [...] la question, c'est comment on partage le temps parce que le temps scolaire est compt&#233; et comment on partage entre ces diff&#233;rentes activit&#233;s... je ne dis pas qu'il ne faut pas permettre aux enfants des couches populaires d'acc&#233;der &#224; une compr&#233;hension plus fine (...) mais pourquoi la travailler d&#232;s le CP alors que la charge cognitive des textes lus par l'enfant est encore trop importante t Par contre, on est tout &#224; fait d'accord pour dire que la compr&#233;hension de ces textes peut &#234;tre travaill&#233;e sur un temps o&#249; c'est l'enseignant qui lit les textes. Mais, dans ce cas-l&#224;, on est sur des temps qui sont diff&#233;rents, c'est-&#224; dire qui sont comptabilis&#233;s diff&#233;remment, on ne comptabilise pas le travail autour de la compr&#233;hension lu par l'enseignant sur un temps d'apprentissage &#224; proprement parler de la lecture.&lt;/i&gt; En clair, code et compr&#233;hension doivent se travailler sur des temps diff&#233;rents ; toutefois, les priorit&#233;s ne semblent pas tout &#224; fait les m&#234;mes pour les deux invit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Posons alors la question de Laure Adler autrement : comment imaginer que l'ensemble des enfants confi&#233;s &#224; l'&#233;cole deviennent lecteurs ? Michel Lussault r&#233;pond que 20% des &#233;l&#232;ves &lt;i&gt;sortent de l'&#233;cole maternelle en &#233;tant quasi lecteurs&lt;/i&gt;. Selon lui, pratiquent-ils le d&#233;chiffrement ou comprennent-ils ce qui est &#233;crit ? Ou un peu des deux ? A travers cette &#233;mission, ce qui appara&#238;t r&#233;solument ancr&#233; dans les id&#233;es dominantes et, au sens propre, indiscutable, incontestable, ind&#233;niable, c'est que : &#9658; Lire c'est un m&#233;canisme qui doit se construire sans intrusion du sens. &#9658; Quand on a acquis ce m&#233;canisme, on sait lire et on peut alors commencer &#224; comprendre des choses &#233;crites en les pronon&#231;ant. &#9658; L'exercice de la compr&#233;hension doit se faire &#224; partir de choses simples : l'&#233;l&#232;ve doit d'abord travailler sur des textes adapt&#233;s &#224; ses capacit&#233;s orales. &#9658; L'enseignant ne doit pas placer les &#233;l&#232;ves en &#233;tal de surcharge cognitive. Il doit r&#233;server des temps pour la lecture (la combinatoire) et des temps pour la compr&#233;hension. &#9658; Plus un enfant peine &#224; apprendre &#224; lire (&lt;i&gt;i.e&lt;/i&gt;. &#224; savoir d&#233;chiffrer), plus il faut lui accorder du temps pour y parvenir ; mais &#233;videmment par la m&#234;me voie, puisqu'il n'y en a pas d'autres !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut ais&#233;ment trouver des r&#233;f&#233;rences &#224; de telles assertions. Au hasard : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On osera pr&#233;tendre que ces assertions ne sont pas r&#233;centes. Et que d'autres existent qui ne sont ni trop anciennes ni trop r&#233;centes pour &#234;tre ignorables. Qui sont donc d&#233;lib&#233;r&#233;ment &#233;cart&#233;es des m&#233;dias afin de ne pas troubler l'id&#233;ologie dominante. Par exemple : de Jean Duverger, &lt;i&gt;Les Actes de Lecture&lt;/i&gt; n&#176;63, 1998, &#171; &lt;i&gt;on permet &#224; un individu de devenir lecteur si l'on cesse de consid&#233;rer l'&#233;crit comme de l'oral transcrit, si l'on cesse de faire croire que l'&#233;crit est consubstantiel de l'oral.&lt;/i&gt; &#187; ; de Jack Goody, &lt;i&gt;La raison graphique&lt;/i&gt;, (Editions de Minuit), 1979, &#171; &lt;i&gt;la s&#233;miotique de l'&#233;crit n'est pas un redoublement de la s&#233;miotique de l'oral.&lt;/i&gt; &#187; ; de L. Vygotski, &lt;i&gt;Pens&#233;e et langage&lt;/i&gt;, (&#201;ditions sociales), 1934, &#171; &lt;i&gt; le langage &#233;crit est un processus tout autre que le langage oral quant &#224; la nature psychique des fonctions qui le constituent... Le langage &#233;crit est l'alg&#232;bre du langage, la forme la plus difficile et la plus complexe de l'activit&#233; verbale intentionnelle et consciente.&lt;/i&gt; &#187; ; de Laurent Carie, &lt;i&gt;Enseigner &#161;a lecture et apprendre &#224; lire&lt;/i&gt;, 2005, &#171; &lt;i&gt;Et si l'&#233;crit &#233;tait une langue muette, une langue qui ne se parle pas mais qui s'&#233;crit ? Si l'&#233;crit &#233;tait une langue autonome, une langue qui &#233;voluerait et se d&#233;velopperait parall&#232;lement mais ind&#233;pendamment de &#161;'oral, si les mots, sans se soucier de correspondance phonographique, piochaient &#224; leur convenance dans l'alphabet des lettres qui ne s'entendent pas toujours ou qui ne s'entendent plus ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel chemin parcouru ! &#192; reculons... De quoi &#233;branler m&#234;me des humanistes pourtant mod&#233;r&#233;ment audacieux, tel Ferdinand Buisson, &lt;i&gt;Les Conf&#233;rences p&#233;dagogiques&lt;/i&gt;, Hachette et Cie, 1878, &#171; &lt;i&gt; Un ma&#238;tre novice veut apprendre &#224; lire &#224; un enfant, il se rappelle aussit&#244;t la fameuse maxime : il faut aller du simple au compos&#233; ; le simple, se dit-il, c'est un A, un B, un C ; je vais donc apprendre &#224; l'enfant d'abord l'A, le B, le C., toutes les lettres, puis leur combinaison deux &#224; deux, trois &#224; trois : les lettres d'abord, puis les syllabes, puis les mots, puis les phrases. Cette marche est tr&#232;s logique, elle est progressive, elle va du simple au compos&#233;. &#8212; Oui, pour nous, mais non pour l'enfant, parce qu'il ne se meut pas comme nous dans l'abstrait, il ne se reconna&#238;t bien que dans les r&#233;alit&#233;s concr&#232;tes, sensibles, dont il a quelque exp&#233;rience. Les sons &lt;strong&gt;p&#233;&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;a&lt;/strong&gt; et les signes &lt;strong&gt;pa&lt;/strong&gt; lui sont bien moins accessibles que le mot &lt;strong&gt;Papa&lt;/strong&gt;. C'est que ce mot, &#233;veille une id&#233;e, repr&#233;sente quelqu'un &#224; son esprit ; une syllabe coup&#233;e dans ce mot, une lettre isol&#233;e ne lui dit rien. Ce n'est pas simple pour lui ; c'est vide de sens&lt;/i&gt; &#187;. Ou Alain, &lt;i&gt;Propos sur l'&#233;ducation&lt;/i&gt;, PUF, 1956, &#171; &lt;i&gt;Il s'agit d'apprendre &#224; lire et aussi d'apprendre &#224; penser sans s&#233;parer jamais l'un de l'autre. Or, une syllabe n'a point de sens, et m&#234;me un mot n'en a gu&#232;re. C'est la phrase qui explique le mot&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors pourquoi ? Pourquoi, pour tout langage nouveau, ne pas avoir la modestie de regarder comment le jeune enfant s'y est pris avec le premier ? Surtout, pourquoi peut-on penser (!) qu'il est possible d'apprendre &#224; lire sans comprendre ? Et enfin comment ne pas percevoir que certaines voies justifient, malgr&#233; les meilleures intentions annonc&#233;es, que certains apprenants n'acc&#232;dent au bout du compte jamais &#224; la lecture ?&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_218 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al132_p15.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 186.4 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1787365426' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Permis de lire &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sandrine Garcia et Anne-Claudine Oller, &lt;i&gt;R&#233;apprendre &#224; lire, de la querelle des m&#233;thodes &#224; l'action p&#233;dagogique&lt;/i&gt;, Seuil, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Recherche coordonn&#233;e par l'Institut fran&#231;ais de l'&#201;ducation / ENS de Lyon sous la responsabilit&#233; de Roland Goigoux : &#233;tude de l'influence des pratiques d'enseignement de la lecture et de l'&#233;criture sur la qualit&#233; des premiers apprentissages (Lire Ecrire CP).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans la suite de l'article, tout ce qui est en italique est la transcription de l'&#233;mission elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On peut ais&#233;ment trouver des r&#233;f&#233;rences &#224; de telles assertions. Au hasard : &#171; &lt;i&gt; Le ma&#238;tre devra &#171; divise(r) son &#233;cole en des classes diff&#233;rentes, par rapport &#224; la capacit&#233; des &#233;coliers, dont les uns en sont aux lettres, les autres aux silabes, ou aux mots, ou aux phrases, etc. Ainsi il rangera dans la le, ceux qui aprenent &#224; connoitre les lettres, que l'on peut montrer dans une grande table, ou dans un petit alphabet ; dans la Ile, ceux qui aprenent &#224; &#233;peler, c'est-&#224;-dire &#224; joindre les lettres pour en faire des silabes ; dans la llle, ceux qui aprenent &#224; joindre les silabes pour en faire des mots ; dans la IVe, ceux qui lisent le latin par phrases, ou de ponctuation en ponctuation ; dans la Ve, ceux qui commencent &#224; lire le fran&#231;ois : dans la VIe, les plus capables dans la lecture ; dans la VIIe, ceux qui lisent les manuscrits ; dans la VIIIe, ceux qui &#233;crivent.&lt;/i&gt; &#187; Charles D&#233;mia, R&#232;glemens pour les &#233;coles de la ville et dioc&#232;se de Lyon, 1674.&lt;br&gt;
Et encore : &#171; &lt;i&gt;Le second (pr&#233;cepte), de diviser chacune des difficult&#233;s que j'examinerais en autant de parcelles qu'il se pourrait, et qu'il serait requis pour les mieux r&#233;soudre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;
&#171; &lt;i&gt;Le troisi&#232;me, de conduire par ordre mes pens&#233;es en commen&#231;ant parles objets les plus simples, et les plus ais&#233;s &#224; conna&#238;tre, pour monter peu &#224; peu comme par degr&#233;s jusques &#224; la connaissance des plus compos&#233;s, et supposant m&#234;me de l'ordre entre ceux qui ne se pr&#233;c&#232;dent point naturellement les uns les autres.&lt;/i&gt; &#187; Ren&#233; Descartes, &lt;i&gt;Discours de la m&#233;thode&lt;/i&gt;, 1637.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; M&#233;thode coupable ? Erreur globale... &#187;</title>
		<link>http://actes-de-lecture.org/spip.php?article103</link>
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		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Ayant &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; dans Marianne du 26 juin dernier comme l'inspecteur de l'&#201;ducation nationale, auteur dans les ann&#233;es 70 d'un projet baroque visant &#224; transformer les &#233;l&#232;ves du primaire en mini-Champollion aux prises avec leurs hi&#233;roglyphes, projet consistant &#224; formuler des hypoth&#232;ses sur un mot &#224; partir d'images en excluant tout d&#233;chiffrage &#8211; d&#233;marche assimil&#233;e dans le titre de l'article &#224; l'erreur coupable qu'a constitu&#233;e la m&#233;thode globale, laquelle n'aurait jamais cess&#233; ensuite (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;131 - &#171; D&#233;scolarisation &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ayant &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; dans &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt; du 26 juin dernier comme l'inspecteur de l'&#201;ducation nationale, auteur dans les ann&#233;es 70 d'un &lt;i&gt;projet baroque visant &#224; transformer les &#233;l&#232;ves du primaire en mini-Champollion aux prises avec leurs hi&#233;roglyphes, projet consistant &#224; formuler des hypoth&#232;ses sur un mot &#224; partir d'images en excluant tout d&#233;chiffrage&lt;/i&gt; &#8211; d&#233;marche assimil&#233;e dans le titre de l'article &#224; l'&lt;i&gt;erreur coupable&lt;/i&gt; qu'a constitu&#233;e la &lt;i&gt;m&#233;thode globale&lt;/i&gt;, laquelle n'aurait jamais cess&#233; ensuite de servir de &lt;i&gt;fil rouge &#224; toutes les instructions minist&#233;rielles&lt;/i&gt;, je souhaite pouvoir b&#233;n&#233;ficier d'un droit de r&#233;ponse...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est impossible de r&#233;pondre en quelques lignes aux 35 pages d'un dossier con&#231;u moins pour &#233;clairer sur la diversit&#233; des liens entre options techniques et intentions sociopolitiques de tout syst&#232;me &#233;ducatif que pour convaincre qu'il urge d'en revenir, pour l'enseignement de la lecture, &#224; &lt;i&gt;la bonne vieille m&#233;thode syllabique, notamment aupr&#232;s des enfants d'origine modeste&lt;/i&gt; et d'en finir avec les agitations infond&#233;es du &lt;i&gt;p&#233;dagogisme&lt;/i&gt; ambiant. &#201;tant lecteur r&#233;gulier de &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, je me serais attendu &#224; rencontrer ici le souci d'approcher la complexit&#233; de ce qui est en d&#233;bat en mati&#232;re d'&#233;ducation et de lecture. Ce n'est vraiment pas le cas ! La mani&#232;re la plus efficace d'alimenter la r&#233;flexion publique aurait consist&#233;, non &#224; prendre parti pour telle m&#233;thode, mais &#224; replacer les th&#232;ses en pr&#233;sence dans ce qui a jalonn&#233; l'histoire de la p&#233;dagogie de la lecture depuis deux si&#232;cles et qui finit de se jouer aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la fin du XVIII&#232;me, la bourgeoisie, en recherche d'un pouvoir politique coh&#233;rent avec son aventure &#233;conomique, d&#233;veloppe des positions &#233;ducatives qui l'opposent aux m&#233;thodes des &#233;coles des congr&#233;gations religieuses, lesquelles s'appuient sur des unit&#233;s alphab&#233;tiques qu'il s'agit de combiner pour identifier des syllabes puis aller vers des mots connus &#224; l'oral. La R&#233;volution faite et la menace de d&#233;bordement populaire jugul&#233;e par Thermidor, cette classe s'en remet &#224; l'Empire puis &#224; la Restauration. Napol&#233;on, notamment, confie &#224; l'Universit&#233; le soin de recruter les professeurs des lyc&#233;es en charge de former l'&#233;lite intellectuelle, scientifique, culturelle et politique dont l'organisation sociale a besoin. L'enseignement primaire, quant &#224; lui, retrouve rapidement, les principes et les m&#233;thodes dominantes dans les institutions religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, le XIX&#232;me si&#232;cle voit s'exacerber les affrontements sociaux que g&#233;n&#232;re le d&#233;veloppement de l'industrialisation et, avec eux, l'enjeu des outils de pens&#233;e dont se dotent les &#171; &lt;i&gt;classes&lt;/i&gt; &#187; en pr&#233;sence. Du c&#244;t&#233; des classes populaires, il n'est pas question de laisser une classe faire la classe &#224; l'autre ! On estime ainsi que, vers 1860, 80% des ouvriers parisiens lisent sans avoir jamais fr&#233;quent&#233; une &#233;cole. Ils se sont appris &#224; lire en se servant mutuellement des &#233;crits dont ils avaient besoin dans le quotidien de leur engagement. Ils rencontrent donc l'&#233;crit comme tout langage que leur environnement utilise avec eux afin de recourir &#224; un mode sp&#233;cifique de mise &#224; distance de l'exp&#233;rience, construire et communiquer du sens. Ils se servent de cette technologie sans pr&#233;alable, avec d'autres qui en sont un peu plus loin, parce qu'ils ont besoin d'un outil suppl&#233;mentaire de pens&#233;e, de traitement de leur exp&#233;rience collective ; comme ils ont, d&#232;s leur naissance, rencontr&#233; l'oral. Vient la Commune et la r&#233;pression qui la suivit...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment d&#232;s lors instruire le peuple pour qu'il sache ce qu'il n'est pas permis d'ignorer afin de jouer le r&#244;le qu'on attend de lui dans le processus productif ? Comment d&#233;sormais l'&#233;duquer pour qu'il finisse par trouver naturels les rapports sociaux engendr&#233;s par le syst&#232;me &#233;conomique ? Comment l'impliquer afin qu'il croie partager les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts qu'une bourgeoisie dont les valeurs auraient assur&#233;ment port&#233;e universelle ? Ce sera l'&#339;uvre de Jules Ferry, aussi bien &#8211; et de la m&#234;me mani&#232;re &#8211; dans le domaine colonial que scolaire. Pour ce dernier, il s'agira de &#171; &lt;i&gt;clore l'&#232;re des r&#233;volutions&lt;/i&gt; &#187; en juxtaposant, d&#232;s les ann&#233;es 1880, deux r&#233;seaux : une &#233;cole &#233;l&#233;mentaire la&#239;que, gratuite et obligatoire pour plus de 95% d'une classe d'&#226;ge ; le suivi d'&#233;tudes longues &#8211; ni la&#239;ques, ni gratuites &#8211; d&#232;s les &#171; &lt;i&gt;petites classes&lt;/i&gt; &#187; du lyc&#233;e (de la 11&#232;me &#224; la 7&#232;me) o&#249; se forme l'&#233;lite. S&#233;paration assum&#233;e entre une masse de travailleurs devant entrer tr&#232;s vite dans la production et une minorit&#233; de &#8216;&lt;i&gt;privil&#233;gi&#233;s&lt;/i&gt;' mis en situation d'acqu&#233;rir les langages n&#233;cessaires au d&#233;veloppement de nouveaux savoirs, savoir faire, savoir penser et savoir sentir dont la soci&#233;t&#233; confie, pour le meilleur avenir de tous, le soin &#224; sa classe dominante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport &#224; l'&#233;crit est une bonne illustration de ce partage des r&#244;les. Dans l'&#233;cole &#171; &lt;i&gt;pour le peuple&lt;/i&gt; &#187;, un corps d'inspecteurs, primaires, impose le retour aux m&#233;thodes d'alphab&#233;tisation des fr&#232;res des &#233;coles chr&#233;tiennes avec pour ambition que les &#233;l&#232;ves &#8211; dont un grand nombre communique dans un parler local &#8211; aient enrichi &#224; 11 ans (fin de la scolarit&#233; obligatoire jusqu'en 1936) un capital lexical et syntaxique de base &#224; l'int&#233;rieur des besoins de leur environnement. Personne ne songe &#224; assimiler cette comp&#233;tence alphab&#233;tique minimale avec la lecture pratiqu&#233;e au lyc&#233;e pour un autre public. Dans le d&#233;but des ann&#233;es 1970, le CEP (Certificat d'&#201;tudes Primaires) demande toujours aux candidats de &#8216;&lt;i&gt;dire&lt;/i&gt;' &#224; voix haute quelques lignes d'un texte mais avec &lt;i&gt;interdiction&lt;/i&gt; pour l'examinateur de poser la moindre question de compr&#233;hension. Maximum cinq points accord&#233;s &#224; l'&#233;preuve sur le total de 100 points de l'examen. Du reste, tous les enfants d'une classe d'&#226;ge sont loin d'&#234;tre pr&#233;sent&#233;s &#224; l'examen et moins d'un sur 2 obtient les 50 points fatidiques d'un examen qui donne acc&#232;s aux m&#233;tiers de la fonction publique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les ann&#233;es 1890, les inspecteurs &#8211; g&#233;n&#233;raux, cette fois &#8211; affichent leur crainte qu'on fasse travailler, dans les petites classes des lyc&#233;es, les apprentis lecteurs sur des textes trop simples car apprendre &#224; &#8216;lire', c'est d&#233;couvrir comment un syst&#232;me &#233;crit fonctionne pour formuler et faire partager du sens, de la pens&#233;e, de l'&#233;motion... Un texte parvient en effet dans un contexte et celui-ci sugg&#232;re in&#233;vitablement des pistes pour son investigation. Comment un apprenti lecteur d&#233;veloppe-t-il des strat&#233;gies sp&#233;cifiques pour satisfaire ses intentions d'y &#8216;&lt;i&gt;voir plus clair&lt;/i&gt;' dans un &#233;crit ? Comment un &#8216;&lt;i&gt;message&lt;/i&gt;' pressenti se d&#233;compose-t-il en structures syntaxiques et s&#233;mantiques de plus en plus pr&#233;cises qui s'&#233;paulent les unes les autres ? On est &#224; l'oppos&#233; de ce qu'on cherche &#224; construire ailleurs par l'approche alphab&#233;tique. D'o&#249;, notamment, l'efficacit&#233; du recours au latin dans la formation des lecteurs car cette langue &#8211; n'ayant pas d'oral &#8211;n'offre aucune voie s&#233;mantique &#224; une oralisation : on ne peut qu'apprendre &#224; la lire, de l'int&#233;rieur. D&#233;couvrir le fonctionnement d'un syst&#232;me &#233;crit, apprentissage fonctionnel qu'il faut avoir fait une fois : en latin, en grec, avec des hi&#233;roglyphes ou du chinois... ou de toute langue &#233;crite d&#232;s lors qu'on vous aide &#224; l'aborder comme un langage, comme l'outil d'op&#233;rations intellectuelles sp&#233;cifiques. Et non de la r&#233;duire au codage hypoth&#233;tique de quelques fonctions d'un autre langage, en l'occurrence ici l'oral...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux r&#233;seaux de rencontre de l'&#233;crit, l'un &lt;i&gt;synth&#233;tique&lt;/i&gt; partant d'&#233;l&#233;ments simples afin de les combiner en unit&#233;s identifi&#233;es &#224; l'oral (mots, puis groupes de mots, puis phrases), l'autre &lt;i&gt;analytique&lt;/i&gt; travaillant directement sur la sp&#233;cificit&#233; de l'&#233;crit comme langage et donc s'enracinant dans une situation authentique de communication. L'un d&#233;di&#233; &#224; l'immense masse des &#171; manuels &#187; &#224; alphab&#233;tiser gr&#226;ce &#224; un syst&#232;me de codage, l'autre &#224; une minorit&#233; d'intellectuels &#224; doter d'un nouvel outil de rapport au r&#233;el. Ces deux r&#233;seaux parall&#232;les de rencontre de l'&#233;crit ont rempli efficacement, et, dans le calme, leur fonction sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant plus de 80 ans, il n'y a jamais eu de querelle entre des m&#233;thodes con&#231;ues pour des objectifs bien diff&#233;rents. Tout au plus observe-t-on, du c&#244;t&#233; de l'alphab&#233;tisation, des innovations pour tenter d'introduire avant le cours moyen un peu de compr&#233;hension et de recours au contexte, lesquelles ont permis de parler assez vite de m&#233;thodes mixtes ; mais toujours dans l'esprit du synth&#233;tisme. En outre, tr&#232;s t&#244;t dans le primaire, le d&#233;veloppement militant des cours compl&#233;mentaires forme des travailleurs &#224; un niveau d'outillage intellectuel un peu plus &#233;lev&#233; et d&#233;velopper une &#8216;classe moyenne' dont les instituteurs recrut&#233;s dans les &#201;coles normales constituent un bon exemple. Pour autant, on reste toujours, en mati&#232;re de rencontre de l'&#233;crit, dans le perfectionnement de l'apprentissage indirect initial. Cette classe moyenne se peuple ainsi techniquement plut&#244;t d'alphab&#233;tis&#233;s v&#233;loces. Toutefois, le recours plus fr&#233;quent &#224; l'&#233;crit en contexte &#8211; parce qu'ils se passionnent pour les voyages, la m&#233;canique, le th&#233;&#226;tre, le militantisme syndical ou la po&#233;sie amoureuse... &#8211; permet &#224; une minorit&#233; de ces utilisateurs, impliqu&#233;s souvent dans des groupes, de d&#233;velopper des strat&#233;gies directes qui en font des lecteurs effectifs. N&#233;anmoins, au d&#233;but des ann&#233;es 60, on est loin de pouvoir compter 20% de lecteurs dans la population fran&#231;aise, que ce soit &#224; partir du nombre de livres lus ou par la ma&#238;trise des techniques de lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proportion respective des alphab&#233;tis&#233;s et des lecteurs a permis au syst&#232;me productif de tirer les meilleurs partis de la division du travail (manuel intellectuel) sur laquelle il repose. C'est l'apog&#233;e des Trente Glorieuses... Une partie active de la bourgeoisie semble alors penser qu'il serait d&#233;sormais possible (et pr&#233;f&#233;rable) d'impliquer chacun autrement dans une division du travail instaur&#233;e au d&#233;but du si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent ; et donc, de concevoir sur d'autres bases, un syst&#232;me scolaire h&#233;rit&#233; de Jules Ferry. Et pour commencer : scolarit&#233; obligatoire jusqu'&#224; 16 ans, entr&#233;e de tous les &#233;l&#232;ves en 6&#232;me, coll&#232;ge unique, etc. La question se pose imm&#233;diatement : afin que tous les enfants suivent d&#233;sormais l'enseignement secondaire d&#232;s 11 ans, quelle sera la nouvelle organisation de la phase primaire ? S'agira-t-il de la &#171; &lt;i&gt;secondariser&lt;/i&gt; &#187; dans l'esprit des petites classes du lyc&#233;e afin de cr&#233;er un syst&#232;me nouveau, coh&#233;rent, unique, ayant la m&#234;me ambition pour tous ? Ou suffira-t-il de continuer &#224; y faire ce qu'on y fait d&#233;j&#224; &#8211; moins longtemps certes mais plus intens&#233;ment &#8211; afin de rendre accessibles &#224; tous les objectifs intellectuels, techniques et culturels qui sont ceux d'une minorit&#233; au lyc&#233;e ? Des ministres (de droite !) ont alors demand&#233; &#224; des p&#233;dagogues (de gauche !) de travailler cette question au sein de l'INRP (Institut National de Recherche P&#233;dagogique) et, d&#232;s 1972, sous la direction de Louis Legrand, des milliers d'enseignants en France ont, avec des dizaines de milliers d'&#233;l&#232;ves de maternelle, de primaire et de coll&#232;ge, particip&#233; &#224; des &#171; &lt;i&gt;Recherche-Action&lt;/i&gt; &#187; afin de dessiner les bases d'un syst&#232;me &#233;ducatif centr&#233; sur du &#171; &lt;i&gt;second degr&#233;&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire sur les langages et les outils de pens&#233;e &#224; l'&#339;uvre pour analyser des exp&#233;riences en prise avec la vie ouverte sur le monde r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis Legrand avait choisi pour conduire les diff&#233;rentes unit&#233;s (disciplinaires, organisationnelles, verticales ou horizontales, etc.) une cinquantaine de p&#233;dagogues rep&#233;r&#233;s d&#233;j&#224; par leur implication dans des &#233;quipes de terrain. Ils ont dispos&#233;, depuis la rue d'Ulm, d'un budget pour y associer de nombreux sociologues, psychologues, statisticiens, techniciens de recherches afin de d&#233;velopper des outils d'observation et d'&#233;valuation appliqu&#233;s &#224; des d&#233;marches contrast&#233;es. L'&#233;tude de ces r&#233;sultats a en outre b&#233;n&#233;fici&#233; des nouvelles techniques informatiques &#171; &lt;i&gt;d'analyse des donn&#233;es&lt;/i&gt; &#187; accessibles par la Maison des Sciences de l'Homme. Il n'y avait jamais eu, jusque l&#224; (ni depuis !), une telle volont&#233; de recherche et de puissance de mobilisation dans le monde fran&#231;ais de l'&#233;ducation. Elle a dur&#233; jusqu'aux ann&#233;es 85-86, en gros une quinzaine d'ann&#233;es, recevant en outre, pour ce qu'il est du rapport &#224; l'&#233;crit, le soutien des biblioth&#233;caires, du monde de la litt&#233;rature-jeunesse, des animateurs sociaux, des municipalit&#233;s, des comit&#233;s d'entreprise, etc. Les progr&#232;s ont &#233;t&#233; &#224; la hauteur de l'engagement ; et, scientifiquement &#233;valu&#233;s. Ils ont fait comprendre qu'une &#233;tape pouvait &#234;tre franchie d&#232;s lors que l'&#233;cole s'engagerait pour aider le corps social &#224; s'inventer en soci&#233;t&#233; &#233;ducatrice et non pour distribuer de la qualification individuelle sur le mode d'une comp&#233;tition discriminatoire. Une &#233;cole de la promotion collective... Pourquoi et comment, d&#232;s lors, la reprise en main dans les 15 ann&#233;es suivantes ? Les r&#233;sultats n'ont, depuis, jamais cess&#233; de baisser !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que de choses urgentes &#224; exposer pour une presse qui se donnerait comme raison d'&#234;tre d'&#233;lever le niveau de la r&#233;flexion et donc d'accro&#238;tre la qualit&#233; de l'engagement politique de son &#171; &lt;i&gt;lectorat&lt;/i&gt; &#187;... Pourquoi, tandis qu'&#224; peine 20 % des enfants bien alphab&#233;tis&#233;s d&#233;veloppent aujourd'hui des comportements de lecteurs experts, s'obstine-t-on &#224; d&#233;crire l'&#233;chec de l'enseignement de la lecture par les 20% que le syst&#232;me scolaire ne parvient pas &#224; alphab&#233;tiser et pourquoi en fait-on porter la responsabilit&#233; &#224; ceux qui ont montr&#233; qu'une autre voie (directe !) &#233;tait n&#233;cessaire ? C'est pourquoi on pourrait parler avec ce dossier du num&#233;ro 949 de Marianne de d&#233;faillance quant &#224; la n&#233;cessit&#233; d'apporter une information suffisante aux lecteurs ; sans m&#234;me s'attarder au brin de diffamation me concernant... D'o&#249; ce droit de r&#233;ponse que je n'ai pas su faire plus bref. Peut-&#234;tre, pourrait-il passer sous cette forme sur votre site et &#234;tre pr&#233;sent&#233; dans une taille raisonnable dans un prochain num&#233;ro de &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt; en demandant &#224; Arnaud Bouillin (&lt;i&gt;M&#233;thode globale, erreur coupable&lt;/i&gt;) de le r&#233;sumer et de t&#233;moigner ainsi d'un savoir-faire professionnel dont je ne doute pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec mes remerciements.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;Jean Foucambert, responsable &#224; l'INRP d&#232;s 1973 de la recherche sur une nouvelle organisation de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire et, &#224; partir de 1980, un des animateurs de l'Association Fran&#231;aise pour la Lecture (AFL)&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_276 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;54&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al131_p48.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 145.1 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1787365426' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; M&#233;thode coupable ? Erreur globale... &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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