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	<title>Association Fran&#231;aise pour la Lecture</title>
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		<title>Introduction : Pratiques de classe en recherche</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Le dossier des A.L. n&#176;132 &#233;tait consacr&#233; &#224; Elsa. L'actualisation par l'AFL de son logiciel ELSA en plateforme num&#233;rique eisa s'av&#233;rait n&#233;cessaire pour rendre l'acc&#232;s &#224; l'entra&#238;nement possible en tout lieu et &#224; tout moment, pour tous les francophones et francophiles.

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;134 - &#171; Pratiques de classe en recherche &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le dossier des &lt;strong&gt;A.L. n&#176;132&lt;/strong&gt; &#233;tait consacr&#233; &#224; &lt;strong&gt;Elsa&lt;/strong&gt;. L'actualisation par l'AFL de son logiciel &lt;strong&gt;ELSA&lt;/strong&gt; en &lt;strong&gt;plateforme num&#233;rique&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;eisa&lt;/strong&gt; s'av&#233;rait n&#233;cessaire pour rendre l'acc&#232;s &#224; l'entra&#238;nement possible en tout lieu et &#224; tout moment, pour tous les francophones et francophiles. L'outil &lt;strong&gt;Elsa&lt;/strong&gt; vient compl&#233;ter un apprentissage premier par un entra&#238;nement syst&#233;matique vers la compr&#233;hension ma&#238;tris&#233;e des documents &#233;crits. Les raisons de l'utiliser s'inscrivent principalement dans l'impact de cette ma&#238;trise de l'&#233;crit sur le rapport au monde et la citoyennet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi, le dossier des A.L. n&#176;133 questionnait, encore une fois, cette ma&#238;trise de l'&#233;crit par le corps social. Les rapports des individus &#224; la langue &#233;crite ne peuvent se comprendre isol&#233;s de la r&#233;alit&#233; sociale, observ&#233;e dans son extension et sa dur&#233;e. Pour saisir ce qui se joue aujourd'hui, il serait d&#233;risoire de s'en tenir &#224; des consid&#233;rations techniques centr&#233;es sur l'&#233;cole. Les &#233;crits sont nombreux hors ses murs et la lecture reste une pratique sociale. Autant dire, l'affaire de tous...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, dans l'id&#233;e d'un projet de perfectionnement en lecture, si la coh&#233;rence d&#233;passe &#233;videmment la situation juste scolaire, elle prend appui sur cette formation initiale pour sa mise en &#339;uvre. Ce dossier des A.L. n&#176;134, souhaite rassembler plusieurs t&#233;moignages de pratiques scolaires o&#249; l'enseignant tente d'&#171; assumer cette double responsabilit&#233; de construire ses interventions p&#233;dagogiques en classe et de travailler avec les &#233;l&#232;ves eux-m&#234;mes au d&#233;veloppement des conditions externes qui en permettent la r&#233;ussite &#187; (&lt;i&gt;L'enfant, le ma&#238;tre et la lecture,&lt;/i&gt; Jean Foucambert, 1994).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re contribution essaie de d&#233;crire et analyser les transformations d'un projet d'&#233;cole et le fonctionnement d'un &#233;tablissement sur une dur&#233;e cons&#233;quente (Christiane Berruto, &amp; St&#233;phane Oualid, pp.40-48).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suivante livre une premi&#232;re analyse de pratiques autour d'&lt;strong&gt;EIsa&lt;/strong&gt;, en &#233;tablissements primaires (Collectif des Ardennes, pp.49-53).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re contribution t&#233;moigne d'un dispositif mis en place, dans une classe &#233;l&#233;mentaire de CM, pour faciliter une certaine pratique d'&#233;criture (Thierry Opillard, pp.54-63).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_24 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al134_p38.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 414.3 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783629978' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Introduction du Dossier : Pratiques de classe en recherche
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; D&#233;velopper la politique de lecture sur l'ensemble du territoire, une volont&#233;, des objectifs, des strat&#233;gies &#187;</title>
		<link>http://actes-de-lecture.org/spip.php?article73</link>
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		<dc:date>2016-03-15T09:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Le maillage du territoire n'est pas un objectif r&#233;cent. Il suppose une diss&#233;mination de structures mais plus encore un engagement politique et humain, une dynamique relationnelle, l'impulsion et l'accompagnement d'actions ainsi que la conviction du caract&#232;re incontournable de l'implication culturelle de tout un chacun, &#233;lus et citoyens. &lt;br /&gt;UN RAPPEL HISTORIQUE &lt;br /&gt;Les BDP (biblioth&#232;ques d&#233;partementales de pr&#234;t) sont une &#233;manation des biblioth&#232;ques centrales de pr&#234;t cr&#233;&#233;es par l'ordonnance (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique18" rel="directory"&gt;133 - &#171; La ma&#238;trise de l'&#233;crit par le corps social &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le maillage du territoire n'est pas un objectif r&#233;cent. Il suppose une diss&#233;mination de structures mais plus encore un engagement politique et humain, une dynamique relationnelle, l'impulsion et l'accompagnement d'actions ainsi que la conviction du caract&#232;re incontournable de l'implication culturelle de tout un chacun, &#233;lus et citoyens.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;UN RAPPEL HISTORIQUE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les BDP (biblioth&#232;ques d&#233;partementales de pr&#234;t) sont une &#233;manation des biblioth&#232;ques centrales de pr&#234;t cr&#233;&#233;es par l'ordonnance du 2 novembre 1945. Celle-ci pr&#233;conise l'aide de l'Etat aux communes de moins de 15 000 habitants pour la cr&#233;ation de d&#233;p&#244;ts de livres &#171; &lt;i&gt;ravitaill&#233;s&lt;/i&gt; &#187; &#224; l'aide d'un bibliobus par des biblioth&#232;ques centrales de pr&#234;t. La circulaire du 22 f&#233;vrier 1968 d&#233;finit les grandes lignes de la politique de d&#233;veloppement de la lecture publique engag&#233;e par l'Etat. Elle pr&#244;ne un mode de fonctionnement plus attractif des points-lecture communaux par l'organisation d'animations confi&#233;es &#224; des biblioth&#233;caires de lecture publique, ceci dans l'objectif de toucher un public plus diversifi&#233; en particulier les adultes. Le d&#233;cret du 29 octobre 1975 marque le transfert des BCP du minist&#232;re de l'Education nationale au Minist&#232;re de la Culture. La circulaire du 17 juillet 1978 red&#233;finit les missions des BCP en rappelant qu'elles ont pour vocation &#224; desservir l'ensemble de la population des petites communes. Celle-ci encourage le conventionnement BCP/communes pour optimiser le fonctionnement des relais-biblioth&#232;ques. La circulaire Gattegno datant du 1er ao&#251;t 1985 r&#233;affirme que les principes qui pr&#233;sident au fonctionnement des BCP et de leur r&#233;seau sont ceux de tout service public de la lecture (accessibilit&#233; des collections, horaires d'ouverture des biblioth&#232;ques adapt&#233;s aux conditions de vie de la population desservie, &#233;galit&#233; des usagers devant le service public, desserte de tous les publics, gratuit&#233; du pr&#234;t, etc.). Elle pr&#233;conise la fin de la desserte scolaire au profit de cr&#233;ations de biblioth&#232;ques dans les communes, ainsi que la coop&#233;ration entre biblioth&#232;ques. A partir du 1er Janvier 1986, suite aux lois de d&#233;centralisation, les BCP rel&#232;vent de la comp&#233;tence des Conseils g&#233;n&#233;raux. Par la loi du 13 juillet 1992, les BCP changent d'appellation en devenant des BDP (biblioth&#232;ques d&#233;partementales de pr&#234;t). D&#232;s lors, les BDP, au nombre de 96, mettent en &#339;uvre la politique d&#233;partementale en mati&#232;re de d&#233;veloppement de la lecture et des biblioth&#232;ques publiques d&#233;cid&#233;e par leur Conseil g&#233;n&#233;ral. Et de cette politique locale de lecture publique alli&#233;e &#224; l'histoire de chaque &#233;tablissement na&#238;t la diversit&#233; des BDP.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA SITUATION DANS LES ARDENNES EN 2004&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1986, la BDP, plac&#233;e sous l'autorit&#233; du Conseil g&#233;n&#233;ral des Ardennes, doit assurer la mission de d&#233;veloppement de la lecture publique sur le d&#233;partement &#224; travers l'aide apport&#233;e aux collectivit&#233;s locales dans le fonctionnement de leur biblioth&#232;que/m&#233;diath&#232;que. Les communes sont essentiellement rurales, 80 % d'entre elles ont moins de 500 habitants. Ces particularit&#233;s engendrent des disparit&#233;s dans les territoires et se ressentent dans la fa&#231;on dont les d&#233;cideurs locaux et la population appr&#233;hendent l'offre et la demande culturelle. Les pratiques culturelles locales ax&#233;es sur le livre et la lecture s'av&#232;rent tr&#232;s peu d&#233;velopp&#233;es tout particuli&#232;rement lorsqu'on s'&#233;loigne des villes les plus peupl&#233;es. Et de fait, l'offre de lecture publique &#224; travers un r&#233;seau performant de biblioth&#232;ques n'existe que tr&#232;s faiblement, ce que confirme l'enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e par la BDP sur le fonctionnement des &#171; &lt;i&gt;points-lecture&lt;/i&gt; &#187; du d&#233;partement. Ces points-lectures sont quasiment d&#233;sert&#233;s par les enfants et adolescents en raison du manque d'offre en mati&#232;re de livres jeunesse, disques, DVD, acc&#232;s internet. Leur faible fr&#233;quentation s'explique par le manque de moyens en fonctionnement : locaux inappropri&#233;s (souvent dans la mairie ou l'&#233;cole), manque de gestionnaires form&#233;s &#224; la gestion d'une biblioth&#232;que, heures d'ouverture insuffisantes, manque de budget, etc. Le r&#233;seau de la BDP comprend &#233;galement la desserte des &#233;coles de 179 communes. Ce maintien de la desserte scolaire (alors que Jean Gattegno en pr&#233;conisait d&#233;j&#224; l'abandon en 1985) n'encourage pas les communes &#224; cr&#233;er de v&#233;ritables biblioth&#232;ques communales. L'&#233;tat des lieux r&#233;alis&#233; en 2004 am&#232;ne la BDP &#224; s'interroger sur ses propres pratiques de desserte des points-lecture par les bibliobus dont elle mesure les limites de l'efficacit&#233; et de la pertinence quant au service rendu &#224; la population. Elle conclut qu'au regard de ses missions, son activit&#233; doit imp&#233;rativement se recentrer sur un accompagnement des communes dans le fonctionnement de leur biblioth&#232;que. Ce changement ne deviendra effectif qu'avec les d&#233;cisions et les orientations de l'autorit&#233; de tutelle qui se concr&#233;tiseront en 2005 par l'&#233;laboration d'un plan d&#233;partemental de d&#233;veloppement de la lecture publique qui introduit la r&#233;flexion n&#233;cessaire au changement &#224; op&#233;rer pour moderniser le r&#233;seau ardennais de la lecture publique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;EN 2005, UNE V&#201;RITABLE PLANIFICATION AVEC DES OBJECTIFS AMBITIEUX&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233; par l'Assembl&#233;e d&#233;partementale lors des orientations budg&#233;taires d'octobre 2005, le Plan de d&#233;veloppement se fixe pour objectif de replacer la comp&#233;tence obligatoire de la lecture publique dans son cadre l&#233;gislatif en affirmant que le Conseil g&#233;n&#233;ral vient en aide pour le d&#233;veloppement de la lecture publique dans les communes qui cr&#233;ent des biblioth&#232;ques. Concr&#232;tement, il s'agit du point de vue de la politique culturelle du Conseil g&#233;n&#233;ral de permettre &#224; chaque Ardennais d'avoir acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation, la culture, l'information. Cet objectif se traduit par la d&#233;cision d'impulser et d'encourager la cr&#233;ation d'un r&#233;seau de lecture publique coh&#233;rent, visible et reconnu par tous ; d'accompagner les communes ou communaut&#233;s de communes dans la cr&#233;ation d'&#233;tablissements conformes aux normes nationales et de participer financi&#232;rement &#224; leur fonctionnement ; de d&#233;finir une strat&#233;gie de financement impliquant les communes ou EPCI (Etablissement public de coop&#233;ration intercommunale), le d&#233;partement et l'Etat ; de contractualiser par des conventions le partenariat engag&#233; par le d&#233;partement avec les collectivit&#233;s locales ; de soutenir, d'accompagner les initiatives locales dans le domaine de la lecture ; de repenser la lecture publique comme vecteur de d&#233;veloppement local et d'attractivit&#233; des territoires ; de placer l'intercommunalit&#233; au c&#339;ur de la r&#233;flexion sur le d&#233;veloppement de la lecture publique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;UN PLAN DE D&#201;VELOPPEMENT PORTEUR D'UNE DYNAMIQUE DE R&#201;SEAU&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_204 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L150xH150/2019-05-21_10-36-15-dc258-91045.jpg?1673753260' width='150' height='150' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de participer &#224; l'&#233;quilibre des territoires et &#224; la recherche d'une meilleure &#233;quit&#233; dans l'acc&#232;s de base &#224; la Culture. L'objectif majeur de ce plan est donc d'atteindre dans les dix ans &#224; venir un taux acceptable de diffusion de lecture publique sur l'ensemble des territoires particuli&#232;rement en zones rurales. Celui-ci pourra &#234;tre mesur&#233; au travers d'indicateurs tels que le nombre de biblioth&#232;ques cr&#233;&#233;es, le nombre d'inscrits ainsi que le taux moyen de pr&#234;ts par habitant. Inspir&#233; des nombreux plans exp&#233;riment&#233;s dans d'autres d&#233;partements dont la configuration est similaire, le r&#233;seau de biblioth&#232;ques, selon l'importance de la population &#224; desservir, se d&#233;cline en 3 niveaux : les m&#233;diath&#232;ques &#171; &lt;i&gt;t&#234;te de r&#233;seau&lt;/i&gt; &#187; ou biblioth&#232;ques municipales dans les communes de plus de 1500 habitants ; les biblioth&#232;ques-relais dans les communes de moins de 1500 habitants ; les points-lecture dans les communes de moins de 500 habitants. A l'&#233;chelle d'une communaut&#233; de communes ou d'un canton, les m&#233;diath&#232;ques &#171; &lt;i&gt;t&#234;te de r&#233;seau&lt;/i&gt; &#187; &#224; vocation intercommunale fonctionnent en synergie avec les biblioth&#232;ques-relais et les points-lecture. Elles r&#233;pondent aux crit&#232;res d'exigence d&#233;finis par le Minist&#232;re de la Culture &#224; savoir : - un local sp&#233;cifique d'une surface de 0,07m2/habitant et de 100m2 minimum ; - la gestion confi&#233;e &#224; un professionnel de la fili&#232;re culturelle (cat. A ou B) encadrant une &#233;quipe form&#233;e par des organismes nationaux (ABF, CNFPT) et la BDP ; - une ouverture minimale de 12h/semaine, r&#233;parties en priorit&#233; sur les journ&#233;es du mercredi et samedi ; - un acc&#232;s Internet et un logiciel de gestion informatique. Les biblioth&#232;ques-relais r&#233;pondent, quant &#224; elles, &#224; ces crit&#232;res : - un local &#224; usage sp&#233;cifique d'une surface de 0,04m2/habitant et de 50m2 minimum ; - la gestion confi&#233;e &#224; un salari&#233; qualifi&#233; (ABF, CNFPT) et un ou plusieurs b&#233;n&#233;voles form&#233;s par la BDP ; - une amplitude d'ouverture de 8h/semaine r&#233;parties en priorit&#233; sur le mercredi et le samedi et le soir ; - un budget de fonctionnement (1&#8364;/habitant pour les acquisitions de documents tous supports). Enfin, afin de ne pas p&#233;naliser les petites communes, le Conseil d&#233;partemental apporte son aide aux petites collectivit&#233;s qui font l'effort de respecter les normes du plan pour la cr&#233;ation de points-lecture. N&#233;anmoins, il est vivement pr&#233;conis&#233; de rechercher dans l'organisation intercommunale la solution de leur p&#233;rennisation et d'envisager leur fonctionnement dans l'interf&#233;rence et la compl&#233;mentarit&#233; avec les biblioth&#232;ques de proximit&#233;. Pour ces points-lecture, les crit&#232;res d'exigence se d&#233;finissent ainsi : - un local d'une surface de 12m2 minimum ; - la gestion confi&#233;e &#224; une personne b&#233;n&#233;vole ayant suivi des formations (dont la formation de base de 6 jours) organis&#233;es par la BDP ; - une ouverture d'au moins 2h par semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les inciter &#224; cr&#233;er des biblioth&#232;ques conformes aux normes nationales, le plan d&#233;partemental pr&#233;voit un dispositif d'aides significatives aux communes et communaut&#233;s de communes. Elles concernent la construction de biblioth&#232;ques/m&#233;diath&#232;ques, l'&#233;quipement mobilier, l'informatique et le multim&#233;dia, l'aide aux acquisitions de documents, l'aide &#224; la cr&#233;ation d'emploi qualifi&#233;, l'aide &#224; l'action culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA CR&#201;ATION DE BIBLIOTH&#200;QUES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'effort en mati&#232;re de construction de biblioth&#232;ques doit se d&#233;velopper avec un objectif de plus de 5 &#233;quipements par an. Deux d&#233;marches permettent l'atteinte de cet objectif : accompagner les communes qui ont d&#233;j&#224; un projet de cr&#233;ation de biblioth&#232;ques et inciter les communes (ou communaut&#233;s de communes) &#224; cr&#233;er des &#233;quipements ambitieux conformes aux attentes du plan d&#233;partemental sur les territoires &#171; &lt;i&gt;d&#233;ficitaires en &#233;quipement culturels&lt;/i&gt; &#187;. Pour impulser cette dynamique de projets, il incombe au directeur de la BDP et aux biblioth&#233;caires &#171; r&#233;f&#233;rents de territoire &#187; d'analyser l'offre en lecture publique sur ces territoires, d'en pr&#233;senter aux &#233;lus le diagnostic territorial, de rechercher ensemble les solutions &#224; l'&#233;volution de leur r&#233;seau local dans la mise en &#339;uvre du plan de d&#233;veloppement de la lecture, et d'assister les communes dans le suivi de leur biblioth&#232;que. Entre 2005 et 2016, le r&#233;seau de la BDP (devenue BDA &#8212; biblioth&#232;que d&#233;partementale des Ardennes &#8212; puisque n'ayant plus uniquement des missions de pr&#234;t de documents) s'est &#233;toff&#233; de 32 nouvelles structures dont certaines, tr&#232;s attractives pour leur territoire, ont contribu&#233; &#224; la fermeture de petits d&#233;p&#244;ts communaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_205 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/jpg/2019-05-21_10-44-31.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L200xH398/2019-05-21_10-44-31-f5f83-30c0b.jpg?1673753260' width='200' height='398' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces cr&#233;ations rencontrent un vif succ&#232;s, tant dans la fr&#233;quentation que dans la demande documentaire et ranimation. Elles sont &#224; l'image de la volont&#233; des &#233;lus (conseillers d&#233;partementaux, maires, pr&#233;sidents des communaut&#233;s de communes) de voir se mettre en place sur leur territoire des activit&#233;s &#233;ducatives et culturelles ambitieuses &#224; travers la fr&#233;quentation d'&#233;quipements attractifs et performants. L'exemple de la commune de Signy-L'Abbaye (1400 habitants, m&#233;diath&#232;que de 500m2 int&#233;gr&#233;e dans une structure &#224; vocation sociale et culturelle) se r&#233;v&#232;le tout &#224; fait significatif de cette volont&#233; de travailler &#224; une offre culturelle de qualit&#233; repens&#233;e dans sa dimension sociale et &#233;conomique en termes d'attractivit&#233; et d'am&#233;nagement du territoire. Durant cette d&#233;cennie, d'autres nombreux projets tr&#232;s singuliers ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s : M&#233;diath&#232;que/gymnase, M&#233;diath&#232;que/cr&#232;che/Ecole de musique, cr&#233;ation de biblioth&#232;ques dans des locaux charg&#233;s de m&#233;moire collective (anciens lavoirs, &#233;coles, salle de danse d'un ancien h&#244;tel...), des projets de construction en phase de r&#233;alisation M&#233;diath&#232;que/Mus&#233;e, M&#233;diath&#232;que/Centre culturel, M&#233;diath&#232;que/services d'accueil Petite enfance... autant d'exemples int&#233;ressants qui montrent l'investissement des d&#233;cideurs locaux &#224; porter des projets innovants dans le respect du patrimoine existant r&#233;habilit&#233; pour la cause noble de la lecture publique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_206 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/jpg/2019-05-22_06-44-47.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L300xH179/2019-05-22_06-44-47-31efe-6225f.jpg?1673753260' width='300' height='179' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;DE NOUVELLES MISSIONS POUR LA BDA&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le plan de d&#233;veloppement de la lecture publique d&#233;finissant pour la premi&#232;re fois la politique engag&#233;e par le d&#233;partement dans ce domaine ainsi que l'&#233;valuation de l'impact sur le public des services apport&#233;s aux structures par la BDA vont d&#232;s 2005 servir d'outils de communication, de p&#233;dagogie et de r&#233;f&#233;rence pour introduire le changement n&#233;cessaire qui permettra de d&#233;velopper une offre bien plus performante de services en biblioth&#232;que. En cons&#233;quence, la BDA a fait &#233;voluer ses missions. A sa principale activit&#233; qui, &#224; l'instar de nombreuses BDP, consistait au pr&#234;t de livres achemin&#233;s par le bibliobus, s'ajoutent dor&#233;navant de nouvelles actions permettant de mieux accompagner les &#233;lus et les gestionnaires de biblioth&#232;ques dans le fonctionnement de leur structure pour prendre davantage en compte les besoins et les attentes de la population et des institutions. Les missions prioritaires de la BDA sont dor&#233;navant les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; le conseil et l'expertise aux &#233;lus : en portant &#224; leur connaissance la politique engag&#233;e par le D&#233;partement et le nouveau partenariat souhait&#233;, en les accompagnant dans leur prise de d&#233;cision concernant le projet de cr&#233;ation ou de r&#233;habilitation de biblioth&#232;que (montage financier, fonctionnement, moyens humains, mat&#233;riels et budg&#233;taires) et en leur pr&#233;sentant les nouveaux services de la Biblioth&#232;que d&#233;partementale (les rendez-vous avec les maires ou pr&#233;sidents de communaut&#233;s de communes sont multiples et les &#233;changes de point de vue sur la place de la culture quelle que soit la dimension du territoire sont des moments de r&#233;flexion essentiels) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; l'aide au fonctionnement des structures : pr&#234;t de documents, d'expositions et de mat&#233;riel d'animation, actualisation des collections, agencement des espaces, conseil en gestion ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; la mise en place de la territorialisation de l'activit&#233; de la BDA permettant aux biblioth&#233;caires de concr&#233;tiser un meilleur accompagnement des &#233;lus et des gestionnaires de biblioth&#232;ques d'un m&#234;me territoire (cf. communaut&#233;s de communes) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; la mise en place d'un plan annuel de formation : depuis 2005, la BDA propose, aux salari&#233;s et b&#233;n&#233;voles des biblioth&#232;ques, un plan de formation qui leur permet d'acqu&#233;rir d'une part, les comp&#233;tences n&#233;cessaires &#224; la gestion des structures et d'autre part, d'enrichir leurs connaissances &#233;ditoriales ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; le d&#233;veloppement de l'action culturelle : promotion de la lecture et des biblioth&#232;ques aupr&#232;s du public en apportant un soutien aux actions culturelles des biblioth&#232;ques : rencontres d'auteurs, d'illustrateurs, conf&#233;rences, soir&#233;es conte, expositions, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux actions symbolisent l'encouragement &#224; la lecture aupr&#232;s du jeune public : &#9830; L'op&#233;ration &#171; &lt;i&gt;lire au coll&#232;ge&lt;/i&gt; &#187; cr&#233;&#233;e depuis 2005 et renouvel&#233;e chaque ann&#233;e donne la possibilit&#233; aux coll&#233;giens de rencontrer des auteurs apr&#232;s avoir lu leurs &#339;uvres. Cette action qui conna&#238;t un v&#233;ritable succ&#232;s aupr&#232;s des jeunes fait d&#233;mentir les d&#233;tracteurs stigmatisant les adolescents qui soi-disant seraient en manque d'int&#233;r&#234;t pour la lecture. Nous pouvons donc infirmer la tendance pour dire que les adolescents lisent encore s'ils ont la chance de rencontrer des enseignants, des professeurs documentalistes et des biblioth&#233;caires engag&#233;s au service de la m&#233;diation de la &#171; &lt;i&gt;bonne&lt;/i&gt; &#187; litt&#233;rature de jeunesse qui met le jeune public en app&#233;tit de lecture. &#9830; L'action &#171; &lt;i&gt;livres et tout-petits&lt;/i&gt; &#187;, organis&#233;e en collaboration avec les biblioth&#232;ques et les lieux d'accueil de la petite enfance (PMI, cr&#232;ches, RAM), qui permet aux b&#233;b&#233;s (ainsi qu'&#224; leurs parents et aux professionnels des structures) de d&#233;couvrir l&#224; aussi la bonne litt&#233;rature qui leur est destin&#233;e et qui les fera grandir avec un regard pertinent sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La BDA accompagne les projets de l'Inspection acad&#233;mique en apportant sa collaboration aux actions culturelles (projet de production sur l'ann&#233;e avec interventions d'auteurs) qui concourent &#224; la promotion du livre et de la lecture dans les &#233;coles. Elle s'int&#232;gre &#233;galement dans des projets culturels r&#233;gionaux mis en place par Interbibly, la DRAC, le Salon du livre de Troyes et l'Association Initiales (association de lutte contre l'illettrisme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658;le d&#233;veloppement des collections : outre le pr&#234;t de livres, la BDA met dor&#233;navant &#224; disposition des structures une collection de CD, un fonds professionnel, des expositions et du mat&#233;riel d'animation (kamishiba&#239;, tapis de lecture, valises-lecture concourant &#224; la promotion du livre jeunesse) ainsi que des ressources num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; la cr&#233;ation d'un portail : consultable via Internet, cet outil d'information et de communication pr&#233;sente, depuis juin 2011, l'activit&#233; et l'actualit&#233; du r&#233;seau des biblioth&#232;ques. Il donne acc&#232;s au catalogue r&#233;f&#233;ren&#231;ant les collections de la BDA et des biblioth&#232;ques partenaires et offre aux usagers inscrits dans une structure, la possibilit&#233; de r&#233;server des documents directement depuis leur ordinateur personnel. Il donne &#233;galement acc&#232;s aux ressources num&#233;riques par la consultation en ligne de la presse via LeKiosk et de la vid&#233;o via M&#233;diath&#232;que num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; la mise en place de la navette de r&#233;servations : elle permet d'acheminer plus rapidement les documents r&#233;serv&#233;s en assurant une meilleure rotation des collections et en r&#233;pondant ainsi de fa&#231;on plus satisfaisante aux attentes des usagers. Les structures sont actuellement desservies toutes les 3 semaines et les plus &#171; &lt;i&gt;demandeuses&lt;/i&gt; &#187; tous les 15 jours. La navette de r&#233;servations sert &#233;galement au portage de documents r&#233;serv&#233;s par les enseignants &#224; l'Atelier Canop&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; l'informatisation en r&#233;seau des biblioth&#232;ques via le logiciel de la BDA : 43 structures utilisent le logiciel Orph&#233;e qui permet de mutualiser le traitement des collections, la gestion des pr&#234;ts et de cr&#233;er un catalogue collectif constituant la base documentaire d&#233;partementale. Un projet est en cours avec la Communaut&#233; d'agglom&#233;ration pour mutualiser les catalogues des M&#233;diath&#232;ques de Charleville-M&#233;zi&#232;res et Sedan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; l'accueil dans les magasins de la BDA : plus efficace que le bibliobus (maintenu dans certains d&#233;p&#244;ts communaux dont l'activit&#233; est peu d&#233;velopp&#233;e), il favorise le renouvellement fr&#233;quent des fonds pr&#234;t&#233;s aux biblioth&#232;ques et aux institutions.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_207 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/jpg/2019-05-22_07-30-53.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L250xH664/2019-05-22_07-30-53-afbce-dd381.jpg?1673753260' width='250' height='664' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;UNE ACTION DE QUALIT&#201; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tous ces services d&#233;velopp&#233;s par la BDA devraient, dans un souci d'&#233;quit&#233; territoriale, atteindre l'ensemble de la population ardennaise ce qui n'est malheureusement pas encore le cas en raison des dysfonctionnements du r&#233;seau des biblioth&#232;ques caus&#233;s d'une part par le manque d'investissement de certaines communes qui, bien que desservies par la BDA, ne donnent pas de moyens au fonctionnement de leur structure, et d'autre part par le manque de professionnels de biblioth&#232;ques sur les territoires, les plus petites communes ayant majoritairement recours au b&#233;n&#233;volat pour g&#233;rer leur biblioth&#232;que. Ainsi, &#171; &lt;i&gt;le b&#233;n&#233;volat de temps&lt;/i&gt; &#187; s'impose au d&#233;triment du &#171; b&#233;n&#233;volat de comp&#233;tences &#187;, alors que la professionnalisation des gestionnaires de biblioth&#232;ques est pourtant imp&#233;rative pour mener &#224; bien un vrai projet de lecture publique tant &#224; destination de la population que des institutions locales. L'embauche d'agents de la fili&#232;re culturelle &#224; m&#234;me d'apporter leurs comp&#233;tences en gestion, leurs connaissances de l'&#233;dition, leur int&#233;r&#234;t pour la lecture, la musique, l'animation et les nouvelles technologies de l'information est incontestablement le levier incontournable pour faire &#233;voluer les services des biblioth&#232;ques. Mais le recrutement de professionnels des biblioth&#232;ques relevant de la fili&#232;re culturelle n'est pas toujours compris par les &#233;lus qui ne mesurent pas toujours l'int&#233;r&#234;t d'avoir recours &#224; des personnes qualifi&#233;es pour g&#233;rer leur structure et animer leur territoire. Cette situation, g&#233;n&#233;r&#233;e par la m&#233;connaissance des m&#233;tiers li&#233;s &#224; l'activit&#233; des biblioth&#232;ques est un ph&#233;nom&#232;ne r&#233;current amplifi&#233; aujourd'hui par la baisse des dotations aux collectivit&#233;s limitant le champ d'action de certains d&#233;cideurs&lt;br class='autobr' /&gt;
locaux peu enclins &#224; recruter du personnel particuli&#232;rement pour leur biblioth&#232;que ce qui est vraiment regrettable. Pour rem&#233;dier &#224; cette probl&#233;matique, l'organisation d'un r&#233;seau de biblioth&#232;ques pens&#233;e &#224; l'&#233;chelle des intercommunalit&#233;s semble la solution la&lt;br class='autobr' /&gt;
mieux adapt&#233;e aux exigences de la lecture publique qui requiert des moyens humains, financiers et mat&#233;riels auxquels les collectivit&#233;s ne peuvent se soustraire. Cette solution trouve de plus en plus sa place dans la r&#233;flexion des &#233;lus qui y voient l'avantage d'une meilleure offre de services rendus &#224; la population : gestion mutualis&#233;e et subsidiarit&#233; des structures du m&#234;me territoire (m&#233;diath&#232;que intercommunale apportant son aide aux biblioth&#232;ques-relais et aux points-lecture locaux, permanence ponctuelle de biblioth&#232;que dans les petites communes qui ne disposent pas d'&#233;quipement, d&#233;veloppement de partenariats avec les institutions locales en particulier les &#233;coles, mise en place d'animations partag&#233;es...). Quatre communaut&#233;s de communes (Ardennes Thi&#233;rache, Meuse et Semoy, Pays Reth&#233;lois et la Communaut&#233; d'agglom&#233;ration Charleville-M&#233;zi&#232;res/Sedan) ont fait le choix de cette solution, soit de fa&#231;on partielle (prise de comp&#233;tence uniquement pour les biblioth&#232;ques les plus importantes) ou int&#233;grale selon les communaut&#233;s mais &#224; terme, toutes les structures d'un m&#234;me bassin de vie communautaire devraient pouvoir s'int&#233;grer dans les r&#233;seaux inter-communaux d&#233;j&#224; existants. Un &#171; &lt;i&gt;gros chantier&lt;/i&gt; &#187; en perspective pour la BDA qui devra red&#233;finir son mode d'intervention dans les collectivit&#233;s et l'aide apport&#233;e au fonctionnement des biblioth&#232;ques existantes ou &#224; cr&#233;er sur l'ensemble des territoires intercommunaux pour que la lecture publique et la culture rayonnent partout et pour tous dans le d&#233;partement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_208 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/jpg/2019-05-24_08-19-36.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L200xH95/2019-05-24_08-19-36-4fd8f-c6bdb.jpg?1673753260' width='200' height='95' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LES NOUVEAUX D&#201;FIS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi construire encore des biblioth&#232;ques ? A l'heure d'Internet et de la mont&#233;e en puissance du num&#233;rique qui rend tout accessible partout et pour tous, les biblioth&#232;ques deviendraient, para&#238;t-il, de plus en plus inutiles puisque la population trouverait tout ce dont elle a besoin sur la toile, et ce gratuitement et sans avoir &#224; se d&#233;placer. Ce discours, auquel s'ajoute celui, tout aussi r&#233;current, sur la baisse d'int&#233;r&#234;t pour le livre et la lecture, trouve un &#233;cho aupr&#232;s de certains d&#233;cideurs politiques qui reprennent en c&#339;ur le m&#234;me argumentaire (&#171; &lt;i&gt;les gens ont internet chez eux et les jeunes ne prennent plus le temps de lire pr&#233;f&#233;rant jouer &#224; la console de jeux&lt;/i&gt; &#187;) pour s'interroger sur le bien-fond&#233; de la construction d'une biblioth&#232;que&lt;br class='autobr' /&gt;
ou sur les co&#251;ts de fonctionnement qu'il faudrait revoir certainement &#224; la baisse si la biblioth&#232;que a le m&#233;rite d'exister. Inversement, et fort heureusement, des &#233;lus qui, par confiance dans ce que peut apporter la Lecture et, plus g&#233;n&#233;ralement, la Culture &#224; leurs habitants font le choix &#171; &lt;i&gt;courageux&lt;/i&gt; &#187; de cr&#233;er leur biblioth&#232;que, faisant fi des discours ambiants pour apporter une &#171; &lt;i&gt;valeur ajout&#233;e&lt;/i&gt; &#187; &#224; la vie de leurs concitoyens, conscients que la Culture change la vie des hommes. Les biblioth&#232;ques consid&#232;rent que, malgr&#233; l'avanc&#233;e des ressources immat&#233;rielles, le livre papier a encore un avenir en raison de sa valeur mat&#233;rielle et patrimoniale visible, du maniement ais&#233; qu'il permet pour la relecture, la r&#233;flexion approfondie ou le plaisir imm&#233;diatement renouvel&#233; et encore en raison de ce qu'il repr&#233;sente comme vecteur de communication entre les personnes, des rencontres qu'il suscite. Ainsi elles estiment avoir encore un v&#233;ritable r&#244;le &#224; jouer tant pour ce qui concerne la conservation, la transmission et la m&#233;diation des documents : par leur pr&#233;sence physique (accueil, portage, vie sociale), elles sont les garantes de Incessibilit&#233; pour tous aux savoirs, &#224; l'&#233;crit, rendue possible par la disponibilit&#233; de leurs collections papier comme par la mise &#224; disposition des ressources num&#233;riques. Et c'est bien dans la m&#233;diation des contenus tant dans leur forme mat&#233;rielle qu'immat&#233;rielle que la biblioth&#232;que conservera la l&#233;gitimit&#233; de son r&#244;le aupr&#232;s de la population tout autant que celui du biblioth&#233;caire passeur et partageur de regards sur les textes pour la lecture plaisir, passeur et partageur de regards sur la documentation informative qu'il lui faut trier, s&#233;lectionner parmi la masse exponentielle d'informations offertes &#171; &lt;i&gt;en p&#226;ture&lt;/i&gt; &#187; par le web et qui, bien qu'&#224; la port&#233;e de tous, n&#233;cessite un accompagnement pour les usagers non initi&#233;s ou r&#233;tifs aux nouvelles technologies de l'information. C'est donc bien encore &#224; une mission de service public que r&#233;pondent les biblioth&#232;ques. Les biblioth&#232;ques, principalement en milieu rural, ont un r&#244;le important &#224; jouer non seulement en apportant la Culture, la Lecture aux populations des endroits les plus &#233;loign&#233;s des sph&#232;res culturelles urbaines mais parce qu'elles repr&#233;sentent souvent le dernier bastion des services publics alors que tous disparaissent ce qui provoque de l'inqui&#233;tude chez les &#233;lus. Dans un monde de plus en plus virtuel qui &#233;loigne au lieu de rapprocher, que faut-il construire pour redonner du sens au vivre ensemble dans les campagnes, &#224; la vie en communaut&#233;, &#224; l'&#233;panouissement de chacun et surtout pour lutter contre la d&#233;culturation, l'illettrisme aujourd'hui renforc&#233; par la non ma&#238;trise des nouvelles technologies de l'information ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les biblioth&#232;ques cr&#233;&#233;es depuis la mise en &#339;uvre du plan lecture dans les Ardennes ont un taux &#233;lev&#233; de fr&#233;quentation mettant &#224; mal les discours moroses sur le manque d'int&#233;r&#234;t de la population qui, au contraire, consid&#232;re souvent la biblioth&#232;que comme v&#233;ritable lieu de lien culturel et social donnant un sentiment d'appartenance &#224; la communaut&#233; locale. Par ailleurs, forte de l'exp&#233;rience des actions livres et lecture men&#233;es par les biblioth&#232;ques en lien avec les &#233;coles et les coll&#232;ges (rencontres d'auteurs) ou les lieux d'accueil petite enfance, osons affirmer sans complexe l'int&#233;r&#234;t des enfants pour la lecture de livres s'ils ont encore la chance de croiser des biblioth&#233;caires militants qui travaillent sans rel&#226;che pour leur apporter la Culture de l'&#233;crit (papier ou num&#233;rique, l'un ne s'opposant pas &#224; l'autre), qui d&#233;fendent leurs convictions l&#224; o&#249; d'autres souhaiteraient les voir plier, les consid&#233;rant comme les &#171; &lt;i&gt;has been&lt;/i&gt; &#187; de la profession ayant gard&#233; quelques illusions sur leur &#171; &lt;i&gt;ancien m&#233;tier de biblioth&#233;caire&lt;/i&gt; &#187; aujourd'hui d&#233;pass&#233;. Oui, entrons en r&#233;sistance, au service de la lecture-&#233;criture partout et pour tous et engageons nous aupr&#232;s des &#233;lus pour construire des biblioth&#232;ques, espaces de Culture, de lecture et de sociabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;(Agn&#232;s Plainchamp, conservateur des biblioth&#232;ques, ex-directrice de la biblio-
th&#232;que d&#233;partementale des Ardennes, article &#233;crit en collaboration avec Annie Janicot)&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;NOTES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Relire :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Une m&#233;diath&#232;que centre social&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Photos :&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://bda.cg08.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Diaporama des biblioth&#232;ques du r&#233;seau d&#233;partemental&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://mediacentresocial.wix.com/signylabbaye&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;diath&#232;que Centre social de Signy l'Abbaye&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
&#8226; &lt;a href=&#034;http://www.messincourt.fr/bibliotheque.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;diath&#232;que de Messincourt, ancien lavoir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_210 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;123&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al133_p37.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 641.6 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783629978' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; D&#233;velopper la politique de lecture sur l'ensemble du territoire, une volont&#233;, des objectifs, des strat&#233;gies &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Dossier : La ma&#238;trise de l'&#233;crit par le corps social - Introduction &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>PASSAGE DE RELAIS &lt;br /&gt;Les derniers num&#233;ros des Actes de Lecture ont repris des textes publi&#233;s dans d'anciens num&#233;ros de notre revue. Le pr&#233;sent dossier sera le dernier &#224; tenir ce r&#244;le ; aussi, nous semble-t-il a posteriori judicieux d'expliquer pourquoi nous avions, en son temps, pris cette d&#233;cision. &lt;br /&gt;L'AFL a &#233;t&#233; reprise sous sa forme actuelle au d&#233;but des ann&#233;es 80 et le premier num&#233;ro de sa revue date de f&#233;vrier 1983. L'&#233;ditorial, sign&#233; Jean-Pierre Benichou, son pr&#233;sident, indiquait (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique18" rel="directory"&gt;133 - &#171; La ma&#238;trise de l'&#233;crit par le corps social &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PASSAGE DE RELAIS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les derniers num&#233;ros des Actes de Lecture ont repris des textes publi&#233;s dans d'anciens num&#233;ros de notre revue. Le pr&#233;sent dossier sera le dernier &#224; tenir ce r&#244;le ; aussi, nous semble-t-il a posteriori judicieux d'expliquer pourquoi nous avions, en son temps, pris cette d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AFL a &#233;t&#233; reprise sous sa forme actuelle au d&#233;but des ann&#233;es 80 et le premier num&#233;ro de sa revue date de f&#233;vrier 1983. L'&#233;ditorial, sign&#233; Jean-Pierre Benichou, son pr&#233;sident, indiquait l'objectif : &#171; &lt;i&gt;Notre logique est celle de la d&#233;scolarisation de la lecture et vise &#224; porter le d&#233;bat au niveau de la soci&#233;t&#233; civile. La cible est celle du grand public, dans le droit fil des th&#232;mes que nous d&#233;fendons dans le livre &lt;strong&gt;Lire, c'est vraiment simple... quand c'est l'affaire de tous&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;. Les militants de l'AFL &#233;taient alors majoritairement issus des &#233;coles exp&#233;rimentales de l'INRP, engag&#233;es dans la recherche sur &lt;i&gt;Une nouvelle organisation de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire&lt;/i&gt; qui devait aider tous les enfants &#224; suivre, avec plaisir et succ&#232;s, un enseignement de second degr&#233;, donc, non pas une instruction primaire renforc&#233;e, mais, la ma&#238;trise partag&#233;e des diff&#233;rents langages abord&#233;s comme autant d'outils intellectuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut consid&#233;rer qu'&#224; partir des ann&#233;es 2000, et pour des raisons autant sociales que politiques, ces ambitions &#233;ducatives &#8212; issues de la R&#233;sistance et de ce qu'avait encourag&#233; le plan Langevin-Wallon &#8212; ont &#233;t&#233; lamin&#233;es ! On assure depuis qu'il urge d'en revenir aux vieilles m&#233;thodes qui, depuis Jules Ferry, n'auraient jamais cess&#233; de faire leurs preuves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, notamment en mati&#232;re de ma&#238;trise de l'&#233;crit. Si bien que, pour l'AFL comme pour d'autres mouvements d'&#201;ducation nouvelle, les concepts produits depuis les ann&#233;es 70 par leurs terrains exp&#233;rimentaux (souvent communs) ont &#233;t&#233; m&#233;thodiquement chass&#233;s des lieux de formation par les diff&#233;rents corps d'inspection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249;, notre d&#233;cision de remettre en circulation, dans l'actualit&#233;, quelques textes historiques, incontournables. Au total, depuis le num&#233;ro 125 de mars 2014 jusqu'&#224; celui-ci, une petite quinzaine de coups de revenez-y auxquels les lecteurs d'aujourd'hui des A.L. ne manqueront pas de recourir afin de faciliter les indispensables &#233;changes avec les forces r&#233;solument innovatrices dont d&#233;pend demain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution (p&#233;dagogique, s'entend !) est plus proche qu'on le pense...&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_209 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;84&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al133_p47.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 911.4 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783629978' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Introduction au dossier &#171; La ma&#238;trise de l'&#233;crit par le corps social &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Du c&#244;t&#233; de l'&#233;crit &#187;</title>
		<link>http://actes-de-lecture.org/spip.php?article75</link>
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		<dc:date>2016-03-15T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Vous dites souvent que l'&#233;crit aide &#224; penser. Quel rapport avec la lecture ? Extrait de L'enfant, le ma&#238;tre et la Lecture, 1994. &lt;br /&gt;Interrog&#233; par Roger Charrier &#224; l'issue d'un colloque sur les pratiques de lecture, Pierre Bourdieu d&#233;clare : &#171; S'il est vrai que ce que je dis de la lecture est le produit des conditions dans lesquelles j'ai &#233;t&#233; produit en tant que lecteur, le fait d'en prendre conscience est peut-&#234;tre la seule chance d'&#233;chapper &#224; l'effet de ces conditions. &#187; Plus loin, il (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique18" rel="directory"&gt;133 - &#171; La ma&#238;trise de l'&#233;crit par le corps social &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites souvent que l'&#233;crit aide &#224; penser. Quel rapport avec la lecture ? Extrait de L'enfant, le ma&#238;tre et la Lecture, 1994.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrog&#233; par Roger Charrier &#224; l'issue d'un colloque sur les pratiques de lecture, Pierre Bourdieu d&#233;clare : &#171; &lt;i&gt;S'il est vrai que ce que je dis de la lecture est le produit des conditions dans lesquelles j'ai &#233;t&#233; produit en tant que lecteur, le fait d'en prendre conscience est peut-&#234;tre la seule chance d'&#233;chapper &#224; l'effet de ces conditions.&lt;/i&gt; &#187; Plus loin, il reprend : &#171; &lt;i&gt;Un des biais li&#233;s &#224; la position de lecteur peut consister &#224; omettre la question de savoir pourquoi on lit, s'il va de soi de lire, s'il existe un besoin de lecture, et nous devons poser la question des conditions dans lesquelles se produit ce besoin...&lt;/i&gt; &#187; On a depuis longtemps observ&#233; que le clivage entre lecteurs et non-lecteurs recoupe le partage social entre pouvoir et exclusion, entre les classes qui dominent et celles qui ex&#233;cutent. Toute r&#233;flexion sur l'enseignement de la lecture (sa p&#233;dagogie ? sa didactique ?) et son apprentissage rencontre cette r&#233;alit&#233; que les cas individuels nuancent &#224; l'infini sans jamais en faire mentir l'&#233;vidence statistique. Pour autant, cette &#233;vidence n'est pas une explication. Et, pour s'attaquer &#224; ce d&#233;terminisme, l'action suppose, au minimum, un syst&#232;me, explicite ou non, d'hypoth&#232;ses qui donnent acc&#232;s &#224; son principe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LES EXPLICATIONS DE LA NON-LECTURE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les explications les plus spontan&#233;es, aujourd'hui encore les plus r&#233;pandues, font globalement porter la responsabilit&#233; de la faible lecture sur l'environnement des faibles lecteurs. C'est n&#233;anmoins un progr&#232;s sur les th&#232;ses d'un pass&#233; r&#233;cent dont les repousses sont toujours &#224; surveiller : la difficult&#233; &#224; lire, &#224; apprendre puis &#224; &#171; &lt;i&gt;pratiquer&lt;/i&gt; &#187;, proviendrait d'un manque d'aptitudes. Cette id&#233;ologie du partage de l'humanit&#233; entre dou&#233;s et non-dou&#233;s repose sur l'observation consolante qu'au moins Dieu a bien fait les choses puisqu'il a globalement fait na&#238;tre les inaptes chez les pauvres. Sans cultiver le proph&#233;tisme, on peut assurer que les professeurs auront, dans les ann&#233;es &#224; venir, &#224; se montrer encore vigilants sur ce terrain car, sous de multiples formes, reviennent les m&#234;mes antiennes. Ainsi entend-on que les analphab&#232;tes adultes n'ont probablement pas la m&#234;me dissym&#233;trie des h&#233;misph&#232;res c&#233;r&#233;braux, la m&#234;me maturit&#233; affective ou le m&#234;me rapport au temps que le lecteur tout-venant. S'armer contre de telles affirmations rel&#232;ve davantage de la culture citoyenne et scientifique que d'une formation sp&#233;cifique aux questions de lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus subtile mais pas plus innocente, l'explication pourtant tautologique selon laquelle ce qu'il manquerait aux non-, peu ou faibles lecteurs, c'est le go&#251;t de la lecture. Ils n'auraient pas rencontr&#233; le plaisir de lire : voil&#224; pourquoi ils ne lisent pas. Qu'on multiplie donc les actions susceptibles de leur faire &#233;prouver cette &#233;l&#233;gante fureur qui habite chacun de nous ! Elles semblent d'ailleurs assez simples &#224; concevoir : il suffit de se regarder... C'est vrai quoi ! Si tout enfant avait une maman disponible aimant &#224; lui raconter le soir de belles histoires et un papa levant &#224; bon escient les yeux de ses dossiers pour accueillir ses deux a&#238;n&#233;s revenant de la biblioth&#232;que voisine, joyeux et les bras charg&#233;s d'albums. C'est vrai... Que quoi exactement ? Qu'il ressemblerait aux enfants des classes moyennes dont les parents se comportent ainsi (sans pour autant &#234;tre n&#233;cessairement lecteurs) et qui font de leur comportement le mod&#232;le de toute d&#233;marche &#233;ducative, mod&#232;le dont s'inspire, parce qu'ils s'y reconnaissent, les enseignants, les biblioth&#233;caires et les groupes de lutte contre l'illettrisme. &lt;i&gt;Comme un roman&lt;/i&gt;, l'ouvrage que le professeur Daniel Pennac&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PENNAC Daniel, Comme un roman, Gallimard.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; consacre &#224; la lecture, fonctionne agr&#233;ablement sur ce principe de plaisir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On ne gu&#233;rit pas&lt;/i&gt;, dit-il, &lt;i&gt;de cette m&#233;tamorphose. On ne revient pas indemne d'un tel voyage. A toute lecture pr&#233;side, si inhib&#233; soit-il, le plaisir de lire ; et, par sa nature m&#234;me &#8212; cette jouissance d'alchimiste &#8212; le plaisir de lire ne craint rien de l'image, m&#234;me t&#233;l&#233;visuelle, et m&#234;me sous forme d'avalanches quotidiennes. Si pourtant le plaisir de lire s'est perdu (si, comme on dit, mon fils, ma fille, la jeunesse, n'aiment pas lire), il ne s'est pas perdu bien loin. A peine &#233;gar&#233;. Facile &#224; retrouver.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, personne ne soutiendra que la lecture doit &#234;tre, au moins &#224; ses d&#233;buts, associ&#233;e &#224; des souvenirs ou des identifications d&#233;sagr&#233;ables et personne ne conseillera de se comporter comme ce contrebandier qui mettait une casquette de gendarme pour battre son cheval afin que celui-ci d&#233;tale &#224; la vue de la mar&#233;chauss&#233;e ; aussi, &#233;vitera-t-on toujours de faire frapper un enfant en bas &#226;ge par un biblioth&#233;caire... Mais il est &#224; craindre que cette pr&#233;caution ne suffise pas car il y aurait une certaine na&#239;vet&#233; &#224; croire que ces &#233;mois de parents - lecteurs socialement tr&#232;s typ&#233;s puissent faire tache d'huile dans d'autres milieux, sans parler m&#234;me des vocations, d'une autre qualit&#233;, n&#233;es, &#224; l'inverse, du refus, de la contestation et du franchissement d'un interdit : &lt;i&gt;Les Liaisons dangereuses&lt;/i&gt; sous les couvertures de l'internat des J&#233;suites et &lt;i&gt;Le Capital&lt;/i&gt; sur l'&#233;tag&#232;re la moins accessible d'une biblioth&#232;que de notaire &#224; Ch&#226;teauroux... Rien &#224; voir alors avec papa - maman sauf de se demander comment on y joue si on ne dort pas depuis sa naissance &#224; huit dans la m&#234;me pi&#232;ce ! Ces visions idylliques ou sulfureuses donnent une id&#233;e de la mani&#232;re dont une classe sociale se procure quelques frissons au r&#233;cit de ses audaces...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but, on ne lit pas. Au lever de la vie, &#224; l'aurore des yeux. On avale la vie par la bouche, par les mains, mais on ne tache pas encore ses yeux avec de l'encre. [...] Au d&#233;but il y a les terres immenses du jeu, les grandes prairies de l'invention, les fleuves des premiers pas, et partout &#224; l'entour l'oc&#233;an de la m&#232;re, les vagues ballantes de la voix maternelle. Tout cela c'est vous, sans rupture, sans d&#233;chirure. Un espace infini, agr&#233;ment mesurable. Pas de livre l&#224;-dedans. Pas de place pour une lecture, pour le deuil &#233;merveill&#233; de lire. D'ailleurs les enfants ne supportent pas de voir la m&#232;re en train de lire. Ils lui arrachent le livre des mains, r&#233;clament une pr&#233;sence enti&#232;re, et non pas cette pr&#233;sence incertaine, corrompue par le songe. La lecture entre bien plus tard dans l'enfance. Il faut d'abord apprendre, et c'est comme une souffrance, les premiers temps de l'exil. On apprend sa solitude lettre apr&#232;s lettre, le doigt sur le c&#339;ur, soulignant chaque voyelle du sang rouge. Les parents sont contents de vous voir lire, apprendre, souffrir. Ils ont toujours secr&#232;tement peur que leur enfant ne soit pas comme les autres, qu'il n 'arrive pas &#224; avaler l'alphabet, &#224; le d&#233;glutir dans des phrases bien assises : bien droites, bien m&#226;ch&#233;es. C'est un myst&#232;re, la lecture. Comment on y parvient, on ne sait pas. Les m&#233;thodes sont ce qu'elles sont, sans importance. Un jour on reconna&#238;t le mot sur la page, on le dit &#224; voix haute, et c'est un bout de Dieu qui s'en va, une premi&#232;re fracture du paradis.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BOBIN Christian, Une petite robe de f&#234;te, Gallimard.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Observez que ce texte &#171; &lt;i&gt;embarque&lt;/i&gt; &#187; les lecteurs que nous sommes mais convenons qu'il est improbable que la peinture de ce &#171; &lt;i&gt;vice impuni&lt;/i&gt; &#187; d&#233;clenche des vocations nouvelles du c&#244;t&#233; des non-lecteurs ; plut&#244;t une salutaire hilarit&#233; caus&#233;e par la certitude qu'il existe tellement d'autres mani&#232;res de vivre dangereusement ; ou agr&#233;ablement. D'autant que ce go&#251;t ou ce penchant, en r&#233;alit&#233; cette pratique, pourrait bien avoir d'autres raisons que ce qu'on en dit. Martine Naffrechoux &#233;crit dans un article&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A.L. n&#176;26, AFL.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; consacr&#233; aux enqu&#234;tes sur la lecture : &#171; &lt;i&gt;En la supposant toujours possible, on oublie que la possibilit&#233; de lire a ses limites : elle a pour plancher l'incapacit&#233; de lire, qui d&#233;finit les analphab&#232;tes au sens strict mais aussi les analphab&#232;tes fonctionnels, encore fr&#233;quents dans les fractions les plus d&#233;favoris&#233;es des classes populaires et qui menace les enfants scolaris&#233;s enferm&#233;s dans l'immanence ; elle a pour plafond l'obligation de lire qui s'impose &#224; certaines fractions des classes moyennes et sup&#233;rieures, notamment aux membres des professions intellectuelles pour qui la lecture est &#224; la fois une t&#226;che professionnelle et un &#171; devoir d'&#233;tat &#187; et aussi aux membres de la &#171; classe de loisir &#187;, pour qui elle fait partie des devoirs culturels de leur rang. C'est seulement au-del&#224; et en dehors de ces cat&#233;gories socioprofessionnelles que la lecture est de l'ordre du possible, et non de l'impossible ou du n&#233;cessaire, comme lorsque lire ou ne pas lire sont, pour les uns ou les autres, &#233;galement n&#233;cessaires. [...] Les go&#251;ts n'ont rien de naturel ni de spontan&#233;, ils ne sont que des mani&#232;res de remplir une obligation culturelle, d'autant plus pressante qu'on appartient &#224;, ou qu'on aspire &#224; faire partie de la classe dominante dont la Culture est un des attributs. Lire est un comportement de privil&#233;gi&#233;, impos&#233; aux privil&#233;gi&#233;s. On s'acquitte de celte obligation plus ou moins correctement selon sa familiarit&#233; avec les r&#232;gles du jeu - la connaissance de la &#171; l&#233;gitimit&#233; culturelle &#187; [...] Pr&#233;f&#233;rences et go&#251;ts en mati&#232;re de lecture, loin d'&#234;tre le moteur de la pratique, servent au lecteur comme au non-lecteur de justification &#224; leur pratique et alimentent le &#171; discours d'accompagnement &#187;. Ce sont en effet d'autres variables que le go&#251;t qui dans les cat&#233;gories moyennes (ni trop ni trop peu cultiv&#233;es) o&#249; la lecture est possible sans &#234;tre pour autant un &#171; must &#187; en d&#233;terminent les modalit&#233;s ; des caract&#233;ristiques du loisir et du travail comme des formes de sociabilit&#233; qui ensemble d&#233;finissent le &#171; style de vie &#187; d&#233;coulent l'exercice de la lecture et ses modalit&#233;s. Un type de lecture est toujours pris dans un r&#233;seau de relations avec d'autres pratiques ou noyaux de pratique du lecteur et c'est cet ensemble qu'il convient d'expliquer...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Claude Passeron insiste aussi sur ce point&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;in La notion de pacte, AL n&#176;11, AFL.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en y ajoutant la n&#233;cessit&#233; pr&#233;alable d'une ma&#238;trise suffisante des op&#233;rations techniques qui rendent la lecture efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les enqu&#234;tes sur les publics peu ou non lisants bien qu'ayant &#233;t&#233; scolaris&#233;s dans le primaire, celles qui portent sur les pratiques culturelles des groupes les plus &#233;loign&#233;s des plaisirs et des loisirs savants, font ressortir quelque chose qui n'est pas seulement manque de temps, privation ou &#233;loignement des lieux de l'offre, p&#233;nurie mon&#233;taire, autrement dit conjonction de raisons n&#233;gatives mais au contraire, qui rel&#232;ve d'un obstacle positif aux habitudes de lecture. Dans celte perspective relativiste, ethnologique, qui prend la culture des groupes observ&#233;s pour ce qu'elle est et non comme le signe d'une barbarie culturelle, qui d&#233;crit dans quel univers symbolique fonctionnent ces groupes, appara&#238;t une culture qui a ses structures, ses orientations, ses pr&#233;f&#233;rences, ses valeurs dont certaines enveloppent non seulement la non-pratique de la lecture mais un refus des valeurs qu'impliquerait la lecture elle-m&#234;me. La non-lecture appartient alors aux int&#233;grateurs sociaux, aux valeurs positives de r&#233;f&#233;rence. Certaines formes de loisir enveloppent &#224; l'&#233;vidence des orientations autres que celles qu'ont d&#233;velopp&#233;es, dans certains autres groupes sociaux, le go&#251;t et le plaisir de la lecture. Tout cela constitue des noyaux durs de r&#233;sistance &#224; la lecture qui stigmatisent la pratique cultiv&#233;e avec la m&#234;me assurance que celle par laquelle nous d&#233;cririons comme un manque leur non-lecture. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de prendre en compte les cons&#233;quences de celle diff&#233;rence culturelle. [...] Ce qui aboutit [la non-prise en compte de celte diff&#233;rence] implicitement et parfois m&#234;me explicitement, &#224; invoquer le manque de bonne volont&#233; ; celui qui offre vire progressivement &#224; un discours raciste de d&#233;couragement qui renforce chez les uns la bonne conscience et chez les autres un d&#233;nigrement conscient de ce qu'on ne peut pratiquer. Or, cette situation repose toujours sur deux ingr&#233;dients : d'une part, un effort insuffisant pour favoriser les lectures, quelles qu'elles soient, qui feraient progresser dans celte facilit&#233; &#224; lire vite et beaucoup et, d'autre part, une certaine superbe dans l'affirmation qu'il y a, certes, diverses cultures, mais que la lecture la plus &#171; cultiv&#233;e &#187; est quand m&#234;me la plus savante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois arm&#233;s de ces deux principes (savoir qu'il y a un commencement [technique] &#8212; aborder ce probl&#232;me comme un mixage culturel et non comme une imposition culturelle) et aussi persuad&#233;s que nous soyons de l'int&#233;r&#234;t de la diffusion des formes de la culture qui nous plaisent le plus, nous devons penser que cette diffusion de la lecture dans des milieux socioculturellement diversifi&#233;s doit &#234;tre, elle-m&#234;me, diversifi&#233;e et capable de rompre avec l'illusion qu'il s'agit d'&#233;tendre &#224; toute une soci&#233;t&#233; un mod&#232;le extr&#234;mement restreint dans l'histoire sociale, celui du lectorat cultiv&#233; et litt&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; na&#239;vet&#233; &#187; provient d'une analyse insuffisante de la lecture litt&#233;raire et de ce qu'elle contient de fonction de distinction ou de l&#233;gitimation. On ne peut quand m&#234;me pas oublier qu'une part importante du plaisir qu'on prend aux lectures tr&#232;s cultiv&#233;es rel&#232;ve de cette &#171; dissimulation &#187;. Proust avait d&#233;j&#224; annonc&#233; que, dans les soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques, les moyens d'affirmer sa diff&#233;rence par le v&#234;tement, l'argent, la forte d&#233;nivellation de statut se reporteraient sur les pratiques culturelles : les soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques seront de plus en plus snobs. Le plaisir de dissimulations pris aux &#339;uvres qu'on d&#233;guste en se persuadant de leur valeur c'est-&#224;-dire de leur raret&#233; au sens &#233;conomique, tient dans l'affirmation sociale de la capacit&#233; de go&#251;ter quelque chose de difficile ou dont l'acc&#232;s n'est pas imm&#233;diat. A mesure qu'un bien, m&#234;me symbolique, se vulgarise, le plaisir que prenaient ceux qui se constituaient ainsi en &#171; happy few &#187; diminue et donc la dissimulation se porte sur d'autres biens. Cela d&#233;clenche, on le voit dans l'histoire des formes artistiques, l'escalade des avant-gardes et des herm&#233;tismes. Propager &#224; l'&#233;chelle d'une population, la forme la plus r&#233;serv&#233;e du plaisir cultiv&#233;, c'est n&#233;cessairement, dans la mesure o&#249; on y r&#233;ussit, en faire na&#238;tre une autre encore plus difficile d'acc&#232;s dont s'empareront les groupes sociaux qui ne peuvent plus prendre directement leur plaisir dans une politique trop divulgu&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref, l'opinion courante d&#233;peint souvent la non-lecture en creux par rapport au plaisir que la lecture est sens&#233;e procurer &#224; ceux qui lisent sans s'interroger sur le d&#233;terminisme social &#224; l'origine d'une telle pratique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA LECTURE, MOYEN DE COMMUNICATION ET D'EXPRESSION&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aussi faut-il chercher &#224; situer plus pr&#233;cis&#233;ment ce qui rend indispensable pour l'avenir de chacun et du monde la g&#233;n&#233;ralisation du recours &#224; l'&#233;crit ; s'interroger sur ce qu'il a de sp&#233;cifique et d'irrempla&#231;able de nos jours et pour tout le monde. L'&#233;crit, lorsqu'il n'est pas pr&#233;sent&#233; comme un &#171; &lt;i&gt;objet de plaisir&lt;/i&gt; &#187;, est souvent justifi&#233; comme un moyen privil&#233;gi&#233; de communication. Il n'est pas discutable qu'il remplit encore cette fonction lorsqu'il prend le relais d'une communication orale d&#233;faillante : l'&#233;metteur et le destinataire ne sont pas &#224; la fois dans le m&#234;me temps et le m&#234;me espace. Mais fonction que d'autres moyens remplissent souvent mieux que lui quand il s'agit d'informer, de questionner, de montrer, d'annoncer, de faire voir, de pr&#233;senter, d'&#233;changer et tout cela, comme on dit aujourd'hui, en temps r&#233;el. Ce n'est pas par paresse si on recourt au t&#233;l&#233;phone, &#224; la radio, &#224; la t&#233;l&#233;vision mais par besoin d'une communication beaucoup plus &#171; fid&#232;le &#187;, plus rapide et plus interactive que ce que permet l'&#233;crit. Ainsi, gr&#226;ce au d&#233;veloppement de techniques nouvelles, l'&#233;crit est aujourd'hui progressivement d&#233;charg&#233; d'une responsabilit&#233; qu'il exer&#231;ait &#171; &lt;i&gt;par d&#233;faut&lt;/i&gt; &#187; mais qui est encore pr&#233;sent&#233;e comme sa fonction premi&#232;re. Ne voit-on pas l'argumentaire classique en faveur des stages d'alphab&#233;tisation reposer sur la n&#233;cessit&#233; de se diriger dans le m&#233;tro, de remplir un ch&#232;que ou une feuille de S&#233;curit&#233; sociale, quand ce n'est pas r&#233;diger un curriculum vitae ou lire une offre d'emploi ? Sans nier l'urgence de tels recours, on voit bien ce qu'ils ont, de nos jours, de conjoncturel, de contournable et de non sp&#233;cifique &#224; l'&#233;crit et en quoi ce n'est pas &#224; ce type d'usage que songerait un lecteur pour d&#233;crire ses engagements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crit est &#233;galement propos&#233; comme un moyen d'expression, ce qu'on ne saurait l&#224; encore contester. Mais pour qui et dans quelles conditions ? Un adolescent des quartiers Nord de Marseille poss&#232;de d&#233;j&#224; d'incontestables moyens de s'exprimer que personne ne reconna&#238;t ou prend en compte, sauf s'ils deviennent g&#234;nants. A quel exclu fera-t-on croire que le monde attend dans l'urgence qu'il utilise l'&#233;crit pour s'exprimer alors qu'il fait l'exp&#233;rience quotidienne du m&#233;pris dans lequel on tient les formes d'expression qu'il met d&#233;j&#224; en &#339;uvre ? Cette invitation faite &#224; propos d'un outil qu'il ne conna&#238;t pas et dont l'usage myst&#233;rieux, difficile et changeant est d&#233;tenu par ceux-l&#224; m&#234;mes qui lui d&#233;nient ses propres formes d'expression sonne comme un pi&#232;ge. L'&#233;crit semble d&#232;s lors moins un moyen g&#233;n&#233;ral d'expression qu'un moyen de domination, quelque chose dans un rapport de force. &#171; &lt;i&gt;Je pense&lt;/i&gt;, dit Bourdieu, &lt;i&gt;que les intellectuels se sentent un devoir de donner &#224; tous le droit de lecture, c'est-&#224;-dire de les lire...&lt;/i&gt; &#187; C'est sans doute encore plus vrai de la soci&#233;t&#233; dans son ensemble. L'usage de l'&#233;crit comme moyen d'expression ne rel&#232;ve pas de simples capacit&#233;s techniques mais bien de la reconnaissance pratique d'un statut th&#233;oriquement offert &#224; tous. M&#234;me sans tenir compte de cette restriction importante mais qui s'inscrit dans une lutte de pouvoir et constitue donc un enjeu de la d&#233;mocratie (&#171; &lt;i&gt;Il ne faut pas oublier&lt;/i&gt;, rappelle Bourdieu, &lt;i&gt;que les institutions de libert&#233; culturelle sont des conqu&#234;tes sociales au m&#234;me titre que la S&#233;curit&#233; sociale on le salaire minimum.&lt;/i&gt; &#187;), il ne semble pas que la sp&#233;cificit&#233; de l'&#233;crit r&#233;side dans ce qu'il serait d'abord un moyen d'expression. Il peut le devenir pour chacun dans des conditions statutaires bien particuli&#232;res et qu'il convient de d&#233;velopper dans le m&#234;me moment qu'on respecte toutes les formes d'expression et d'existence d'individus &#233;gaux et libres mais il n'est pas d'abord cela, m&#234;me s'il est fondamental qu'il soit aussi cela. Et il l'est d'autant moins qu'on est tenu &#233;loign&#233; de sa ma&#238;trise technique, ce qui est le cas, et pendant longtemps, pour tout d&#233;butant. En d'autres termes, la n&#233;cessit&#233; de s'emparer de l'&#233;crit pour s'exprimer est encore moins forte que pour communiquer et ce d'autant plus que l'individu met en &#339;uvre d'autres moyens qui ne sont d&#233;j&#224; pas reconnus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;MOYEN D'EXPRIMER ET DE COMMUNIQUER QUOI ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Force est alors de chercher ce que l'&#233;crit serait seul &#224; faire fonctionner et sur lequel doit n&#233;cessairement s'op&#233;rer sa rencontre. En quelque sorte, poser le probl&#232;me autrement : oui, l'&#233;crit est un moyen d'expression et de communication, mais de quoi ? De quelque chose qui n'existerait pas sans lui ? Il faut aller questionner bien en amont des fonctions de communication et d'expression auxquelles l'&#233;crit ouvre simplement un registre nouveau : du c&#244;t&#233; des instruments de pens&#233;e et des outils qui permettent des op&#233;rations intellectuelles particuli&#232;res, loin donc de ce qui peut d&#233;j&#224; se communiquer et s'exprimer sans lui. On peut rencontrer une analyse de cette fonction dans des &#233;tudes d'anthropologues qui tentent de comprendre les diff&#233;rences entre les soci&#233;t&#233;s sans et avec &#233;crit. Qu'on se rassure, il n'est pas question d'utiliser le m&#234;me crit&#232;re pour distinguer des soci&#233;t&#233;s &#171; &lt;i&gt;dou&#233;es&lt;/i&gt; &#187; de pens&#233;e de celles qui en seraient d&#233;pourvues (?), controverse qui ne manque jamais de s'ouvrir autour de la d&#233;fense et l'illustration de l'oral, lorsqu'on cerne plus sp&#233;cifiquement la sp&#233;cificit&#233; de l'&#233;crit. C'est bien de formes de pens&#233;e et non d'existence de la pens&#233;e qu'il est question ici. Tout le monde s'accordera, ne serait-ce qu'en psychologie avec Wallon et Piaget, sur l'origine de la pens&#233;e dans l'acte qui transforme le r&#233;el. &#201;coutons Buhler&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BUHLER cit&#233; par VYGOTSKI in Pens&#233;e et langage, p.126, Paris, Les &#201;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; &lt;i&gt;On a dit qu'au commencement du devenir humain, il y a le langage ; c'est possible, mais avant lui encore il y a la pens&#233;e instrumentale, c'est-&#224;-dire celle qui saisit les connexions m&#233;caniques et invente des moyens m&#233;caniques appropri&#233;s &#224; des fins m&#233;caniques, pour le dire bri&#232;vement : avant le langage, il y a l'action pourvue d'un sens subjectif, ce qui revient &#224; dire pourvue d'un but conscient.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis Henri Wallon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;WALLON Henri, De l'acte &#224; la pens&#233;e, Paris, Flammarion, 1978.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; &lt;i&gt;Mais un geste modifie, en m&#234;me temps que le milieu, celui qui le fait, et c'est celle-ci la modification qui est le plus imm&#233;diatement saisie. [...] La repr&#233;sentation n'a pas &#233;t&#233; une sorte de luxe vis-&#224;-vis du r&#233;el, une simple conscience contemplative du monde. Elle a &#233;t&#233; comme un prototype volontariste des choses. Les choses, telles qu'il fallait qu'elles existent, telles qu'elles devaient &#234;tre modifi&#233;es pour les besoins collectifs et par la volont&#233; du groupe. Le prototype n'en est donc pas le simple d&#233;calque, il en est comme la raison vivante. [...] La repr&#233;sentation commence par se r&#233;f&#233;rer non pas au g&#233;n&#233;ral mais au g&#233;n&#233;rique. Elle n'est pas une abstraction qui conviendrait &#224; une s&#233;rie d'objets d&#233;pouill&#233;s de leurs caract&#232;res strictement individuels. Elle est une existence en puissance, c'est- &#224;-dire le contraire d'une abstraction. [...] Images et concepts s'impliquent mutuellement. Ils sont en puissance l'un dans l'autre. Le va-et-vient de la pens&#233;e entre les deux n'est pas un v&#233;ritable d&#233;placement, c'est une s&#233;rie d'orientations compl&#233;mentaires. Le c&#244;t&#233; image, c'est l'appui de la pens&#233;e sur l'aspect sensoriel ou mat&#233;riel des choses. Le c&#244;t&#233; concept, l'appui du sensoriel sur le principe des choses, sur ce qui d&#233;passe leur apparence momentan&#233;e et les fait exister. Encore ici, c'est le g&#233;n&#233;rique qui m&#232;ne au g&#233;n&#233;ral. [...] Le mot commence par &#234;tre une r&#233;alit&#233;, parce qu'il est un acte qui prend l'empreinte des choses et leur donne la sienne, &#224; l'&#233;gal du geste qui modifie les choses et se modifie &#224; leur contact. Il est aussi indispensable &#224; l'activit&#233; mentale que la chose, il n 'a pas une moindre r&#233;alit&#233; qu'elle. N'y voir que le symbole de la chose, c'est encore op&#233;rer une dissection qui prive l'activit&#233; mentale de sa v&#233;ritable vie. Le mot, comme le geste, peut avoir un double but : provoquer une modification du monde ext&#233;rieur en y suscitant une action ; faire retentir en soi le monde ext&#233;rieur par une sorte de mim&#233;tisme plastique. [...] Entre l'acte et la pens&#233;e, l'&#233;volution s'explique simultan&#233;ment par l'oppos&#233; et par le m&#234;me.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pens&#233;e est travaill&#233;e de mani&#232;re sp&#233;cifique par le langage oral et le dialogue qu'il &#233;tablit, la possibilit&#233; qu'il ouvre de reconstituer et de questionner l'&#233;v&#233;nement, de le mettre &#224; distance, de le &#171; &lt;i&gt;relativiser&lt;/i&gt; &#187;, en fonction de points de vue diff&#233;rents. L'&#233;change oral et le dialogue direct d&#233;tachent la pens&#233;e de l'acte qui lui donne existence et en fait un objet autonome qui en retour cr&#233;e l'identit&#233; du sujet ; comme le note Bakhtine : &#171; &lt;i&gt;Je ne deviens conscient de moi, je ne deviens moi-m&#234;me qu'en me r&#233;v&#233;lant pour autrui, &#224; travers autrui et &#224; l'aide d'autrui. Les actes les plus importants, constitutifs de la conscience de soi se d&#233;terminent par le rapport &#224; une autre conscience (&#224; un &#171; tu &#187;).&lt;/i&gt; &#187; Mais cet objet garde certaines des caract&#233;ristiques des param&#232;tres de production de l'action. En particulier, cette n&#233;cessaire soumission &#224; la dur&#233;e, &#224; la succession et &#224; l'instant qui donne une existence &#233;ph&#233;m&#232;re &#224; une pens&#233;e produite pour &#234;tre perp&#233;tuellement remise en cause par le mot qui n'existe pas encore. Le dialogue et la confrontation arrachent la pens&#233;e &#224; l'action, la font exister et dispara&#238;tre dans le m&#234;me moment, lui garantissent les conditions de son invention permanente, de son autonomie. C'est quelque chose en train de se faire qui n'existe jamais en entier, qui ne se rencontre qu'&#224; travers l'infime partie qui passe dans l'instant o&#249; les mots lui donnent une r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crit impose d'autres contraintes et donc permet d'autres op&#233;rations. &#171; &lt;i&gt;Le discours &#233;crit&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Bourdieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BOURDIEU Pierre, Choses dites, Paris, Les &#201;ditions de Minuit, 1987.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;i&gt;est un produit &#233;trange qui s'invente dans la confrontation pure entre celui qui &#233;crit et &#171; ce qu'il a &#224; dire &#187; en dehors de toute exp&#233;rience directe d'une relation sociale, en dehors aussi des contraintes et des sollicitations d'une demande imm&#233;diatement per&#231;ue qui se manifeste par toutes sortes de signes de r&#233;sistance et d'approbation.&lt;/i&gt; &#187; A la diff&#233;rence de l'oral, l'&#233;crit ne s'&#233;change pas dans l'instant &#233;ph&#233;m&#232;re du temps mais dans la permanence de l'espace. Tout est donn&#233; en une fois donc tout doit &#234;tre con&#231;u pour &#234;tre re&#231;u en une fois. Pour mieux dire, si ce qui s'&#233;crit dans l'instant met en question ce qui pr&#233;c&#232;de, alors ce qui pr&#233;c&#232;de doit &#234;tre transform&#233; pour r&#233;tablir une coh&#233;rence. L'&#233;crit n'est pas le lieu de la pens&#233;e qui se cr&#233;e mais de la pens&#233;e qui s'&#233;prouve elle-m&#234;me dans son unit&#233;. Et cette diff&#233;rence na&#238;t des contraintes m&#234;mes de l'outil dans ce qu'il a de plus mat&#233;riel : l'oral est donn&#233; dans le temps, l'&#233;crit dans l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA RAISON GRAPHIQUE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jack Goody tente de rendre compte de cette r&#233;alit&#233; et de ses cons&#233;quences sur la mani&#232;re de penser dans un ouvrage paru en 1979 aux Editions de Minuit : &lt;i&gt;La Raison graphique&lt;/i&gt;, dont le sous-titre est clair : &#171; &lt;i&gt;La domestication de la pens&#233;e sauvage&lt;/i&gt; &#187; ou l'analyse du r&#244;le de l'&#233;criture dans la transformation des processus de connaissance. La perspective choisie a pour effet d'obliger &#224; resituer la pratique de notation du langage parl&#233; dans l'ensemble des pratiques graphiques, d&#233;veloppant ainsi la piste ouverte par Leroi-Gourhan : &#171; &lt;i&gt;Le graphisme d&#233;bute non pas dans la repr&#233;sentation na&#239;ve du r&#233;el mais dans l'abstrait.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'emprunte ici quelques passages &#224; l'introduction que Jean Bazin et Alban Bensa font &#224; l'ouvrage qu'ils ont traduit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il doit y avoir au-del&#224; de la vari&#233;t&#233; des syst&#232;mes d'&#233;criture et des conditions sociales de leur utilisation : une certaine sp&#233;cificit&#233; de la pens&#233;e &#233;crite, du savoir graphique. (...) Pour avoir chance de la saisir et de la d&#233;finir, il faut renoncer &#224; ne voir ans l'&#233;criture qu'un doublet visuel, qu'un corr&#233;lat objectif, qu'une &#171; repr&#233;sentation &#187; de la parole, comme le veut la tradition saussurienne. [...] Jacques Derrida a montr&#233; que la science du langage est, d&#232;s ses premiers pas, &#233;troitement solidaire d'un &#171; phonologisme &#187; et d'un &#171; logocentrisme &#187; h&#233;rit&#233;s de la m&#233;taphysique occidentale, comme &#171; si l'&#233;criture commen&#231;ait, et finissait avec la notation &#187;. Il faut au contraire consid&#233;rer l'&#233;criture comme accroissement des possibilit&#233;s de manipulation du sens, comme outil indispensable &#224; cet exercice de rumination constructive &#187;. [...] C'est pr&#233;cis&#233;ment cette &#171; ext&#233;riorit&#233; &#187; du texte &#233;crit qu'il convient de relier &#224; l'av&#232;nement de ces modes de pens&#233;e &#171; rationnels &#187; abstraits et scientifiques. [...] L'&#233;criture lib&#232;re des contraintes propres &#224; l'&#233;nonciation orale qui est toujours un acte circonstanciel interpersonnel et non strictement reproductible. [...] L'&#233;criture est la possibilit&#233; du jeu de l'intellect sur la langue parce qu'elle est d'abord un dispositif spatial de triage de l'information (fiches, index, tableaux diagrammes...) : ce qui appara&#238;t comme un simple enregistrement est en r&#233;alit&#233; une mani&#232;re d'extraire les donn&#233;es des situations r&#233;elles dans lesquelles elles se sont manifest&#233;es, d&#233; faire subir un changement de statut &#224; la pratique et &#224; ses produits. [...] Un permettant d'ordonner, d'assembler, de&lt;br class='autobr' /&gt;
reconstruire apr&#232;s coup ce qui dans la pratique est disparate et fragmentaire, l'analyse graphique a pour effet d'engendrer l'illusion d'une coh&#233;rence formelle parfaite. (...) C'est de l'activit&#233; de syst&#233;matisation (&#233;limination des contradictions et des ambigu&#239;t&#233;s, classification stricte, pr&#233;sentation hypoth&#233;tico-d&#233;duclive...) que naissent les effets proprement id&#233;ologiques &#8212; travail qui consiste &#224; engendrer des syst&#232;mes &#224; partir des repr&#233;sentations et des cat&#233;gories de la pratique (Marx).&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du texte de Goody, quelques phrases pour donner envie de le lire en entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les &#233;nonc&#233;s, parce qu'ils sont mat&#233;rialis&#233;s sous forme &#233;crite, peuvent d&#233;sormais &#234;tre examin&#233;s, manipul&#233;s et r&#233;ordonn&#233;s de fa&#231;on tr&#232;s diverse. La s&#233;miotique de l'&#233;crit n'est pas un redoublement mat&#233;riel de la s&#233;miotique du parl&#233;. L'&#233;criture assure le passage du domaine auditif au domaine visuel, les &#233;l&#233;ments apparaissent dans un contexte tr&#232;s diff&#233;rent, hautement abstrait : c'est une d&#233;contextualisalion. [...] La parole qui est &#224; sens unique c&#232;de la place aux syst&#232;mes graphiques qui autorisent une circulation dans les deux sens. Saussure insistait sur la lin&#233;arit&#233; du langage parl&#233; (&#171; le signifiant &#233;tant de nature auditive, se d&#233;roule dans le temps seul &#187;), ce qui le conduit &#224; ignorer l'usage sp&#233;cifique que cr&#233;e la dimension spatiale et visuelle de l'&#233;crit pour &#233;chapper aux contraintes de la succession temporelle. [...] Le corps-&#224;-corps avec les mots a une tout autre allure quand les mots sont l&#224;, physiquement, sur la page devant moi, que je peux faire des ratures, des d&#233;placements, des substitutions, que je peux me livrer sur eux &#224; un travail de m&#233;ditation et de r&#233;flexion. Et cette attitude de r&#233;flexion en vient aussi &#224; s'imposer &#224; la composition orale elle-m&#234;me. [...] L'&#233;criture mus donne une sorte de libert&#233; d'expression par rapport &#224; vos propres pens&#233;es. Il est difficile de stocker la pens&#233;e, en raison de son caract&#232;re fugitif, pour la restituer ult&#233;rieurement. L'&#233;criture nous donne justement l'occasion de nous livrer &#224; ce genre de monologue que la conversation si souvent emp&#234;che. Elle permet &#224; l'individu d'exprimer ses pens&#233;es en long et en large, sans interruption, d'y apporter corrections et ratures, de rechercher la formule ad&#233;quate. Apr&#232;s la notation initiale, c'est l'examen visuel qui permet la r&#233;vision du texte et son &#233;ventuelle reformulation. Il faut mesurer ce que nous devons &#224; l'&#233;criture du point de vue de la connaissance de ce que nous pouvons faire de notre esprit et de ce que notre esprit peut faire de nous. Je voudrai en particulier insister sur l'importance de cet aspect interne de la communication dans &#161;'&#233;lucidation de nos propres pens&#233;es. [...] Dans des conditions sociales et technologiques qui peuvent varier, l'&#233;criture favorise des formes sp&#233;ciales d'activit&#233; linguistique et d&#233;veloppe certaines mani&#232;res de poser et de r&#233;soudre les probl&#232;mes. [...] Si on accepte de parler d'une &#171; pens&#233;e sauvage &#187;, la liste, la formule et le tableau furent les instruments de sa domestication.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#224; propos de la formule] : &lt;i&gt;C'est l'existence d'un syst&#232;me de notation tr&#232;s &#233;loign&#233; de la parole qui rend possible la pens&#233;e et les op&#233;rations math&#233;matiques... Il est clair que l'invention d'un syst&#232;me de notation est une condition n&#233;cessaire de ce genre de proc&#233;dures hautement abstraites, d&#233;contextualis&#233;es et arbitraires repr&#233;sent&#233;es typiquement par la formule, lui formule (cf. le passage de la formule &#224; la formalisation) suppose une manipulation dans l'espace, la parole seule en est incapable, l'&#233;criture le peut. Sa dimension spatiale et visuelle permet le d&#233;veloppement de ce genre de manipulation. [...] &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#224; propos des listes de convives, des registres, menus, recettes comme des plans d'organisation de l'action, prescriptions, exp&#233;rimentations, anticipations de l'action...] : &lt;i&gt;J'accorde plus d'importance an tableau et &#224; la liste, lui liste est en relation directe et &#233;troite avec les processus cognitifs. En effet faire ce genre de liste rel&#232;ve de ce processus plus g&#233;n&#233;ral qu 'est la planification de l'action, puis d'op&#233;rer (en communiquant ces plans) des transactions portant sur ces produits de la pens&#233;e symbolique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers ces citations ressort clairement l'id&#233;e que si la pens&#233;e existe authentiquement au niveau de l'action et prend son autonomie &#224; travers le langage oral, elle change de nature gr&#226;ce au langage &#233;crit : pour la premi&#232;re fois, elle existe sous la forme d'un objet permanent que la pens&#233;e peut prendre &#224; nouveau comme sujet d'investigation. D&#232;s lors, parce qu'elle n'est plus en train de se faire, elle peut &#234;tre examin&#233;e sous l'angle de sa coh&#233;sion, de sa coh&#233;rence, de son unit&#233;, de son fonctionnement, de son pouvoir de syst&#233;matisation, de sa fonction id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ECRIT&lt;/strong&gt;, c'est alors l'outil de la pens&#233;e r&#233;flexive. En cela m&#234;me qu'il rend possible une pens&#233;e sur la pens&#233;e, il est tout autre chose qu'une transcription de l'oral, lequel, de par son &#233;vanescence, permet d'appliquer la pens&#233;e &#224; l'action dont tout part. Apprendre &#224; lire et &#224; &#233;crire, c'est rencontrer l'usage d'une fonction de second degr&#233;. L'&#233;crit est ainsi le langage de l'abstraction et de la pens&#233;e th&#233;orique si on donne &#224; ce mot son sens originel. La &#171; &lt;i&gt;th&#233;orie&lt;/i&gt; &#187; est, on le sait, le discours du &#171; &lt;i&gt;theoros&lt;/i&gt; &#187;, personnage charg&#233; d'observer certains &#233;v&#233;nements ext&#233;rieurs pour en rapporter le cours aux habitants de la cit&#233; grecque. On imagine le &lt;i&gt;theoros&lt;/i&gt; se rendant sur les lieux de l'action, pr&#233;occup&#233; du choix du meilleur lieu o&#249; se placer... Sur quelle hauteur se mettra-t-il pour tout voir et tout comprendre... ? Quel point de vue adoptera-t-il pour que tout entre en perspective et trouve une coh&#233;rence... ? La th&#233;orie, le discours du &lt;i&gt;theoros&lt;/i&gt;, c'est alors ce qu'on rapporte avec soi (com-prend) en fonction du point de vue choisi, ce qui met de l'ordre dans ce qui ne serait sans cela qu'une juxtaposition d'&#233;l&#233;ments conjoncturels o&#249; s'&#233;puise le sens. Et le citoyen grec &#233;coutant cette th&#233;orie, la comparant &#224; sa propre exp&#233;rience ou au discours d'autres &lt;i&gt;theoros&lt;/i&gt;, s'interroge bient&#244;t, moins sur l'&#233;v&#233;nement objet (pr&#233;texte) du propos que sur l'endroit o&#249; l'auteur a choisi de se mettre pour avoir vu les choses ainsi ; et de l&#224;, sur les raisons de ce choix...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ECRITURE&lt;/strong&gt; est ainsi le moyen de construire un point de vue, une vision du monde, de replacer chaque fait dans un ensemble simultan&#233;ment pr&#233;sent, d'&#233;tablir un syst&#232;me, donc de donner un sens aux choses, de dire LE sens. Non de repr&#233;senter mais de pr&#233;senter, non un pl&#233;onasme de la r&#233;alit&#233; mais son traitement, son interpr&#233;tation par le recours &#224; un instrument dont la nature impose des contraintes propres et oblige &#224; des op&#233;rations sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA LECTURE&lt;/strong&gt; est alors ce qui va &#224; la recherche du point de vue, qui pousse &#224; son questionnement, &#224; l'investigation des moyens qui ont permis de l'&#233;laborer, &#224; la confrontation avec ses propres points de vue, &#224; son rapport &#224; l'outil qui permet de les &#233;laborer. Ainsi s'entend le propos de Vygotski&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;VYGOTSKI, Pens&#233;e et langage, Les &#201;ditions Sociales, 1985.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; &lt;i&gt;La recherche montre que dans les traits essentiels de son d&#233;veloppement le langage &#233;crit ne reproduit nullement l'histoire du langage oral, que la ressemblance entre les deux processus porte plus sur l'apparence ext&#233;rieure que sur le fond. Le langage &#233;crit n'est pas non plus la simple traduction du langage oral en signes graphiques et sa ma&#238;trise n'est pas la simple assimilation de la technique de l'&#233;criture. [...] Le langage &#233;crit est une fonction verbale tout &#224; fait particuli&#232;re qui, dans sa structure et son mode de fonctionnement, ne se distingue pas moins du langage oral que le langage int&#233;rieur ne se distingue du langage ext&#233;rioris&#233;. Comme le montre la recherche, son d&#233;veloppement, f&#251;t-ce minime, exige un haut niveau d'abstraction. C'est le langage sans l'intonation, sans l'expression, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale sans tout son aspect sonore. C.'est un langage dans la pens&#233;e, dans la repr&#233;sentation, mais plac&#233; du trait le plus essentiel du langage oral - le son mat&#233;riel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;l&#233;ment &#224; lui seul modifie compl&#232;tement l'ensemble des conditions psychiques qui s'&#233;taient cr&#233;&#233;es pour le langage oral. L'enfant &#224; cet &#226;ge a d&#233;j&#224; atteint &#224; l'aide du langage sonore un certain niveau, assez &#233;lev&#233;, d'abstraction par rapport au monde concret. Il se trouve maintenant devant un probl&#232;me nouveau : il doit faire abstraction de l'aspect sensible du langage lui-m&#234;me, il doit passer au langage abstrait, au langage qui utilise non les mots mais les repr&#233;sentations des mots. Sous ce rapport, le langage &#233;crit se distingue du langage oral tout comme la pens&#233;e abstraite se distingue de la pens&#233;e concr&#232;te. Ce seul fait suffit &#224; expliquer qu'il ne puisse &#233;videmment reproduire les &#233;tapes du d&#233;veloppement du langage oral ni correspondre au niveau de d&#233;veloppement de celui-ci. Comme le montrent les recherches, ce caract&#232;re abstrait du langage &#233;crit, le fait que ce langage est seulement pens&#233; et non prononc&#233; repr&#233;sente justement l'une des plus grandes difficult&#233;s que rencontre l'enfant dans le processus de ma&#238;trise de l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le langage &#233;crit, nous apprend ensuite la recherche, est plus abstrait que le langage oral sous un autre rapport encore. C'est un discours sans interlocuteur : situation verbale tout &#224; fait inhabituelle pour l'enfant. Le langage &#233;crit implique une situation dans laquelle celui &#224; qui est adress&#233; le discours soit est totalement absent, soit ne se trouve pas en contact avec celui qui &#233;crit. C'est un discours-monologue, une conversation arec la feuille blanche, avec un interlocuteur imaginaire ou seulement figur&#233;, alors que la situation du langage oral est toujours celle de la conversation, lu langage &#233;crit implique une situation qui exige de l'enfant une double abstraction : celle de l'aspect sonore du langage et celle de l'interlocuteur ; lui recherche montre que c'est l&#224; la seconde difficult&#233; majeure que rencontre l'&#233;colier pour ma&#238;triser le langage &#233;crit. Il va de soi que le langage, priv&#233; de sa sonorit&#233; r&#233;elle, qui est seulement imagin&#233; et pens&#233; et n&#233;cessite une symbolisation des symboles sonores &#8212; c'est-&#224;-dire une symbolisation au second degr&#233; &#8212; doit &#234;tre plus difficile pour l'enfant que le langage oral, tout comme l'alg&#232;bre est plus difficile que l'arithm&#233;tique. Le langage &#233;crit est pr&#233;cis&#233;ment l'alg&#232;bre du langage. Et, de m&#234;me que l'assimilation de l'alg&#232;bre n'est pas une r&#233;p&#233;tition de l'&#233;tude de l'arithm&#233;tique mais repr&#233;sente un plan nouveau et sup&#233;rieur du d&#233;veloppement de la pens&#233;e math&#233;matique abstraite, laquelle r&#233;organise et &#233;l&#232;ve &#224; un niveau sup&#233;rieur la pens&#233;e arithm&#233;tique qui s'est &#233;labor&#233;e ant&#233;rieurement, de m&#234;me l'alg&#232;bre du langage &#8212; le langage &#233;crit &#8212; permet &#224; l'enfant d'acc&#233;der au plan abstrait le plus &#233;lev&#233; du langage, r&#233;organisant par l&#224;-m&#234;me aussi le syst&#232;me psychique ant&#233;rieur du langage oral.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;finition du langage &#233;crit (&lt;i&gt;un processus tout autre que le langage oral quant &#224; la nature psychique des fonctions qui le constituent... l'alg&#232;bre du langage, la forme la plus difficile et la plus complexe de l'activit&#233; verbale intentionnelle et consciente&lt;/i&gt;) peut sembler ambitieuse et bien &#233;loign&#233;e de la r&#233;alit&#233; et des possibilit&#233;s d'un enfant de six ans, comme elle l'est, de fait &#233;galement pour une majorit&#233; d'adultes des pays industrialis&#233;s. Ce qu'il faut comprendre, c'est que l'&#233;crit est cela et n'a pas d'autre n&#233;cessit&#233; comme moyen de communiquer, d'exprimer ou de rencontrer si ce n'est pr&#233;cis&#233;ment de communiquer, d'exprimer et de rencontrer la sp&#233;cificit&#233; qu'il permet seul d'&#233;laborer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais apr&#232;s tout, pourquoi toutes ces pr&#233;cautions ? Oui, l'&#233;crit est le langage n&#233;cessaire &#224; des op&#233;rations intellectuelles pr&#233;cises. Oui, apprendre &#224; le manier, donc &#224; lire et &#224; &#233;crire, c'est entrer dans l'usage de ces fonctions. Oui, c'est difficile, oui, c'est autre chose que ce que l'&#233;cole a enseign&#233; pendant longtemps, quand la soci&#233;t&#233; avait seulement besoin que le plus grand nombre de travailleurs, afin de produire et consommer &#224; la cha&#238;ne, accrochent leur cerveau au vestiaire. Oui, il faut que tout le monde s'y mette car, comme le disait un instituteur : &#171; &lt;i&gt;maintenant, il ne suffit plus de leur apprendre &#224; lire, il faut aussi qu'ils comprennent...&lt;/i&gt; &#187;. Et ce n'est pas simple que tout le monde s'y mette sans se d&#233;savouer, d'autant plus que le champ de la lecture est lui-m&#234;me un enjeu contradictoire o&#249; il n'est pas facile de rep&#233;rer ce qui d&#233;termine les engagements de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;QUELLES CONDITIONS POUR APPRENDRE CETTE ALG&#200;BRE ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;[...] Toutefois, si pour des &#233;ducateurs conqu&#233;rants l'&#233;crit devient directement un outil de pens&#233;e &#8212; et non d'abord le substitut d'une communication orale &#8212; il appartient aujourd'hui encore &#224; la panoplie des privil&#233;gi&#233;s &#224; qui les dominants ont donn&#233; mission d'accomplir ce travail afin de bien r&#233;v&#233;ler &#171; le &#187; sens du monde : dans l'histoire, une infime minorit&#233;, des clercs, des intellectuels regroup&#233;s autour des pouvoirs qui les s&#233;lectionnent &#8212; ou des contre-pouvoirs qui les contestent. Il est facile d'observer notamment comment, tr&#232;s rapidement mais de mani&#232;re &#233;vidente, d&#232;s la fin du XVIIe si&#232;cle, la mont&#233;e &#233;conomique de la bourgeoisie a int&#233;gr&#233; l'imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; de ma&#238;triser l'&#233;crit, moins individuellement pour compter et signer des actes de commerce &#8212; ce que les employ&#233;s font de mieux en mieux &#224; sa solde &#8212; que, selon la belle expression de Fran&#231;oise Parent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PARENT Fran&#231;oise, Les Cabinets de lecture, la lecture publique &#224; Paris en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; &lt;i&gt;pour s'affirmer, pour se nommer, pour explorer sa situation et r&#233;pondre au discours tenu sur elle, pour transformer &#161;'&#233;crit en instrument de sa lutte afin de prendre pied dans la responsabilit&#233; et le pouvoir&lt;/i&gt; &#187;. Il ne s'agit pas alors de partager la lecture existante mais de la r&#233;volutionner, d'en faire une lecture de la remise en cause. L'enjeu est bien dans cette n&#233;cessit&#233;, apprendre &#224; d&#233;couvrir, derri&#232;re l'apparence et le conjoncturel, du permanent, du structurel et de la loi et garantir l'exercice de cette arme &#224; tous les acteurs des luttes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'&#233;crit joue ce r&#244;le central &#224; la fois comme instrument d'investigation et de construction th&#233;orique et comme moyen d'imposition et de domination. Il faudrait ici le temps de montrer en quoi ce rapport &#224; l'&#233;crit distingue bien la bourgeoisie de la classe qu'elle a combattue, elle qui refusait de fonder sa domination sur la naissance, elle qui affirme encore que ce qu'elle repr&#233;sente est universel, elle qui devient une classe en refusant d'&#234;tre une caste mais qui masque le principe de sa domination en affirmant l'&#233;galit&#233; de ce &#224; quoi chacun peut pr&#233;tendre par son m&#233;rite. Il faudrait montrer en quoi cet usage a donn&#233; &#224; l'&#233;crit les fonctions et les formes qu'on lui conna&#238;t aujourd'hui, y compris litt&#233;raires, au point d'appara&#238;tre comme la seule forme possible d'usage de l'&#233;criture et de la lecture. Montrer &#233;galement comment le mouvement ouvrier dans son propre combat contre la bourgeoisie a choisi de s'emparer lui aussi de cet instrument pour penser ses luttes et comment ce projet a suffisamment inqui&#233;t&#233; pour que la bourgeoisie, dans le but explicite de &#171; &lt;i&gt;mettre fin &#224; l'&#232;re des r&#233;volutions&lt;/i&gt; &#187;, s'est attaqu&#233;e &#171; &lt;i&gt;&#224; l'autodidaxie, &#224; toutes ces pratiques &#233;ducatives directes et mutuelles qui ne supposent pas l'&#233;cole, son ordre hi&#233;rarchique et son &#233;chelle de valeur&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PLENEL Edwy, L'&#201;tat de l'&#233;cole en France, Paris, Payot, 1985.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et s'est proclam&#233;e &#171; &lt;i&gt;l'&#233;ducateur&lt;/i&gt; &#187; du peuple, r&#233;alisant ce que Robespierre d&#233;non&#231;ait d&#233;j&#224; un si&#232;cle auparavant : &#171; &lt;i&gt;Le sort du peuple est &#224; plaindre quand il est endoctrin&#233; pr&#233;cis&#233;ment par ceux qui ont int&#233;r&#234;t &#224; le tromper et se constituent ses pr&#233;cepteurs. C'est comme si un homme d'affaires &#233;tait charg&#233; d'apprendre l'arithm&#233;tique &#224; ceux qui doivent v&#233;rifier ses comptes.&lt;/i&gt; &#187; Montrer enfin de quelle mani&#232;re a &#233;t&#233; impos&#233; par l'&#233;cole cet &#233;quilibre entre la fabrication d'une population ais&#233;ment manipulable par de l'&#233;crit standardis&#233; et d'une minorit&#233; contr&#244;l&#233;e productrice de ce qui doit faire loi : ce partage calcul&#233; entre la multitude alphab&#233;tis&#233;e et une &#233;lite auto-d&#233;cr&#233;t&#233;e lettr&#233;e, partage masqu&#233; sous la m&#234;me appellation de lecture pour des savoir-faire et des &lt;i&gt;mani&#232;res d'&#234;tre&lt;/i&gt; totalement oppos&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1860, sans &#234;tre jamais pass&#233;s &#224; l'&#233;cole, 80 % des ouvriers parisiens (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. [...]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LES OBSTACLES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; de la lecture n'est pas dans l'acquisition technique d'un syst&#232;me de notation. Elle est dans l'&#233;loignement du plus grand nombre du statut qui appelle le traitement de l'exp&#233;rience quotidienne par une technologie sp&#233;cifique de l'intellect. Que fait-on aux individus, enfant ou adulte, ouvrier ou professeur, analphab&#232;te ou alphab&#233;tis&#233; v&#233;loce, pour qu'ils soient &#224; ce point r&#233;sign&#233;s &#224; ce que les choses soient comme elles sont et persuad&#233;s qu'elles ne sauraient &#234;tre autrement, qu'il n'y a rien &#224; comprendre, rien &#224; changer, rien &#224; faire jaillir de diff&#233;rent, rien de plus &#224; aller chercher de l'autre c&#244;t&#233; du miroir pour que le monde se transforme ? &#171; &lt;i&gt;L'acte de lecture&lt;/i&gt;, dit Robert Escarpit, &lt;i&gt;sa motivation est presque toujours une insatisfaction, un d&#233;s&#233;quilibre entre le lecteur et son milieu, que ce d&#233;s&#233;quilibre soit d&#251; &#224; des causes inh&#233;rentes &#224; la nature humaine (bri&#232;vet&#233;, fragilit&#233; de l'existence), au heurt des individus (amour, haine, piti&#233;) ou aux structures sociales (oppression, mis&#232;re, peur de l'avenir, ennui). En un mot, il est un recours contre l'absurdit&#233; de la condition humaine. Un peuple heureux n 'aurait peut-&#234;tre pas d'histoire, mais il n'aurait certainement pas de litt&#233;rature car il n'&#233;prouverait pas le d&#233;sir de lire&lt;/i&gt;... &#187; Ajoutons qu'un peuple maintenu dans l'impuissance et la r&#233;signation, en &#233;prouve encore moins ! Est dans l'impuissance celui pour qui tout &#233;v&#233;nement s'explique par le hasard des conjonctures. Est dans la r&#233;signation celui que les dominants ont convaincu que le n&#233;cessaire &#233;tait fait et que son malheur &#233;tait inh&#233;rent &#224; la force des choses ! Vaincu serait plus exact, vaincu par, selon Bourdieu, &#171; &lt;i&gt;celle forme de violence qui s'exerce sur un agent social arec sa complicit&#233;. [...] Pour dire cela plus rigoureusement, les agents sociaux sont des agents connaissants qui, m&#234;me quand ils sont soumis &#224; des d&#233;terminismes, contribuent &#224; produire l'efficacit&#233; de ce qui les d&#233;termine dans la mesure o&#249; ils structurent ce qui les d&#233;termine. El c'est presque toujours dans les ajustements entre les d&#233;terminants et les cat&#233;gories de perception qui les constituent comme tels que l'effet de domination surgit&lt;/i&gt;. Mais, poursuit-il, &#171; les intellectuels sont sans doute parmi les plus mal plac&#233;s pour prendre conscience de la violence symbolique (notamment celle qu'exerce le syst&#232;me scolaire) parce qu'ils l'ont eux-m&#234;mes subie plus intens&#233;ment que la moyenne des gens et parce qu'ils continuent &#224; contribuer &#224; son exercice. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BOURDIEU Pierre, R&#233;ponses, Paris, &#201;d. Du Seuil, 1992&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Violence sociale dite d&#233;j&#224; par Aragon :&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'en ai tant vu qui s'en all&#232;rent&lt;br&gt;
Ils ne demandaient que du feu&lt;br&gt;
Ils se contentaient de si peu&lt;br&gt;
Ils avaient si peu de col&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le non-lecteur est l&#224;, du c&#244;t&#233; de cette aptitude transfus&#233;e &#224; se r&#233;signer, du c&#244;t&#233; de cet &#224; quoi bon, de ce renoncement. Etre lecteur (mais y en a-t-il aujourd'hui autant que de consommateurs d'&#233;crit ?), c'est le contraire de la fuite et de l'&#233;vasion, de l'h&#233;donisme ou de l'acte gratuit. Du reste, serions-nous l&#224; &#224; &#233;changer de part et d'autre de ce livre s'il s'agissait de convertir les milieux populaires &#224; des &#233;mois ou des loisirs de professeurs, de racoler quelques clients suppl&#233;mentaires pour un &#233;diteur ou de faire miroiter la cl&#233; de la r&#233;ussite scolaire &#224; quelque Rastignac de Zone d'Education Prioritaire ? Non, l'enjeu est tout autre, on le pressent, &#224; l'&#233;chelle de l'individu comme de la collectivit&#233; : la bataille pour la lecture a partie li&#233;e avec la d&#233;mocratie et l'&#233;galit&#233;, la justice et la libert&#233;, avec l'ambition d'une promotion collective et avec de grands mots qu'on a quelque timidit&#233; &#224; associer encore &#224; l'entreprise &#233;ducative, sinon d&#233;j&#224; quelque ridicule... Ce qui caract&#233;rise le &#171; &lt;i&gt;pas encore lecteur&lt;/i&gt; &#187;, qu'il soit enfant ou adulte, c'est d'avoir &#233;t&#233; jusque l&#224; tenu &#224; l'&#233;cart de ce que l'&#233;crit est seul &#224; pouvoir approcher derri&#232;re la profondeur des engagements. Le pas ou peu lecteur sera tenu &#224; l'&#233;cart de cette urgence le temps qu'on lui enseigne les &#171; &lt;i&gt;m&#233;canismes de base&lt;/i&gt; &#187;. Il n'a gu&#232;re de risque de l'&#233;prouver en d&#233;couvrant sous l'image de son manuel que &#171; &lt;i&gt;papa sort l'auto rouge du garage&lt;/i&gt; &#187;, que &#171; &lt;i&gt;Aline est dans le pr&#233;&lt;/i&gt; &#187; et que &#171; &lt;i&gt;Madani va &#224; Paris&lt;/i&gt; &#187;. Car rien de tout cela n'est de l'&#233;crit, rien ici qui aide &#224; explorer l'exp&#233;rience pour en repousser les contraintes. Cette absence d'&#233;crit dans le pourtant inscrit n'offre rien &#224; lire, donc rien pour apprendre &#224; lire. Mais alors quand et comment apprendra-t-on ? Avant, pendant, apr&#232;s, jamais ? Est-il respectueux d'imaginer qu'un enfant pourrait exercer de la raison graphique au vu de pareilles insignifiances ? Il y faut d'autres enjeux, d'autres ambitions, d'autres urgences, d'autres ferveurs ! Et ne s'y essaieront que ceux qui ont au moins l'intuition dans leur environnement de ce pouvoir qu'a l'&#233;crit de transformer la vie d&#232;s lors que le monde est l&#224;, neuf et plein de ses myst&#232;res, de ses r&#233;sistances, de ses charmes et de ses limites... Comment le syst&#232;me &#233;ducatif s'assure-t-il des conditions d'existence et d'exercice d'un tel statut engag&#233; d&#232;s le plus jeune &#226;ge et pour tous les enfants ?&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;right&gt;&#171; Il est aussi vain&lt;br&gt;
d'&#233;crire sp&#233;cialement pour&lt;br&gt;
le peuple que pour les&lt;br&gt;
enfants. Ce qui f&#233;conde&lt;br&gt;
un enfant, ce n'est pas&lt;br&gt;
un livre d'enfantillages. &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;Marcel PROUST, &lt;i&gt;Contre Sainte-Beuve&lt;/i&gt;, posth., 1954&lt;/div&gt;
&lt;/right&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_211 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al133_p48.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 258.9 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783629978' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Du c&#244;t&#233; de l'&#233;crit &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;PENNAC Daniel, &lt;i&gt;Comme un roman&lt;/i&gt;, Gallimard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BOBIN Christian, &lt;i&gt;Une petite robe de f&#234;te&lt;/i&gt;, Gallimard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A.L. n&#176;26, AFL.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;in &lt;i&gt;La notion de pacte&lt;/i&gt;, AL n&#176;11, AFL.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BUHLER cit&#233; par VYGOTSKI in &lt;i&gt;Pens&#233;e et langage&lt;/i&gt;, p.126, Paris, Les &#201;ditions Sociales, 1985.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;WALLON Henri, &lt;i&gt;De l'acte &#224; la pens&#233;e&lt;/i&gt;, Paris, Flammarion, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BOURDIEU Pierre, &lt;i&gt;Choses dites&lt;/i&gt;, Paris, Les &#201;ditions de Minuit, 1987.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;VYGOTSKI, &lt;i&gt;Pens&#233;e et langage&lt;/i&gt;, Les &#201;ditions Sociales, 1985.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;PARENT Fran&#231;oise, &lt;i&gt;Les Cabinets de lecture, la lecture publique &#224; Paris en 1820&lt;/i&gt;, Paris, Payot, 1982.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;PLENEL Edwy, &lt;i&gt;L'&#201;tat de l'&#233;cole en France&lt;/i&gt;, Paris, Payot, 1985.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En 1860, sans &#234;tre jamais pass&#233;s &#224; l'&#233;cole, 80 % des ouvriers parisiens recourent &#224; l'&#233;crit au sein de leurs luttes sociales. En 1871, la Commune de Paris... Et les milliers de massacr&#233;s et de d&#233;port&#233;s par Thiers. Puis Jules Ferry qui pense (!) que &#171; &lt;i&gt;c'est l'absence d'&#233;ducation chez le prol&#233;taire qui cr&#233;e le sentiment et la r&#233;alit&#233; de l'in&#233;galit&#233;&lt;/i&gt;... &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BOURDIEU Pierre, &lt;i&gt;R&#233;ponses&lt;/i&gt;, Paris, &#201;d. Du Seuil, 1992&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La D&#233;scolarisation - Introduction &#187;</title>
		<link>http://actes-de-lecture.org/spip.php?article100</link>
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		<dc:date>2015-09-15T14:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>L'&#233;cole sent le renferm&#233; scolaire. Elle doit s'a&#233;rer au contact du monde. C'est ainsi que l'AFL parle de d&#233;scolarisation de la lecture depuis plus de trente ans. &lt;br /&gt;&#171; La lecture, l'affaire de tous ! &#187; : par cette formule, maintes fois r&#233;&#233;crite au fil des pages de cette revue, l'AFL souhaite sensibiliser l'opinion au fait que les questions de lecture et les probl&#232;mes qui en d&#233;coulent ne rel&#232;vent pas de la seule comp&#233;tence et du seul pouvoir de sp&#233;cialistes et de professionnels. &lt;br /&gt;Tout (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;131 - &#171; D&#233;scolarisation &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;cole sent le renferm&#233; scolaire. Elle doit s'a&#233;rer au contact du monde. C'est ainsi que l'AFL parle de d&#233;scolarisation de la lecture depuis plus de trente ans&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La lecture, l'affaire de tous !&lt;/i&gt; &#187; : par cette formule, maintes fois r&#233;&#233;crite au fil des pages de cette revue, l'AFL souhaite sensibiliser l'opinion au fait que les questions de lecture et les probl&#232;mes qui en d&#233;coulent ne rel&#232;vent pas de la seule comp&#233;tence et du seul pouvoir de sp&#233;cialistes et de professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout lecteur assidu des actes de lecture aura constat&#233;, d&#232;s les premiers num&#233;ros, que la d&#233;scolarisation de la lecture est au centre de la r&#233;flexion de l'AFL. C'est un &#233;l&#233;ment moteur de son action et c'est, sans doute, &#224; travers elle, que le discours et les activit&#233;s de l'association trouvent leur coh&#233;rence. il ne s'agit pas de faire encore mieux ce qui est d&#233;j&#224; fait, l'id&#233;e est de d&#233;passer le syst&#232;me &#233;ducatif actuel bas&#233; sur l'alphab&#233;tisation pour se lancer dans la lecturisation par le biais de politiques territoriales de la lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chose est entendue du c&#244;t&#233; des acteurs de l'Education nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collaborer avec l'ext&#233;rieur, certes, si tant est que l'&#233;cole reste le pivot, garde la ma&#238;trise et que rien ne vienne perturber son fonctionnement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chose est entendue du c&#244;t&#233; des acteurs de la culture si tant est qu'il s'agit de multiplier des actions contribuant &#224; d&#233;velopper le go&#251;t de lire dans et hors les murs, dans et hors l'&#233;cole...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; ? du c&#244;t&#233; d'un corps social qui prend conscience de la n&#233;cessit&#233; d&#233;mocratique de partager la ma&#238;trise d'un outil de pens&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; l'AFL repense son logiciel elsa et passe au web afin de permettre, &#224; toute personne de recourir, par le biais d'une plateforme informatique, &#224; un entra&#238;nement d'une quarantaine d'heures qui va l'aider &#224; accro&#238;tre l'efficacit&#233; de sa ma&#238;trise de la langue &#233;crite, il s'est av&#233;r&#233; n&#233;cessaire de faire un point sur cette question, centrale pour notre association, qu'est &#171; &lt;i&gt; la d&#233;scolarisation&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce dossier, ont &#233;t&#233; r&#233;unies 4 contributions : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#9658; La premi&#232;re propose, de nouveau, la lecture d'un texte qui, en 1992, reprenait le concept en d&#233;tails tout en redonnant la liste de l'ensemble des contributions qui en avaient fait leur sujet central. il pr&#233;cise, en particulier, que la d&#233;scolarisation de la lecture exige un ample &#171; &lt;i&gt;mouvement porteur&lt;/i&gt; &#187;, la conviction partag&#233;e de son imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; et la volont&#233; de ses acteurs de rompre avec les pratiques habituelles... (Michel Violet, pp.36-40)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; La deuxi&#232;me est la r&#233;&#233;criture, en 2015, du texte paru, d&#232;s le n&#176;3, en sept.83, &#171; &lt;i&gt;la lecture, une affaire communautaire&lt;/i&gt; &#187;, o&#249; le concept &#233;tait pr&#233;sent&#233; pour la premi&#232;re fois... (Jean Foucambert, pp.41-47)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; La troisi&#232;me, &#233;crite en droit de r&#233;ponse pour le magazine d'information hebdomadaire &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, permet de replacer ce concept de d&#233;scolarisation dans l'histoire plus vaste de la p&#233;dagogie de la lecture... (Jean Foucambert, pp.48-53)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; Quant &#224; la derni&#232;re, elle donne &#224; lire un exemple d&#233;taill&#233; et analys&#233;, en collaboration avec des partenaires ext&#233;rieurs, d'une pratique de d&#233;scolarisation pour un autre langage... (Laurence Dauguet, pp.55-62)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture... d&#233;scolarisante !&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_263 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;61&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al131_p34.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 2.6 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783629978' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Dossier : &#171; La D&#233;scolarisation - Introduction &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La d&#233;scolarisation &#187;</title>
		<link>http://actes-de-lecture.org/spip.php?article101</link>
		<guid isPermaLink="true">http://actes-de-lecture.org/spip.php?article101</guid>
		<dc:date>2015-09-15T13:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Extrait des A.L. N&#176; 40 (D&#233;cembre 1992) &lt;br /&gt;Difficile de ne pas accorder au sujet qu'on traite une importance primordiale. N&#233;anmoins, sans &#233;tablir de hi&#233;rarchie entre les th&#232;mes pr&#233;sent&#233;s dans ce num&#233;ro, au moins, peut-on noter que la d&#233;scolarisation de la lecture est au centre de la r&#233;flexion de l'AFL et l'&#233;l&#233;ment moteur de son action. C'est sans doute &#224; travers elle que le discours et les activit&#233;s de notre association trouvent leur coh&#233;rence. Les traductions de ce projet radical sont (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;131 - &#171; D&#233;scolarisation &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Extrait des A.L. N&#176; 40 (D&#233;cembre 1992)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile de ne pas accorder au sujet qu'on traite une importance primordiale. N&#233;anmoins, sans &#233;tablir de hi&#233;rarchie entre les th&#232;mes pr&#233;sent&#233;s dans ce num&#233;ro, au moins, peut-on noter que la d&#233;scolarisation de la lecture est au centre de la r&#233;flexion de l'AFL et l'&#233;l&#233;ment moteur de son action. C'est sans doute &#224; travers elle que le discours et les activit&#233;s de notre association trouvent leur coh&#233;rence. Les traductions de ce projet radical sont en effet multiples et vari&#233;es. Chacun des textes faisant le point sur les diverses propositions (les BCD, le statut de lecteur, l'apprentissage initial, les politiques de lecture, etc...) traite en r&#233;alit&#233; des formes que rev&#234;t la d&#233;scolarisation dans le domaine qu'il aborde. C'est pourquoi l'aspect n&#233;cessairement synth&#233;tique de notre propos nous conduit sans trop de scrupules &#224; renvoyer nos lecteurs aux autres textes de ce num&#233;ro - et aux quelques 4 000 pages des num&#233;ros pr&#233;c&#233;dents ! - dans lesquels ils trouveront ce qui fonde et ce qui justifie des affirmations trop succinctement et trop abruptement rappel&#233;es ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette proposition de d&#233;scolarisation de la lecture est n&#233;e d'un constat : la phase d'alphab&#233;tisation &#8211; datant de plus d'un si&#232;cle et dont l'&#233;cole &#233;tait l'instrument &#8211; est arriv&#233;e &#224; son terme. L'&#233;cole qui s'est organis&#233;e en fonction des imp&#233;ratifs de cette t&#226;che s'&#233;puise &#224; satisfaire des besoins nouveaux dans une vaine recherche d'une meilleure efficacit&#233; en perfectionnant les moyens dont elle s'est dot&#233;e pour d'autres fins. Dans un contexte technologique, social et &#233;conomique nouveau, l'&#233;crit a chang&#233; dans ses formes et sa fonction et les conditions pour que s'instaure un autre rapport &#224; l'&#233;crit pour le plus grand nombre ne peuvent &#234;tre du seul ressort d'une institution. La d&#233;scolarisation de la lecture a donc pour finalit&#233; de rem&#233;dier &#224; cet &#233;tat de fait. Elle est une tentative pour substituer au projet d'alphab&#233;tisation, celui de la lecturisation, pour faire du rapport &#224; l'&#233;crit de chaque individu le fruit d'un apprentissage social et non le strict r&#233;sultat d'un enseignement scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors qu'on cesse d'enseigner collectivement le code de correspondance oral/&#233;crit, l'apprentissage de la lecture est affaire de d&#233;marche individuelle dont on ne peut d&#233;cider ni du commencement ni de la dur&#233;e. L'obligation pour l'&#233;cole de tenir compte &#224; la fois de ce qui pr&#233;existe &#224; son action et de ce qui la prolongera rend caduques toutes les facilit&#233;s offertes par un enseignement programm&#233; et rationnellement agenc&#233; dans un temps et selon une progression d&#233;termin&#233;s. &#192; cela deux cons&#233;quences :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9632; D'abord celle de &#171; &lt;i&gt;rendre la lecture &#224; l'&#233;cole moins scolaire&lt;/i&gt; &#187;. De substituer aux techniques de d&#233;chiffrement, aux m&#233;thodes synth&#233;tiques, mais aussi aux classes homog&#232;nes, au rituel des le&#231;ons et des exercices, aux manuels, etc. la fonctionnalit&#233; des situations de lecture, l'usage sans pr&#233;alables des &#233;crits sociaux, un autre rapport avec le savoir, un autre statut de l'&#233;l&#232;ve, une individualisation des parcours au sein de groupes h&#233;t&#233;rog&#232;nes producteurs et utilisateurs authentiques des &#233;crits les plus divers. C'est faire en sorte que chacun apprenne &#224; lire en lisant... dans le besoin qu'il a de recourir &#224; l'&#233;crit dans un projet personnel ou collectif.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_264 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L250xH554/2019-10-25_18-27-22-bf7e6-f0919.jpg?1572021313' width='250' height='554' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#9632; C'est aussi ins&#233;rer l'&#233;cole dans un v&#233;ritable r&#233;seau d'instances &#233;ducatives dont les r&#244;les respectifs sont d&#233;finis et coordonn&#233;s coll&#233;gialement. C'est, en d'autres termes, inscrire l'action de l'&#233;cole dans une continuit&#233; en la conjuguant avec celle d'autres partenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni l'&#233;cole, ni les enseignants ne peuvent assumer seuls de tels changements. D'autant plus que les implications les plus cruciales de la d&#233;scolarisation ne rel&#232;vent pas de la seule technicit&#233; p&#233;dagogique mais mettent en cause les fondements m&#234;mes de l'&#233;difice scolaire et se heurtent &#224; des r&#233;sistances internes et externes et aux difficult&#233;s que connaissent bien ceux qui innovent en son sein. Si rien ne peut se faire sans l'&#233;cole, rien ne se fera avec elle si une demande sociale diff&#233;rente et d'autres exigences ne s'exercent &#224; son endroit. C'est pourquoi, la d&#233;scolarisation de la lecture d&#233;borde largement le cadre scolaire. Elle consiste aussi &#224; rendre publics les probl&#232;mes de lecture et plus g&#233;n&#233;ralement d'&#233;ducation et de formation. &#192; sensibiliser l'opinion sur ces questions qui touchent &#224; la vie intime et sociale de chacun et &#224; faire prendre conscience des enjeux individuels et collectifs de probl&#232;mes qui ne rel&#232;vent plus de la seule comp&#233;tence et du seul pouvoir des sp&#233;cialistes et des professionnels. Afin que d'un d&#233;bat public naissent, sinon la capacit&#233; pour tous de d&#233;finir les transformations souhaitables dans et hors de l'&#233;cole et la volont&#233; de les prendre en charge, du moins la possibilit&#233; de juger de l'opportunit&#233; des changements introduits localement ou d&#233;cid&#233;s nationalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y faut donc un effort consid&#233;rable d'&#233;ducation populaire, d'information et de formation, mobilisant toutes les forces disponibles pour la mise en oeuvre de v&#233;ritables politiques de lecture susceptibles de cr&#233;er &#8211; quel que soit le public auquel elles s'adressent et le lieu o&#249; elles s'exercent &#8211; d'autres pratiques de lecture et, par voie de cons&#233;quence, une autre attente &#224; l'&#233;gard des instances &#233;ducatives et culturelles. Ne pouvant ici rappeler ce que l'AFL entend par une politique globale de lecture (les c&#233;l&#232;bres 7 propositions !) nous renvoyons nos lecteurs &#224; la contribution &#224; ce num&#233;ro traitant pr&#233;cis&#233;ment de ce sujet. On y pourra &#233;galement voir quelles instances - des lieux de la petite enfance &#224; l'entreprise, mais aussi la famille et tous les &#233;quipements socio-culturels - doivent y &#234;tre impliqu&#233;es et selon quelles modalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_265 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L250xH362/2019-10-25_18-32-11-f7605-48799.jpg?1673753516' width='250' height='362' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On le voit (et ce sera la conclusion de cette partie destin&#233;e &#224; rappeler ce que notre association entend par une d&#233;scolarisation de la lecture) ce projet est, en r&#233;alit&#233;, un projet politique inverse de celui qui a instaur&#233; l'&#233;cole de l'alphab&#233;tisation, de la r&#233;ussite individuelle et de la m&#233;ritocratie ; un projet visant, &#224; partir d'une r&#233;flexion sur la lecture, &#224; promouvoir les principes de la co&#233;ducation et d'une p&#233;dagogie communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_266 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L250xH334/2019-10-25_18-34-05-e67ed-5ae50.jpg?1573385526' width='250' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il eu, perceptible &#224; la relecture de l'ensemble des A.L., &#233;volution de ce concept ?&lt;/strong&gt; Curieusement, alors que des articles portent sur ce sujet dans presque tous les num&#233;ros (Cf. la liste des articles en fin de texte), tout semble avoir &#233;t&#233; dit, d&#232;s le d&#233;but, des consid&#233;rations historiques et sociopolitiques dont nous nous sommes efforc&#233; de faire &#233;tat. En effet, d&#232;s le n&#176;3 (sept. 83), le concept est pr&#233;sent&#233; en son entier dans un article intitul&#233; &lt;i&gt;La lecture, une affaire communautaire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La lecture, une affaire communautaire. Jean FOUCAMBERT. A.L. n&#176;3, f&#233;v.83, p.65&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans le n&#176;18 (juin 87), une contribution, intitul&#233;e &lt;i&gt;La d&#233;scolarisation de la lecture&lt;/i&gt; et destin&#233;e &#8211; parmi d'autres sur d'autres sujets &#8211; &#224; alimenter la r&#233;flexion lors du premier Congr&#232;s de l'AFL, n'apporte rien de nouveau m&#234;me s'il est davantage fait &#233;tat de solutions possibles et d&#233;j&#224; exp&#233;riment&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La d&#233;scolarisation de la lecture. Michel VIOLET. A.L. n&#176;18, juin 87, p.79&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plut&#244;t que d'&#233;volution ou d'inflexion de la r&#233;flexion, il conviendrait de dire que la philosophie g&#233;n&#233;rale s'est affermie au fur et &#224; mesure que des r&#233;alisations voyaient le jour et que s'&#233;largissait ainsi le champ d'application. Des textes abordent ce sujet sous l'angle essentiellement pratique, se cantonnant au d&#233;but aux domaines scolaire et p&#233;dagogique, qu'il s'agisse de l'organisation et des structures de l'&#233;cole (les cycles et les groupes multi-&#226;ges par exemple), des &#233;quipements (les BCD), de l'ouverture de l'&#233;cole (l'&#233;largissement de l'&#233;quipe &#233;ducative) et de la coop&#233;ration avec diff&#233;rents partenaires (la petite enfance, l'&#233;cole maternelle, le coll&#232;ge, le r&#233;seau de lecture publique). Il est symptomatique que dans les n&#176;1 (f&#233;v. 83), 3 (sept. 83) et 5 (mars 84), on commence avec des exemples concernant le milieu le plus proche de l'&#233;cole : comment les &#233;coles de la Villeneuve de Grenoble informent les parents d'&#233;l&#232;ves, directement ou par l'interm&#233;diaire de leurs organismes repr&#233;sentatifs (en l'occurrence, la CSF) sur la lecture et sa p&#233;dagogie pour susciter une r&#233;flexion sur l'&#233;chec scolaire et un projet d'&#233;ducation d&#233;fini conjointement par les professionnels et les usagers de l'&#233;cole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'un montage diapos &#224; la d&#233;scolarisation de la lecture. Raymond MILLOT. A.L. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_267 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L250xH279/2019-10-25_18-36-15-24fa1-261e4.jpg?1673753516' width='250' height='279' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, &#224; partir du n&#176;8 (d&#233;c. 84) dans lequel paraissent les Sept propositions pour une politique globale de lecture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sept propositions. Jean FOUCAMBERT. A.L. n&#176;8, d&#233;c.84, p.92&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; l'instar d'un texte proposant (sans doute, pr&#233;matur&#233;ment, car il n'a rencontr&#233; aucun &#233;cho) la cr&#233;ation de Centres D&#233;partementaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les centres d&#233;partementaux. Michel VIOLET. A.L. n&#176;5, mars 84, p.9&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les articles font la preuve que la r&#233;flexion sur la d&#233;scolarisation, sans v&#233;ritablement &#233;voluer dans ses principes fondamentaux, s'est &#233;toff&#233;e par des innovations et des exemples ne se limitant pas &#224; l'&#233;cole et &#224; son proche environnement tels que les politiques de quartier ou de mouvements associatifs, puis les classes-lecture et les vacances-lecture, les villes-lecture ensuite, les instituts d&#233;partementaux et r&#233;gionaux de la lecture enfin... dont le Centre national de Classes-Lecture de Bess&#232;ges est le lieu d'exp&#233;rimentation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dossier Les Villes-Lectures. A.L. n&#176;26, juin 89, pp.70 &#224; 100 ; Dossier Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut y ajouter tous les textes sur l'illettrisme et la formation des adultes, qui participent &#224; davantage pr&#233;ciser et illustrer ce qu'on entend par d&#233;scolarisation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_268 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L250xH252/2019-10-25_18-38-00-dcd12-957ee.jpg?1573385526' width='250' height='252' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment cette proposition essentielle a-t-elle &#233;t&#233; re&#231;ue ?&lt;/strong&gt; Il est &#233;vident que l'&#233;cole est la premi&#232;re &#171; &lt;i&gt;vis&#233;e&lt;/i&gt; &#187; et de la mani&#232;re la plus radicale. Instrument d'une entreprise r&#233;ussie d'alphab&#233;tisation dont elle a revendiqu&#233; rapidement l'exclusivit&#233;, elle voit son h&#233;g&#233;monie contest&#233;e. Elle est aussi celle dont on tol&#232;re le moins qu'elle change... tout en condamnant son conservatisme. Pour les enseignants, outre les r&#233;sistances et les inqui&#233;tudes que font naturellement na&#238;tre des propositions novatrices, il y a donc eu la conviction que le discours de l'AFL contribuait &#224; la d&#233;molition de l'&#233;cole ou celle, moins outranci&#232;re, qu'il participait des critiques particuli&#232;rement injustes sur leurs responsabilit&#233;s dans des probl&#232;mes dont la solution ne leur appartient pas ou pas uniquement. D'o&#249; les interpr&#233;tations, les divergences, les suspicions, les r&#233;actions d&#233;fensives et irrationnelles qui obligent sans cesse &#224; des mises au point dans la revue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;scolarisation. Michel VIOLET. A.L. n&#176;30, juin 90, p.14&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_269 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L250xH197/2019-10-25_18-39-08-f6e55-e094f.jpg?1673753516' width='250' height='197' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais il serait injuste, sans pourtant se leurrer sur les changements intervenus dans la r&#233;alit&#233; quotidienne de la majorit&#233; des classes, notamment, &#224; propos de lecture, de consid&#233;rer l'&#233;cole comme l'&#238;lot de r&#233;sistance &#224; la d&#233;scolarisation. On en veut pour preuve que l&#224; o&#249; &#171; &lt;i&gt;il se fait des choses&lt;/i&gt; &#187;, ce sont souvent des enseignants qui sont &#224; l'origine des changements et des &#233;tablissements scolaires qui sont les plus agissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, la d&#233;scolarisation de la lecture remet en cause ce qui fonde l'existence et la mani&#232;re d'agir de toutes les institutions &#233;ducatives et culturelles. Or, &#171; &lt;i&gt;on sait bien que les institutions ont un penchant naturel &#224; revendiquer l'h&#233;g&#233;monie dans le champ de leurs actions et que les invites &#224; collaborer sont toujours ressenties, par chacune, comme l'intrusion des autres sur un territoire qui lui revient de droit et comme une ing&#233;rence critique dans sa mani&#232;re d'agir&lt;/i&gt; &#187; &#233;crivions-nous, en d&#233;cembre 90&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Malentendu. Michel VIOLET. A.L. n&#176;32, d&#233;c.90, p.10&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; propos des biblioth&#232;ques publiques, tr&#232;s attach&#233;es &#224; la valorisation du patrimoine litt&#233;raire, et de la r&#233;action violente de certaines personnes &#224; l'affirmation que &#171; &lt;i&gt;l'offre de lecture et la diffusion des livres ne peuvent &#234;tre ni premi&#232;res ni uniques&lt;/i&gt; &#187; dans une entreprise de d&#233;scolarisation qui suppose de donner avant tout des raisons de lire &#224; ceux qui sont culturellement le plus &#233;loign&#233;s de la lecture.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_270 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L250xH279/2019-10-25_18-40-37-fb690-1927b.jpg?1673753516' width='250' height='279' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte de l'illettrisme et des ph&#233;nom&#232;nes d'exclusion qui en r&#233;sultent, les nouvelles donnes &#233;conomiques ont conduit ind&#233;niablement l'opinion publique et les responsables politiques &#224; prendre acte de l'imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; d'augmenter, dans des proportions importantes, le nombre de lecteurs et d'adopter des solutions qui ne soient pas uniquement scolaires. Beaucoup partagent, en France, l'id&#233;e de l'AFL que &#171; &lt;i&gt;la lecture est l'affaire de tous&lt;/i&gt; &#187;. L'int&#233;r&#234;t suscit&#233; chez les responsables et les &#233;lus par des propositions de coordination locale des actions-lecture, telles que la Charte des Villes-Lecture les d&#233;finit, par exemple, est une manifestation probante que l'id&#233;e de d&#233;scolarisation a &#233;t&#233; entendue. Exc&#232;s d'optimisme ? Il est significatif que le premier palmar&#232;s du concours organis&#233; par l'association &lt;i&gt;Savoir-Livre&lt;/i&gt; rend compte d'actions communales en faveur de la lecture faisant majoritairement r&#233;f&#233;rence &#224; l'AFL...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_271 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L250xH198/2019-10-25_18-42-02-8f1eb-9bb01.jpg?1573385526' width='250' height='198' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bien &#233;videmment, demeure une &#233;quivoque sur les raisons de ce succ&#232;s et de cette mobilisation. &#171; &lt;i&gt;On ne peut r&#233;pondre de la m&#234;me fa&#231;on &#224; l'exigence de lecture selon qu'on la destine &#224; l'&#233;largissement de la citoyennet&#233; ou &#224; la satisfaction des imp&#233;ratifs &#233;conomiques&lt;/i&gt; &#187; est-il &#233;crit dans un r&#233;cent &#233;ditorial (mars 92) assez d&#233;sabus&#233; sur le caract&#232;re souvent &#233;ph&#233;m&#232;re de cette mobilisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pourquoi veut-on que tout le monde lise ? Michel VIOLET. A.L. n&#176;37, mars 92, p.7&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourquoi veut-on que tout le monde lise ? Sommes-nous s&#251;rs que la volont&#233; de d&#233;scolariser la lecture corresponde toujours chez les responsables de la chose publique &#224; un souci d'&#233;largissement de la vie d&#233;mocratique par l'acc&#232;s de tous aux vertus du commerce avec l'&#233;crit ? Il est vrai qu'une politique de lecture co&#251;te cher et que ses preuves d'efficience ne sont ni imm&#233;diates ni ais&#233;ment perceptibles. Nous &#233;crivions plus haut que l'&#233;cole serait en mesure r&#233;ellement de changer lorsque la demande sociale &#224; son &#233;gard serait autre. C'est vrai aussi pour les politiques communales de lecture qui sont souvent dues actuellement &#224; une action volontariste et isol&#233;e d'&#233;lus. Le gage de leur dur&#233;e et de leur succ&#232;s serait pourtant qu'elles r&#233;sultent d'une demande publique, notamment de la part des principaux int&#233;ress&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_272 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/jpg/2019-10-25_18-43-46.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L250xH621/2019-10-25_18-43-46-db19a-d9bdd.jpg?1573385526' width='250' height='621' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'&#233;cole, gr&#226;ce &#224; l'instauration des cycles, elle dispose maintenant officiellement d'un moyen important pour qu'avancent et se g&#233;n&#233;ralisent, en son sein et dans sa collaboration avec l'ext&#233;rieur, des pratiques de d&#233;scolarisation. Mais ce moyen - certes incitateur - suppose une volont&#233; que n'encourage gu&#232;re, en cette p&#233;riode de repli et de retour aux saines m&#233;thodes, le discours de ceux qui l'entourent, certains &#171; experts &#187; allant jusqu'&#224; pr&#244;ner une &#171; &lt;i&gt;rescolarisation de la lecture&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;scolarisation de la lecture exige un ample &#171; &lt;i&gt;mouvement porteur&lt;/i&gt; &#187;, la conviction largement partag&#233;e de son imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; et la volont&#233; de ses acteurs potentiels de rompre avec les pratiques habituelles et d'inventer des solutions &#224; une situation sans issue... L'&#171; &lt;i&gt;&#233;gal rapport de chacun avec l'&#233;crit&lt;/i&gt; &#187; est &#224; ce prix... Nous laissons &#224; nos lecteurs le soin de juger des chances actuelles d'un tel projet !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_273 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L250xH387/2019-10-26_07-44-34-4898f-7907b.jpg?1573385526' width='250' height='387' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_275 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al131_p36.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 146.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783629978' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; La d&#233;scolarisation &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;La lecture, une affaire communautaire&lt;/i&gt;. Jean FOUCAMBERT. A.L. n&#176;3, f&#233;v.83, p.65&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;La d&#233;scolarisation de la lecture&lt;/i&gt;. Michel VIOLET. A.L. n&#176;18, juin 87, p.79&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;D'un montage diapos &#224; la d&#233;scolarisation de la lecture&lt;/i&gt;. Raymond MILLOT. A.L. n&#176;1, f&#233;v.83, p.64 ; &lt;i&gt;La lecture, c'est l'affaire de tous&lt;/i&gt;. Monique EYMARD. A.L. n&#176;3, sept.83, p.78 ; &lt;i&gt;La logique de la lecturisation&lt;/i&gt;. Raymond MILLOT. A.L. n&#176;5, mars 84, p.106 ; &lt;i&gt;Une politique de lecture au niveau local&lt;/i&gt;. Michel EYMARD. A.L. n&#176;5, mars 84, p.91&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Sept propositions&lt;/i&gt;. Jean FOUCAMBERT. A.L. n&#176;8, d&#233;c.84, p.92&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les centres d&#233;partementaux&lt;/i&gt;. Michel VIOLET. A.L. n&#176;5, mars 84, p.9&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dossier &lt;i&gt;Les Villes-Lectures&lt;/i&gt;. A.L. n&#176;26, juin 89, pp.70 &#224; 100 ; Dossier &lt;i&gt;Les Vacances-Lecture&lt;/i&gt;. A.L. n&#176;28, d&#233;c.89, pp.76 &#224; 104 ; Dossier &lt;i&gt;Que sont les villes-lecture devenues ?&lt;/i&gt; A.L. n&#176;29, mars 90, pp.63 &#224; 111 ; &lt;i&gt;Le cahier des charges des Centres Lecture&lt;/i&gt;. A.L. n&#176;32, d&#233;c.90,pp.103 &#224; 115&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;D&#233;scolarisation&lt;/i&gt;. Michel VIOLET. A.L. n&#176;30, juin 90, p.14&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Malentendu&lt;/i&gt;. Michel VIOLET. A.L. n&#176;32, d&#233;c.90, p.10&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Pourquoi veut-on que tout le monde lise ?&lt;/i&gt; Michel VIOLET. A.L. n&#176;37, mars 92, p.7&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La lecture, une affaire communautaire &#187;</title>
		<link>http://actes-de-lecture.org/spip.php?article102</link>
		<guid isPermaLink="true">http://actes-de-lecture.org/spip.php?article102</guid>
		<dc:date>2015-09-15T12:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Extrait des A.L. n&#176;3 (SEPTEMBRE 1983) &lt;br /&gt;Il n'y a pas d'&#233;v&#233;nement qui puisse se comprendre si on l'isole de la r&#233;alit&#233; sociale observ&#233;e dans son extension et sa dur&#233;e. Les rapports des individus &#224; la langue &#233;crite n'&#233;chappent pas &#224; cette r&#232;gle : il serait d&#233;risoire, pour saisir ce qui se joue aujourd'hui &#224; propos de la lecture, de s'en tenir &#224; des consid&#233;rations techniciennes centr&#233;es sur l'&#233;cole. &lt;br /&gt;LA LECTURE, UNE R&#201;ALIT&#201; SOCIALE &lt;br /&gt;En Europe, le XIX&#232;me si&#232;cle a connu une formidable (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;131 - &#171; D&#233;scolarisation &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Extrait des A.L. n&#176;3 (SEPTEMBRE 1983)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il n'y a pas d'&#233;v&#233;nement qui puisse se comprendre si on l'isole de la r&#233;alit&#233; sociale observ&#233;e dans son extension et sa dur&#233;e. Les rapports des individus &#224; la langue &#233;crite n'&#233;chappent pas &#224; cette r&#232;gle : il serait d&#233;risoire, pour saisir ce qui se joue aujourd'hui &#224; propos de la lecture, de s'en tenir &#224; des consid&#233;rations techniciennes centr&#233;es sur l'&#233;cole. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA LECTURE, UNE R&#201;ALIT&#201; SOCIALE &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Europe, le XIX&#232;me si&#232;cle a connu une formidable mutation du monde industriel avant la cr&#233;ation de l'&#233;cole actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9632; C'est &#224; ce moment que d&#233;bute le transfert des populations rurales vers des villes qui n'&#233;taient pas aptes &#224; les accueillir. Les &#8216;&lt;i&gt;transplant&#233;s&lt;/i&gt;' ont perdu l'infrastructure communautaire qui r&#233;gissait le monde rural, l'organisation de la vie quotidienne, individuelle et collective, les rapports interpersonnels, l'&#233;ducation des jeunes, les valeurs sociales, etc. Propuls&#233;s dans des situations p&#233;nibles et pr&#233;caires, ils n'ont eu d'autres ressources que d'inventer et d'autres traditions que d'esp&#233;rer. C'est sans doute pourquoi ce XIX&#232;me si&#232;cle appara&#238;t comme une jaillissante p&#233;riode de cr&#233;ativit&#233; populaire et de tentatives insolentes pour enfanter un monde nouveau auquel la bourgeoisie n'a pu imposer le silence que par une violence dont l'&#233;crasement de la Commune n'est que l'&#233;pisode le plus sanglant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9632; Le d&#233;veloppement industriel exigeait une qualification nouvelle de la main d'&#339;uvre. L'&#233;change oral, bien adapt&#233; &#224; la taille et &#224; la nature des communaut&#233;s rurales, ne suffisait d&#233;sormais ni dans le travail ni dans l'organisation de la vie urbaine. Pour &#234;tre rentable et pour survivre, l'ouvrier, d&#233;racin&#233; ou de passage, devait pouvoir prendre des informations individuellement. L'essor technique exigea alors que des moyens simples d'acc&#232;s &#224; l'&#233;crit soient rapidement greff&#233;s sur des individus jusqu'ici plong&#233;s dans des relations &#224; port&#233;e de voix. Il est vrai que l'&#233;cole du village dispensait quelques rudiments de ce recours mais davantage tourn&#233;s vers des commodit&#233;s domestiques, religieuses ou commerciales. Mis &#224; part quelques baux et quelques contrats, l'usage de l'&#233;crit, fort rare, consistait &#224; signer et &#224; consigner des indications de prix, de quantit&#233;, de date, etc. Il importait beaucoup plus de savoir inscrire pour se souvenir que de savoir lire pour comprendre. Le monde industriel va, lui, avoir besoin de travailleurs et de citoyens capables de tirer une information &#224; partir d'&#233;crits dont ils ne sont pas les auteurs. Ce sera la mission de l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9632; On m&#233;conna&#238;t aujourd'hui l'importance du conflit qui opposa les organisations ouvri&#232;res et la r&#233;publique naissante au sujet d'un projet d'&#233;cole. Le monde prol&#233;taire a lutt&#233; pour que l'&#233;ducation des enfants de milieu populaire ne soit pas confi&#233;e &#224; la bourgeoisie. Une &#233;cole pay&#233;e par l'&#233;tat, oui, mais o&#249; le projet &#233;ducatif sera d&#233;cid&#233; par ceux-l&#224; m&#234;mes qui en feront l'outil de leur promotion collective. Il a fallu litt&#233;ralement saigner le mouvement ouvrier pour que Jules Ferry impose son projet d'&#233;cole &#224; la fois &#224; la gauche populaire et &#224; la frange rurale de la droite. D&#232;s lors, il devenait possible de perfectionner l'outil de production en transmettant aux travailleurs un moyen de se &#8216;d&#233;brouiller' avec un peu d'&#233;crit. Toutefois, une saine gestion imposait que cet investissement ait des effets rapides et au moindre co&#251;t. Le monde occidental a su tirer parti du caract&#232;re alphab&#233;tique de ses langues &#233;crites.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LECTURE ET D&#201;CHIFFREMENT&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement n&#233;cessaire de retenir quelques faits concernant l'&#233;crit et la lecture. Partout, l'&#233;crit est initialement, fonctionnellement, historiquement une organisation de signes pour les yeux. Certaines civilisations ont perfectionn&#233; ce langage purement visuel ; d'autres ont eu le souci de lui ajouter le pouvoir de coder, non plus directement une signification (ce qu'il continuera &#233;videmment d'assurer), mais &#233;galement les sons du langage oral, sans toutefois, pour des raisons essentielles, s'y subordonner compl&#232;tement. On voit ainsi se d&#233;velopper, en parall&#232;le, deux types d'&#233;crit : &#9830; un &#233;crit qui est essentiellement un syst&#232;me de signes interpr&#233;tables avec les yeux et qui, de ce fait, peut &#234;tre commun &#224; des civilisations ou &#224; des peuples de langues orales diff&#233;rentes ; &#9830; un &#233;crit qui reste toujours un langage pour l'&#339;il mais qui, gr&#226;ce &#224; l'alphabet, veut &#234;tre &#233;galement un syst&#232;me de codage des sons, ce qui l'associe alors &#224; une seule langue orale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9632; Ces deux types d'&#233;crit peuvent &#234;tre &#8216;&lt;i&gt;lus&lt;/i&gt;'. Quelqu'un, &#224; partir de son questionnement, explore un texte, anticipe, recherche et pr&#233;l&#232;ve des indices visuels afin de l'interpr&#233;ter, d'&#233;tablir une signification en rapport avec son attente. Cet ensemble de processus tr&#232;s complexes qu'on d&#233;crit sous l'appellation lecture met en jeu, tout &#224; la fois, des strat&#233;gies visuelles, psychologiques et linguistiques assez semblables, aux particularit&#233;s pr&#232;s de chaque syst&#232;me, pour toutes les langues &#233;crites. Toutefois, les &#233;critures id&#233;ovisuelles n'autorisent qu'un seul type de traitement qui donne directement acc&#232;s &#224; l'&#233;laboration d'un sens : l'oral que le lecteur peut (dans la langue de son choix) produire sera le fruit d'une interpr&#233;tation. Les &#233;critures alphab&#233;tiques offrent, elles, deux possibilit&#233;s : &#234;tre prononc&#233;es avant (ou sans acc&#232;s) &#224; leur signification ; &#234;tre trait&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re qu'une &#233;criture id&#233;ovisuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9632; Tout le monde convient que ces deux voies mettent en jeu des processus fondamentalement diff&#233;rents et que des recours fr&#233;quents &#224; l'&#233;crit dans les situations les plus ordinaires requi&#232;rent la voie directe : c'est sa ma&#238;trise qui est, aujourd'hui, l'objectif incontournable de l'apprentissage de la lecture. En revanche, les p&#233;dagogues divergent sur le moyen de l'enseigner. Est-elle dans le prolongement naturel de la voie indirecte qu'enseigne l'alphab&#233;tisation ou est-il plus efficace de l'aborder directement ? D&#233;bat r&#233;current dans tout enseignement linguistique de savoir si une langue cible s'acquiert mieux par traduction ou par immersion... Aussi bien en compr&#233;hension des textes qu'en plaisir de les lire, si on en juge aux r&#233;sultats des &#233;l&#232;ves entrant en sixi&#232;me, le d&#233;chiffrement alphab&#233;tique par lequel on les a fait rencontrer l'&#233;crit ne leur permet pas d'y recourir au-del&#224; d'un simple d&#233;pannage ! Ce qui pouvait para&#238;tre suffisant, il y a un si&#232;cle dans la logique du taylorisme et de la division du travail, n'a plus aucune l&#233;gitimit&#233; pour le d&#233;veloppement de soci&#233;t&#233;s qui se veulent d&#233;mocratiques. L'enjeu pour l'&#233;cole change de niveau...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9632; Lecture et d&#233;chiffrement ne s'apprennent pas de la m&#234;me mani&#232;re. En chinois comme en fran&#231;ais, il faut de trois &#224; cinq ans pour devenir lecteur, pour peu que le milieu offre des circonstances favorables et que les rencontres soient fr&#233;quentes avec des &#233;crits vari&#233;s auxquels il est gratifiant d'attribuer une signification. Dans tous les cas, les strat&#233;gies de lecture proviennent d'un cheminement sp&#233;cifique et personnel qui les assimile &#224; un apprentissage linguistique. Encore faut-il ajouter que langage oral et langage &#233;crit ne donnent pas acc&#232;s aux m&#234;mes modes de penser. Ils sont, comme tout langage, des outils intellectuels qui ne servent en aucun cas &#224; la m&#234;me chose et il n'y a que des pertes en mati&#232;re de cr&#233;ativit&#233; humaine &#224; subordonner la rencontre de l'un &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PASS&#201; ET PR&#201;SENT DE L'&#201;COLE &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En rapprochant ces faits, on comprend pourquoi la bourgeoisie du XIX&#232;me si&#232;cle qui souhaite, au prix d'un investissement raisonnable et sans risque politique, moderniser son outil de production a fait le choix, et le bon choix, de l'alphab&#233;tisation. Il lui reste &#224; s'en donner le moyen. Ce sera l'&#233;cole. Nous vivons, aujourd'hui, sur une institution con&#231;ue pour r&#233;pondre prioritairement aux imp&#233;ratifs de l'alphab&#233;tisation. Il faut constamment conserver ce fait &#224; l'esprit pour juger de son d&#233;sarroi lorsqu'on la sollicite pour un autre projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. L'ALPHAB&#201;TISATION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la lecture ne peut s'apprendre &#8211; comme tout langage &#8211; que par l'immersion dans l'&#233;crit, par l'&#233;change, par la communication et la multiplication des relations fonctionnelles entre l'&#233;crit social et le monde r&#233;el, le d&#233;chiffrement s'enseigne selon une progression m&#233;thodique qui va du simple au complexe. Alors que la lecture ne peut s'apprendre qu'en lisant au sein d'un milieu h&#233;t&#233;rog&#232;ne d'utilisateurs d'&#233;crit ayant des comp&#233;tences diff&#233;rentes, le d&#233;chiffrement s'enseigne dans un groupe homog&#232;ne d'enfants au m&#234;me stade, face &#224; un adulte. Le mod&#232;le de l'&#233;cole mutuelle, favorable &#224; l'apprentissage par interaction entre pairs, sera violemment rejet&#233; et on imposera le syst&#232;me frontal d'une classe d'enfants semblables par l'&#226;ge ou le savoir, n'ayant entre eux aucune relation fonctionnelle et recevant simultan&#233;ment le m&#234;me enseignement. On utilisera les m&#233;thodes qui combinent entre eux les &#233;l&#233;ments simples pour obtenir, de mani&#232;re syst&#233;matique, des syllabes, puis des mots, puis des phrases qu'on fera dire &#224; voix haute. La s&#233;ance &#226;nonn&#233;e de &#171; &lt;i&gt;lecture&lt;/i&gt; &#187; franchira toutes les ann&#233;es de la scolarit&#233; en conservant son aspect oral et collectif. Elle est le symbole m&#234;me de l'&#233;cole, d&#232;s la troisi&#232;me R&#233;publique. Ce choix des m&#233;thodes synth&#233;tiques a rejet&#233; dans l'oubli r&#233;flexions et d&#233;marches qui, au fil des temps, s'&#233;taient directement pr&#233;occup&#233; de lecture. Lorsque, cinquante ans plus tard, ce courant va timidement r&#233;appara&#238;tre, le verrouillage id&#233;ologique, tout autant que la r&#233;pression, vont se mettre en place : il n'est pas un passant, ignorant par ailleurs tout de l'&#233;cole et de la lecture, qui n'invoque aujourd'hui la m&#233;thode globale pour expliquer la baisse de l'orthographe, les &#233;checs scolaires, la perte du sens de l'effort, la d&#233;gradation des m&#339;urs, etc. Pourquoi ces a priorise maintiennent-ils ? C'est que le projet d'alphab&#233;tisation implique des vis&#233;es sociales et politiques diff&#233;rentes de celles d'un projet de lecturisation. S'il &#233;tait n&#233;cessaire pour le d&#233;veloppement &#233;conomique que les travailleurs sachent prendre quelques informations avec l'&#233;crit, il n'&#233;tait pas souhait&#233; par tous qu'ils &#233;tablissent avec lui des rapports intellectuels plus &#233;labor&#233;s. La lecture &#233;tait un privil&#232;ge social. Doit-elle le rester ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. LA LOGIQUE DE L'&#201;COLE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole a donn&#233; une &#226;me nationale &#224; des individus orphelins de leur communaut&#233;. Elle a diffus&#233; une morale pour remplacer les valeurs religieuses. Elle a &#171; &lt;i&gt;&#233;cr&#233;m&#233;&lt;/i&gt; &#187; les milieux populaires des &#233;l&#233;ments les plus dociles pour en faire des agents interm&#233;diaires et des instituteurs. Elle a suscit&#233; une philosophie de la r&#233;ussite individuelle fond&#233;e sur le m&#233;rite scolaire afin de mieux refouler le spectre de ce que pourrait &#234;tre la promotion collective. Elle a inject&#233; dans la production les 80% de la population dont elle avait besoin apr&#232;s les avoir alphab&#233;tis&#233;s et a orient&#233; les autres, parce qu'ils &#233;taient lecteurs, vers le savoir et le pouvoir. Il a fallu un si&#232;cle pour d&#233;couvrir que cette s&#233;lection ne devait rien au m&#233;rite. La division entre lecteurs et d&#233;chiffreurs co&#239;ncide avec l'origine sociale, avec un environnement familial et avec des pratiques culturelles. On comprend aujourd'hui que l'&#233;cole est l&#224; pour alphab&#233;tiser ceux qui ne seront pas lecteurs et que ceux qui le seront ne le devront gu&#232;re &#224; l'&#233;cole. Le certificat d'&#233;tudes primaires et l'examen d'entr&#233;e en sixi&#232;me illustreront, entre 1945 et 1960, ces deux fili&#232;res. Au C.E.P., le rapport &#224; l'&#233;crit compte pour le vingti&#232;me des points : il est interdit d'interroger le candidat sur ce qu'il a compris ; seule, doit &#234;tre appr&#233;ci&#233;e la correction de l'oralisation d'un court texte. &#192; l'entr&#233;e en 6&#232;me, avec des enfants plus jeunes de 3 &#224; 4 ans, le rapport &#224; l'&#233;crit compte pour la moiti&#233; des points ; dix fois plus. Il est appr&#233;ci&#233; par une &#233;tude de texte, n&#233;cessairement silencieuse, o&#249; seule importe l'&#233;laboration critique d'une signification. D&#233;chiffreurs, d'un c&#244;t&#233; ; lecteurs, de l'autre... Est-ce cela qu'on veut toujours ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA CRISE DE L'&#201;COLE ACTUELLE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La guerre a permis au capitalisme de franchir une &#233;tape importante de sa croissance et de restructurer appareil de production et syst&#232;me social sur des bases nouvelles. L'emprise du secteur tertiaire, le r&#244;le croissant des immigr&#233;s, le d&#233;veloppement technologique dans la vie quotidienne, l'essor de l'information audiovisuelle ont profond&#233;ment modifi&#233; les caract&#233;ristiques souhaitables de la masse des travailleurs. Le pr&#233;sent oscille entre deux attentes contradictoires : d'une part, l'extension d'un meilleur rapport &#224; l'&#233;crit, comme en t&#233;moigne la d&#233;cision de faire entrer tous les enfants en sixi&#232;me ; d'autre part, l'abandon du rapport &#224; l'&#233;crit pour le plus grand nombre et son remplacement dans les fonctions de marquage et de rep&#233;rage de la vie quotidienne par des dessins, des symboles, des pictogrammes, l'&#233;crit pouvant, le cas &#233;ch&#233;ant, jouer ce r&#244;le, comme on l'observe &#224; la mani&#232;re dont les immigr&#233;s se dirigent dans le m&#233;tro. Ce qui est certain, c'est que le comportement alphab&#233;tique devient un superflu. Tant que l'&#233;crit demeurait le seul moyen de conserver l'oral, le rapport alphab&#233;tique &#233;tait n&#233;cessaire mais il devient peu utile d&#232;s lors que l'oral traverse le temps et l'espace. T&#233;l&#233;phone, radio, t&#233;l&#233;, magn&#233;tophone, disque, &#171; &lt;i&gt;sono&lt;/i&gt; &#187; g&#233;ante ont fait mesurer la fragilit&#233; des conduites alphab&#233;tiques. Dans les pays les plus d&#233;velopp&#233;s, aujourd'hui, le pourcentage de gens redevenus analphab&#232;tes par non emploi de ce savoir laborieusement &#233;difi&#233; &#224; l'&#233;cole ne cesse de cro&#238;tre : plus de 15% en France, 20% aux &#201;tats-Unis... Pendant cent ans, l'alphab&#233;tisation aura bien jou&#233; un r&#244;le essentiel pour le progr&#232;s technique en permettant au plus grand nombre d'utiliser l'&#233;crit sans avoir &#224; devenir lecteurs. Aujourd'hui, ce rapport utilitaire &#224; l'information v&#233;hicul&#233;e par l'&#233;crit est, pour eux, beaucoup mieux satisfait par d'autres m&#233;dias. L'&#232;re de l'alphab&#233;tisation est incontestablement en train de s'achever. Mais pas le r&#244;le de l'&#233;crit comme outil de th&#233;orisation. Une d&#233;mocratie peut-elle durablement se satisfaire de si peu de lecteurs ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA LECTURE, L'&#201;COLE ET LA D&#201;MOCRATIE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. L'AVENIR DE L'&#201;CRIT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crit, d&#233;sormais d&#233;charg&#233; par les m&#233;dias modernes des fonctions de conserve de l'oral, ne pr&#233;sente plus d'int&#233;r&#234;t s'il continue d'&#234;tre explor&#233; avec des strat&#233;gies qui le transforment en oral. En revanche, utilis&#233; pour ce qu'il est, gr&#226;ce &#224; la lecture, il ouvre plus que jamais &#8211; notamment gr&#226;ce &#224; de nouveaux supports &#8211; sur un constituant sp&#233;cifique et irrempla&#231;able de l'activit&#233; humaine. La diversit&#233; et la qualit&#233; des livres, des revues et des journaux en fournissent des preuves suffisantes. Et le journal t&#233;l&#233;vis&#233; un contre-exemple r&#233;v&#233;lateur : les informations qui y sont donn&#233;es tiendraient sur moins de la moiti&#233; d'une page d'un quotidien ! Or, ces informations sont s&#233;lectionn&#233;es par ces lecteurs v&#233;loces que sont les journalistes parmi une avalanche de d&#233;p&#234;ches ; quelques-unes vont &#234;tre retenues pour &#234;tre magnifi&#233;es par l'image, d'autres seront simplement dites &#224; des t&#233;l&#233;spectateurs qui regarderont quelqu'un les dire. Pendant la dur&#233;e de ses actualit&#233;s, chacun aurait pu avoir acc&#232;s &#224; 10 ou 30 fois plus d'informations, si elles avaient &#233;t&#233; &#233;crites, parmi lesquelles il aurait, librement, fait son propre choix. Cet exemple ne condamne pas la t&#233;l&#233;vision mais montre qu'un bon et un mauvais lecteur ne la regardent pas de la m&#234;me mani&#232;re : il permet de sentir ce que les m&#233;dias ont de compl&#233;mentaire, donc, d'irrempla&#231;able. Si l'un vient &#224; manquer, les autres se d&#233;naturent. Les pr&#233;visions de Mac Luhan (de la galaxie Gutenberg &#224; la galaxie Marconi) s'appuient sur une &#233;vidence : l'&#233;crit n'offre d'int&#233;r&#234;t que pour des lecteurs sachant lire entre les lignes &#224; la recherche de l'implicite, du non-dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. LA LECTURISATION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture qui, seule, permet ce rapport expert &#224; l'&#233;crit, repr&#233;sente un enjeu essentiel de la vie d&#233;mocratique dans les domaines sociaux, techniques, culturels et politiques. Cet enjeu traverse contradictoirement les questions scolaires. Les conservateurs, apr&#232;s avoir mis&#233; sur l'&#233;cole pour am&#233;liorer l'outil de production, abandonnent progressivement un investissement co&#251;teux et fondent &#224; pr&#233;sent leur pouvoir sur d'autres conditionnements. Les progressistes s'efforcent encore de croire &#224; la vertu &#233;mancipatrice de l'&#233;cole mais en sous-estimant l'implacable coh&#233;rence qui la lie au projet politique qui l'a vu na&#238;tre. Techniquement, l'&#233;cole n'a plus aucune raison de continuer d'&#234;tre l'instrument d'alphab&#233;tisation qu'elle a &#233;t&#233;. Comment l'aider &#224; devenir autre ? Au sein des mouvements p&#233;dagogiques, sous l'&#233;gide de la recherche ou de mani&#232;re spontan&#233;e, des exp&#233;riences et des innovations se sont multipli&#233;es, souvent d'ailleurs, en s'affrontant, afin de transformer le rapport &#224; l'&#233;crit. On peut globalement consid&#233;rer que la plupart d'entre elles n'ont pas produit ce qu'elles annon&#231;aient. Trois s&#233;ries de causes peuvent &#233;clairer ce paradoxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9632; L'effort de perfectionnement p&#233;dagogique est incontestable. Mais l'&#233;cole raffine des m&#233;thodes p&#233;dagogiques dont on aurait eu besoin il y a cent ans. Dans la volont&#233; de changer &lt;i&gt;pour que rien ne change&lt;/i&gt;, on s'&#233;puise &#224; vouloir que le d&#233;chiffrement &#8211; base de l'alphab&#233;tisation &#8211; reste la pierre angulaire de la lecture. Pour obtenir d'autres r&#233;sultats, l'&#233;cole devra bien questionner ses pratiques historiques. Or, pour l'instant, 95% des instituteurs et la quasi-totalit&#233; de ceux choisis pour les former et les inspecter font toujours confiance &#224; l'alphab&#233;tisation et moins de 2% des &#233;l&#232;ves peuvent vivre leur scolarit&#233; au sein d'une &#233;quipe &#233;ducative coh&#233;rente sur un projet de lecturisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9632; L'&#233;cole n'a pas la possibilit&#233; de changer tant qu'une demande sociale diff&#233;rente ne se fait pas entendre. Il faut &#234;tre clair : les enseignants qui, aujourd'hui, tentent autre chose jouent dans le meilleur des cas avec la confiance des parents alphab&#233;tis&#233;s qui ne peuvent concevoir d'autre rapport &#224; l'&#233;crit que celui qu'on leur a enseign&#233;. Les progressistes ne peuvent compter sur une &#233;volution spontan&#233;e de l'opinion : leurs actions sont &#224; conduire au-tant &#224; l'ext&#233;rieur qu'&#224; l'int&#233;rieur de l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9632; La &lt;i&gt;lecturisation&lt;/i&gt;, c'est une autre &#233;cole, non une super-&#233;cole. Tout est coh&#233;rent aujourd'hui autour du projet d'alphab&#233;tisation : les formes architecturales, les espaces int&#233;rieurs, l'&#226;ge du d&#233;but de scolarit&#233;, la division en ann&#233;es, le r&#244;le pr&#233;paratoire de la maternelle, l'embo&#238;tement des programmes successifs, les classes homog&#232;nes, le redoublement, l'emploi du temps, le rythme quotidien des le&#231;ons et des exercices, le d&#233;coupage du savoir en mati&#232;res ou en disciplines, les tables align&#233;es devant le tableau, l'art du ma&#238;tre pour conduire une interrogation collective, le monde &#233;dulcor&#233; des manuels, le faire-semblant, l'indispensable motivation &#8211; comme s'il fallait ensucrer les viandes, demandait d&#233;j&#224; Montaigne... Dans une autre &#233;cole, le seul pr&#233;alable &#224; l'apprentissage de la lecture sera d'&#234;tre le vivant questionneur de la complexit&#233; d'un monde qui utilise lui-m&#234;me l'&#233;crit pour se comprendre et se transformer ! Changer le statut de l'apprenant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. D&#201;SCOLARISATION DE LA LECTURE ET &#201;DUCATION POPULAIRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment aider l'&#233;cole &#224; ne plus faire &#233;cole ? Sans transition et pour conclure, passons de cette juxtaposition de faits et d'&#233;bauches d'analyse &#224; l'&#233;num&#233;ration de quelques propositions d'action dont la l&#233;gitimit&#233; pourrait &#234;tre jug&#233;e &#224; la lueur de ce qui pr&#233;c&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A &#8211;&lt;/strong&gt; Les pays occidentaux sont parvenus au terme de la phase d'alphab&#233;tisation qu'ils avaient abord&#233;e il y a un si&#232;cle et en fonction de laquelle ils ont organis&#233; leur syst&#232;me scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B &#8211;&lt;/strong&gt; Toutes les tentatives pour que l'&#233;cole obtienne d'autres r&#233;sultats que ceux pour lesquels elle a &#233;t&#233; con&#231;ue sont vou&#233;es &#224; l'&#233;chec si elle ne se transforme pas fondamentalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C &#8211;&lt;/strong&gt; La lecturisation est un enjeu capital pour tout processus de d&#233;mocratisation, notamment en s'attaquant &#224; la division entre travail manuel et intellectuel sur laquelle s'est op&#233;r&#233; le d&#233;veloppement &#233;conomique du 19&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D &#8211;&lt;/strong&gt; Le processus de transformation de l'&#233;cole viendra de la conjonction d'une attente sociale diff&#233;rente et de possibilit&#233;s de r&#233;ponses nouvelles que des innovations p&#233;dagogiques cherchent &#224; esquisser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E &#8211;&lt;/strong&gt; Afin d'aider l'&#233;cole &#224; op&#233;rer sa mutation, il est essentiel que la communaut&#233; qui la mandate partage intimement avec elle des pratiques sociales et leur th&#233;orisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F &#8211;&lt;/strong&gt; Il en sera de la lecture comme de tout autre comportement linguistique : si son apprentissage s'enracine dans des pratiques sociales, alors l'&#233;cole nouvelle pourra jouer un r&#244;le essentiel d'aide et de r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s familiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G &#8211;&lt;/strong&gt; Le corollaire indispensable de la d&#233;scolarisation de la lecture conduit &#224; fournir un effort consid&#233;rable vers le corps social pour qu'il int&#232;gre au statut social de chaque individu les comportements complexes du recours &#224; l'&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;H &#8211;&lt;/strong&gt; Cette action d'&#233;ducation populaire doit se d&#233;velopper dans des instances multiples : entreprises, associations de quartier, groupes de loisirs, biblioth&#232;ques, formation permanente, m&#233;dias, etc. Elle devra veiller &#224; progresser du m&#234;me pas dans trois directions : &#9830; D&#233;veloppement des techniques de lecture et abandon des comportements alphab&#233;tiques. &#9830; Multiplication des rencontres avec les formes diversifi&#233;es des &#233;crits sociaux sur les lieux de citoyennet&#233;, de production et de d&#233;tente. Faire vivre les livres dans le quotidien. &#9830; R&#233;appropriation communautaire des pratiques &#233;ducatives.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les modalit&#233;s historiques de la transition de l'alphab&#233;tisation vers la lecturisation sont r&#233;v&#233;latrices des institutions qu'un syst&#232;me social choisit de se donner pour se perp&#233;tuer : en faire une affaire communautaire ou de subordination d'une classe &#224; une autre. Ressent-on assez que le combat engag&#233; aujourd'hui est tout aussi politique que celui men&#233;, il y a 150 ans, entre le mouvement ouvrier et les classes dominantes &#224; propos d'&#233;ducation ? C'est alors d'abord aux classes sociales qui ont besoin du changement de mettre l'&#233;cole en situation de se transformer.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_274 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al131_p41.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 154.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783629978' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; La lecture, une affaire communautaire &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; 3000 photos... 12 cartes postales &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>&#171; Les raisons du d&#233;laissement (du Tiers paysage NDLR) tiennent au regard port&#233; par l'institution sur une cat&#233;gorie de son territoire : exploitation impossible ou irrationnelle / exploitation non rentable / espace destructur&#233;, incommode, impraticable / espace de rejet, de d&#233;chets, de marge / espace d'ins&#233;curit&#233; / espace non revendicable, priv&#233; d'esp&#233;rance. &#187; Gilles Cl&#233;ment, &#8220;Manifeste du Tiers Paysage&#8221;. &lt;br /&gt;&#171; Si vous interrogez le r&#233;el avec une pens&#233;e simplifiante, le r&#233;el sera (...)

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&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;131 - &#171; D&#233;scolarisation &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les raisons du d&#233;laissement&lt;/i&gt; (du &lt;i&gt;Tiers paysage&lt;/i&gt; NDLR) &lt;i&gt;tiennent au regard port&#233; par l'institution sur une cat&#233;gorie de son territoire : exploitation impossible ou irrationnelle / exploitation non rentable / espace destructur&#233;, incommode, impraticable / espace de rejet, de d&#233;chets, de marge / espace d'ins&#233;curit&#233; / espace non revendicable, priv&#233; d'esp&#233;rance.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;Gilles Cl&#233;ment, &#8220;&lt;i&gt;Manifeste du Tiers Paysage&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Si vous interrogez le r&#233;el avec une pens&#233;e simplifiante, le r&#233;el sera extr&#234;mement simple. Si vous l'interrogez avec une pens&#233;e complexifiante, le r&#233;el sera complexe. Cela veut dire qu'il y a toujours plus de choses dans le r&#233;el que n'en peut concevoir l'esprit humain.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;Edgar Morin, cit&#233; par Martin Vanier in &#8220;&lt;i&gt;Qu'est-ce qu'un tiers espace&lt;/i&gt;&#8221;, 2000.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce t&#233;moignage vise &#224; retracer le cheminement d'un groupe d'enfants de CM1/CM2 qui, pendant 8 mois, a produit une s&#233;rie d'images destin&#233;es &#224; renouveler l'offre de cartes postales du village.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rentr&#233;e de septembre : un moment long, dense, difficile mais des plus importants dans le calendrier scolaire, celui o&#249; vont se d&#233;cider les orientations du travail de l'ann&#233;e. Chacun, dans le groupe, y compris l'adulte, participe aux &#233;changes : nous proposons, discutons, &#233;liminons des pistes de travail pour aboutir au choix de la production &#224; venir, parmi tous les possibles imagin&#233;s. En ce mois de septembre 2014, une premi&#232;re id&#233;e surgit : elle fait suite &#224; l'invitation d'une association du village qui a propos&#233;, au mois de juin pr&#233;c&#233;dent, une r&#233;trospective des cartes postales anciennes de Saint-Martory. Si nous faisions des images &#171; &lt;i&gt;d'aujourd'hui&lt;/i&gt; &#187; aux m&#234;mes endroits, et que nous les publiions c&#244;te &#224; c&#244;te ? Rapidement, les enfants qui connaissent bien le village alertent les autres : certains lieux photographi&#233;s il y a un si&#232;cle n'existent m&#234;me plus ! Le village est compos&#233; de deux zones : un village-rue m&#233;di&#233;val et une plaine appel&#233;e encore par les anciens le &#171; &lt;i&gt;faubourg&lt;/i&gt; &#187;. Toute une partie du faubourg, actuellement construite et habit&#233;e, n'&#233;tait &#224; l'&#233;poque peupl&#233;e que de quelques vaches, de maigres potagers et d'un petit nombre de fermes modestes. Evidemment, les cartes postales anciennes que nous avons trouv&#233;es repr&#233;sentent &#171; &lt;i&gt;la ville&lt;/i&gt; &#187; uniquement... c'est-&#224;-dire les quartiers &#171; &lt;i&gt;historiques&lt;/i&gt; &#187;, de passage, de commerce, ceux en vieille pierre. Ce questionnement va nous lancer dans une r&#233;flexion plus g&#233;n&#233;rale sur l'image et une certaine in&#233;galit&#233; dans sa repr&#233;sentation. De toute fa&#231;on, que ce soit du faubourg ou de la ville, il n'y a aujourd'hui pas beaucoup d'images de &#171; &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; &#187;. Remettre en sc&#232;ne des photos vieilles d'un si&#232;cle, c'est adopter un point de vue d'il y a un si&#232;cle, c'est &#171; &lt;i&gt;fossiliser&lt;/i&gt; &#187; un territoire... Plusieurs enfants qui vivent dans le faubourg &#171; &lt;i&gt;nouvellement&lt;/i&gt; &#187; habit&#233; revendiquent une repr&#233;sentation de leur quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s plusieurs t&#233;moignages, &#171; &lt;i&gt;ceux de la ville&lt;/i&gt; &#187; ont longtemps regard&#233; de haut &#171; &lt;i&gt;ceux du faubourg&lt;/i&gt; &#187;... L'histoire va-t-elle se r&#233;p&#233;ter ou allons-nous une bonne fois pour toutes consid&#233;rer que chaque quartier a droit &#224; sa repr&#233;sentation ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_277 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;372&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L400xH283/2019-10-26_08-48-50-97a92-4dc1c.jpg?1572074426' width='400' height='283' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#8226; L'edelweiss est une fleur de montagne poussant &#224; plus de 1300 m&#232;tres d'altitude. &#8226; Le patou des Pyr&#233;n&#233;es est un chien de montagne utilis&#233; dans les estives par les bergers pour d&#233;fendre le troupeau contre les pr&#233;dateurs. &#8226; Saint-Martory est un village de plaine, avec une altitude entre 300 et 400 m&#232;tres. Les premi&#232;res montagnes &#224; l'arri&#232;re plan sont au moins &#224; 20 km.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;QUI VEUT-ON TROMPER ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le sous-entendu de cette image nous renvoie efficacement (pour ne pas dire violemment) &#224; ce que nous sommes tous ici : des habitants d'une zone que les g&#233;ographes n'arrivent m&#234;me plus &#224; d&#233;finir, tellement la &#171; campagne &#187; et ses jolies images d'Epinal sont aujourd'hui transfigur&#233;es. Une zone pour laquelle on copie des paysages d'ailleurs quand on veut la repr&#233;senter ! Une zone &#171; &lt;i&gt;entre deux&lt;/i&gt; &#187;, avec des parcours chaotiques, des paysages compliqu&#233;s... Qui voudrait en faire des images ? Qui cela ferait-il encore r&#234;ver ? Qui aurait seulement l'id&#233;e de regarder avec attention ? Nous, assur&#233;ment, mais pas pour r&#234;ver. Pour comprendre ce qui est arriv&#233;, ce que nous sommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons jamais &#233;t&#233; sollicit&#233;s pour moderniser les cartes postales du village. Si nous souhaitons mettre en &#339;uvre une production r&#233;elle, dirig&#233;e vers la population r&#233;elle, il vaut mieux nous donner nous-m&#234;mes nos missions car il est bien &#233;vident qu'aucune ne nous parviendra spontan&#233;ment ! Nous ne r&#233;pondrons pas &#224; une proposition institutionnelle, nous nous r&#233;pondrons &#224; nous-m&#234;mes. M&#234;me au sein de locaux scolaires, l'activit&#233; ne doit pas se r&#233;duire &#224; des r&#233;alisations factices, pour deux raisons au moins. La premi&#232;re, c'est que les productions &#171; &lt;i&gt;vraies&lt;/i&gt; &#187; permettent d'aspirer &#224; apprendre vraiment et efficacement, et la seconde, c'est que produire &#171; &lt;i&gt;en vrai&lt;/i&gt; &#187;, c'est accepter de se soumettre au jugement de la soci&#233;t&#233;, c'est-&#224;-dire &#234;tre de plain-pied dans le monde. Produire pour l'ext&#233;rieur, c'est se demander comment l'objet produit va &#234;tre accueilli, va &#234;tre lu. On ne fait pas semblant. Ce ne sont pas des professionnels de l'enfance qui accueilleront notre travail. D'ailleurs, la soci&#233;t&#233; attend si peu de ses jeunes enfants qu'aucune demande n'est vraiment formul&#233;e, signe du statut qu'on accorde &#224; celui qui n'est pas encore adulte. On lui demande du joli, du mignon, &#233;ventuellement, du cabotin, mais rarement du malin ! Tout ce personnel de l'enfance r&#233;fl&#233;chit &#224; &#171; &lt;i&gt;faire faire&lt;/i&gt; &#187; quelque chose aux jeunes, m&#234;me si c'est factice (du point de vue de la production) et hypocrite (du point de vue de la r&#233;ception).... &#171; &lt;i&gt;Ils sont encore si jeunes !!!&lt;/i&gt; &#187;. Ce statut de &#171; &lt;i&gt;petit, pas encore capable de parler au monde&lt;/i&gt; &#187; va m&#234;me jusqu'&#224; &#234;tre incorpor&#233; par les fameux &#171; &lt;i&gt;petits&lt;/i&gt; &#187; qui vous disent en fin de projet &#171; &lt;i&gt;C'est pas mal, ce qu'on a fait, quand m&#234;me, pour des enfants !&lt;/i&gt; &#187; Alors, m&#234;me si personne ne nous l'a demand&#233;, nous nous d&#233;cidons : nous r&#233;aliserons des images, que nous r&#233;ussirons, choisirons, aimerons, trierons, publierons, vendrons, et les voisins, les amis, les personnes &#226;g&#233;es qui connaissent chaque recoin de chaque talus jugeront, conseilleront, appr&#233;cieront, critiqueront. Ce sont eux qui garantiront la pertinence de notre travail. On se fixe les projets que l'ext&#233;rieur ne pense m&#234;me pas &#224; nous proposer puisque l'&#233;cole fonctionne en vase clos ! Il est tellement urgent de penser &#224; d&#233;scolariser tout &#231;a....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enfants de l'&#233;cole de Saint-Martory n'en sont pas &#224; leurs premiers questionnements sur le territoire proche. Depuis 2011, plusieurs productions ont d&#233;j&#224; vu le jour et tent&#233; de montrer ce qu'un enfant peut comprendre de la complexit&#233; d'un lieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur ce sujet : Recours aux sources, de Yvanne Chenouf, A.L. n&#176;119 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_278 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L400xH398/2019-10-26_08-55-59-39d64-99b61.jpg?1675383903' width='400' height='398' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un livre d'entretiens avec des habitants para&#238;t en 2012&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Durant une ann&#233;e scolaire, des enfants de cycle 3 ont conduit des entretiens (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les enfants, focalis&#233;s jusqu'alors sur l'&#233;criture de leur texte, d&#233;couvrent l'&#233;tendue des d&#233;g&#226;ts, en parcourant les photos qu'ils avaient prises lors de ses temps de rencontres : une seule a pu para&#238;tre dans l'ouvrage ! Les autres, indispensables &#224; la publication, ont d&#251; &#234;tre &#171; &lt;i&gt;sous-trait&#233;es&lt;/i&gt; &#187; &#224; un photographe, pour des raisons de d&#233;lai d'impression du livre. Sur ce nouveau projet, les photographes seront les enfants, qu'on se le dise ! Une nouvelle fois, il va s'agir, lors de plusieurs sorties, d'ouvrir les yeux sur son cadre de vie, d'aller &#224; la rencontre de cet espace environnant, d'apprendre &#224; poser un regard sur un &#171; &lt;i&gt;paysage&lt;/i&gt; &#187; en pleine mutation... Pour garantir l'aboutissement du projet, le groupe d&#233;cide de s'enrichir de la pr&#233;sence, &#224; ses c&#244;t&#233;s, d'un photographe qui apportera ses connaissances et ses savoir-faire, indispensables pour parvenir aux termes de cette action : Laurent se joint &#224; nous &#224; ce moment-l&#224;. Int&#233;ress&#233; lui aussi par les questions de repr&#233;sentation de la vie des gens dans ces zones qu'on ne sait pas nommer, appel&#233;es par commodit&#233; la campagne, il ne faut pas lui expliquer longtemps ce qui ne sera pas n&#233;gociable : c'est le groupe qui s'organise, qui planifie, qui prend les photos et les d&#233;cisions. Il nous aide &#224; r&#233;unir les conditions n&#233;cessaires pour esp&#233;rer y arriver (taux d'encadrement des sorties, conseils, apports historiques, th&#233;oriques, retours r&#233;flexifs avec nous, pr&#234;t de mat&#233;riel, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;er des cartes postales : une fois la chose dite, mille questions &#233;mergent... Il faut r&#233;fl&#233;chir &#224; ce qu'on veut montrer. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s la premi&#232;re guerre mondiale, &#224; c&#244;t&#233; des grands &#233;diteurs nationaux, de petits photographes locaux vont fixer, pour la post&#233;rit&#233;, les &#233;v&#233;nements marquants, les sc&#232;nes typiques de la vie quotidienne, de la vie politique, etc. Des h&#244;tels, caf&#233;s, restaurants, des commerces en tous genres, utilisent la carte postale comme moyen publicitaire : le propri&#233;taire pose avec ses employ&#233;s et sa famille, devant la vitrine. Tous ces petits moments de l'histoire locale sont aujourd'hui pr&#233;cieux et tr&#232;s recherch&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;. Ce texte tir&#233; de Wikip&#233;dia d&#233;voile une &#171; &lt;i&gt;ligne &#233;ditoriale&lt;/i&gt; &#187; tr&#232;s claire : c'est la France des petits chemins creux, celle de Jean-Pierre Pernaut, celle o&#249; ce qui se passe loin de la ville sera qualifi&#233; de charmant, typique, ancestral, bucolique... Que per&#231;oivent en 2015 des enfants de cet environnement, d&#233;crit ainsi ? Voil&#224; la probl&#233;matique dont va s'emparer le groupe : d&#233;nicher des morceaux de vie, r&#233;&#233;crire l'histoire de ce territoire, bannir les st&#233;r&#233;otypes et les clich&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_279 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L400xH308/2019-10-26_08-59-48-c3e5a-b6df9.jpg?1572074426' width='400' height='308' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une organisation commence &#224; se dessiner. Les 24 acteurs du projet vont se partager le travail selon trois zones g&#233;ographiques. De retour &#224; l'&#233;cole, tout sera regard&#233; en groupe entier, jug&#233;, class&#233;, rang&#233; dans des dossiers. Chaque r&#233;union de travail essaiera de pr&#233;ciser des orientations et des pistes de recherche pour la sortie suivante... La premi&#232;re s&#233;ance de prises de vue a lieu au tout d&#233;but du mois d'octobre. Aucune consigne suppl&#233;mentaire n'est donn&#233;e par les adultes pour compl&#233;ter celle d&#233;cid&#233;e par le groupe : on prend des photos destin&#233;es &#224; devenir cartes postales. Si tout se d&#233;roule dans une bonne ambiance, le traitement des images, une fois la prise de vue en ext&#233;rieur termin&#233;e, se r&#233;v&#232;le beaucoup plus compliqu&#233; que pr&#233;vu : plus de 1000 photos &#224; trier ! Les premiers temps de d&#233;couverte et de lecture r&#233;v&#232;lent des cadrages probl&#233;matiques, des flous inattendus, la voiture du tonton ou le chien pel&#233; du voisin : trois jours minimum seraient n&#233;cessaires pour les regarder toutes ! En accord avec lui, le groupe d&#233;cide que l'intervenant les regardera seul puis en livrera une analyse &#224; partir de quelques images int&#233;ressantes qu'il aura s&#233;lectionn&#233;es... Ce sont ces &#233;changes entre amateurs et professionnel qui vont donner sens et mat&#233;rialit&#233; au travail des enfants. Les propos de Laurent ont consist&#233;, bien &#233;videmment, &#224; offrir son regard d'adulte-photographe sur Saint-Martory, mais aussi, de livrer un t&#233;moignage du groupe d'&#233;l&#232;ves au travail. &#171; &lt;i&gt;Sans les confondre avec un adulte, on permet aux enfants de conna&#238;tre les r&#233;alit&#233;s dans lesquelles ils vivent, de chercher &#224; les comprendre, de projeter et r&#233;aliser des actions visant &#224; les transformer soit &#224; leur &#233;chelle, soit en association avec des adultes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ducation &#224; la citoyennet&#233; / Raymond MiLLot / A.L. n&#176;117 ; p.79.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine suivante, nous disposons de plusieurs dossiers... Tout d'abord, celui des choses &#224; ne plus jamais faire (chiens qui s'accouplent, devanture de la pizzeria...). Tout le monde rate des photos, le d&#233;chet est m&#234;me un des principes de la photographie ! On insiste sur le fait qu'une photo &#171; &lt;i&gt;rat&#233;e&lt;/i&gt; &#187; peut r&#233;v&#233;ler une bonne id&#233;e. Il faut alors la consid&#233;rer comme un brouillon... Si les enfants comprennent parfaitement cette notion dans le cadre d'une production de textes, ils ont &#233;norm&#233;ment de mal &#224; l'associer &#224; la production d'images.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_280 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L400xH600/2019-10-26_09-02-46-35a47-1c3d8.jpg?1572074427' width='400' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, vient le dossier des photos tr&#232;s int&#233;ressantes, avec un regard d&#233;j&#224; aiguis&#233;, mais incompatibles avec l'id&#233;e premi&#232;re de carte postale (les barreaux aux fen&#234;tres de la Poste, les lignes &#233;lectriques qui jalonnent une petite rue). C'est dans la lecture de leurs propres images et leur confrontation que les enfants ont pu, peu &#224; peu, se pr&#233;ciser leur commande, en clarifiant ce qu'ils ne voulaient pas. On se met facilement d'accord sur le fait que telle ou telle image NE PEUT PAS &#234;tre une carte postale ; quant &#224; d&#233;finir ce qu'est une carte postale, c'est, bien s&#251;r, beaucoup plus hasardeux ! Mais, il n'y a pas forc&#233;ment d'urgence &#224; d&#233;finir ce qu'on cherche... Le groupe s'inscrit bien dans une action de production. Tous les acteurs, enfants comme adultes, acceptent de commencer dans l'incertitude, admettent cette derni&#232;re comme un &#233;l&#233;ment clef du processus naturel de toute construction au lieu de chercher &#224; &#233;liminer prise de risque et inconnu. Tous vivent l'int&#233;gralit&#233; d'une exp&#233;rience. Personne, de par son statut, ne peut pr&#233;tendre conduire les actions et en pr&#233;voir les r&#233;sultats. Le temps est davantage per&#231;u comme une dur&#233;e, une garantie, une stabilit&#233;, une r&#233;p&#233;tition, une constance pour vivre et travailler ensemble plut&#244;t que comme une &#233;ch&#233;ance &#224; respecter pour d&#233;rouler un programme dans son int&#233;gralit&#233;. Viennent d'autres images, celles sur lesquelles il fallait qu'on prenne des d&#233;cisions car il s'y passait quelque chose qui r&#233;pondait &#224; nos intentions. Cette troisi&#232;me cat&#233;gorie a &#233;t&#233; source de nombreuses prises de conscience : que cherchions-nous &#224; dire ? Fallait-il se sp&#233;cialiser dans les &#171; &lt;i&gt;monuments&lt;/i&gt; &#187; (comprendre les vieilles pierres), dans les jardins coquets, les maisons anciennes ? L'intervenant a apport&#233; un vocabulaire technique pr&#233;cis, que la plupart des enfants ne connaissaient pas, ou bien qu'ils n'employaient pas tr&#232;s &#224; propos. On a donc pr&#233;cis&#233; nombre de concepts photographiques (point, cadre, point de vue...), apparus, de mani&#232;re obligatoire, lors des analyses de leurs images. Ces termes techniques devaient &#234;tre compris et utilis&#233;s par tous pour assurer la r&#233;ussite du projet. Enfin, nous avons abord&#233; des questions plus larges relatives &#224; l'acte de production d'images : n&#233;cessit&#233; de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce qu'on est en train de faire, de ne pas accepter la r&#233;alisation de &#171; &lt;i&gt;photos automatiques&lt;/i&gt; &#187; o&#249; seuls le hasard et la machine d&#233;cident. L'exp&#233;rimentation nous a permis de prendre conscience que photographier, c'est faire un choix, que cadrer, c'est proposer un point de vue. N&#233;cessairement s'est alors pos&#233;e la question de la responsabilit&#233; du faiseur d'images : la photographie ne devrait pas servir &#224; produire les images les plus laides et les plus ridicules possibles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accompagner un groupe d'enfants pr&#233;occup&#233;s par toutes ces questions a quelque chose de tr&#232;s dr&#244;le (parce qu'au d&#233;part, ils tombent &#224; plat ventre dans tous les st&#233;r&#233;otypes et clich&#233;s, avec une g&#233;n&#233;rosit&#233; sans faille !) mais aussi de prodigieux. Peu &#224; peu, les cat&#233;gories classiques de la repr&#233;sentation disparaissent : &#171; &lt;i&gt;faire&lt;/i&gt; &#187; un paysage, &#171; &lt;i&gt;montrer&lt;/i&gt; &#187; un monument... D'autres regards &#233;mergent : la lumi&#232;re illumine le fleuve &#224; cet endroit, le sommet du Cagire nous rappelle le travail d'Hokusai, la forme d'un nuage, d'une flaque... Si nous nous sentons oblig&#233;s de proposer une image de l'&#233;glise, pouvons-nous mat&#233;riellement faire une image &#171; &lt;i&gt;classique&lt;/i&gt; &#187;, avons-nous le bon appareil, l'avion qui va nous sur&#233;lever ? Finalement, ne sommes-nous pas tout aussi touch&#233;s par le travail des sculpteurs sur les chapiteaux en pierre jaune ? Les valeurs de cadre &#233;voluent... On se rapproche, on scrute, on compare, comme si on commen&#231;ait &#224; entrer vraiment dans le langage photographique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_281 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L400xH309/2019-10-26_09-05-17-d8cfd-6a27a.jpg?1572074427' width='400' height='309' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand l'hiver est venu, il nous fallait bien continuer ! Les maisons grises, le ciel gris, les arbres gris... nous &#233;tions face &#224; un nouveau questionnement. Comment des enfants pouvaient-ils prendre conscience que la m&#233;t&#233;o peu cl&#233;mente n'&#233;tait pas forc&#233;ment une mal&#233;diction ? Qu'au contraire, les lumi&#232;res d'automne et les gros nuages sombres, pouvaient cr&#233;er une ambiance tr&#232;s int&#233;ressante, &#224; condition de les prendre en compte dans la composition choisie ? On s'est accord&#233;s sur ce qu'on chercherait pendant la saison grise : &#234;tre attentifs &#224; la lumi&#232;re, au ciel, aux nuages, et pas seulement &#224; &#171; &lt;i&gt;ce qu'on va photographier&lt;/i&gt; &#187;. M&#234;me si elle peut se r&#233;v&#233;ler tentante, l'&#233;quation &#171; &lt;i&gt;grand ciel bleu = belle photo&lt;/i&gt; &#187; peut &#234;tre abandonn&#233;e... Mine de rien, voil&#224; une avanc&#233;e consid&#233;rable ! Finalement, nous ne chercherons pas forc&#233;ment le ciel bleu des d&#233;pliants touristiques, mais plut&#244;t quelque chose d'&#233;vocateur qui, au premier regard, pourra assurer de la saison pendant laquelle le clich&#233; a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De sortie en sortie, le nombre d'images produites diminue consid&#233;rablement. Les enfants ont compris que c'&#233;tait m&#234;me un crit&#232;re de r&#233;ussite du travail de leur groupe : &#171; &lt;i&gt;On fait peu de photos, il y a peu de d&#233;chet au final&lt;/i&gt; &#187;. D'ailleurs, c'est l'une des premi&#232;res questions &#224; chaque retour, &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, combien en tout ?&lt;/i&gt; &#187;. En comparaison des 1000 clich&#233;s du d&#233;but, nous ne d&#233;passerons jamais plus les 200... Tout est cadr&#233; sur un pied photo. On discute le cadre en &#233;quipe. On passe beaucoup de temps &#224; regarder, &#224; chercher des axes et des points de vue. Les enfants se d&#233;placent, ils ne restent jamais coinc&#233;s sur un point de vue, ils bougent jusqu'&#224; s'estimer &#224; l'endroit id&#233;al. &#192; de nombreux moments, ils &#171; &lt;i&gt;r&#233;&#233;crivent&lt;/i&gt; &#187; en direct, en prenant une photo, puis une autre juste un peu d&#233;cal&#233;e, un peu plus ou un peu moins en surplomb, pour pouvoir les comparer de retour en classe. Plus tard, vient la phase de retouche sur les images qu'ils s&#233;lectionnent eux-m&#234;mes. &#192; l'aide du logiciel Photoshop, ils recadrent, changent de format d'image, &#171; &lt;i&gt;r&#233;chauffent&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;refroidissent&lt;/i&gt; &#187; les couleurs, mais toujours en petits groupes, pour conserver la qualit&#233; des &#233;changes et l'intellectuel collectif qui permet de prendre les d&#233;cisions. Laurent &#233;crit &#224; ce moment : &#171; &lt;i&gt;Ils sont tr&#232;s concentr&#233;s, ils r&#233;fl&#233;chissent &#224; ce qu'ils photographient, mais ils sont toujours tr&#232;s actifs et tr&#232;s enthousiastes. Je me r&#233;jouis quand je vois la qualit&#233; du travail de mon groupe, et que je mesure, ensuite, en parlant avec Laurence, le degr&#233; de d&#233;tresse scolaire d'enfants qui se sont r&#233;v&#233;l&#233;s brillants lors de la sortie photos&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_282 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L400xH526/2019-10-26_09-09-15-f9e8f-1c457.jpg?1675383903' width='400' height='526' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus, les enfants se mettent &#224; proposer des lieux &#224; photographier. Ils argumentent sur le relief, le point de vue, l'ambiance de cet endroit. Ils rapportent &#224; l'&#233;cole les id&#233;es de promenade faites en famille ; certains parents proposent aussi, avec la fiert&#233; de celui qui conna&#238;t &#171; &lt;i&gt;un coin&lt;/i&gt; &#187; hors des sentiers battus. Syst&#233;matiquement, ces endroits sont rep&#233;r&#233;s sur carte et discut&#233;s en groupe, &#171; &lt;i&gt;qualifi&#233;s&lt;/i&gt; &#187; par des nouveaux mots que les enfants n'utilisaient pas avant : ouvert, ferm&#233;, angoissant, en friche, pesant, v&#233;g&#233;tal, des nouveaux mots pour dire leur territoire. Provoquer des &#233;changes, des regards crois&#233;s entre enfants et adultes aura aussi &#233;t&#233; au centre des pr&#233;occupations de ce collectif.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_284 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L200xH487/2019-10-26_09-17-06-fc0b7-5e982.jpg?1572074427' width='200' height='487' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, une s&#233;rie de 12 images est imprim&#233;e et vendue dans le village. Il y a ceux qui soutiennent, qui envoient &#224; nouveau des cartes postales &#224; leurs amis, &#224; leur famille. Il y a ceux qui boudent l'initiative. Il y a le nouveau responsable du bureau de poste qui ne peut pas vendre les cartes dans son agence, car il en a l'interdiction : &#171; &lt;i&gt;Pas de concurrence aux produits La Poste&lt;/i&gt; &#187;, lui dit sa hi&#233;rarchie. La complexit&#233; demeure. Mais le projet est fini, il a abouti. La souscription lanc&#233;e dans le village a permis en quelques jours de r&#233;unir la somme pour imprimer les cartes. Les enfants sont fiers. Pendant le s&#233;jour en camping &#224; la fin de l'ann&#233;e, ils ont m&#234;me pris... des photos ! Pour les adultes, la question de la repr&#233;sentation de notre territoire proche reste enti&#232;re. Au fur et &#224; mesure que nous progressions avec les enfants, les questions se multipliaient : pourquoi avons-nous le sentiment d'&#234;tre &#171; &lt;i&gt;mal vus&lt;/i&gt; &#187; par la ville, et mal accueillis par les quelques repr&#233;sentants du monde campagnard ? &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que c'est que cette zone ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition des territoires ni urbains ni ruraux est d'actualit&#233;. Et Saint-Martory n'en a pas l'exclusivit&#233; ! C'est un enjeu de luttes dans le champ de la g&#233;ographie, et plus largement, dans les choix des politiques territoriales. Martin Vanier montre bien la port&#233;e du d&#233;bat et ses cons&#233;quences politiques : &#171; &lt;i&gt;La question p&#233;riurbaine, avatar moderne des rapports villes-campagnes, est &#233;nonc&#233;e syst&#233;matiquement comme le champ de la catastrophe tous azimuts.(...) Tout se passe comme si le p&#233;riurbain (l'espace, comme l'individu qui le peuple), &#233;go&#239;ste dans sa version solvable, &#224; la d&#233;rive dans l'autre, concentrait ce que la soci&#233;t&#233; stigmatise en elle : l'individualisme, le g&#226;chis des ressources un moment abondantes, le refus des formes solidaires d'am&#233;nagement et de gestion de l'espace, la d&#233;-liaison sociale, la banalisation des sp&#233;cificit&#233;s territoriales, la perte des identit&#233;s... Comble de la preuve : aujourd'hui le p&#233;riurbain voterait FN, comme nagu&#232;re certaines banlieues se sont construites une identit&#233; en votant &#171; rouge &#187;, tandis que villes et campagnes continuent de distribuer plus sagement leurs mandats &#224; des partis gouvernementaux. Somme toute, si le p&#233;riurbain constituait une quelconque &#171; nouvelle fronti&#232;re &#187;, celle de la transformation sociale, le moins qu'on puisse dire c'est que la soci&#233;t&#233;, ou plut&#244;t ses experts, ses chercheurs, n'en ont pas en France une vision tr&#232;s optimiste.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Martin VANIER, Rural - Urbain : qu'est-ce qu'on ne sait pas ? 2012&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant de questions, qui, aussi &#233;trange que cela puisse para&#238;tre, pourraient passionner nos &#233;l&#232;ves. D'autres travaux suivront, dans les ann&#233;es futures. L'&#233;cole de Saint-Martory n'a pas fini de creuser ce sillon. L'an prochain, il faudrait &#233;crire un nouveau livre...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_283 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L400xH263/2019-10-26_09-15-37-73f22-3caaf.jpg?1572074427' width='400' height='263' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_285 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;51&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al131_p55.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.1 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783629978' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; 3000 photos... 12 cartes postales &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir sur ce sujet : &lt;i&gt;Recours aux sources&lt;/i&gt;, de Yvanne Chenouf, A.L. n&#176;119 (septembre 2012) / &lt;i&gt;Cartographies de d&#233;placements en maternelle&lt;/i&gt;, de Carole Donini, A.L. n&#176;124 (d&#233;cembre 2013) / &lt;i&gt;Les vacances d'&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, un dossier pour le journal de l'&#233;cole, de Laurence Dauguet, A.L. n&#176;124 (d&#233;cembre 2013)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Durant une ann&#233;e scolaire, des enfants de cycle 3 ont conduit des entretiens avec des personnes du village, pour essayer de comprendre leur rapport au territoire, leur attachement comme leurs regrets, leurs choix, leurs contraintes... Ces entretiens, syst&#233;matiquement r&#233;&#233;crits avec le point de vue d'enfants d'aujourd'hui, ont &#233;t&#233; publi&#233;s sous le titre &lt;i&gt;Gens de Saint-Martory&lt;/i&gt;, en juin 2012&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#201;ducation &#224; la citoyennet&#233;&lt;/i&gt; / Raymond MiLLot / A.L. n&#176;117 ; p.79.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Martin VANIER, &lt;i&gt;Rural - Urbain : qu'est-ce qu'on ne sait pas ?&lt;/i&gt; 2012&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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