<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Association Fran&#231;aise pour la Lecture</title>
	<link>http://actes-de-lecture.org/</link>
	
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?id_rubrique=40&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; &#201;crire dans une classe de CM &#187;</title>
		<link>http://actes-de-lecture.org/spip.php?article34</link>
		<guid isPermaLink="true">http://actes-de-lecture.org/spip.php?article34</guid>
		<dc:date>2016-06-15T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Thierry Opillard d&#233;crit un dispositif facilitateur d'&#233;criture pour des &#233;l&#232;ves de CM.

-
&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;134 - &#171; Pratiques de classe en recherche &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thierry Opillard d&#233;crit un dispositif facilitateur d'&#233;criture pour des &#233;l&#232;ves de CM. Celui-ci, m&#226;tin&#233; d'un travail en lecture o&#249; l'habitude est prise de pister syst&#233;matiquement ce que le texte dit sans le dire, o&#249; les &#233;l&#232;ves deviennent des lecteurs de soup&#231;on, des d&#233;nicheurs de ressorts textuels, leur donne envie d'en &#234;tre aussi producteurs. Quand on sent, sans savoir comment on va s'y prendre ni si &#231;a peut aboutir, qu'on va, qu'on peut, basculer de l'&#233;criture d'une aventure dans l'aventure d'une &#233;criture...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ma conviction profonde el constante est qu'il ne sera jamais possible de lib&#233;rer la lecture si, d'un m&#234;me mouvement, nous ne lib&#233;rons pas l'&#233;criture.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;Roland Barthes&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'enjeu du travail litt&#233;raire (de la litt&#233;rature comme travail), c'est de faire du lecteur, non plus un consommateur, mais un producteur de textes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;Roland Barthes - &lt;i&gt;Le plaisir du texte&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le contexte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plus d'un gros tiers de ma carri&#232;re en &#233;cole maternelle avec des &#171; publics de quartiers &#187; comme disent les coll&#232;gues qui ne les ont jamais crois&#233;s, je retourne en CM avec des enfants majoritairement de cat&#233;gories socio-professionnelles moyennes et sup&#233;rieures de zone p&#233;riurbaine. Ils sont trente et presque tous pourvus en lecture des comp&#233;tences de bases et, pour une bonne partie, des comp&#233;tences approfondies, lisent des livres entiers, sont scolaires et &#233;veill&#233;s. Il &#171; ne reste qu'&#224; &#187; leur faire d&#233;couvrir qu'il y a aussi des comp&#233;tences remarquables, ce qu'ils feront avec d&#233;lectation, et que &#231;a pourrait bien avoir &#224; faire avec l'&#233;criture. Je fais le deuil d'une &#171; politique de lecture &#187; &#224; une &#233;chelle d&#233;passant l'&#233;cole voire la classe, il me reste tr&#232;s peu de temps dans la carri&#232;re, et la structure socio-g&#233;ographique de petit village p&#233;ri-urbain sympathique et vivant est probablement encore moins demandeuse de &#231;a que la moyenne. Alors je fais miennes ces lignes d'Edouard Glissant :&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;&lt;center&gt;Pense avec le monde,&lt;br&gt;
Il ressort de ton lieu,&lt;br&gt;
Agis en ton lieu,&lt;br&gt;
Le monde s'y tient,&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;pour faire le peu que je peux l&#224; o&#249; je peux, en saisissant les opportunit&#233;s, les possibilit&#233;s, les vell&#233;it&#233;s, si elles se pr&#233;sentent, si je r&#233;ussis &#224; en cr&#233;er. Pour que les enfants puissent faire le maximum qu'ils peuvent l&#224; o&#249; ils pourraient avoir prise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Installer un cadre p&#233;dagogique... &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La probl&#233;matique de &#171; faire &#233;crire &#187; les &#233;l&#232;ves.&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Les &#233;l&#232;ves doivent savoir lire &#233;crire compter. Qu'est-ce que cela recouvre de savoir &#233;crire ? On le sait, l'alphab&#233;tisation les place en situation de croire en une sorte d'isomorphisme formel et fonctionnel entre l'&#233;crit et l'oral ; elle les met dans l'obligation de transcrire de l'oral sur du papier quand ils &#233;crivent, parce qu'ils ont appris que lire c'est d&#233;chiffrer par oral ce qui est &#233;crit, que l'un est le calque de l'autre. Le syst&#232;me &#233;ducatif s'est organis&#233; ainsi par souci &#233;conomique court-termiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un rendu visible, pardon, audible, rapide, mais les cons&#233;quences (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par m&#233;connaissance de ce qu'est &#233;crire, par intention d&#233;clar&#233;e aux origines&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On ne rappellera jamais assez les des propos &#224; l'Assembl&#233;e de Jules Ferry (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de ne pas mettre &#224; disposition du plus grand nombre cet outil puissant de penser qu'est le langage &#233;crit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La question centrale en ce qui concerne la lecture et l'&#233;criture appara&#238;t (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une v&#233;ritable appropriation de l'&#233;crit passe par bien autre chose que l'imm&#233;diate pr&#233;sence au monde de l'oral : une implication &#233;conomico-sociale qui procure le statut d'acteur, une r&#233;elle situation de communication &#233;crite, un r&#233;el destinataire, du temps pour produire, une entr&#233;e dans cette mani&#232;re de penser qui &#233;loigne du conjoncturel pour s'approcher du structurel, etc. : il fallait tendre vers cela en tirant le mieux possible sur chacune de ces r&#234;nes et faire avancer l'attelage. &#171; &lt;i&gt;La s&#233;miotique de l'&#233;crit n 'est pas un redoublement de la s&#233;miotique de l'oral&lt;/i&gt; &#187; a dit Jack Goody. Cela, il faut le faire vivre aux &#233;l&#232;ves, en organiser l'exp&#233;rimentation r&#233;it&#233;r&#233;e, leur faire sentir, et, r&#233;fl&#233;chir dessus : &#171; &lt;i&gt;On enseigne &#224; &#233;crire le &#171; fran&#231;ais &#187; aux jeunes gens mais on ne songe pas que le meilleur conseil serait de les incitera r&#233;fl&#233;chir quelque peu sur le langage&lt;/i&gt; &#187; &#233;crit Paul Val&#233;ry, dans &lt;i&gt;Cahiers&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le grand saut. &lt;/strong&gt; Au d&#233;but de ma carri&#232;re, j'avais exp&#233;riment&#233; de fa&#231;on intuitive et peu organis&#233;e avec une classe de CM le fait d'&#233;crire fr&#233;quemment, des textes longs, et constat&#233; qu'une certaine qualit&#233; apparaissait au fil des productions, tant dans la forme que dans le fond. L'id&#233;e &#233;tait de recommencer, de fa&#231;on plus structur&#233;e, arm&#233; des concepts afliens. Il fallait, en arrivant dans cette classe de CM, obliger les &#233;l&#232;ves &#224; plonger dans un univers nouveau et d&#233;stabilisant, o&#249; le groupe allait devoir faire corps par les mutualisations de leurs v&#233;cus pour se sortir de cette situation. Il fallait les y accompagner avec des th&#233;orisations claires. Il fallait mouiller le maillot avec eux, c'est-&#224;-dire &#233;crire aussi, et mettre au pot commun les tenants et aboutissants de ma propre &#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) Travail pr&#233;paratoire d'accumulation et d'organisation du mat&#233;riau, sur un espace sp&#233;cifique&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
On travaille d'abord &#224; mettre en doute qu'&#233;crire c'est poser sur le papier de l'oral au fil des id&#233;es qui arrivent, ce qui s'observe dans leurs &#233;crits, tant dans l'orthographe invent&#233;e &#224; partir de ce qu'ils entendent, que dans la syntaxe de leurs phrases qui est bien plus paratactique qu'hypotactique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La parataxe caract&#233;rise la tendance g&#233;n&#233;rale &#224; l'organisation juxtapos&#233;e des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, il est institu&#233; une m&#233;thode de production : un travail pr&#233;paratoire d'accumulation et d'organisation du mat&#233;riau collect&#233; est syst&#233;matiquement demand&#233;, sur une feuille sp&#233;cifique, une feuille de travail, la &#171; &lt;i&gt;fameuse feuille verte&lt;/i&gt; &#187; qui a fait tant parler dans la classe et dans les familles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_179 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L350xH465/2019-04-29_08-25-20-bed2f-3e2d9.jpg?1673753236' width='350' height='465' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce premier document a &#233;t&#233; lu et &#233;tudi&#233; en d&#233;tail, au tout d&#233;but de l'ann&#233;e. Tr&#232;s vite et pour passer au concret, la premi&#232;re &#171; &lt;i&gt;consigne &#224; contraintes&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PRODUCTION &#201;CRITE n&#176;1... Consigne : &#201;crivez une histoire / Vous devez (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est distribu&#233;e : un suivi au plus pr&#232;s de l'avancement et du renseignement de cette feuille de travail est organis&#233; au quotidien, en mettant en avant celles qui correspondent &#224; l'attente, en montrant les diverses formes qu'elles peuvent prendre. Le groupe r&#233;alise que cette feuille verte est un chantier, un espace d'essais et de choix, parfois d'impasses et d'abandons. &#171; &lt;i&gt;L'art des vers, par bonheur, n'est pas un art certain, il s'y pr&#233;sente &#224; chaque instant des probl&#232;mes sans issues. Un rien fait naufrager un beau po&#232;me, compromet &#161;'accomplissement, brise le charme. Le cerveau des po&#232;tes est un fond de mer o&#249; bien des coques reposent. Mais ces situations plus ou moins d&#233;sesp&#233;r&#233;es que connaissent tous les po&#232;tes, elles ne sont pas toutefois inutilisables. C'est une affaire d'esprit. Apr&#232;s tout, l'observateur qui est en nous n'est-il pas plus instruit par la d&#233;faite ? Ce qui se fait facilement se fait sans nous.&lt;/i&gt; &#187; nous dit Paul Val&#233;ry. Il per&#231;oit progressivement que le processus d'&#233;criture n'est que la d&#233;clinaison du processus plus g&#233;n&#233;ral de nos autres productions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme c'est le cas lors : &#9830; de la semaine cirque du d&#233;but d'ann&#233;e avec la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et des productions humaines en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_180 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/jpg/2019-04-29_08-26-22.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L350xH464/2019-04-29_08-26-22-1dc54-42040.jpg?1556524032' width='350' height='464' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondant &#224; la promesse faite que j'allais &#233;crire &#224; chaque fois en m&#234;me temps qu'eux, je leur donne deux exemples de textes produits &#224; partir de la consigne ainsi que les &#233;l&#233;ments de mes &#171; &lt;i&gt;feuilles vertes&lt;/i&gt; &#187;, un texte de facture narrative classique et un texte ressemblant &#224; un fil de pens&#233;e int&#233;rieure, l'un et l'autre comportant des &#233;l&#233;ments clin d'&#339;il du v&#233;cu de la classe. Ce second texte, en d&#233;tournant la consigne, contribue &#224; &#233;largir leurs repr&#233;sentations de l'acte d'&#233;crire : ce n'est pas seulement raconter des histoires...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/jpg/2019-04-29_08-36-09.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L350xH465/2019-04-29_08-36-09-6bd98-787e9.jpg?1673753236' width='350' height='465' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) Une consigne pr&#233;cise qui d&#233;finit un cadre d'&#233;criture pour constater qu'&#233;crire n'est pas forc&#233;ment inventer une histoire&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
C'est alors que &#171; l'imagination &#187; fait son entr&#233;e ! &#171; C'est dr&#244;le, c'est une histoire et c'est pas une histoire, comment t'as invent&#233; &#231;a ? &#187;, &#171; Moi, j'ai pas d'id&#233;es... &#187;, &#171; J'ai pas d'imagination... &#187;. Pour d&#233;bloquer cet obstacle, relevant grandement des repr&#233;sentations romantiques ancr&#233;es en eux tr&#232;s t&#244;t, les occasions, provoqu&#233;es ou fortuites, n'ont pas manqu&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On a retrouv&#233; cette id&#233;e de &#171; l'inspiration &#187;, plusieurs fois sujet de nos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, au d&#233;but de l'ann&#233;e, pendant l'&#233;tude approfondie du roman Le secret de &lt;i&gt;Grand-p&#232;re&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dont les th&#232;mes sont : la guerre, les relations entre classes sociales et... (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de Michael Morpurgo, nous nous sommes demand&#233; en lisant sa bibliographie pourquoi il avait &#233;crit des livres intitul&#233;s &lt;i&gt;Rabin des bais&lt;/i&gt;, ou &lt;i&gt;Le roi Arthur&lt;/i&gt; ; ou encore &lt;i&gt;Les fables d'Esope&lt;/i&gt;. Il fut &#233;vident, apr&#232;s nos &#233;changes, qu'il n'en &#233;tait pas l'auteur original, qu'il n'avait pas comme intention d'&#233;crire ces histoires, puisqu'elles l'&#233;taient d&#233;j&#224;, mais qu'il voulait plut&#244;t &lt;strong&gt;faire&lt;/strong&gt; autre chose avec ce qui existait d&#233;j&#224;. &#171; &lt;i&gt;Il voulait y mettre son grain de sel.&lt;/i&gt; &#187; comme a dit une &#233;l&#232;ve, sans peut-&#234;tre avoir compl&#232;tement per&#231;u la pertinence de sa m&#233;taphore culinaire. R&#233;&#233;crire une histoire n'est pas un probl&#232;me, &#231;a s'est toujours fait, de la part des plus grands auteurs. Pourquoi donc font-ils cela ? C'est le travail quotidien sur les textes qui va nous faire approcher des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse. Le choix du texte de C&#233;cile Ladjali s'impose : travail ardu, long, n&#233;cessitant un fort accompagnement, mais quelle r&#233;v&#233;lation, quelle lib&#233;ration. &#171; &lt;i&gt;Je peux &#233;crire quelque chose que j'ai vu &#224; la t&#233;l&#233; ou au cin&#233;ma, ou que j'ai d&#233;j&#224; lu&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;CRIRE, C'EST LIRE ET PILLER CE QUI EXISTE&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&#171; &lt;i&gt;Mes personnages ne sont jamais que les enfants n&#233;s de mes lectures. Il m'est impossible d'&#233;crire sans avoir lu, parce que la t&#226;che de l'&#233;crivain commence avec ce patient arpentage des &#339;uvres, crayon en main, cornant les pages, lisant &#224; voix haute bien souvent. Un &#233;crivain est avant tout un grand lecteur. Mais un lecteur qui a du vice : il perturbe le cours calme et suave de la lecture, cr&#233;e un estuaire, et pr&#233;cipite les mots arrach&#233;s aux livres dans l'oc&#233;an de ses travaux. Le roman en train de s'&#233;crire est ainsi continuellement abreuv&#233; par les tr&#232;s riches heures pass&#233;es &#224; fr&#233;quenter les textes des autres. Si les images et les mots vol&#233;s viennent &#224; manquer, la mer se tarit puis meurt. Le sel a rong&#233; sa faune, sa flore. La page, son intention m&#234;me est devenue s&#232;che, r&#226;peuse. On ne cr&#233;e jamais rien. On se souvient du po&#232;me lu la veille. C'est tout. &#171; Je n'ai jamais &#233;t&#233; capable d'inventer &#187; a &#233;crit Paul Celan dans une lettre de 1962. Le po&#232;te des po&#232;tes l'ayant avou&#233;, admettons apr&#232;s lui qu'on ne cr&#233;e pas ex nihilo mais qu'on se contente de faire l'inventaire des lexiques, des syntaxes, des images, en arpentant notre biblioth&#232;que pour ensuite instiller ces principes essentiels au texte en cours. Et si l'on a un peu de talent, la forme est nouvelle, le langage chante d'une autre mani&#232;re.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;(C&#233;cile LADJALI / Ma biblioth&#232;que Lire, &#233;crire, transmettre, Seuil, 2014)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Oui, &#233;crire, c'est mettre son grain de sel dans une histoire, c'est mettre son grain de sel dans le monde. De quoi &#233;picer ce quotidien o&#249; on n'est pas sens&#233; avoir son mot &#224; dire. Tout ceci ouvre des droits enthousiasmants, ils le comprennent vite, mais impose en retour des responsabilit&#233;s et des devoirs qui font entrer en soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3) Une aide technique en soutien&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
L'entra&#238;nement simultan&#233; sur eisa, sur les types de comp&#233;tences de lecteur, notamment les comp&#233;tences remarquables dont l'une d'elle est la lecture de l'implicite, les aide &#224; d&#233;couvrir que les intentions d'un auteur ne sont pas toujours explicit&#233;es de fa&#231;on transparente. &lt;i&gt;Le petit chaperon rouge&lt;/i&gt; ne nous raconte pas seulement l'histoire d'une petite fille qui va porter des victuailles &#224; sa grand-m&#232;re... Sinon, pourquoi donc &lt;i&gt;Le petit chaperon rouge&lt;/i&gt; serait-il &#233;crit et r&#233;&#233;crit tant de fois ? Il y aurait donc un au-del&#224; du miroir dans les textes, chez les auteurs... Chez les gens ? Dans la vie ? Ils d&#233;couvrent que Yakouba expose une probl&#233;matique morale au-del&#224; de l'anecdote de la vie d'un jeune homme africain. Celle-ci a peut-&#234;tre d&#233;j&#224; &#233;t&#233; racont&#233;e sous d'autres formes, inattendues ; il nous semble bien apercevoir de l'Antigone chez ce jeune homme... Entre lois de la Cit&#233; / de la Communaut&#233; et imp&#233;ratifs moraux personnels, il faut faire un choix.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette liste des personnages, rencontr&#233;s dans les livres ou les films, soumis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Et je constate, apr&#232;s la mi-ann&#233;e, que certains &#233;l&#232;ves se mettent dans la d&#233;marche d'essayer d'insuffler &#224; leurs textes, des &#233;l&#233;ments nouveaux : du clin d'&#339;il, des r&#233;f&#233;rences&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;crit est un vaste syst&#232;me r&#233;f&#233;rentiel (l'hypertexte de la Toile l'a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, des situations destin&#233;es &#224; illustrer un probl&#232;me sous-jacent plus grave, voire des &#233;l&#233;ments de r&#233;flexion tirant vers la &#171; philosophie &#187;. Tr&#232;s vite le probl&#232;me de &#171; l'imagination &#187; s'est estomp&#233; : &#171; &lt;i&gt;L&#224;, j'ai une id&#233;e de production &#233;crite, mais elle n'ira pas avec ce qui est demand&#233; celle semaine. Est-ce que je peux commencer &#224; l'&#233;crire, &#224; faire une feuille verte ? Je peux la mettre en r&#233;serve pour une autre fois ?&lt;/i&gt; &#187; demande Timoth&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UN FOND DE MER O&#217; BIEN DES COQUES REPOSENT&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
La semaine pr&#233;c&#233;dent les vacances de f&#233;vrier, je leur distribue la consigne d'&#233;criture suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PRODUCTION &#201;CRITE N&#176;9 / Consigne&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;1) Relisez la nouvelle de l'homme dont le regard &#171; gu&#233;rit la plan&#232;te de ses maux &#187; et donc &#233;limine l'humanit&#233;.&lt;br&gt;
2) Finalement, le narrateur et la femme qui se sont retrouv&#233;s dans l'espace &#224; bord de la station spatiale ne sont pas seuls. Il y a d'autres humains. Trouvez une id&#233;e pour montrer cela et comment ils vont pouvoir communiquer et se regrouper.&lt;br&gt;
3) Pendant les vacances de f&#233;vrier, j'utiliserai vos id&#233;es pour &#233;crire la suite de la nouvelle.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;Remise de vos feuilles vertes et blanches : vendredi 5 f&#233;vrier / Remise de mon texte : lundi 22 f&#233;vrier&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le sujet est difficile et cr&#233;e un peu de d&#233;sarroi. Une s&#233;ance de brainstorming est provoqu&#233;e pour les mettre en selle et leur proposer du mat&#233;riau &#224; piller. On se rem&#233;more ensemble le d&#233;roulement de la nouvelle et sa fin, les cons&#233;quences pour l'esp&#232;ce humaine si on en reste l&#224; (deux humains seuls qui ne peuvent pas &#224; eux deux repeupler la Terre). Il nous faut trouver d'autres humains rescap&#233;s du grand nettoyage de la race humaine qui a termin&#233; l'histoire. Nous allons alors vivre ensemble cet exploration des possibles. Nous allons &#233;carter les solutions peu cr&#233;dibles, peu coh&#233;rentes temporellement, logiquement, scientifiquement et celles qui font basculer la nouvelle de science-fiction dans le fantastique ; bref, nous allons cerner les contraintes qui nous permettront d'&#233;tablir le cadre de notre &#233;criture. Nous allons multiplier les id&#233;es, ouvrir les voix &#224; d&#233;velopper. Le tableau devient une gigantesque feuille verte o&#249; &#231;a fusent de toutes part. Janelle prend en note sur un ordi :&lt;br&gt;
1) des gens qui reviennent de mars (20 personnes).&lt;br&gt;
2) refabriquer des humains avec de l'ADN et des robots qui refont des b&#233;b&#233;s.&lt;br&gt;
3) banque de spermatozo&#239;des et d'ovules.&lt;br&gt;
4) faire un enfant qui aura les deux pouvoirs de ses parents et sauvera la terre.&lt;br&gt;
5) ils font des &#233;changes de c&#339;ur de foi etc. et ils remettent ce qu'lls ont trouv&#233; dans des corps d'humains morts qui sont enterr&#233;s.&lt;br&gt;
6) des gens ont fui leurs pays &#224; cause de la dictature et ils sont all&#233;s sur une autre plan&#232;te avec des vaisseaux (des centaines de personnes).&lt;br&gt;
7) base lunaire secr&#232;te qui faisait des exp&#233;riences d'isolement d'un groupe d'humains (24)&lt;br&gt;
8) des humains sous la terre, sp&#233;l&#233;ologues, creusement de tunnels (aussi en plong&#233;e sous-marine o&#249; dans des sous-marins).&lt;br&gt;
9) les scientifiques des laboratoires P4 (&#233;pargn&#233;s car super isol&#233;s).&lt;br&gt;
10) tribus &#233;cologiques de l'Amazonie qui n'ont jamais fait de mal &#224; la plan&#232;te.&lt;br&gt;
11) des astronautes cryog&#233;nis&#233;s pour un long voyage de retour vers la Terre.&lt;br&gt;
12) fus&#233;e retrouv&#233;e, humains congel&#233;s.&lt;br&gt;
13) le pouvoir de l'homme n'a pas &#233;limin&#233; les humains mais les a t&#233;l&#233;port&#233;s ailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
On s'est arr&#234;t&#233; l&#224; et l&#224; n'&#233;tait pas le plus int&#233;ressant : c'&#233;tait dans les id&#233;es que nous avons abandonn&#233;es et pourquoi nous les avions abandonn&#233;es. L'exp&#233;rimentation en direct de ce qu'a si bien traduit Val&#233;ry.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4) Le destinataire&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Se trouver dans une r&#233;elle situation de communication, autrement dit avoir un r&#233;el destinataire, est probablement la condition principale qui permet d'&#233;crire : &#224; l'oppos&#233; de l'oral, le scripteur se trouve dans la situation de devoir prendre en compte l'absence du destinataire, de devoir g&#233;rer les &#233;ventuelles questions qu'il se posera, d'anticiper sa compr&#233;hension et les effets possibles du texte sur lui. Or, dans les conditions actuelles du syst&#232;me d'enseignement, les sollicitations du corps social aupr&#232;s des jeunes en g&#233;n&#233;ral pour les faire interagir avec l'ext&#233;rieur, qu'ils soient &#224; l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire, au coll&#232;ge ou plus loin encore dans leur scolarit&#233; ne sont pas l&#233;gion, c'est peu de le dire ; l'Ecole fonctionne en circuit ferm&#233;, isol&#233;e du reste de la soci&#233;t&#233;. Si elle essaie de cr&#233;er des situations de communication &#233;crite, elles sont limit&#233;es, souvent artificielles, mais peuvent avoir l'avantage de r&#233;duire la boucle scripteur-lecteur. Puisque c'est indispensable, j'ai essay&#233; d'agir sur ce levier : &#9658; en m'instituant lecteur r&#233;el de leurs textes &#224; travers des crit&#232;res communiqu&#233;s &#224; l'avance (voir ci-contre), &#9658; en renvoyant syst&#233;matiquement une &#171; feuille jaune &#187; en retour des feuilles vertes et blanches re&#231;ues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois que leur travail leur est rendu, il est accompagn&#233; d'une feuille jaune d&#233;veloppant des remarques sur la nature du texte, sa construction, l'encha&#238;nement des id&#233;es, les probl&#232;mes rencontr&#233;s &#224; sa lecture, mais aussi, sur leur utilisation de la feuille verte et des conseils pour mieux l'utiliser encore, et enfin proposant un programme de travail personnalis&#233; relatif &#224; la r&#233;&#233;criture du texte ou d'une de ses parties, ainsi que des entra&#238;nements li&#233;s aux r&#232;gles de l'&#233;crit, &#9658; en instituant des pairs lecteurs : tr&#232;s vite dans l'ann&#233;e, des textes finis, puis des feuilles vertes ont circul&#233;, bizarrement un peu sous le manteau au d&#233;but. Une fois cette bonne pratique officialis&#233;e, c'est de fa&#231;on organis&#233;e que chacun s'est trouv&#233; un ou des relecteurs qui donnent leur avis, pointent un probl&#232;me de coh&#233;rence, appr&#233;cient le passage de suspense, etc. &#9658; en lisant &#224; la classe les bons textes et en analysant ce jugement, reprenant alors les crit&#232;res d&#233;j&#224; &#233;nonc&#233;s par ailleurs de lisibilit&#233;, de coh&#233;rence, de prise en compte du destinataire, de logique, d'orthographe, etc.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_182 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L350xH413/2019-04-29_09-03-21-0a3c1-3d567.jpg?1673753236' width='350' height='413' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_183 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/jpg/2019-04-29_09-03-52.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L350xH416/2019-04-29_09-03-52-6deda-4b6e5.jpg?1556524032' width='350' height='416' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5) Du temps consacr&#233; &#224; l'&#233;criture, la r&#233;gularit&#233; des s&#233;ances&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Un texte &#224; produire par semaine, toute la semaine pour le pr&#233;parer et le travailler, du temps en classe, du temps &#224; la maison, du temps pour lire ensemble la feuille verte, du temps pour lire ensemble la feuille jaune, du temps pour trouver une organisation textuelle et s&#233;mantique qui fait sortir d'une impasse... Au d&#233;part, il leur a bien &#233;t&#233; sp&#233;cifi&#233; que ce n'est pas la quantit&#233; qui &#233;tait attendue, mais le travail d'&#233;criture, de &#171; rumination de la langue &#187; comme on a pu le faire un jour autour de la premi&#232;re phrase de Thierry Dedieu dans Yakouba, &#171; &lt;i&gt;De partout &#224; la ronde ; on entend le tamtam&lt;/i&gt; &#187; : on a cherch&#233; toutes les fa&#231;ons d'&#233;crire la m&#234;me id&#233;e que lui et on a compris pourquoi il avait choisi la sienne. Comme on peut le faire lors des activit&#233;s de production po&#233;tique, essais-erreurs, estimations des effets de sens et des ressentis de la po&#233;tique des manipulations exp&#233;riment&#233;es de fa&#231;on intense. C'est le fait de devoir &#233;crire qui rend sensible &#224; l'&#233;criture des autres, &#224; l'&#233;criture, par le besoin de s'approprier la langue, le besoin d'y faire &#233;ponge, qui donne envie de renseigner, mat&#233;riellement ou mentalement, son carnet de lecteur/&#233;criveur pour se construire une banque dans laquelle piocher &#224; volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est par la comparaison des textes qu'on peut aiguiser le sens de l'&#233;criture. Le pastiche me semble un meilleur exercice que la dissertation, pour d&#233;couvrir comment un autre &#233;crit ; ou la r&#233;criture : condenser ; &#233;tendre, dialoguer une nouvelle pour la sc&#232;ne ou pour l'&#233;cran. En s'entra&#238;nant &#224; &#233;crire on apprend &#224; lire.&lt;/i&gt; &#187; Jean Gu&#233;not - Le go&#251;teur d'encre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crire c'est ma&#238;triser un certain nombre de contraintes, c'est parmi toutes celles qui existent et peuvent exister, savoir choisir celles qui servent le mieux le propos et ciblent le mieux le destinataire. C'est donc d'intensit&#233; du travail intellectuel autour de cette activit&#233; d'&#233;criture qu'il est question, de prise en compte de l'ensemble des contraintes de l'activit&#233;, de celles qui existent de fa&#231;on incontournable et de celles qu'on se donne. Pas de quantit&#233;. Sauf que, ces contraintes sont lib&#233;ratoires, facilitatrices, et font advenir &#233;tonnement de la quantit&#233;, en terme de nombre de signes.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PRODUCTION &#201;CRITE N&#176;8 / CONSIGNE :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Voici 5 mots ou expressions : vous devez les utiliser dons le texte que vous &#233;crivez, drapeau noir - jambe de bois - mer - &#161;le - &#224; l'abordage !&lt;br&gt;
MAIS, vous ne devez pas faire une histoire de pirates.&lt;br&gt;
Remise des feuilles vertes et blanches : vendredi 29 janvier.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TEXTE DE LILOU&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dur, dur, ce texte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 23 janvier&lt;br&gt;
Vendredi, le ma&#238;tre nous a donn&#233; une histoire &#224; faire, je vais vous lire la consigne :&lt;br&gt;
&#171; Voici cinq mots ou expressions : drapeau noir, jambe de bois, mer, &#238;le, &#224; l'abordage ! : vous devez les utiliser dans le texte que vous &#233;crivez... &#187;&lt;br&gt;
L&#224;, tout de suite, j'ai pens&#233; &#224; une histoire de pirates, pas vous ? Puis, j'ai lu la suite :&lt;br&gt;
&#171; MAIS, vous ne devez pas faire une histoire de pirates. &#187;&lt;br&gt;
J'&#233;tais tellement d&#233;go&#251;t&#233;e, je venais tout juste d'avoir cette id&#233;e. Je n'avais plus aucune id&#233;e. Juste apr&#232;s, j'ai regard&#233; la remise des feuilles :&lt;br&gt;
&#171; Remise des feuilles vertes et blanches vendredi 29 janvier. &#187;&lt;br&gt;
&#199;a me faisait une semaine pour &#233;crire mon texte. D'habitude, j'ai l'inspiration d&#232;s que je lis les mots, mais l&#224;, je n'ai aucune inspiration, vraiment aucune. Quelle id&#233;e lui est pass&#233;e par la t&#234;te &#224; ce ma&#238;tre ? Des mots de pirates, sans histoire de pirates !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 24 janvier&lt;br&gt;
Ce matin, je suis toujours &#224; la recherche de l'inspiration pour mon texte, je cherche dans mes livres, mais rien. Ah oui ! J'ai une id&#233;e !&lt;br&gt;
&#171; Sur un grand navire, un beau drapeau noir se dresse en haut du m&#226;t, le chef Jambe de Bois dit : &#192; l'abordage ! Nous partons en mer sur l'&#238;le Sacr&#233;e ! &#187;&lt;br&gt;
Non, &#231;a ne va pas, c'est trop court, et en plus, c'est une histoire de pirates...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 25 janvier&lt;br&gt;
Aujourd'hui, c'est mon anniversaire et je n'ai pas la t&#234;te &#224; penser &#224; mon texte. &#192; l'&#233;cole, des cadeaux sont pos&#233;s sur ma table. Tout d'abord, il y a une lettre de toute la classe, un tr&#232;s joli bracelet de Louise, Ambre m'offre une jolie carte et un beau tableau de sable, tandis que Marie me donne un bracelet en &#233;lastiques. Je remercie tout le monde. Le soir, je me couche tr&#232;s contente de cette journ&#233;e. Et &#224; aucun moment de la journ&#233;e je n'ai pens&#233; &#224; mon texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 26 janvier&lt;br&gt;
Ce matin &#224; l'&#233;cole, le ma&#238;tre nous a annonc&#233; que nous allons faire un livre avec les meilleurs productions &#233;crites de l'ann&#233;e. Il a cit&#233; sept pr&#233;noms, dont le mien, pour recopier le texte n7 &#224; l'ordinateur. &#192; la r&#233;cr&#233;ation, j'ai commenc&#233; &#224; le taper et je n'ai pas pens&#233; &#224; mon texte. Je me dis tant pis on verra demain...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 27 janvier&lt;br&gt;
Aujourd'hui, quand j'ai pris ma feuille verte et que je l'ai regard&#233;e, il n'y avait not&#233; dessus que les personnages et le lieu. Il me restait deux jours pour &#233;crire mon texte. J'en avais oubli&#233; les mots, je me les suis remis en t&#232;te :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; drapeau noir, jambe de bois, mer, &#238;le et &#224; l'abordage ! &#187;&lt;br&gt;
Il fallait absolument que je m'y mette.&lt;br&gt;
Mais... finalement... ce que je viens de faire... n'est-ce pas un texte ?&lt;br&gt;
J'esp&#232;re que &#231;a plaira au ma&#238;tre, quand je vais lui rendre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FIN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Commentaire :&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Ce texte r&#233;investit, &#224; distance, plusieurs &#233;l&#233;ments &#233;tudi&#233;s ou vu en dasse au cours des 5 premiers mois :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'exemple donn&#233; par le ma&#238;tre du d&#233;tournement de consigne
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le journal (Journal d'un chat assassin, etc.)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; adresse au lecteur
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; clin d'oeil &#224; propos d'une discussion sur la notion d'inspiration et &#233;criture &#224; propos de la m&#233;thodologie de travail propos&#233;e par le ma&#238;tre
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; gestion volontaire d'une mani&#232;re peu orthodoxe de rapporter les paroles ou les pens&#233;es&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TEXTE DE THOMAS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.commentbientricherenfrancais.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.commentbientricherenfrancais.fr&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
BIENVENUE SUR NOTRE SITE :&lt;br&gt;
Comment bien tricher en fran&#231;ais&lt;br&gt;
Si vous lisez ce texte, &#231;a veut dire que vous avez du mal &#224; trouver une histoire. Moi, Thomas L., j'ai trouv&#233; les cinq solutions les plus rapides &#224; votre probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple :&lt;br&gt;
Vous avez une production &#233;crite &#224; faire avec cinq mots qui sont : drapeau noir, jambe de bois, &#238;le, mer et &#224; l'abordage !&lt;br&gt;
Cher lecteur ou ch&#232;re lectrice, vous vous dites : une histoire de pirates et puis c'est bon. Mais, contrainte suppl&#233;mentaire, vous ne devez pas faire une histoire de pirates. Maintenant, passons aux cinq solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solution 1 :&lt;br&gt;
Si vous faites votre production &#233;crite sur un ordinateur, c'est tr&#232;s simple, il faudra une cl&#233; USB, deux ordinateurs dont un qui doit avoir une production &#233;crite d&#233;j&#224; faite, par un ami ou par quelqu'un d'autre.&lt;br&gt;
Premi&#232;re &#233;tape, prenez l'ordinateur qui a la production &#233;crite sans que son propri&#233;taire s'en rende compte. Deuxi&#232;me &#233;tape, branchez votre cl&#233; USB &#224; l'ordinateur que vous avez emprunt&#233; et prenez le texte de cette personne. Et voil&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solution 2 :&lt;br&gt;
Demandez de l'aide sur internet, cr&#233;ez un forum avec les consignes que j'ai donn&#233;es dans l'exemple et voil&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solution 3 :&lt;br&gt;
Pendant le temps libre ou la r&#233;cr&#233;, vous devez essayer d'&#234;tre au plus mal, que vos camarades aient piti&#233; de vous, comme &#231;a ils vous aideront &#224; faire votre production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solution 4 :&lt;br&gt;
Copiez un livre et rajoutez les mots ou les expressions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solution 5 :&lt;br&gt;
Utilisez la fameuse et incroyable feuille verte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FIN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la prochaine fois pour de nouveaux textes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Commentaire :&lt;br&gt;
Ce texte r&#233;investit lui aussi quelques &#233;l&#233;ments :&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'exemple donn&#233; par le ma&#238;tre du d&#233;tournement de consigne
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; adresse au lecteur
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;criture &#224; propos de la m&#233;thodologie de travail propos&#233;e par le ma&#238;tre, feuille verte, aides,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la notion de pillage, cf. texte de C&#233;cile Ladjali, mais elle-m&#234;me d&#233;tourn&#233;e avec humour
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le travail sur l'humour dans les textes
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le rapport aux ordinateurs qu'on est en train de vivre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;...Pour le plus rapidement possible toucher le vrai travail d'&#233;criture&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ou comment on arrive &#224; toucher du doigt ce qu'est le v&#233;ritable travail d'&#233;criture, de mise en forme d'un monde, du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On n'&#233;crit (on ne d&#233;crit) jamais quelque cime qui s'est pass&#233; avant le travail d'&#233;crire, mais bien ce qui se produit (et cela dans tous les sens du terme) au cours de ce travail, au pr&#233;sent de celui-ci, et r&#233;sulte, non pas du conflit entre le tr&#232;s vague projet initial et la langue, mais au contraire d'une symbiose entre les deux qui fait, du moins chez moi, que le r&#233;sultat est infiniment plus riche que l'intention.&lt;/i&gt; &#187; Claude Simon, &lt;i&gt;Discours de Stockholm&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, malgr&#233; ce dispositif p&#233;dagogique, malgr&#233; ses effets de quantit&#233; et de qualit&#233;, il restait la r&#234;ne du levier social tourn&#233; vers l'ext&#233;rieur de la classe qui ne r&#233;pondait pas vraiment : tout cela tournait un peu en rond. Un jour, &#224; l'issue de la lecture magistrale d'un ou deux tr&#232;s bons textes, certains ont voulu en avoir photocopie pour pouvoir les relire (et probablement s'en &#171; inspirer &#187;, voire les piller, mais pourquoi pas puisque c'&#233;tait conseill&#233;...). &#171; &#199;a nous fera un souvenir ! &#187;, &#171; Ce serait dommage qu'on le perde celui-l&#224; ! &#187;, et, bien s&#251;r, le petit malin qui dit &#224; la cantonade : &#171; On pourrait faire un livre ?! Avec nos textes ! &#187;. Et comme ils l'esp&#233;raient tous &#224; peine secr&#232;tement, la cantonade r&#233;pond : &#171; Eh bien oui, pourquoi pas ! &#187;. Pourquoi pas, &#224; notre &#233;poque, &#231;a ne co&#251;te rien de se faire &#233;diter ou presque, seulement de l'huile de coude et du jus de cerveau. Et ils vont tr&#232;s vite s'en apercevoir... Evidemment, on discute des cons&#233;quences, tant du point de vue du travail que cela va nous demander, que de l&#224; o&#249; on place la barre pour qu'un texte soit dans le livre. Mais ils ne vont pas d&#233;teler des ordis, des feuilles vertes, des feuilles jaunes et des feuilles blanches. L'id&#233;e de produire un livre, cette socialisation du produit, sa place dans leurs biblioth&#232;ques personnelles, dans les familles ou dans la biblioth&#232;que municipale, cela cr&#233;e &#171; un &#233;largissement du champ des possibles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a plusieurs cons&#233;quences :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; Les mettre dans la position &#171; qu'ils ne devaient pas avoir &#224; rougir de ces textes quand ils seraient plus grands &#187; (Certes, c'est un peu fort, mais il faut savoir tirer sur la zone proximale de d&#233;veloppement...) a fait qu'ils se sont mis &#224; les revisiter (&#171; Tu te rends compte, c'est comme &#231;a que j'&#233;crivais en d&#233;but d'ann&#233;e... &#187;) ; ils les ont choisis en r&#233;-explicitant les crit&#232;res. Ensuite, ils se sont mis &#224; les saisir sur une quinzaine de petits ordinateurs d'une armoire ENR&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un plan &#201;cole Num&#233;rique Rurale avait dot&#233; certaines &#233;coles d'une armoire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; tomb&#233;e dans un oubli de maintenance. Cette r&#233;&#233;criture est tr&#232;s efficiente. La reprise &#224; distance dans le temps fait d'eux des lecteurs de leurs propres textes qu'ils ne r&#233;ussissaient pas &#224; &#234;tre au moment o&#249; ils les &#233;crivaient : ils pistent les tournures maladroites, les inexactitudes, remettent des pr&#233;cisions dans le d&#233;roulement de leur histoire, devant en ressaisir la coh&#233;rence g&#233;n&#233;rale. La perspective de publication les rend pointilleux comme jamais sur la ponctuation, les gras et les italiques, les r&#232;gles d'&#233;critures des dialogues. Lors de la reprise de leurs textes, ceux-ci n'ont plus &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;s comme des objets aboutis sur lesquels plus rien n'&#233;tait possible. En les tapant sur les ordinateurs, certains se sont mis &#224; r&#233;&#233;crire, retravailler, r&#233;utiliser ce mat&#233;riau comme quelque chose qui pouvait encore &#234;tre remodel&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; Puis quand certains voyaient que &#171; &#231;a n'allait pas &#187; mais ne savaient que faire, faute d'avoir assez de recul ou de moyens linguistiques &#224; leur disposition, ils venaient demander de l'aide. On a alors v&#233;cu des relations duelles, des situations de r&#233;&#233;criture de texte, au plus pr&#232;s des mots, de la syntaxe et de la pens&#233;e en cristallisation ; il est &#233;tonnant de voir comment cette relation ma&#238;tre/&#233;l&#232;ve &#233;tait suivie par d'autres &#233;l&#232;ves, spectateurs, qui voyaient de cette ma&#239;eutique sortir de l'inou&#239;, de l'impens&#233;, de la forme de l'informe, qui voyaient comment le changement d'une fin r&#233;v&#232;le le potentiel dramatique d'un texte banal et lin&#233;aire jusqu'&#224; ce moment. Il faut &#224; ce moment-l&#224; questionner les intentions de l'auteur, jauger ensemble les effets sur le lecteur, proposer des mots encore inconnus pour pr&#233;ciser au mieux la pens&#233;e, faire entrevoir la richesse de la langue par ses mani&#232;res multiples d'exprimer la pens&#233;e et... d&#233;couverte majeure, se rendre compte que certains essais &#224; priori infructueux de mots ou de syntaxes recelaient parfois des p&#233;pites qui nous laissaient bouches b&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut dire qu'en guise d'entra&#238;nement quotidien du soir, notamment pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; Et puis, en avril, la chose suivante est arriv&#233;e, probablement cons&#233;quence de la pr&#233;c&#233;dente : certaines des &#233;l&#232;ves, les plus avanc&#233;es dans la ma&#238;trise de la production des textes, ne me rendent &#224; la fin du temps imparti que leurs feuilles vertes, et celles-ci sans les habituelles accumulations de mat&#233;riau, de listes de personnages, de lieux, etc. Avec plut&#244;t, directement, de larges franges de texte. Elles disent, g&#234;n&#233;es, n'avoir pas eu le temps, et pourtant, je les ai vues s&#233;rieusement trimer, passer du temps. N&#233;anmoins, elles tiennent &#224; me rendre cette feuille de travail, s'affranchissant de la feuille blanche qui a encore pour beaucoup le statut de feuille-o&#249;-on-recopie-au-propre. Comme c'est dans cette feuille verte que je vais chercher des informations sur leurs d&#233;marches, je la prends volontiers et leur r&#233;ponds, dans un r&#233;flexe d'encouragement, que je vais la lire, que ce n'est pas grave. Mais je suis intrigu&#233;, &#224; la fois par la transgression et leur volont&#233; d'&#234;tre lues malgr&#233; tout. J'ai l'intuition que, vu leur niveau de concentration quand elles sont sur leurs textes, elles ne sont pas revenues &#224; une &#233;criture lin&#233;aire, au fil de la pens&#233;e. Les types de progressions des &#233;l&#232;ves dans elsa (mais aussi dans d'autres apprentissages) nous ont appris qu'&#224; certains moments de restructuration des strat&#233;gies, on peut observer ce qui semble &#234;tre des r&#233;gressions. C'est dans cet &#233;tat d'esprit que je reprends l'analyse de leurs productions ; on passe d'histoires qui tenaient debout &#224; du texte certes, des morceaux de textes qu'on subodore pouvoir s'int&#233;grer dans un ensemble plus grand, qui me paraissent plus &#171; &#233;crits &#187;. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment maintenant, en &#233;crivant ceci, en devant l'&#233;crire, que je pense comprendre que la ma&#238;trise des personnages, du syst&#232;me des temps, de l'orthographe, de nombre de tournures syntaxiques, n'est plus leur probl&#232;me : v&#233;loces, elles ont appris &#224; tenir cela en main, elles font de bons textes longs et complexes qui r&#233;jouiraient nombre de mes coll&#232;gues, mais qui ne sont au final que la transcription d'un film qu'elles sont capables de se faire dans leurs t&#234;tes. Je comprends qu'elles sont entr&#233;es en &#233;criture, qu'elles travaillent la langue et que la langue les travaille. Je comprends qu'elles disent vrai quand elles disent ne pas avoir eu le temps. On passe d'une histoire qui tient debout &#224; du texte, qui ne tient pas encore bien debout, lui, et qui risque, si je ne les soutiens pas comme il faut, de les d&#233;courager. Du texte qu'il faut que je sache lire pour ce qu'il est, que je sache reconna&#238;tre, dans les trois sens du mot : territoire inconnu o&#249; il faut qu'on apprenne &#224; dire les choses, les nommer, se rassurer dans l'exploration qu'on est en train de mener. Un nouveau besoin d'explicitation se fait jour, qu'il faut urgemment savoir exercer, au risque de voir reculer ces audaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est juste au moment o&#249; je fais l'effort d'&#233;crire ces lignes que je comprends ce qui s'est pass&#233; ces derniers temps. C'est juste au moment o&#249; elles &#233;crivent leurs lignes que je dois &#234;tre capable de les aider &#224; garder confiance en leur vague projet initial et leur langue, la langue, pour que la symbiose dont parle Claude Simon puisse op&#233;rer. Et l&#224;, territoire p&#233;dagogique inconnu, apprentissage total...&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_27 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al134_p54.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 598.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783629978' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; &#201;crire dans une classe de CM. &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Un rendu visible, pardon, audible, rapide, mais les cons&#233;quences catastrophiques que l'on conna&#238;t en terme d'&#233;loignement et de rejet de la chose &#233;crite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On ne rappellera jamais assez les des propos &#224; l'Assembl&#233;e de Jules Ferry affirmant vouloir &#171; &lt;i&gt;fermer l'&#232;re des r&#233;volutions&lt;/i&gt; &#187; en mettant en place &#171; &lt;i&gt;l'&#233;cole pour le peuple&lt;/i&gt; &#187; pour enrailler les vell&#233;it&#233;s de &#171; &lt;i&gt;l'&#233;cole du peuple&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;La question centrale en ce qui concerne la lecture et l'&#233;criture appara&#238;t bien comme celle du statut reconnu &#224; l'&#233;crit. La pens&#233;e dominante s'acharne toujours &#224; en faire un substitut de l'oral pr&#233;sent&#233; comme la forme spontan&#233;e de la langue. Ce phonocentrisme ambiant r&#233;duit en permanence l'&#233;crit &#224; n'&#234;tre d'abord qu'un syst&#232;me de notation. La question est pourtant de savoir si l'&#233;crit est langage et non simplement codage ou d&#233;chiffrage, c'est-&#224;-dire en quoi il est l'instrument d'un certain nombre d'op&#233;rations intellectuelles sp&#233;cifiques, l'outil de formes particuli&#232;res d&#233;pens&#233;e, de modes de traitement de l'exp&#233;rience, le langage n&#233;cessaire &#224; l'exercice d'une raison graphique. Comme on dit du langage math&#233;matique quil permet ins&#233;parablement de concevoir, d'exprimer et de communiquer une pens&#233;e math&#233;matique, l'&#233;crit oblige &#224; penser ce qu'on ne saurait dire sans son usage. Autrement dit, on peut toujours cr&#233;er des &#233;quivalences entre l'&#233;crit et l'oral, il n'existera jamais d'identit&#233;, seulement des adaptations comme on en ferait si l'on voulait exprimer ce que l'on ressent d'un tableau avec des notes de musique ou mettre en sc&#232;ne un roman...&lt;/i&gt; &#187; Jean FOUCAMBERT, &lt;a href=&#034;http://www.lecture.org/ressources/ecriture/extraits/outil_pensee.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;www.lecture.org/ressources/ecriture/extraits/outil_pensee.pdf&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La parataxe caract&#233;rise la tendance g&#233;n&#233;rale &#224; l'organisation juxtapos&#233;e des phrases de l'oral et l'hypotaxe l'organisation tr&#232;s li&#233;e, par les conjonctions, des phrases du discours &#233;crit, &#224; moins qu'un choix paratactique soit volontairement fait par le scripteur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;PRODUCTION &#201;CRITE n&#176;1... Consigne : &#201;crivez une histoire / Vous devez utiliser les 5 mots suivants : caravane - diamant - exceptionnel - escalader - f&#233;mur / Remise des feuilles vertes et blanches : vendredi 18 septembre&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Comme c'est le cas lors :&lt;br&gt;
&#9830; de la semaine cirque du d&#233;but d'ann&#233;e avec la production d'un spectacle &#224; la fin, o&#249; on a constat&#233; la n&#233;cessit&#233; d'&#233;crits pr&#233;paratoires, de travail, d'esquisses des num&#233;ros et de leur organisation : &#171; la feuille verte du cirque &#187;&lt;br&gt;
&#9830; de la semaine en classe de d&#233;couverte &#171; cin&#233;ma d'animation &#187; o&#249; il a bien fallu constater le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne (dans le cadre de l'apprentissage du langage audiovisuel) et le travail au long cours de comparaison des constructions narratives entre textes et films&lt;br&gt;
&#9830; des productions plastiques qui passent par un carnet de croquis, un cahier de dessins&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On a retrouv&#233; cette id&#233;e de &#171; l'inspiration &#187;, plusieurs fois sujet de nos discussions, dans La r&#233;daction d'Antonio SK&#194;META (Ed Syros) et cela les a fait sourire d'y voir des &#233;l&#232;ves attendre cette fameuse inspiration alors qu'ils ont &#224; d&#233;crire pour un militaire de la junte chilienne ce qui se passe &#224; la maison le soir...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dont les th&#232;mes sont : la guerre, les relations entre classes sociales et... la lecture et l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cette liste des personnages, rencontr&#233;s dans les livres ou les films, soumis &#224; une telle situation ne fait que grandir au fil de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'&#233;crit est un vaste syst&#232;me r&#233;f&#233;rentiel (l'hypertexte de la Toile l'a mat&#233;rialis&#233; de fa&#231;on inattendue). Cette notion n'est pas &#233;vidente &#224; percevoir. J'ai eu la chance de laisser tra&#238;ner l'owrellle &#224; proximit&#233; d'une conversation entre deux l&#232;ves qui se montraient les vignettes d'une BD tr&#232;s en vogue dans la classe, Les L&#233;gendaires (Ed. Delcourt). Cette s&#233;rie est truff&#233;e de r&#233;f&#233;rences clins d'&#339;il &#224; d'autres oeuvres, plus ou moins prosa&#239;ques, mais ce fut l'occasion d'aborder cet important concept qui conditionne l'acc&#232;s &#224; la culture.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Un plan &#201;cole Num&#233;rique Rurale avait dot&#233; certaines &#233;coles d'une armoire roulante comportant une quinzaine de petits ordinateurs portables pilot&#233;s par un autre portable plus puissant, ainsi que&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un vid&#233;o projecteur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il faut dire qu'en guise d'entra&#238;nement quotidien du soir, notamment pour subvenir aux besoins de mieux r&#233;ussir une des questions de la s&#233;rie T d'Eisa, nous cherchons quatre titres &#224; un texte et que l'un d'eux doit &#234;tre un jeu de mots. Nous avons donc beaucoup travaill&#233; sur les jeux avec le langage, cat&#233;goris&#233; les jeux de mots, exerc&#233; chaque jour notre sensibilit&#233; aux rythmes, aux rimes, aux allit&#233;rations, aux calembours, aux contrep&#232;teries, aux mots-valise, etc. et donc beaucoup malax&#233;, tritur&#233;, parfois tortur&#233; la langue...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Apprendre &#224; &#233;crire &#187;</title>
		<link>http://actes-de-lecture.org/spip.php?article70</link>
		<guid isPermaLink="true">http://actes-de-lecture.org/spip.php?article70</guid>
		<dc:date>2016-03-15T18:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Lorsqu'on tape &#171; Apprendre &#224; &#233;crire &#187; sur un moteur de recherche, il est symptomatique que la quasi int&#233;gralit&#233; des r&#233;ponses concerne, d'une part, le geste, l'aspect psychomoteur et &#171; artistique &#187; de l'activit&#233;, d'autre part, que cet apprentissage ne saurait se r&#233;aliser sans celui, concomitant, des lettres de l'alphabet. Si nous sommes perplexes quant &#224; la pertinence de cette derni&#232;re affirmation, on ne peut cependant nier l'importance de la composante motrice de l'activit&#233;. D'autant (...)

-
&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique18" rel="directory"&gt;133 - &#171; La ma&#238;trise de l'&#233;crit par le corps social &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lorsqu'on tape &#171; &lt;i&gt;Apprendre &#224; &#233;crire&lt;/i&gt; &#187; sur un moteur de recherche, il est symptomatique que la quasi int&#233;gralit&#233; des r&#233;ponses concerne, d'une part, le geste, l'aspect psychomoteur et &#171; &lt;i&gt;artistique&lt;/i&gt; &#187; de l'activit&#233;, d'autre part, que cet apprentissage ne saurait se r&#233;aliser sans celui, concomitant, des lettres de l'alphabet. Si nous sommes perplexes quant &#224; la pertinence de cette derni&#232;re affirmation, on ne peut cependant nier l'importance de la composante motrice de l'activit&#233;. D'autant plus que c'est elle qui constitue pour partie un des freins majeurs au recours habituel &#224; l'&#233;crit : l'effort n&#233;cessaire, en particulier l'aspect volontaire et conscient de l'usage de la langue &#233;crite, caract&#232;re que l'on ne retrouve pas pour celui de l'oralit&#233;, synonyme, elle, de spontan&#233;it&#233; et d'inconscience. Si on entend, par &#233;criture, composition, r&#233;daction d'un texte &#233;crit, les propositions institutionnelles pr&#233;cisent que les situations de copie et de r&#233;daction sont propices &#224; la mise en application des connaissances acquises dans le domaine grammatical et orthographique, et que l'&#233;criture doit concerner l'ensemble des disciplines, offrant ainsi l'occasion de r&#233;investir des savoirs concernant les types de textes, leurs fonctions, leurs caract&#233;ristiques. Il s'agit manifestement d'une conception tr&#232;s acad&#233;mique des apprentissages : le fonctionnement de la langue est pr&#233;alablement d&#233;coup&#233;e en domaines diff&#233;rents (grammaire, vocabulaire, orthographe, conjugaison, etc.), le texte en &#233;l&#233;ments distincts (lettres, mots, phrases, paragraphes), les savoirs sont suppos&#233;s &#234;tre acquis dans un certain ordre (du plus simple au plus compliqu&#233;). Autant de mani&#232;res de s'&#233;carter de la r&#233;alit&#233; de l'&#233;criture qui a &#233;t&#233; invent&#233;e, rappelons-le, dans un souci d'organisation et de rationalisation du monde r&#233;el en le repr&#233;sentant sur l'espace graphique au moyen de symboles pouvant &#234;tre, &#224; l'envi, modifi&#233;s, supprim&#233;s, d&#233;plac&#233;s, etc. Une d&#233;marche alternative : celle de l'AFL qui propose, par exemple, l'utilisation de la litt&#233;rature jeunesse comme support d'apprentissage de l'&#233;criture. Le texte ci-apr&#232;s relate une modeste mise en &#339;uvre de cette fa&#231;on de proc&#233;der, dans une classe de cycle 3. Une premi&#232;re partie est consacr&#233;e aux aspects th&#233;oriques alors qu'une deuxi&#232;me pr&#233;sente les d&#233;tails de la mise en &#339;uvre pratique aupr&#232;s des enfants, ainsi que certaines productions, assorties de quelques commentaires.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;UTILISER LA LITT&#201;RATURE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est impossible d'aborder la probl&#233;matique de l'apprentissage de l'&#233;criture sans un passage par quelques consid&#233;rations th&#233;oriques qui nous permettront de cerner ce que nous nommons &#233;criture et &#233;crit, ainsi que les termes qui s'en distinguent g&#233;n&#233;ralement, &#224; savoir parole et oralit&#233;. Au niveau m&#233;thodologique, en effet, il nous para&#238;t prudent de ne pas oublier que notre jugement, sur un dispositif p&#233;dagogique par exemple, ne r&#233;sulte pas, pour l'essentiel, des seuls constats ou analyse des r&#233;sultats d'une action qui a &#233;t&#233; conduite. Consciemment, ou inconsciemment, nous disposons tous, a priori, d'une &#171; &lt;i&gt;th&#233;orie&lt;/i&gt; &#187; qui sert de guide &#224; l'esprit, qui canalise et oriente nos observations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EINSTEIN : &#171; C'est la th&#233;orie qui d&#233;cide de ce que l'on peut observer &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Autant prendre alors le temps de conscientiser pr&#233;alablement quelques-uns des &#233;l&#233;ments sur lesquels se fonde, en l'occurrence, une pratique alternative d'apprentissage de l'&#233;criture. Pr&#233;alablement, nous &#233;liminons de la pr&#233;sente r&#233;flexion toute id&#233;e d'enseignement qui consisterait &#224; chercher dans le fonctionnement du langage &#233;crit des unit&#233;s minimales qui pourraient &#234;tre isol&#233;es et servir de base &#224; un enseignement sp&#233;cifique, un socle en quelque sorte, sur lequel pourraient &#234;tre b&#226;ties ensuite des structures linguistiques complexes, propres &#224; communiquer un sens. Chacun sait que ce type de m&#233;thode, qui caract&#233;rise bien l'&#233;cole de type bancaire et l'enseignement simultan&#233;, ne parvient jamais &#224; reproduire la complexit&#233; du r&#233;el, parce qu'il est impossible d'obtenir ainsi, ex nihilo, un texte int&#233;grant les caract&#232;res sp&#233;cifiques de la langue &#233;crite. Nous postulons donc que, comme pour tous les apprentissages complexes, c'est dans la confrontation avec la r&#233;alit&#233;, c'est-&#224;-dire avec la chose &#233;crite (&#233;crite avec une intention particuli&#232;re, visant un but pr&#233;cis, s'inscrivant dans un r&#233;seau de productions d&#233;j&#224; l&#224;) que peuvent se construire des situations opportunes d'observation et de reproduction de la langue &#233;crite, tant quant &#224; son fonctionnement que pour ses particularit&#233;s par rapport aux autres langages. Car ces sp&#233;cificit&#233;s substantielles et fonctionnelles vont d&#233;terminer des diff&#233;rences dans les conditions d'apprentissage et de ma&#238;trise de chacun d'eux. Pour pr&#233;ciser ces diff&#233;rences, nous allons envisager successivement quatre auteurs et pr&#233;senter succinctement leurs points de vue respectifs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;UNE THEORIE DE L'ECRIT&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but du XXe si&#232;cle, avec Ferdinand de Saussure, la linguistique structurale pose &#171; &lt;i&gt;la primaut&#233; de l'oral, de la langue parl&#233;e en raison de deux arguments majeurs&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; la parole est plus ancienne et plus r&#233;pandue que l'&#233;criture (l'enfant apprend &#224; parler avant d'&#233;crire),&lt;br&gt;
&#9658; les syst&#232;mes d'&#233;critures connus sont fond&#233;s sur les unit&#233;s de la langue parl&#233;e (les syst&#232;mes alphab&#233;tiques reposent sur les sons, les syst&#232;mes syllabiques sur les syllabes, les syst&#232;mes id&#233;ographiques sur les mots). &lt;i&gt;L'&#233;criture, dans cette conception de la primaut&#233; de l'oral, a un r&#244;le second, purement repr&#233;sentatif, m&#234;me si elle conserve tout son prestige (au travers de la litt&#233;rature, de l'apprentissage de la langue &#224; l'&#233;cole, de l'orthographe), lui langue (au sens saussurien du terme) et l'&#233;criture constituent deux syst&#232;mes de signes distincts, dont l'image raison d'&#234;tre du second est de repr&#233;senter le premier&lt;/i&gt; &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s Ferdinand DE SAUSSURE, Cours de linguistique g&#233;n&#233;rale, 1916.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point ou peu de sp&#233;cificit&#233; de l'&#233;crit dans cette conception qui reste pourtant la r&#233;f&#233;rence majeure dans le monde occidental pour tout ce qui touche &#224; renseignement de la lecture et de l'&#233;criture. Avec les cons&#233;quences que l'on conna&#238;t dans la pratique p&#233;dagogique : primat de l'oralit&#233;, enseignement de la phonologie et des strat&#233;gies graphophonologiques de d&#233;chiffrage, d&#233;finition d'un ordre d'acc&#232;s au sens (de la lettre au mot, du code au message) et aux savoirs (du socle &#224; l'expertise !), enseignement diff&#233;r&#233; de l'&#233;criture, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oppos&#233;, pour Jack Goody, &#171; &lt;i&gt;la variation des modes de communication est souvent aussi importante que celle des modes de production, car elle implique un d&#233;veloppement tant des relations entre individus que des possibilit&#233;s de stockage, d'analyse et de cr&#233;ation dans l'ordre du savoir. Plus pr&#233;cis&#233;ment, l'&#233;criture, surtout l'&#233;criture alphab&#233;tique, rendit possible une nouvelle fa&#231;on d'examiner le discours gr&#226;ce &#224; la forme semi-permanente qu'elle donnait au message oral. Ce moyen d'inspection du discours permit d'accro&#238;tre le champ de l'activit&#233; critique, favorisa la rationalit&#233;, l'altitude sceptique, la pens&#233;e logique. Les possibilit&#233;s de l'esprit critique s'accrurent du fait que le discours se trouvait ainsi d&#233;ploy&#233; devant les yeux ; simultan&#233;ment s'accrut la possibilit&#233; d'accumuler des connaissances, en particulier des connaissances abstraites, parce que l'&#233;criture modifiait la nature de la communication en l'&#233;tendant au-del&#224; du simple contact personnel et transformait les conditions de stockage de l'information ; ainsi fut rendu accessible &#224; ceux qui savaient lire un champ intellectuel plus &#233;tendu&lt;/i&gt; &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jack GOODY, La raison graphique (1977), &#201;ditions de Minuit, Paris, p. 85-87&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convaincu que la transformation du moyen de traitement de l'information (l'&#233;criture) ne peut s'accomplir sans affecter le contenu m&#234;me de cette m&#234;me information, et donc du savoir, Goody montre que le passage par l'&#233;criture conduit &#224; faire de l'&#233;crit un outil de th&#233;orisation du langage en en rendant possible l'analyse de type scientifique. L'&#233;crit est alors constitutif d'une m&#233;tacommunication par rapport au langage oral : leur logique est diff&#233;rente et celle de l'oral devient accessible gr&#226;ce &#224; une caract&#233;ristique majeure de l'&#233;crit, le fait qu'il s'agisse d'un message visuel et permanent. Cette qualit&#233; conf&#232;re indiscutablement &#224; l'&#233;criture une force et des caract&#232;res insoup&#231;onn&#233;s, notamment le fait que l'information soit accessible en dehors de la pr&#233;sence de son auteur, que l'on prenne en compte des consid&#233;rations d'ordre spatial comme temporel. Autre avantage, non n&#233;gligeable, la permanence de l'information sur l'espace graphique a permis &#224; l'homme de se lib&#233;rer des lourdes contraintes de la m&#233;morisation, laquelle mobilisait, avant cette invention, un temps et une &#233;nergie consid&#233;rables pour assurer la transmission interg&#233;n&#233;rationnelle des rites, des coutumes, des savoirs, etc. Et autre cons&#233;quence sociologique, non n&#233;gligeable : la confiscation de l'outil, au profit des classes dominantes de l'administration et de la pr&#234;trise, qui ont rapidement compris le pouvoir attach&#233; &#224; la ma&#238;trise experte de cet extraordinaire outil de compr&#233;hension, d'organisation et d'imposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Lev Vygotski, &#171; &lt;i&gt;la recherche montre que dans les traits essentiels de son d&#233;veloppement le langage &#233;crit ne reproduit nullement l'histoire du langage oral, que la ressemblance entre les deux processus porte plus sur l'apparence ext&#233;rieure que sur le fond. Le langage &#233;crit n'est pas non plus la simple traduction du langage oral en signes graphiques et sa ma&#238;trise n'est pas la simple assimilation de la technique de l'&#233;criture. [...] Le langage &#233;crit est une fonction verbale tout &#224; fait particuli&#232;re, qui, dans sa structure et son mode de fonctionnement, ne se distingue pas moins du langage oral que le langage int&#233;rieur ne se distingue du langage ext&#233;rioris&#233;. Comme le montre l'investigation, son d&#233;veloppement, f&#252;t-ce minime, exige un haut niveau d'abstraction. C'est le langage sans l'intonation, sans l'expression, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale sans tout son aspect sonore. C'est un langage dans la pens&#233;e, dans la repr&#233;sentation, mais priv&#233; du trait le plus essentiel du langage oral - le son mat&#233;riel&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lev VYGOTSKI, Pens&#233;e et langage, La dispute-1991-p. 337-343.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L&#224; encore, l'&#233;crit est pos&#233; comme langage tr&#232;s sp&#233;cifique, d'un niveau intellectuel bien sup&#233;rieur &#224; celui de l'oral puisqu'il exige un niveau d'abstraction suppl&#233;mentaire : si on consid&#232;re l'oral comme une premi&#232;re symbolisation du r&#233;el par des mots presque tous arbitraires, alors on doit penser l'&#233;crit comme une m&#233;ta-symbolisation de la r&#233;alit&#233; puisqu'il consiste en une symbolisation de symboles. Vygotski utilise plus loin dans sa pr&#233;sentation une formule particuli&#232;rement ing&#233;nieuse : parlant de l'&#233;crit, il le pr&#233;sente comme l'alg&#232;bre du langage. Or, l'alg&#232;bre n'est pas une arithm&#233;tique un peu plus compliqu&#233;e, un peu plus pouss&#233;e, mais une autre fa&#231;on de consid&#233;rer le r&#233;el et de le mod&#233;liser dans une perspective de compr&#233;hension des ph&#233;nom&#232;nes, de g&#233;n&#233;ralisation, de transformation, etc. En cons&#233;quence, l'&#233;crit ne saurait &#234;tre un oral un peu plus compliqu&#233;... Non ! Il s'agit d'un langage d'une autre nature, demandant des capacit&#233;s d'abstraction bien plus importantes que la seule oralit&#233;. Nul doute alors que les proc&#233;dures conduisant &#224; sa ma&#238;trise experte ne pourront jamais r&#233;sulter de la simplicit&#233; mais seront plut&#244;t susceptibles de se r&#233;aliser dans la confrontation avec sa complexe r&#233;alit&#233;. La comparaison qu'utilise Vygotski au sujet de l'alg&#232;bre est d'ailleurs particuli&#232;rement heureuse parce que l'alg&#232;bre est un domaine propre &#224; l'&#233;criture, inaccessible &#224; l'oralit&#233; : le traitement de l'information est, par essence, spatial et visuel, comme celui de l'&#233;criture. Si l'on prend l'exemple de l'&#233;quation, il est ais&#233; de convenir que sa pr&#233;sentation proc&#232;de de l'&#233;criture ; son traitement est visuel, et on peut constater qu'il en est ainsi de toutes les disciplines qui sont n&#233;es de l'invention de l'&#233;criture (-graphie, -logie, -m&#233;trie, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre concept f&#233;cond, celui de zone proximale de d&#233;veloppement, tel que Vygotski l'a d&#233;fini : &#171; &lt;i&gt;Gr&#226;ce &#224; l'imitation, dans une activit&#233; collective, sous la direction d'adultes, l'enfant est en mesure de r&#233;aliser beaucoup plus que ce qu'il r&#233;ussit &#224; faire de fa&#231;on autonome. La diff&#233;rence entre le niveau de r&#233;solution de probl&#232;mes sous la direction et avec l'aide d'adultes et celui atteint seul d&#233;finit la zone proximale du&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;veloppement&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lev VYGOTSKI, Pens&#233;e et langage, La Dispute, 1991.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit l&#224;, pour Vygotski de r&#233;&#233;valuer le processus d'imitation dans la psychologie de l'&#233;poque. &#171; &lt;i&gt;Le point de vue commun&#233;ment accept&#233; est de consid&#233;rer l'activit&#233; autonome de l'enfant et non pas l'imitation comme seule indication possible du degr&#233; de d&#233;veloppement mental. Celte opinion est &#224; la base de tous les syst&#232;mes modernes de mesure psychologique. Pour &#233;valuer le d&#233;veloppement mental, on ne lient compte que des lests que l'enfant r&#233;sout seul, sans l'aide des autres et sans &#234;tre aid&#233; par des questions appropri&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re r&#233;f&#233;rence, Paul Watzlawick et l'Ecole de Palo Alto qui ont appliqu&#233; au domaine de la psychoth&#233;rapie des th&#233;ories nouvelles, dont une qu'ils ont appel&#233;e th&#233;orie de la permanence et du changement. Celle-ci prend appui sur l'approche math&#233;matique sugg&#233;r&#233;e par la th&#233;orie des types logiques qui s'occupe des objets que l'on classe, et qui ont une propri&#233;t&#233; en commun. Nous avons tous exp&#233;riment&#233; ce besoin de &#171; &lt;i&gt;grouper&lt;/i&gt; &#187; qui est indispensable dans notre vie : bien que les choses ne soient pas toujours exactement les m&#234;mes, les rassembler permet de rationaliser notre conception du r&#233;el, qui serait sinon un chaos de choses incompr&#233;hensibles. Dans cette th&#233;orie, les &#233;l&#233;ments constituants de ce qu'on appellera une collection d'objets sont appel&#233;s membres ; la totalit&#233; prend le nom de classe. L'axiome essentiel de cette th&#233;orie des types logiques est que &#171; &lt;i&gt;ce qui comprend tous les membres d'une collection ne peut &#234;tre membre de la collection&lt;/i&gt; &#187;. C'est la d&#233;finition &#233;crite par Russel et Whitehead dans l'ouvrage &#171; &lt;i&gt;Principia Mathematica&lt;/i&gt; &#187;. Par exemple : l'humanit&#233; est la classe de tous les individus mais l'humanit&#233; en elle-m&#234;me n'est pas un individu. &#171; &lt;i&gt;Toute tentative de parler de l'un en terme de l'autre, aboutit fatalement au non-sens et &#224; la confusion&lt;/i&gt; &#187;. La confusion est souvent de prendre le m&#234;me terme de classe et de membre, et qu'une classe ne peut &#234;tre membre d'elle-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s Une logique de la communication, WATZLAWICK et al., Seuil Points (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans le sujet qui nous int&#233;resse pr&#233;sentement, nous utiliserons cette r&#233;f&#233;rence pour justifier le fait d'aborder l'apprentissage de l'&#233;criture par le niveau logique sup&#233;rieur, celui du sens du message, postulant ainsi qu'il n'existe pas d'unit&#233; minimale de compr&#233;hension qui se situerait &#224; un niveau inf&#233;rieur au texte. D'une part, le texte ne peut pas &#234;tre assimil&#233; aux &#233;l&#233;ments qui le composent (il y a une diff&#233;rence de logique et de nature), d'autre part, il est ais&#233; de montrer que ni les lettres, ni les mots, ni m&#234;me les phrases, (les membres) ne sont porteurs intrins&#232;quement d'un sens quelconque, mais qu'il faut se reporter au texte (la classe) pour trouver une signification. Et encore ! Le texte en lui-m&#234;me, pris isol&#233;ment, ne peut &#234;tre per&#231;u que comme relativement porteur de sens... Oui, relativement aux connaissances, &#224; la culture que le lecteur lui apporte. Cette longue introduction nous semble avoir &#233;t&#233; n&#233;cessaire pour justifier un parti pris, celui d'entrer dans l'apprentissage de l'&#233;criture par la voie logique sup&#233;rieure, celle des textes, de la litt&#233;rature jeunesse en particulier. En pr&#233;cisant qu'il ne s'agit pas l&#224;, dans le cadre d'une r&#233;elle pratique de classe, de la seule activit&#233; d'&#233;criture propos&#233;e aux enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons-nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux id&#233;es re&#231;ues, l'&#233;crit est un langage sp&#233;cifique, une m&#233;tacommunication, un outil d'analyse de lui-m&#234;me et du r&#233;el, n&#233;cessitant pour son apprentissage et un usage appropri&#233;, de fortes capacit&#233;s d'abstraction, diff&#233;rentes de celles v&#233;cues lors des situations conjoncturelles qui ont accompagn&#233; l'&#233;mergence de l'oralit&#233; chez l'individu. L'imitation semble pouvoir &#234;tre une mani&#232;re d'aborder cet apprentissage &#224; condition de favoriser l'entr&#233;e dans l'activit&#233; par le sens, par la totalit&#233;, c'est-&#224;-dire par le texte, litt&#233;raire en l'occurrence. Sachant que nous entendons ici l'&#233;criture experte non comme l'art de former de belles lettres, mais comme la capacit&#233; &#224; construire une structure logique susceptible de donner &#224; un lecteur tous les &#233;l&#233;ments pour acc&#233;der &#224; la compr&#233;hension du message.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;MISE EN &#338;UVRE PRATIQUE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En travaillant avec des enfants d'&#226;ge scolaire, de cycle 3 en l'occurrence, on s'aper&#231;oit que, si ceux-ci entrent assez facilement dans le r&#233;cit d'une histoire, leur d&#233;veloppement neurologique les met notamment dans l'incapacit&#233; d'abstraire les situations de causalit&#233;, de concession, etc., et, cons&#233;quemment, d'utiliser les connecteurs logiques permettant de construire une articulation et un cheminement &#224; la pens&#233;e. La production d'une structure, la mise en place des id&#233;es, leur organisation n'est pas quelque chose d'inn&#233;, mais cette capacit&#233; se construit tout au long d'un processus d'apprentissage. Eu &#233;gard &#224; ces consid&#233;rations pr&#233;liminaires qui posent les contraintes qui p&#232;sent sur l'exercice, il nous para&#238;t opportun de dire qu'il n'est d'autre apprentissage des formes de la langue &#233;crite que celui qui consiste en sa manipulation quotidienne, son utilisation dans des projets, for&#231;ant la multiplicit&#233; des occurrences linguistiques. C'est, en effet, &#224; force de rencontrer de l'&#233;crit en situation que l'enfant se familiarise peu &#224; peu aux formes que celui-ci doit prendre. C'est ainsi que les activit&#233;s traditionnelles de la classe incluent des exercices fr&#233;quents de manipulation de l'&#233;crit, de familiarisation avec ses structures et son fonctionnement sp&#233;cifiques, notamment tous les exercices permettant de travailler ses signes particuliers (inexistants &#224; l'oral) : segmentation, ponctuation, majuscules, accentuation, etc. Mais, en ce qui concerne l'acc&#232;s &#224; la structure, consid&#233;rons maintenant le paradoxe suivant. D'une part, la langue est un mat&#233;riau autorisant une telle infinit&#233; de formulations diff&#233;rentes d'un m&#234;me propos que la probabilit&#233; pour que deux &#233;nonc&#233;s identiques soient cr&#233;&#233;s est voisine de z&#233;ro. Mais, nous devons relever d'autre part que la litt&#233;rature, depuis qu'elle existe, ne para&#238;t consister qu'en une suite ininterrompue de palimpsestes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;rard Genette, Palimpsestes, Seuil Points, 2000 [...] &#171; tout texte d&#233;riv&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme si, chacun r&#233;&#233;crivait sur les traces laiss&#233;es par les g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Umberto ECO : &#171; On ne fait des livres que sur d'autres livres et autour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour l'apprentissage de l'&#233;criture ceci nous para&#238;t renforcer notre conviction : il est pertinent de proposer aux enfants de se servir, comme &#171; m&#233;diateur &#187;, de la litt&#233;rature&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques FlJALKOW, A.L. n&#176;74 (juin 2001) &#171; Aborder l'apprentissage de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d'extraits s&#233;lectionn&#233;s par eux-m&#234;mes, pour b&#233;n&#233;ficier de la ma&#238;trise de l'&#233;criture dont disposent les auteurs et faire de ces derniers des tuteurs, des complices occasionnels de leurs apprentissages. Concr&#232;tement, pour mettre en &#339;uvre ce projet nomm&#233; &#171; &lt;i&gt;&#201;criture de textes longs &#224; partir de la litt&#233;rature&lt;/i&gt; &#187;, les enfants, suite &#224; leurs lectures, ont constitu&#233; un fichier d'aides &#224; l'&#233;criture &#224; partir des ouvrages de litt&#233;rature jeunesse. Dans un premier temps, ils ont relev&#233; les meilleurs d&#233;buts d'histoires, ceux qui paraissaient offrir le plus de prise &#224; l'imagination. Ensuite, ils ont r&#233;colt&#233; dans les livres les meilleures descriptions de lieux, les meilleurs portraits ainsi que les fins d'histoires les plus attrayantes. Puis, ils ont s&#233;lectionn&#233; certains de ces extraits et les ont modifi&#233;s pour les adapter &#224; leur projet personnel d'&#233;criture, apr&#232;s avoir choisi leurs propres personnages, lieux, actions, etc. Notre propre exp&#233;rience des situations de r&#233;&#233;criture des r&#233;&#233;critures de textes d'enfants (l'adulte r&#233;&#233;crit le texte de l'enfant qui doit ensuite le r&#233;&#233;crire lui-m&#234;me) nous a r&#233;v&#233;l&#233; que les enfants ne se satisfont pas, dans de telles occasions, d'une simple recopie du texte de &#171; &lt;i&gt;l'autre&lt;/i&gt; &#187; (adulte ou &#233;crivain), mais qu'ils introduisent r&#233;guli&#232;rement des &#233;l&#233;ments personnels, qu'ils emploient des synonymes, par exemple, tout en conservant ce qu'ils sont eux-m&#234;mes dans l'impossibilit&#233; de produire actuellement et de mani&#232;re autonome : la structure logique du texte. Un premier survol r&#233;capitulatif de cette exp&#233;rience montre une participation volontaire, g&#233;n&#233;rale, et presque enthousiaste, de tous les enfants de cycle 3, CE2 comme CM. Aucun ne s'est senti en difficult&#233; face &#224; la t&#226;che, gr&#226;ce au sentiment de s&#233;curit&#233; apport&#233; par la pr&#233;sence des aides ainsi qu'&#224; l'assistance mutuelle que se pr&#234;tent r&#233;guli&#232;rement ces enfants dans le d&#233;roulement normal de leurs activit&#233;s quotidiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. En ce qui concerne la quantit&#233; des productions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; &lt;i&gt;Le premier recueil comporte 20 textes de 133 mots chacun en moyenne (arec un minimum de 3 3 mots et un maximum de 284 mots),&lt;br&gt;
&#9658; le deuxi&#232;me contient 20 textes de 161 mots en moyenne (avec un minimum de 46 mots et un maximum de 290 mots),&lt;br&gt;
&#9658; le troisi&#232;me ne comporte que 14 textes, ceux qui ont &#233;t&#233; retourn&#233;s dans les d&#233;lais, pour une moyenne de 287 mots (avec un minimum de 69 mots et un maximum de 1215 mots).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier constat qui s'impose c'est la quantit&#233; de textes &#233;crits sur une p&#233;riode relativement courte (un mois et demi &#224; deux mois). Plus exactement, c'est l'implication qui est significative : les 3/4 des enfants ont &#233;crit au minimum 3 textes en respectant la contrainte fix&#233;e. Ce qui est int&#233;ressant &#224; relever, c'est que ceux qui participent &#224; la production du 3&#232;me texte &#233;crivent des textes qui sont en moyenne aussi longs (287 mots) que les plus longs des deux recueils pr&#233;c&#233;dents (284 et 290 mots).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Ce qui est en revanche vraiment remarquable, c'est la qualit&#233; d'&#233;criture de ces textes, m&#234;me s'il s'agit l&#224; d'un jugement parfaitement subjectif. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On notera, dans les extraits rapport&#233;s plus bas, l'emploi d'un vocabulaire qui, m&#234;me s'il appartient &#224; un registre courant, n'en est pas moins appropri&#233;, le recours &#224; la phrase complexe lorsque son usage s'impose, la juxtaposition qui est utilis&#233;e avec pertinence, la ponctuation qui remplit son r&#244;le en permettant notamment de lever certaines ambig&#252;it&#233;s possibles, l'usage normal des connecteurs, etc. Autant de marques qui sont propres au discours &#233;crit et dont la ma&#238;trise ne pourrait en principe &#234;tre exig&#233;e de la part des enfants avant la fin de leur cursus de coll&#233;gien, tant il faut&lt;br class='autobr' /&gt;
d'exp&#233;riences pour pr&#233;tendre un jour se rendre ma&#238;tre de l'&#233;criture &#224; un niveau expert. A souligner, en passant, que la seule ma&#238;trise des comp&#233;tences les plus basiques en mati&#232;re d'&#233;criture condamne les &#233;crits ainsi produits &#224; &#234;tre assimilables &#224; de la simple oralit&#233; transcrite. Dans ce cas, l'&#233;criture n'offre rien de plus qu'une possibilit&#233; de marquage, de garder une trace de l'exp&#233;rience, etc. En aucun cas, &#224; ce niveau, l'&#233;criture ne peut &#234;tre v&#233;cue comme outil r&#233;flexif d'objectivation du r&#233;el, instrument externe de la pens&#233;e, apte &#224; donner du monde une interpr&#233;tation et proposer une &#233;ventuelle transformation...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette analyse s'ach&#232;ve sur l'&#233;vocation des productions d'enfants de cycle 3. Cet article, dans son int&#233;gralit&#233; avec ces productions d'enfants est consultable sur le site de l'AFL (&lt;a href=&#034;http://www.lecture.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lecture.org&lt;/a&gt;), &#224; la rubrique Ressources en ligne / ressources en fran&#231;ais.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_201 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al133_p13.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 227 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783629978' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Apprendre &#224; &#233;crire &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;EINSTEIN : &#171; &lt;i&gt;C'est la th&#233;orie qui d&#233;cide de ce que l'on peut observer&lt;/i&gt; &#187; (Entretien priv&#233; avec Heisenberg).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D'apr&#232;s Ferdinand DE SAUSSURE, &lt;i&gt;Cours de linguistique g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;, 1916.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jack GOODY, &lt;i&gt;La raison graphique&lt;/i&gt; (1977), &#201;ditions de Minuit, Paris, p. 85-87&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lev VYGOTSKI, &lt;i&gt;Pens&#233;e et langage&lt;/i&gt;, La dispute-1991-p. 337-343.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lev VYGOTSKI, &lt;i&gt;Pens&#233;e et langage&lt;/i&gt;, La Dispute, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Idem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D'apr&#232;s &lt;i&gt;Une logique de la communication&lt;/i&gt;, WATZLAWICK et al., Seuil Points Essais, 1979.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;G&#233;rard Genette, &lt;i&gt;Palimpsestes&lt;/i&gt;, Seuil Points, 2000 [...] &#171; &lt;i&gt;tout texte d&#233;riv&#233; d'un texte ant&#233;rieur par transformation simple (nous dirons d&#233;sormais transformation) tout court ou par transformation indirecte : nous dirons imitation.&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Umberto ECO : &#171; &lt;i&gt;On ne fait des livres que sur d'autres livres et autour d'autres livres.&lt;/i&gt; &#187; ; Yvanne CHENOUF : &#171; &lt;i&gt;[...] Comme P&#233;n&#233;lope, retisser &#224; l'infini des textes &#224; partir de motifs originels.&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jacques FlJALKOW, A.L. n&#176;74 (juin 2001) &#171; &lt;i&gt;Aborder l'apprentissage de la lecture-&#233;criture avec de vrais livres et dans de vraies situations de lecture-&#233;criture revient alors &#224; pr&#233;senter les faits selon leur nature plut&#244;t que de mani&#232;re tronqu&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; L'&#233;criture, pr&#233;alables &#224; sa p&#233;dagogie &#187;</title>
		<link>http://actes-de-lecture.org/spip.php?article76</link>
		<guid isPermaLink="true">http://actes-de-lecture.org/spip.php?article76</guid>
		<dc:date>2016-03-15T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>En 1988, l'AFL publie un livre intitul&#233; &#171; L'&#233;criture, pr&#233;alables &#224; sa p&#233;dagogie &#187;, dans lequel ses auteurs, Paul L&#201;ON, professeur d'&#201;cole Normale, et Jeannette ROUDIER, conseill&#232;re p&#233;dagogique, proposent une p&#233;dagogie de l'&#233;criture qui n'est ni &#171; techniciste &#187; ni &#171; expressionniste &#187;. L'int&#233;r&#234;t de leurs propositions, &#233;tay&#233;es par une r&#233;flexion politique, est justement qu'elle permet de d&#233;finir et d'entreprendre une v&#233;ritable politique de l'&#233;criture &#224; l'&#233;cole et au coll&#232;ge. Nous (...)

-
&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique18" rel="directory"&gt;133 - &#171; La ma&#238;trise de l'&#233;crit par le corps social &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1988, l'AFL publie un livre intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;L'&#233;criture, pr&#233;alables &#224; sa p&#233;dagogie&lt;/i&gt; &#187;, dans lequel ses auteurs, Paul L&#201;ON, professeur d'&#201;cole Normale, et Jeannette ROUDIER, conseill&#232;re p&#233;dagogique, proposent une p&#233;dagogie de l'&#233;criture qui n'est ni &#171; &lt;i&gt;techniciste&lt;/i&gt; &#187; ni &#171; &lt;i&gt;expressionniste&lt;/i&gt; &#187;. L'int&#233;r&#234;t de leurs propositions, &#233;tay&#233;es par une r&#233;flexion politique, est justement qu'elle permet de d&#233;finir et d'entreprendre une v&#233;ritable politique de l'&#233;criture &#224; l'&#233;cole et au coll&#232;ge. Nous reproduisons aujourd'hui dans le cadre de ce &#171; &lt;i&gt;dossier&lt;/i&gt; &#187;, une partie de la pr&#233;face &#233;crite alors pour ce livre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; La forme d'une &#339;uvre d'art n'est rien&lt;br&gt;
d'autre que l'organisation parfaite de son&lt;br&gt;
contenu ; sa valeur d&#233;pend donc enti&#232;rement&lt;br&gt;
de celui-ci. &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;Bertbold BRECHT&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;[...] Faute de se pr&#233;occuper r&#233;ellement de lecture, l'&#233;cole se condamne &#224; l'inefficacit&#233; dans le domaine de l'&#233;criture. L'AFL n'a, jusqu'ici (1987), gu&#232;re exprim&#233; de propositions pr&#233;cises, si ce n'est, mais c'est peut-&#234;tre l'essentiel, de poser le probl&#232;me de l'&#233;criture dans la perspective du lecteur. Comment celui qui &#233;crit anticipe-t-il les strat&#233;gies de son lecteur pour les combler, les surprendre et les faire &#233;voluer ? Cette r&#233;flexion est possible d&#232;s le d&#233;but lorsqu'elle s'appuie sur une th&#233;orisation de l'exp&#233;rience actuelle de lecteur de celui qui se propose d'&#233;crire et, dans un groupe, sur une confrontation de ces th&#233;orisations, quel qu'en soit le niveau. On n'&#233;crit qu'&#224; partir de ce qu'on comprend qu'il se passe quand on lit : &#233;crire oblige &#224; th&#233;oriser ses strat&#233;gies de lecture ; et lire &#224; th&#233;oriser ses strat&#233;gies d'&#233;criture...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des ateliers d'&#233;criture sont mis en place ici et l&#224; et sans doute avec quelque succ&#232;s ; mais est-ce si simple ? Et d'abord, quels ateliers pour quelle &#233;criture ? Si on observe ce qui se fait dans les formations de journalistes, on constate, par exemple, que les ateliers sont tourn&#233;s vers les techniques de mise en ordre, d'exposition, de recherche de lisibilit&#233;, bref, d'efficacit&#233; de la communication. D'autres, en milieu non professionnel, portent sur des techniques de d&#233;blocage et d'expression, de prise de confiance en soi et de conscience de soi : tout le monde a quelque chose &#224; dire et peut le dire. Oui, r&#233;pond un troisi&#232;me courant, mais entre avoir quelque chose &#224; dire pour l'&#233;crire et avoir quelque chose &#224; &#233;crire, la diff&#233;rence est grande. &#201;crire, c'est pr&#233;cis&#233;ment travailler avec du langage &#233;crit pour d&#233;couvrir ce qu'on a &#224; dire. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ces approches ne s'int&#233;ressent pas, sous le terme d'&#233;criture, aux m&#234;mes aspects ou aux m&#234;mes composantes. Ainsi, se dessinent au moins deux courants principaux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; Un courant traditionnel sur les pr&#233;suppos&#233;s duquel se fait d'ailleurs l'essentiel de la demande du public : &#171; &lt;i&gt;Je veux apprendre &#224; r&#233;diger, &#224; &#233;crire ce que j'ai &#224; dire, de mani&#232;re efficace, &#233;l&#233;gante, rapide et claire. Parce que je suis &#233;tudiant, chercheur, journaliste, technicien, je suis amen&#233; fr&#233;quemment &#224; produire des textes, &#233;ludes, comptes rendus, analyses, r&#233;flexions et j'&#233;prouve le besoin de bien manier l'outil et de ma&#238;triser les techniques de sa mise en &#339;uvre. J'ai un peu la m&#234;me demande envers l'&#233;criture que vis-&#224;-vis de la photographie ou du dessin : il y a des choses &#224; repr&#233;senter ou &#224; exprimer, ici par l'&#233;crit, je veux poss&#233;der l'outil qui me permet de le faire de mani&#232;re satisfaisante. Enseignez-moi les techniques correspondantes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9658; Un courant issu d'une certaine approche litt&#233;raire qui trouve son expression, entre autres, dans les apports de la textualit&#233; (de BARTHES &#224; RICARDOU : l'&#233;criture n'est pas dans l'usage d'un outil pour exprimer quelque chose qui pr&#233;existe mais dans le travail d'un mat&#233;riau ; c'est la confrontation au langage qui est premi&#232;re). Cette approche par la manipulation du signifiant s'appuie sur l'analyse de la fonction po&#233;tique du langage et sur l'&#233;vidence que l'usage litt&#233;raire englobe toutes les autres fonctions. Le texte de Paul LEON va dans cette direction. Il est fr&#233;quent d'opposer ces deux courants, au risque de la caricature. Le premier pr&#233;suppose qu'on sait ce qu'on veut dire et qu'il s'agit simplement de l'&#233;crire, mais admet d'exp&#233;rience que la confrontation aux contraintes sp&#233;cifiques du mat&#233;riau va r&#233;agir sur ce qu'on voulait dire, qui en sera alors transform&#233;. Le second fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'analyse de BARTHES : &#171; ... &lt;i&gt;la langue, comme performance de tout langage, n'est ni r&#233;actionnaire ni progressiste ; elle est tout simplement fasciste ; car le fascisme, ce n'est pas d'emp&#234;cher de dire, c'est d'obliger &#224; dire. D&#232;s lors qu'elle est prof&#233;r&#233;e, f&#251;t-ce dans l'intimit&#233; la plus profonde du sujet, la langue entre au service d'un pouvoir. (...) Il ne reste, si je puis dire, qu'&#224; tricher avec la langue, qu'&#224; tricher la langue. Celle tricherie salutaire, cette esquive, ce leurre magnifique, qui permet d'entendre la langue hors pouvoir, dans la splendeur d'une r&#233;volution permanente du langage, je l'appelle pour ma part : litt&#233;rature. (...) C'est &#224; &#161;'int&#233;rieur de la langue que la langue doit &#234;tre combattue, d&#233;voy&#233;e : non par le message dont elle est l'instrument, mais par le jeu des mots dont elle est le th&#233;&#226;tre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion sur l'&#233;criture est ainsi, selon John BARTH cette fois !, marqu&#233;e de ces &#171; &lt;i&gt;querelles entre r&#233;alisme et irr&#233;alisme, formalisme et contenuisme, litt&#233;rature pure et litt&#233;rature d'engagement, narrativit&#233; d'&#233;lite et narrativit&#233; de masse...&lt;/i&gt; &#187;. Claude SIMON esquisse un rapprochement : &#171; &lt;i&gt;NOVALIS&lt;/i&gt;, &#233;crit-il, &lt;i&gt;&#233;non&#231;ait avec une &#233;tonnante lucidit&#233; cet apparent paradoxe qu'il &#8220;en va du langage comme des formules math&#233;matiques : elles constituent un monde en soi, pour elles seules ; elles jouent entre elles exclusivement, n'expriment rien sinon leur propre nature merveilleuse, ce qui, justement, fait qu'elles sont si expressives que, justement, en elles, se refl&#232;te le jeu &#233;trange des rapports entre les choses&#8221;&lt;/i&gt;. C'est, ajoute SIMON, &lt;i&gt;&#224; la recherche de ce jeu qu'on pourrait concevoir un engagement de l'&#233;criture qui, chaque fois qu'elle change un tant soit peu le rapport que, par son langage, l'homme entretient avec le monde, contribue dans sa modeste mesure &#224; changer celui-ci&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi, tout autant que le po&#232;te, le prosateur ne se sert pas du langage comme d'un simple v&#233;hicule. C'est ce qu'il fait sur le langage, du langage, qui constitue son engagement. Et Claude SIMON cite Paul VAL&#201;RY : &#171; &lt;i&gt;Si on s'inqui&#232;te (...) de ce que j'ai voulu dire (...), je r&#233;ponds que je n'ai pas &lt;strong&gt;voulu dire&lt;/strong&gt; mais &lt;strong&gt;voulu faire&lt;/strong&gt; et que c'est cette &lt;strong&gt;intention de faire&lt;/strong&gt; qui a voulu ce que &lt;strong&gt;j'ai dit&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;. Puis explique &#224; son compte : &#171; &lt;i&gt;Eh bien, lorsque je me trouve devant ma page blanche, je suis confront&#233; &#224; deux choses : d'une part, le trouble magma d'&#233;motions, de souvenirs, d'images qui se trouve en moi, d'autre part la langue, les mots que je mis chercher pour le dire, la syntaxe par laquelle ils vont &#234;tre ordonn&#233;s et au sein de laquelle ils vont en quelque sorte se cristalliser. Et, tout de suite, un premier constat : c'est qu'on n'&#233;crit (ou ne d&#233;crit) jamais quelque chose qui s'est pass&#233; avant le travail d'&#233;crire, mais bien ce qui se produit (et cela dans tous les sens du terme) au cours de ce travail, au &lt;strong&gt;pr&#233;sent&lt;/strong&gt; de celui-ci, et r&#233;sulte, non pas du conflit entre le tr&#232;s vague projet initial et la langue, mais au contraire d'une symbiose entre les deux qui fait, du moins chez moi, que le r&#233;sultat est infiniment plus riche que l'intention.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve la m&#234;me approche dans les textes d'Umberto ECO qui refuse d'opposer au travail du signifiant l'expression d'une volont&#233; de signifier : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;crivain sait qu'il doit r&#233;soudre un probl&#232;me. Les donn&#233;es de d&#233;part sont peut-&#234;tre obscures, pulsionnelles, obs&#233;dantes, ce n'est soumit rien de plus qu 'une envie ou un souvenir. Mais ensuite, le probl&#232;me se r&#233;sout sur le papier, en interrogeant la mati&#232;re sur laquelle on travaille &#8212; mati&#232;re qui exhibe ses propres lois naturelles, mais qui en m&#234;me temps am&#232;ne avec elle le souvenir de la culture dont elle est charg&#233;e (l'&#233;cho de l'intertextualit&#233;).&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est loin du fameux &#171; &lt;i&gt;ce qui se con&#231;oit bien s'&#233;nonce clairement&lt;/i&gt; &#187; et plut&#244;t dans un &#171; &lt;i&gt;ce qui fait effort pour s'&#233;noncer parvient &#224; se concevoir&lt;/i&gt; &#187;, transposant &#224; l'&#233;criture la d&#233;finition de la sculpture que donne MICHEL-ANGE et que rapporte ECO : &#171; &lt;i&gt;Sculpter, c'est lib&#233;rer de son oppression la figure d&#233;j&#224; inscrite dans la pierre.&lt;/i&gt; &#187; Mais cette focalisation sur l'opposition entre formalisme et contenuisme, litt&#233;rature pure et litt&#233;rature d'engagement menace paradoxalement d'&#233;loigner de ce qui est sp&#233;cifique de l'&#233;criture. En effet, toutes ces observations s'appliquent au langage, au rapport entre pens&#233;e et langage, &#224; toute production qui, pour na&#238;tre, travaille la langue. La production &#233;crite, et particuli&#232;rement la cr&#233;ation litt&#233;raire, est donc elle aussi soumise &#224; cette contrainte g&#233;n&#233;rale, au m&#244;me titre que la communication orale, mais ne peut se r&#233;duire &#224; elle. Qu'est-ce que l'&#233;criture ajoute alors de sp&#233;cifique ? Claude SIMON aborde ainsi cette question : &#171; &lt;i&gt;C'est bien l&#224; que r&#233;side un des paradoxes de l'&#233;criture : la description de ce qu'on pourrait appeler un &#171; paysage int&#233;rieur &#187; apparemment statique, et dont la principale caract&#233;ristique est que rien n'y est proche ni lointain, se r&#233;v&#232;le &#234;tre elle-m&#234;me non pas statique, mais au contraire dynamique : forc&#233; par la configuration lin&#233;aire de la langue d'&#233;num&#233;rer les unes apr&#232;s les autres les composantes de ce paysage (ce qui est d&#233;j&#224; proc&#233;der &#224; un choix pr&#233;f&#233;rentiel, &#224; une valorisation subjective de certaines d'entre elles par rapport aux autres), l'&#233;crivain, d&#232;s qu'il commence &#224; tracer un mol sur le papier ; louche aussit&#244;t &#224; ce prodigieux ensemble, ce prodigieux r&#233;seau de rapports &#233;tablis dans et par cette langue qui, comme on l'a dit, &#171; parle d&#233;j&#224; avant nous &#187; au moyen de ce qu 'on appelle ses &#171; figures &#187;, autrement dit les tropes, les m&#233;tonymies et les m&#233;taphores dont aucune n'est l'effet du hasard mais, tout au contraire, partie constitutive de la connaissance du monde et des choses peu &#224; peu acquises par l'homme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, il convient de d&#233;m&#234;ler ce qui rel&#232;ve du rapport au langage en g&#233;n&#233;ral, de ce qui appartient en propre &#224; l'&#233;criture. Ce qui est paradoxal dans l'&#233;criture, c'est la double contrainte d'une configuration lin&#233;aire propre &#224; la langue et d'une totalit&#233; imm&#233;diatement accessible qui caract&#233;rise l'&#233;crit. A l'oral, la configuration lin&#233;aire est r&#233;gul&#233;e par l'action, le contexte, le feed-back instantan&#233;, le froncement de sourcils, la vie du dialogue : c'est l'effet du message qui d&#233;finit sa suite. Ce qui r&#233;git l'&#233;crit, ce n'est plus le temps, mais l'espace du texte donn&#233; en une fois et qui n'a donc plus aucune r&#233;gulation post&#233;rieure possible. Le texte doit int&#233;grer dans sa conception son propre dispositif de r&#233;gulation ; il en vient &#224; se construire autour de ce dispositif de r&#233;gulation, &#224; &#234;tre d'abord par ce dispositif, &#224; &#234;tre ce dispositif. Ce qu'Umberto ECO appelle l'anticipation du lecteur mod&#232;le : &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s avoir donn&#233; un coup de pinceau, (le peintre) recule de deux ou trois pas et &#233;tudie l'effet : il regarde le tableau comme devrait le regarder ; dans des conditions de lumi&#232;re appropri&#233;e, le spectateur quand il l'admirera, accroch&#233; au mur. Quand l'&#339;uvre est finie, le dialogue s'instaure entre le texte et ses lecteurs : l'auteur est exclu. Au cours de l'&#233;laboration de l'&#339;uvre, il y a un double dialogue : celui entre ce texte et tous les autres &#233;crits auparavant (on ne fait des livres que sur d'autres livres et autour d'autres livres) et celui entre l'auteur et son lecteur mod&#232;le&lt;/i&gt; &#187;. Et toute lecture, d'une certaine mani&#232;re, est savante, en ce sens que le lecteur informe le texte de toutes ses exp&#233;riences ant&#233;rieures de lecteur, de ses rencontres avec le langage, de sa vie, de son projet de lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans rien renier, au contraire, de ce qu'apporte &#224; l'&#233;criture la confrontation au langage, il appara&#238;t alors n&#233;cessaire de ne pas l'y enfermer si on veut faire appara&#238;tre ce qui la distingue de toutes les autres productions langagi&#232;res. La configuration du langage est soumise, &#224; l'&#233;crit, &#224; l'espace du texte et non plus au temps du discours. Avec toutes les contraintes d'un mat&#233;riau, l'auteur travaille comme le peintre ou le sculpteur et non comme le musicien. Tout va &#234;tre offert dans le m&#234;me instant. A la fois, chaque &#233;l&#233;ment pos&#233; cr&#233;e l'objet et prend sa signification de lui. Ce qui est exprim&#233; de mani&#232;re lin&#233;aire, c'est paradoxalement une structure finie, globale et imm&#233;diate. Ecrire, du fait m&#234;me de la nature mat&#233;rielle du langage lorsqu'il est texte &#233;crit, c'est &#233;chafauder un ensemble, ce que Claude SIMON appelle &#171; &lt;i&gt;proc&#233;der &#224; un choix pr&#233;f&#233;rentiel, &#224; une valorisation subjective&lt;/i&gt; &#187;, c'est cr&#233;er un ordre pr&#233;alable, c'est faire le choix d'un point de vue, c'est, pour quelque raison que ce soit, imposer de l'unit&#233; irr&#233;m&#233;diable, exprimer une structure d'abord dans l'organisation d'un &lt;i&gt;paysage int&#233;rieur&lt;/i&gt;. Si l'&#233;criture est du c&#244;t&#233; du pouvoir, c'est, bien s&#251;r, parce qu'elle travaille, comme la parole, le mat&#233;riau politique qu'est le langage mais aussi, et d'abord, parce qu'elle oblige, pour na&#238;tre, &#224; regarder autrement le r&#233;el, &#224; le distancier, &#224; le th&#233;oriser, &#224; travailler sa coh&#233;rence, &#224; explorer son ordre. C'est en cela qu'&#233;crire est une autre mani&#232;re de penser, celle qui permet de passer du conflit de la &lt;i&gt;disputatio&lt;/i&gt; des anciens &#224; la recherche de la raison qui fait que les choses sont ce qu'elles sont. L'&#233;crit est du c&#244;t&#233; des syst&#232;mes, du m&#233;taphysique, du monde repens&#233;, recr&#233;&#233; par l'effort de le concevoir dans les contraintes d'un texte. Comme le note Umberto ECO : &#171; &lt;i&gt;C'est la fuite hors de l'&#233;motion personnelle.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'&#233;criture est du c&#244;t&#233; du pouvoir, non seulement parce qu'elle manipule du langage, ce que fait aussi la parole, mais parce qu'elle produit un objet dont la naissance impose de travailler au-del&#224; des apparences, de l'autre c&#244;t&#233; du miroir, l&#224; o&#249; les choses sont davantage ce qu'elles sont, par l'effort d'exprimer un ordre qui ne s'entend pas &lt;i&gt;&#224; oreille nue&lt;/i&gt;. Et l'&#233;criture suppose, pour na&#238;tre, ce recul, cette distance, cet espoir de comprendre en abolissant le hasard, cette volont&#233; de concevoir un monde dont l'explication ne s'&#233;puise pas dans les circonstances. Texte et pouvoir ont en commun d'explorer les limites de ce qui r&#233;siste ; et le texte, du fait des caract&#233;ristiques mat&#233;rielles de l'objet &#233;crit (sa pr&#233;sence totale et imm&#233;diate qui en fait une structure d'abord), impose de chercher et de produire une coh&#233;rence, donc de penser le monde au del&#224; de le nommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette confection de la carte &#224; partir du paysage, cet approfondissement acharn&#233; par le langage, lorsqu'il devient texte, passage du particulier au g&#233;n&#233;ral, voil&#224; qui explique que le combat pour l'&#233;criture, comme pour la lecture, soit d'abord politique. Mais &#224; condition de ne pas se tromper de politique : on aurait tort de localiser les rapports de domination sociale dans le langage, m&#234;me si c'est lui qui les exprime, les renforce et les masque le mieux. Ce qui est politique, ce sont les conditions sociales qui permettent la production de ces points de vue qui th&#233;orisent le r&#233;el gr&#226;ce au langage, non le langage lui-m&#234;me. Se pr&#233;occuper d'&#233;criture, c'est vouloir &#233;tendre &#224; tous et dans tous les domaines le pouvoir de transformer et de comprendre ainsi le monde, donc d'en &#233;tablir d'autres cartes ; c'est promouvoir les conditions de la conqu&#234;te de ce statut de pouvoir qui inclut l'&#233;criture comme moyen de penser le r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'oublieraient les ateliers d'&#233;criture s'ils r&#233;duisaient l'&#233;criture au simple travail sur la langue alors qu'elle est, &#224; cause des contraintes du texte, l'invention d'un point de vue sur le monde. Sans cette transformation du statut dans une politique globale d'&#233;criture, les uns exploreront leur monde en en dressant la carte, les autres ne transposeront que des cartes d&#233;j&#224; faites &#224; d&#233;faut de r&#233;unir les conditions qui les autorisent &#224; regarder de plus haut pourquoi les choses sont comme elles sont et &#224; prendre appui sur le langage pour transformer des &#233;v&#233;nements conjoncturels en leur repr&#233;sentation structurelle. L&#224; encore, on ne peut apprendre &#224; &#233;crire qu'en &#233;crivant, c'est-&#224;-dire en parcourant le chemin complet de l'&#233;criture. Il y a le m&#234;me rapport entre les ateliers d'&#233;criture et l'&#233;criture qu'entre les ateliers de lecture et la lecture : lorsqu'on s'exerce, on ne commet ni un acte de lecture ni un acte d'&#233;criture, on d&#233;veloppe simplement des aspects techniques pr&#233;sents dans l'acte global, mais dont la somme n'&#233;puise pas, il s'en faut, ce qui le fait exister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;criture est ainsi cette action pour penser le monde, elle est aussi une volont&#233; d'agir sur lui en transformant, par exemple, la vision qu'en a le lecteur. Umberto ECO s'en explique : &#171; &lt;i&gt;Dans les deux cas, qu'on croie s'adresser &#224; un public qui est l&#224;, devant la porte, pr&#234;t &#224; payer, ou qu'on se propose d'&#233;crire pour un lecteur &#224; venir, &#233;crire c'est construire, &#224; travers le texte, son propre mod&#232;le de lecteur. (...) Quand l'&#233;crivain opte pour le nouveau et projette un lecteur diff&#233;rent, il ne se veut pas analyste de march&#233; faisant la liste des demandes exprim&#233;es, mais philosophe qui entrevoit intuitivement les trames du &lt;strong&gt;Zeitgeist&lt;/strong&gt;. Il veut r&#233;v&#233;ler &#224; son public ce que celui-ci &lt;strong&gt;devrait&lt;/strong&gt; vouloir, m&#234;me s'il ne le sait pas. Il veut r&#233;v&#233;ler le lecteur &#224; lui- m&#234;me. (...) Un texte veut &#234;tre une exp&#233;rience de transformation pour son lecteur. (...) Peupler les r&#234;ves des lecteurs ne signifie pas n&#233;cessairement les bercer. &#199;a peut vouloir dire les obs&#233;der.&lt;/i&gt; &#187; Enseigner l'&#233;criture &#224; un enfant de 5 ans, c'est donc prendre au s&#233;rieux ce qu'il a imp&#233;rativement besoin de r&#233;v&#233;ler &#224; son public...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est exact que la confrontation avec le mat&#233;riau me r&#233;v&#232;le ce que je voulais dire, ce travail ne se s&#233;pare pas de l'intention d'agir sur mon lecteur et est en permanence pilot&#233; par elle. On &#233;crit dans un projet qui vient de soi et va aux autres et ce projet est de transformation de soi, des autres et de l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_212 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al133_p60_1_.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 175.1 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783629978' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'&#233;criture, pr&#233;alables &#224; sa p&#233;dagogie &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Des coll&#233;giens entre savoirs scolaires et pratiques sociales : tenter de r&#233;&#233;crire une exp&#233;rience autour de l'&#233;criture de monographies &#187;</title>
		<link>http://actes-de-lecture.org/spip.php?article98</link>
		<guid isPermaLink="true">http://actes-de-lecture.org/spip.php?article98</guid>
		<dc:date>2015-09-15T14:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert CARON</dc:creator>



		<description>Cet article retrace comment, &#224; l'initiative des enseignants de l'&#233;cole maternelle Edouard Vaillant, des acteurs d'un territoire, parents, enfants, coll&#233;giens et enseignants se sont f&#233;d&#233;r&#233;s autour de l'&#233;criture de Monographies. Si ce projet s'est largement nourri de l'exp&#233;rience de Bobigny et d'un article paru dans cette revue, &#171; Les coll&#233;giens, formateurs dans la cit&#233; &#187; , la situation de production dans laquelle ces acteurs se sont retrouv&#233;s l'a fait &#233;voluer diff&#233;remment. Ce texte (...)

-
&lt;a href="http://actes-de-lecture.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;131 - &#171; D&#233;scolarisation &#187;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cet article retrace comment, &#224; l'initiative des enseignants de l'&#233;cole maternelle Edouard Vaillant, des acteurs d'un territoire, parents, enfants, coll&#233;giens et enseignants se sont f&#233;d&#233;r&#233;s autour de l'&#233;criture de Monographies. Si ce projet s'est largement nourri de l'exp&#233;rience de Bobigny et d'un article paru dans cette revue, &#171; &lt;i&gt;Les coll&#233;giens, formateurs dans la cit&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les coll&#233;giens, des formateurs dans la cit&#233;. Proposition sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la situation de production dans laquelle ces acteurs se sont retrouv&#233;s l'a fait &#233;voluer diff&#233;remment. Ce texte essaie de d&#233;crire plus pr&#233;cis&#233;ment comment, sur les ann&#233;es scolaires 2013-2014 et 2014-2015, deux cohortes de coll&#233;giens se sont empar&#233; de cette &#233;criture, suite aux choix p&#233;dagogiques effectu&#233;s par leurs enseignants. Plac&#233;s dans des conditions diff&#233;rentes, ils ont tent&#233; d'&#233;tablir un &#233;quilibre entre savoirs scolaires et pratiques sociales.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Sans pratiques, il n'y a rien &#224; communiquer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Produire soi-m&#234;me les livres dont on a besoin, lorsque ces livres n'existent pas, para&#238;t tomber sous le sens. Pourtant, d&#232;s que cette id&#233;e s'impose et devient projet d'action, chacun comprend mieux que rien n'est pr&#233;vu pour rendre la chose ais&#233;e. Et chaque difficult&#233; rencontr&#233;e vient rappeler qu'en la mati&#232;re, tout est &#224; inventer. C'est ce que les acteurs engag&#233;s dans le projet &#171; Monographies &#187; &#224; Bobigny ont v&#233;cu en 1998 et dont ils ont t&#233;moign&#233; dans les &lt;i&gt;Actes de Lecture&lt;/i&gt; ainsi que dans le &lt;i&gt;Th&#233;o-Prat&lt;/i&gt; n&#176;1&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A.L. n&#176;60, A.L. n&#176;63, Th&#233;o-Prat n&#176;1, les BCD, AFL.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est de ce projet qu'un groupe d'enseignants de Marseille s'est empar&#233; pour le r&#233;&#233;crire sur les deux ann&#233;es scolaires pass&#233;es. L'id&#233;e de s'approprier l'exp&#233;rience de Bobigny a longuement m&#251;ri dans les t&#234;tes des &#233;quipes marseillaises. Sa lecture a &#233;t&#233; r&#233;activ&#233;e &#224; plusieurs occasions, au gr&#233; des diff&#233;rentes conjonctures travers&#233;es. Plusieurs fois, elle est ressortie des tiroirs, sans jamais trouver r&#233;unies les conditions qui semblaient n&#233;cessaires pour l'entreprendre. Malgr&#233; les relations tiss&#233;es avec plusieurs acteurs sociaux du quartier, l'&#233;cole n'&#233;tait pas per&#231;ue comme un partenaire capable de s'engager dans ce type d'action. Elle y avait certainement sa part de responsabilit&#233;. Mais, la conception r&#233;publicaine d'une &#233;cole con&#231;ue pour tenir ceux qui la fr&#233;quentent &#224; l'&#233;cart des tumultes de la vraie vie, dans &#171; &lt;i&gt;le lieu s&#233;par&#233; des savoirs s&#233;par&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, cr&#233;e une dichotomie entre activit&#233;s de production et formation intellectuelle. Le statut accord&#233;, dans les repr&#233;sentations dominantes, aux enfants inscrits en &#233;cole maternelle, les confine dans une classe, sous la tutelle d'adultes. Voil&#224; pourquoi l'&#233;ventualit&#233; de la mise en place d'une telle action apparaissait fort improbable et difficile &#224; initier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec du temps et gr&#226;ce &#224; la participation de l'&#233;quipe de l'&#233;cole maternelle &#224; la derni&#232;re recherche-action de l'AFL que les pratiques se sont transform&#233;es dans et hors l'&#233;cole. Le questionnement collectif autour des conditions g&#233;n&#233;rales d'organisation de l'&#233;cole, la mise en place de productions socialis&#233;es, a conduit &#224; r&#233;-interroger les conditions d'exercice au sein m&#234;me de l'&#233;cole et hors de ces murs. C'est en acceptant de se lancer dans un processus de production que les probl&#232;mes se sont pr&#233;sent&#233;s autrement. C'est en faisant en sorte que chacun apprenne en lisant et en &#233;crivant dans le besoin qu'il a de recourir &#224; l'&#233;crit dans un projet personnel ou collectif, c'est en d&#233;cidant aussi d'ins&#233;rer l'&#233;cole dans un r&#233;seau d'instances &#233;ducatives et en inscrivant son action dans une continuit&#233;, c'est en la conjuguant avec celle d'autres partenaires, c'est en ayant la volont&#233; de rendre la lecture et l'&#233;criture moins scolaires, y compris au sein de l'&#233;cole, que le projet a pu se concr&#233;tiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'alors que, ce qui paraissait si lointain, si &#233;trange, a pu &#234;tre emprunt&#233; en vue de le faire sien. Et, pour y parvenir, il a fallu soumettre l'exp&#233;rience pass&#233;e aux propres intentions d'une nouvelle &#233;quipe, intentions r&#233;alis&#233;es dans l'action. Comme le souligne Leroi-Gourhan, &lt;i&gt;on n'emprunte que ce qu'on est en train d'inventer et ce, &#224; l'int&#233;rieur de la zone de d&#233;veloppement potentiel de sa propre activit&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;LEROI-GOURHAN A., Le Geste et la Parole. Albin Michel, 1964.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;L&#8216;imitation est donc un mouvement d'appropriation qui transpose le geste de l'autre dans l'activit&#233; du sujet. Ce retournement du &#171; &lt;i&gt;geste&lt;/i&gt; &#187; oblige &#224; regarder la transmission comme un processus qui ne va pas simplement du dehors au-dedans, mais &#233;galement du dedans au dehors.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CLOT Y., Le geste est-il transmissible ?, Actes des 10&#232;me entretiens de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le projet&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Conscients que les histoires, les romans, les documentaires pr&#233;sents dans les BCD ou les CDI &#233;voquent rarement ce que vivent les familles, ce qui les pr&#233;occupe, la plupart &#233;tant issues des diff&#233;rentes vagues d'immigration, le groupe d&#233;cide de produire lui-m&#234;me les livres dont il a besoin, lorsque ces livres n'existent pas. C'est, dans ces raisons de lire et d'&#233;crire, que se trouve la source de nouveaux apprentissages et, notamment, celui du langage &#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#233;mergea l'id&#233;e de permettre aux parents d'origine &#233;trang&#232;re de transmettre &#224; leurs jeunes enfants, par l'&#233;crit, des &#233;l&#233;ments d'une sorte de &#171; &lt;i&gt;patrimoine vital&lt;/i&gt; &#187;. Le support par lequel ce legs culturel pourrait se faire serait des livres, de vrais livres. La solution de l'&#233;crivain en r&#233;sidence, souvent retenue pour r&#233;soudre la question de l'&#233;criture, &#233;tait connue mais fut d&#233;laiss&#233;e volontairement au profit d'une autre approche, sans doute plus exigeante, plus audacieuse encore et plus riche : associer pour la production &#233;crite des coll&#233;giens de 6&#232;me et 5&#232;me et certains de leurs professeurs, des parents et des enseignants de l'&#233;cole maternelle, la coordonnatrice REP, l'assistante sociale, la documentaliste, un &#233;crivain professionnel et des militants AFL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action a &#233;t&#233; valid&#233;e en Comit&#233; Ex&#233;cutif de pilotage du coll&#232;ge Rosa Parks.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Coll&#232;ge Rosa Partis, rue de Lyon, 13015 Marseille. Le R&#233;seau Rosa Parks a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Un groupe constitu&#233; d'enseignants issus des 1er et 2&#232;me degr&#233;s s'est f&#233;d&#233;r&#233; autour de cette id&#233;e. La refondation des zones d'&#233;ducation prioritaire, la volont&#233; de cr&#233;er du lien entre les deux degr&#233;s afin d'&#233;viter les ruptures et de fluidifier les parcours individuels, l'absence de r&#233;elles propositions en concurrence pour y parvenir ont permis &#224; ce projet de trouver un &#233;cho favorable. Le coll&#232;ge est au centre des pr&#233;occupations actuelles. Il est l'objet de critiques probablement aussi excessives que sont improbables les attentes de le voir pacifier les relations des jeunes et de leur environnement. De nombreuses innovations (dispositifs de consolidation, &#233;tudes dirig&#233;es..) et, plus r&#233;cemment, la R&#233;forme du Coll&#232;ge pr&#233;vue pour 2016, tentent en permanence d'am&#233;liorer une organisation et un fonctionnement dont, &#224; juste titre, dans l'&#233;tat actuel de la compr&#233;hension des probl&#232;mes, on ne met pas en cause les pr&#233;suppos&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les coll&#233;giens, des formateurs dans la cit&#233;. Proposition sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le quartier o&#249; cette action s'est d&#233;velopp&#233;e, un &#233;cart important existe entre ce qui s'enseigne au sein des &#233;tablissements et ce que les &#233;l&#232;ves vivent. L'&#233;cole, au sens large, reste trop souvent le lieu de d&#233;contextualisation et d'institutionnalisation d'exp&#233;riences et de savoirs que les &#233;l&#232;ves n'ont pas. Il est donc difficile pour ces derniers, dans de telles conditions, d'attribuer du sens &#224; la plupart des exp&#233;riences v&#233;cues &#224; l'int&#233;rieur des locaux scolaires. Le recouvrement entre savoirs scolaires et savoirs sociaux est rompu et ce qui s'enseigne au coll&#232;ge n'est plus un savoir social d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; l'&#233;cole mais un savoir scolaire qui doit se r&#233;investir dans le social. Depuis plus de 30 ans, le coll&#232;ge vit cette difficult&#233; de devoir enseigner ce qui ne se rencontre que parce qu'il l'enseigne.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;marche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ann&#233;e 2013-14&lt;/strong&gt; / &lt;i&gt;Recueil de t&#233;moignages&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un premier temps, de septembre &#224; d&#233;cembre 2013, il s'est agi de pr&#233;senter aux familles le projet et de r&#233;cup&#233;rer, aupr&#232;s de parents, des t&#233;moignages sous diverses formes : des enregistrements audio, des prises de notes ou tout autre support que certains pouvaient envisager. Les enseignants de la maternelle Edouard Vaillant, &#224; l'initiative du projet, se sont port&#233;s volontaires mais tous ceux qui d&#233;siraient y contribuer, sur leur lieu d'action, ont &#233;t&#233; associ&#233;s. Ainsi, l'assistante sociale du coll&#232;ge, lors de rencontres avec les familles, a recueilli plusieurs t&#233;moignages. Ce sont essentiellement des m&#232;res et deux p&#232;res qui ont accept&#233; de raconter. Le faible taux d'activit&#233; professionnelle des m&#232;res entra&#238;ne une pr&#233;sence parentale continue &#224; la maison. Elles se consacrent &#224; la gestion du foyer et &#224; l'&#233;ducation des enfants. M&#234;me celles qui assurent des emplois occasionnels ou partiels gardent une forte inscription dans l'univers domestique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rents entretiens se sont d&#233;roul&#233;s &#224; partir des interrogations suivantes : &#9658; parmi les histoires qu'on vous racontait quand vous &#233;tiez petit(e), laquelle aimeriez-vous qu'on &#233;crive pour vos enfants ? &#9658; qu'est-ce que c'&#233;tait qu'avoir 4 ou 5 ans dans votre pays ? Souvenirs d'enfance, mode de vie... &#9658; qu'est-ce que c'&#233;tait une famille dans votre pays lorsque vous aviez 4 ou 5 ans ? Qui vivait ensemble ? Dans quel type d'habitat ? Quelles activit&#233;s ? Quels statuts avaient les uns, les autres... &#9658; pourquoi &#234;tes-vous parti(e) de votre pays ? Comment ? Pourquoi n'y retournez-vous pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat d'une carence du fonds documentaire de la BCD en mati&#232;re de livres refl&#233;tant la diversit&#233; culturelle et ethnique de l'&#233;cole constitue la raison d'&#234;tre la plus &#233;vidente d'une telle d&#233;marche. Pour les enseignants, mais surtout pour les parents d'origine immigr&#233;e, disposer d'un m&#233;dia autour duquel adultes et enfants pourraient se rencontrer, se retrouver pour construire une relation qui transite par un support &#233;crit, est un objectif &#233;ducatif tout &#224; fait essentiel. Une autre raison de tenter une telle production relevait du d&#233;fi de concevoir et produire collectivement un &#233;crit r&#233;solument nouveau qui trouble un certain conformisme &#233;ditorial ambiant et bouscule l'exotisme folklorique en mati&#232;re d'ouvrages documentaires pour tr&#232;s jeunes enfants, de 0 &#224; 6 ans... Mais, l'exp&#233;rience a r&#233;v&#233;l&#233;, de par une situation inhabituelle, des &#233;l&#233;ments inattendus. La rencontre avec les familles, dans ce cadre-l&#224;, a provoqu&#233; une situation d'&#233;changes parent/enseignant in&#233;dite, qui renouvelle, voire qui inverse, le sch&#233;ma habituel dans lequel les enseignants sont surtout demandeurs d'une sorte de reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LE VOYAGE EN TUNISIE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces trois textes ont &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;s parmi les productions des coll&#233;giens de 2013/14 pour en donner un aper&#231;u&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait une fois, une jeune fille qui s'appelait Sarah. Un jour, avec son p&#232;re et sa famille, elle alla en voyage en Tunisie, en voiture. C'&#233;tait la premi&#232;re fois qu'elle partait en voyage. Elle &#233;tait dans une voiture dont la marque &#233;tait Mazda. Le voyage a dur&#233; des jours et des jours. Sarah ne pouvait manger que des patates bouillies. Ils voyageaient tous serr&#233;s &#224; l'arri&#232;re de la voiture pick-up o&#249; le p&#232;re avait cach&#233; des cigarettes. Quand elle arriva en Tunisie, elle vit la mer pour la premi&#232;re fois. Sarah en avait le souffle coup&#233;. Son p&#232;re a bien vendu les marchandises, et, au retour, Sarah pensa qu'elle avait bien aim&#233; son voyage malgr&#233; les difficult&#233;s qu'ils avaient rencontr&#233;es.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;(Vincent M.)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait une fois une petite fille qui n'avait jamais voyag&#233;. Un jour, son p&#232;re d&#233;cida de l'amener elle et sa famille en Tunisie. Pour la petite fille, c'&#233;tait la premi&#232;re fois qu'elle voyageait avec une voiture et la marque de cette voiture, elle s'en souvient bien, &#233;tait Mazda. Dans la voiture, son p&#232;re avait mis deux matelas pour que ses enfants dorment &#224; l'arri&#232;re de ce plck-up. Pendant le voyage, ils ne mangeaient que des patates bouillies &#224; l'eau. Son p&#232;re avait cach&#233; dans les matelas des paquets de cigarettes pour faire du march&#233; noir. Arriv&#233;e en Tunisie, la petite fille &#233;tait contente parce que c'&#233;tait la premi&#232;re fois qu'elle voyait la mer. Elle avait fait un bon voyage malgr&#233; la difficult&#233; du voyage. Elle n'avait pas vu grand-chose, mais c'&#233;tait un tr&#232;s beau souvenir.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;(Nassourdine M.)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;font-family:Georgia;border-left:4px solid;padding-left: 15px;margin-bottom:10px;margin-top:30px;color:#008080;font-size:18px;font-weight:italic;&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait une fois une petite fille qui partait pour la premi&#232;re fois en voyage. Elle s'appelait Nazira. Son p&#232;re Nadime avait d&#233;cid&#233; qu'il allait emmener toute la famille en Tunisie. Ils prirent la voiture et partirent. Dans la voiture, le p&#232;re avait mis deux matelas. Ce que ne savait pas Nazira, c'&#233;tait que son p&#232;re Nadime y avait cach&#233; des cigarettes pour les amener en Tunisie. Il les avait prises pour les vendre au march&#233; noir. Nazira n'avait pas vu grand chose lors du voyage car elle dormait &#224; l'arri&#232;re de la camionnette, mais quand elle est arriv&#233;e, elle fut enchant&#233;e : elle voyait la mer pour la premi&#232;re fois. Ce souvenir est rest&#233; grav&#233; dans sa m&#233;moire car c'&#233;tait son premier voyage ! Et m&#234;me si, pendant tout ce temps, elle n'a mang&#233; que des pommes de terre bouillies, elle ne garde que de bons souvenirs.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;(Amina M.)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ici, particuli&#232;rement au cours des entretiens, ils se sont retrouv&#233;s en qu&#234;te de connaissance (s). Les enfants ou leur implication dans le projet scolaire n'&#233;taient plus au centre des &#233;changes. Les parents se voyaient accorder une parole pour parler d'eux-m&#234;mes, de leurs souvenirs, de leurs espoirs d&#233;&#231;us, de leur quotidien mais aussi de leurs d&#233;sirs, de leurs r&#234;ves. Les aspirations des parents sont fortement nourries de leur exp&#233;rience. La plupart des personnes interrog&#233;es ont le sentiment d'avoir g&#226;ch&#233; l'opportunit&#233; d'ascenseur social que l'&#233;cole pouvait leur offrir. Si peu d'entre eux d&#233;veloppe des &#171; &lt;i&gt;illusions promotionnelles&lt;/i&gt; &#187;, tous, &#224; d&#233;faut d'entrevoir des &#233;tudes longues, ont int&#233;gr&#233; la n&#233;cessit&#233; d'acc&#233;der &#224; un dipl&#244;me ou une qualification professionnelle qui d&#233;boucherait sur un emploi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Traitement du corpus recueilli&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il s'est ensuite agi de traiter ce corpus pour pouvoir le transmettre aux coll&#233;giens et &#224; leurs professeurs afin qu'ils produisent des textes &#224; destination des enfants du primaire et de leurs familles. Les &#233;l&#232;ves de maternelle et leurs enseignants ont &#233;cout&#233; ces enregistrements, ont r&#233;agi, rep&#233;r&#233; sur un planisph&#232;re les lieux &#233;voqu&#233;s, titr&#233; les diff&#233;rentes parties des entretiens et r&#233;alis&#233; la num&#233;risation de tout cela pour r&#233;&#233;couter au fil des envies et des besoins, librement, seul ou &#224; plusieurs, ce qui venait d'&#234;tre collect&#233; et engrang&#233;. L'&#233;tape des entretiens avec les familles aura, sans doute, &#233;t&#233; un moment cl&#233;, une rencontre essentielle pour la suite de l'action. Les enseignants, &#171; &lt;i&gt;&#233;paul&#233;s&lt;/i&gt; &#187; par leur magn&#233;tophone, ont d&#251; se mettre &#224; l'&#233;coute d'une Parole singuli&#232;re. Une Parole particuli&#232;re, personnelle, originale, dont il a fallu parfois faciliter l'expression par une attitude disponible, une empathie, ainsi qu'une grande vigilance dans l'&#233;coute, afin de rater le moins souvent possible l'opportunit&#233; d'une relance, d'une demande de pr&#233;cision ou le respect d'un silence pudique. La phase de transcription des &#233;changes oraux a &#233;t&#233; assur&#233;e par ceux qui les avaient recueillis. L'&#233;coute r&#233;p&#233;titive des &#233;nonc&#233;s, douloureuse lorsque la compr&#233;hension r&#233;siste, a produit un effet d'impr&#233;gnation chez l'auditeur/transcripteur qui, sans doute, a renforc&#233; une forme d'adh&#233;sion &#224; un point de vue singulier. Ce qui para&#238;t alors d&#233;cisif n'est donc pas tant d'avoir r&#233;alis&#233; les entretiens que de se d&#233;faire de cette relation singuli&#232;re, affective et peut-&#234;tre quelque peu &#171; &lt;i&gt;ali&#233;nante&lt;/i&gt; &#187;, permettant ainsi au discours d'exister en toute ind&#233;pendance vis &#224; vis de ceux qui l'ont produit ou recueilli. La simple mat&#233;rialit&#233; d'un document consignant par &#233;crit le verbal facilite d&#233;j&#224; une certaine mise &#224; distance du contenu des rencontres. Une fois d&#233;pass&#233;e l'oralit&#233; transcrite, un probl&#232;me est pos&#233; &#224; chacun : celui de l'&#233;criture. Des r&#233;unions mensuelles ont permis de faire r&#233;guli&#232;rement le point sur l'&#233;volution du projet. Les regards crois&#233;s ont rendu compte des diff&#233;rents points de vue et ont donn&#233; lieu &#224; des d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but mars 2014, l'ensemble des textes transcrits est remis aux coll&#233;giens. Des lectures se sont op&#233;r&#233;es, des &#233;changes ont pris le relais. Courant avril, une rencontre entre les parents ayant t&#233;moign&#233; et les coll&#233;giens en charge de l'&#233;criture a eu lieu au coll&#232;ge. Les demandes des coll&#233;giens portaient sur des points obscurs, sur la remise en cause de la v&#233;racit&#233; de certains r&#233;cits, leur propre v&#233;cu &#233;tant fort &#233;loign&#233; de ce qui &#233;tait racont&#233;, m&#234;me si quelques-uns, parmi eux, avaient lu ces textes &#224; leurs parents qui corroboraient certains passages, voire les prolongeaient. Une immense carte a permis de resituer tous les lieux d'origine des parents, essentiellement en Afrique (pays du Maghreb, Comores, Madagascar), mais aussi en Roumanie et au Kosovo. Les &#233;l&#232;ves ont entrepris de recueillir des donn&#233;es documentaires sur ces pays et, avec leur professeur d'histoire-g&#233;ographie, ont programm&#233; une visite de l'exposition Plus Loin Que /'Horizon sur les mobilit&#233;s marchandes et humaines en M&#233;diterran&#233;e, propos&#233;e &#224; la Villa M&#233;diterran&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Villa M&#233;diterran&#233;e est un centre international pour le dialogue et les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, visite &#224; laquelle se sont joints les parents. Ce fut l'occasion pour chacun de rep&#233;rer un questionnement pos&#233; par les r&#233;cits collect&#233;s, de permettre de d&#233;passer la singularit&#233; des parcours pour les inscrire dans une histoire plurielle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Passage &#224; l'&#233;crit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur cette 1&#232;re ann&#233;e, les enseignants de coll&#232;ge ont accept&#233; la commande mais souhait&#233;, ensuite, travailler l'&#233;criture, entre eux, avec leurs &#233;l&#232;ves. Envisageant d'engager une collaboration durable, l'&#233;quipe de la maternelle a d&#233;cid&#233; de ne pas trop bousculer les pratiques et choisi plut&#244;t de partir de l'existant, source d'interrogations et de retours r&#233;flexifs, pour le faire &#233;voluer. Le professeur de fran&#231;ais a soulign&#233; l'int&#233;r&#234;t d'un tel projet pour les &#233;l&#232;ves tout en regrettant, cependant, que certains mat&#233;riaux ne permettent pas de produire des contes, genre litt&#233;raire au programme de 6&#232;me. Ce sont les &#233;crits comportant des d&#233;tails pr&#233;cis r&#233;sultant d'exp&#233;riences v&#233;cues ou imaginaires qu'il a jug&#233;s plus exploitables. L'assistante sociale a avanc&#233; l'id&#233;e que l'&#233;laboration d'une grille d'entretien aurait pu faciliter les interviews et permettre de les orienter vers le type d'&#233;crit pressenti. Le professeur d'histoire-g&#233;ographie y a vu la possibilit&#233; de traiter le probl&#232;me de l'eau, &#233;voqu&#233; par certains parents et inscrit au programme de 5&#232;me. Elle a propos&#233; d'initier des recherches documentaires afin d'&#233;claircir certains points. Pour quelques &#233;l&#232;ves, les r&#233;cits des parents &#233;taient de l'ordre de la fabulation et se confronter aux documentaires apparaissait n&#233;cessaire pour ancrer les t&#233;moignages dans la r&#233;alit&#233;. Quant &#224; la r&#233;action des adultes, elle &#233;tait attendue et pr&#233;visible. Tout projet, particuli&#232;rement quand il se veut novateur, comporte une large part d'inconnu et les questions embarrassantes qu'il soul&#232;ve contribuent au d&#233;veloppement de l'action, &#224; mesure qu'elles trouvent leur solution. Ces conceptions diff&#233;rentes, quant &#224; la mani&#232;re de concevoir le projet, &#233;taient envisag&#233;es comme une possibilit&#233; de r&#233;fl&#233;chir aussi bien sur les pratiques d'&#233;criture en milieu scolaire que sur l'&#233;criture tout simplement. Ces avanc&#233;es laborieuses, n&#233;cessitant d'envisager l'exp&#233;rience de mani&#232;re pr&#233;cautionneuse, sans contrainte insurmontable en terme de d&#233;lai ou de production, t&#233;moignent de la dure r&#233;alit&#233; du terrain. Apr&#232;s cette p&#233;riode d'appropriation des transcriptions, s'est amorc&#233; un lent travail d'&#233;criture, programm&#233; durant le cours de fran&#231;ais, besogneux et encore tr&#232;s scolaire. Deux ou trois textes ont &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;s parmi ceux remis en mars. Chaque &#233;l&#232;ve avait pour contrainte d'en &#233;crire &#171; &lt;i&gt;son histoire&lt;/i&gt; &#187; en respectant la trame du conte et les contraintes de ce type de r&#233;cit. Dans ce passage de l'histoire d'UNE vie (recueillie oralement) &#224; UNE histoire DE vie (produite &#224; l'&#233;crit), des &#233;l&#233;ments relevant du particulier semblaient devoir se perdre, ou se transformer, pour que se construise du commun partag&#233;, de l'universel. Ecrire ? A qui ? Ecrire ? Pour quoi ? Ecrire ? A partir de quoi ? Comment articuler les diff&#233;rents registres (fictif, documentaire, sociologique) mais aussi les diff&#233;rents types d'&#233;crits (une histoire, une &#233;vocation, un t&#233;moignage), pour produire une unit&#233; qui ne peut toutefois se r&#233;duire &#224; un seul choix d'&#233;criture, le conte, en accord avec le programme, laissant ainsi &#233;chapper une r&#233;elle occasion de mettre les &#233;l&#232;ves en situation de produire de l'&#233;crit. Le projet est toutefois parvenu &#224; son terme. Lors d'une ultime rencontre, les textes sont lus, en pr&#233;sence d'un auteur Velibor Colic, n&#233; en Yougoslavie et immigr&#233; en France&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Velibor COLIC est un &#233;crivain, n&#233; en Bosnie en 1964, dans une ville qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui, apportera sa contribution en faisant d&#233;couvrir, &#224; son tour, quelques extraits de son dernier roman. Les &#233;changes qui ont suivi, &#224; l'initiative des coll&#233;giens et pr&#233;par&#233;s avec leurs professeurs, port&#232;rent davantage sur le contenu des &#233;crits et sur des aspects techniques de l'&#233;criture que sur l'&#233;criture elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bilan&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le bilan de fin d'ann&#233;e donne l'occasion d'&#233;voquer l'int&#233;r&#234;t mais aussi les limites d'un tel projet. A vouloir rester dans le cadre du programme, l'exploitation des interviews s'est enferm&#233;e dans la production de 7 contes produits par les &#233;l&#232;ves sous la forme de courts textes. Les 24 versions d'un m&#234;me conte n'offrent gu&#232;re de points de vue diff&#233;rents. Proposer une r&#233;&#233;criture pour parvenir &#224; un seul ou quelques textes, fruits d'une analyse critique de ces 24 versions, n'est pas envisageable pour le professeur de fran&#231;ais pour qui l'&#233;criture collective n'en est pas une. Cela remet en cause la primaut&#233; de l'individu. La commande initiale, inscrite dans une r&#233;elle activit&#233; de production, exigeant de s'engager dans une activit&#233; complexe o&#249; les genres d'&#233;crits auraient pu &#234;tre divers et o&#249; les parti pris d'&#233;criture auraient pu donner lieu &#224; des discussions, a gomm&#233; cette opportunit&#233; au profit d'un cadre plus restreint, celui des programmes, et la n&#233;cessit&#233; de respecter la trame du conte. Les &#233;l&#232;ves n'ont ainsi pas pu s'inscrire dans une posture de lecture et d'&#233;criture r&#233;flexive. Ils ont mobilis&#233; des savoirs propres &#224; la fiction, univers r&#233;gi par des r&#232;gles, des constantes et des invariants du r&#233;cit. Ils ont manifest&#233; une indiff&#233;rence au texte en tant qu'unit&#233; dont le sens est &#224; construire en s'appuyant sur des choix d'&#233;criture. Ce fut plus un exercice d'entra&#238;nement qu'un v&#233;ritable travail d'&#233;criture, favorisant un questionnement sur les enjeux de l'&#233;crit et les probl&#232;mes qui en d&#233;coulent. Le professeur d'histoire-g&#233;ographie souligne le manque d'enthousiasme des &#233;l&#232;ves bien qu'il ait propos&#233; une situation qu'il qualifie de moins, voire non, scolaire. Il a fait travailler les &#233;l&#232;ves par petits groupes, a bien voulu modifier sa commande initiale, traiter le probl&#232;me de l'eau. Il a accept&#233;, suite aux demandes des &#233;l&#232;ves, de rep&#233;rer sur des cartes les d&#233;placements effectu&#233;s par les familles. Le travail amorc&#233; est rest&#233; &#224; l'&#233;tat d'&#233;bauche et la production inachev&#233;e. Il avoue toutefois s'&#234;tre laiss&#233; enfermer par le programme et n'a pas su imposer ce projet comme une priorit&#233;. Les enseignants ont &#233;t&#233; contraints de constater combien il s'av&#232;re difficile de faire acqu&#233;rir des instruments de connaissance lorsque ces instruments et ces connaissances n'ont pas d'usage dans le fonctionnement social o&#249; se trouvent immerg&#233;s la majorit&#233; des &#233;l&#232;ves. Une nouvelle hypoth&#232;se de travail peut commencer &#224; germer : elle consisterait &#224; essayer une autre voie autorisant le d&#233;veloppement de ces instruments de connaissance, non en r&#233;f&#233;rence &#224; l'usage qui pourrait en &#234;tre fait, mais en tant qu'outils d'une production sociale effective. Il s'agit, en quelque sorte, &lt;i&gt;de se placer dans la logique d'une formation permanente o&#249;, m&#234;me &#224; l'&#233;tape initiale, la formation intellectuelle n'est pas s&#233;parable de la production et de l'intervention dans l'environnement.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AL n&#176;65, ibidem&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que le r&#233;sultat obtenu et la d&#233;marche choisie r&#233;v&#232;lent un &#233;cart important avec les hypoth&#232;ses envisag&#233;es, ce projet ne fut pas contre-productif. Il a autoris&#233; un retour r&#233;flexif, point de d&#233;part d'une nouvelle action l'ann&#233;e suivante, pour laquelle tous les acteurs souhaitent fixer de nouvelles orientations : prendre l'engagement de ne pas l'inscrire dans les contraintes du programme, de travailler ensemble, d'intervenir conjointement sur les groupes et de donner aux parents qui le souhaiteraient la possibilit&#233; de rejoindre le groupe de pilotage. Mais, sans aucune r&#233;elle explication, il est &#224; noter que les deux professeurs se sont retir&#233;s passant le relais &#224; un autre enseignant de fran&#231;ais, sollicit&#233; par la coordonnatrice REP. Force est de constater que &lt;i&gt;tout ce qui s'&#233;loigne des cat&#233;gories de pens&#233;es auxquelles est assujettie l'id&#233;e de r&#233;alit&#233; est inintelligible&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BERGOUNIOUX P., Exister par deux fois, Fayard essais, Paris 2014.&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;L'ann&#233;e 2014-15&lt;/strong&gt; /&lt;i&gt; Un nouveau cadre pour continuer &#224; &#233;crire&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le red&#233;marrage fut lent et les premi&#232;res rencontres pendant lesquelles un nouveau cadre fut d&#233;fini eurent lieu en janvier. Au cours du second trimestre, une classe de 5&#232;me, dont certains &#233;l&#232;ves avaient v&#233;cu le projet pr&#233;c&#233;dent, et leurs professeurs b&#233;n&#233;ficieraient d'une semaine, en marge de l'emploi du temps annuel, pour produire des monographies. Le bilan de fin d'ann&#233;e ne fera &#233;tat cependant que de deux mardis banalis&#233;s pour la production et d'une demi-journ&#233;e de trois heures pour reprendre et encadrer, par des retours r&#233;flexifs, l'avanc&#233;e des &#233;crits. Le professeur de fran&#231;ais a accept&#233; toutefois de consacrer l'ensemble des heures dont elle disposait avec cette classe &#224; l'&#233;criture des textes. L'encadrement s'est &#233;largi &#224; d'autres acteurs : parents, professeurs d'autres disciplines, coordonnatrice REP, documentaliste... Trois m&#232;res et la coordonnatrice REP ont particip&#233; &#224; cette &#233;criture. Il est revenu aux enseignants de maternelle qui avaient recueilli les t&#233;moignages de s&#233;lectionner les textes de d&#233;part. Des groupes de trois &#233;l&#232;ves ont &#233;t&#233; constitu&#233;s, il a &#233;t&#233; remis &#224; chacun d'entre eux une transcription et son enregistrement qu'ils pouvaient &#233;couter pour s'impr&#233;gner du ton. Dans un premier temps, il a &#233;t&#233; demand&#233; aux &#233;l&#232;ves d'&#233;couter le texte, de noter ce qu'ils en avaient compris et per&#231;u. Le texte transcrit, m&#234;me s'ils en connaissaient l'existence, ne leur fut apport&#233; que dans un second temps. Les coll&#233;giens avaient d&#233;j&#224; travaill&#233; sur le r&#233;cit mettant en sc&#232;ne un h&#233;ros. Chaque groupe, reprenant les contraintes d'&#233;criture possibles, a engag&#233; discussions et d&#233;bats pour aboutir &#224; un cahier des charges, sans toutefois s'enfermer dans un cadre trop contraignant. Le travail d'&#233;criture, assist&#233; par un adulte, parent ou enseignant, pouvait d&#233;marrer... Il s'est agi d'&#233;prouver ensemble &lt;i&gt;qu'un autre rapport &#224; r&#233;crit constitue le quotidien en exp&#233;rience tb&#233;orisable, permet de passer de la juxtaposition de semblables exceptions individuelles &#224; la d&#233;couverte de r&#232;gles donnant prise sur &#171; la force des choses &#171; , transforme le conjoncturel en structurel par l'exercice d'un langage qui, bien avant d'&#234;tre redondance de l'oral, est outil de pens&#233;e.&lt;/i&gt; (A.L. n&#176;65...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupes ont progress&#233; chacun &#224; leur rythme, prenant conscience du lent travail d'&#233;criture. Les interventions adultes se sont ancr&#233;es sur les repr&#233;sentations et les strat&#233;gies mises en &#339;uvre, en essayant de d&#233;l&#233;guer une gestion optimale aux groupes, apportant des aides tout en laissant aux &#233;l&#232;ves l'initiative de la r&#233;solution du &#171; &lt;i&gt;probl&#232;me&lt;/i&gt; &#187;, en les amenant &#224; collaborer et interagir au sein du groupe, en cherchant comment mieux exploiter la commande initiale. Ainsi, il y eut prise de conscience qu'&#233;crire n'est pas transcrire. L'&#233;criture n&#233;cessite du temps : le texte est travaill&#233;, retravaill&#233; toujours &#224; l'int&#233;rieur d'un cadre. Il ne s'agit pas d'&#233;crire trois lignes puis les suivantes mais bien d'&#233;crire &#224; l'int&#233;rieur des trois lignes initiales. Les r&#233;actions des adultes, suite aux lectures des premiers jets, ont permis de trouver des pistes de r&#233;&#233;criture, d'envisager d'autres possibles. Des albums mettant en sc&#232;ne des h&#233;ros ont &#233;t&#233; lus, non pas, dans le but de r&#233;sumer des histoires, mais, de rechercher les partis-pris d'&#233;criture des auteurs, de s'interroger sur l'int&#233;r&#234;t de tels &#233;crits. Les coll&#233;giens ont, lors de ces temps, envisag&#233; la lecture sous un autre angle : lire pour &#233;crire. Au final, huit textes ont &#233;t&#233; produits, lus devant les familles et confi&#233;s &#224; un ancien &#233;l&#232;ve qui aura la charge de les maquetter. Le coll&#232;ge a pu d&#233;gager un budget permettant d'&#233;diter des fascicules, remis &#224; tous ceux qui ont particip&#233; au projet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le projet n'a pas pris la forme souhait&#233;e par ceux qui en avaient eu l'initiative, l'exp&#233;rience a permis de rep&#233;rer quelques avanc&#233;es et d'attendre quelques effets. Cette organisation de travail contribue &#224; l'&#233;mergence de nouvelles modalit&#233;s de vie d'&#233;quipe chez les professeurs, &#224; travers l'obligation de travailler ensemble et, avec les &#233;l&#232;ves, sur des objets dont ils ne sont pas n&#233;cessairement sp&#233;cialistes et, dans des ateliers, o&#249; chacun est en situation d'apprentissage. Elle laisse &#233;galement entrevoir la possibilit&#233; d'envisager des pratiques p&#233;dagogiques diff&#233;rentes, un autre recours au CDI, de nouvelles formes de travail personnel et collectif, travail de groupe et de coop&#233;ration, un partenariat avec les familles, jamais envisag&#233; jusque l&#224;. Du c&#244;t&#233; des parents, cette coop&#233;ration a permis de d&#233;mystifier en partie le coll&#232;ge. Les &#233;l&#232;ves ont appr&#233;ci&#233; de travailler avec des parents. Les productions et la r&#233;flexion qui les accompagne montrent que vouloir transmettre des savoirs qui n'ont cours qu'&#224; l'&#233;cole ne permet ni de percevoir les enjeux de l'&#233;crit, ni de transformer, par la production, les rapports &#224; l'&#233;crit. C'est une &#233;vidence pour la 1&#232;re cohorte de coll&#233;giens. L'&#233;volution du rapport &#224; l'&#233;crit de la 2&#232;me cohorte vers des comportements experts est engag&#233;e, m&#234;me si elle n'en est qu'&#224; ces balbutiements. Cette exp&#233;rience permet de formuler de nouvelles attentes pour d'autres rapports &#233;crits, pour l'ouverture d'un nouvel espace dans lequel l'intervention scolaire retrouverait son efficacit&#233;... Encore faudrait-il que le projet soit poursuivi....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, ce projet repose une question si souvent soulev&#233;e : en quoi l'&#233;l&#232;ve/l'apprenti est d&#233;j&#224; un producteur comme les autres qui apprend &#224; travers sa contribution &#224; la transformation &#171; des choses &#187; ? Question &#224; laquelle l'&#233;cole&lt;br class='autobr' /&gt;
ne semble pas pr&#234;te &#224; r&#233;pondre...&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ci-contre une production r&#233;alis&#233;e en 2014/15 &#224; partir du t&#233;moignage retranscrit ci-dessous...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'occupais de mon petit fr&#232;re de 18 mois, je racontais des histoires. Je n'ai des souvenirs que plus &#226;g&#233;e. Je vivais au Kosovo. Enfant, j'&#233;tais envoy&#233;e &#224; l'&#233;cole et maman disait : &#171; Elle est sage. &#187; La maison &#233;tait petite et les enfants restaient ensemble avec les parents, moi, mes trois fr&#232;res et mes parents. Apr&#232;s, il y a eu la guerre et on restait tous &#224; la maison, m&#234;me maintenant. J'ai connu la guerre au Kosovo, c'est tr&#232;s difficile, j'ai vu des personnes mortes dans la rue. On restait toute la famille ensemble. Toutes les mamans restent avec les enfants. C'&#233;tait la guerre entre la Serbie et le Kosovo. Je suis arriv&#233;e en France, il y a six ans parce que c'est difficile au Kosovo, c'est la catastrophe. J'ai perdu deux enfants. Il y a des probl&#232;mes, c'est toute la guerre et mon mari Mila&#239; m'a dit de venir car il y a des partis qui ne s'entendent pas. On a pr&#233;f&#233;r&#233; quitter le pays car c'&#233;tait trop dur.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;(Zahide, m&#232;re de Getuar Sadiku)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ZAHIDE&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Zahide, m&#232;re de deux enfants nous raconte son histoire, celle de sa vie pass&#233;e au Kosovo. Elle nous explique que c'&#233;tait difficile pour elle de vivre pendant cette p&#233;riode troubl&#233;e.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait la guerre entre le Kosovo et la Serbie, entre des gens qui ne s'entendaient plus. Ce fut une v&#233;ritable catastrophe. Mais Zahide resta courageuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce quotidien &#233;tait bien &#233;loign&#233; du n&#244;tre en France. Partout, sur les routes et les trottoirs, des corps Inanim&#233;s gisaient l&#224;. Ce que nous voyons devant notre t&#233;l&#233;vision, elle, elle le voyait de ses propres yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle vit des personnes mortes, pas toutes &#233;trang&#232;res. Parmi les corps, il y avait peut-&#234;tre son oncle, son fr&#232;re, son cousin... Elle ne le dira peut-&#234;tre jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se r&#233;veilla s&#251;rement en sursaut aux coups de feu, des bombardements, des cris... des gens qui appelaient &#224; l'aide. Il &#233;tait impossible de s'&#233;chapper de cette horreur du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'avait pas le droit de sortir de chez elle et s'occupait de son petit fr&#232;re de dix-huit mois. Elle n'avait nulle part o&#249; aller. Elle le r&#233;confortait en lui racontant des histoires. Elle n'avait que cinq ans, six ans... Elle allait &#224; l'&#233;cole avant la guerre et ne put plus y retourner toute la fin de son enfance. Elle restait &#224; la maison avec ses parents et ses trois fr&#232;res. La maison &#233;tait petite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle grandit, elle e&#251;t deux enfants qui moururent plus tard. Mal nourris ? Malades / Victimes eux aussi dans la rue de coups de feu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre lui prit toute son enfance, sa s&#233;curit&#233;, son droit d'apprendre et, surtout, ses deux enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pouss&#233;e par l'horreur de la guerre et les menaces faites &#224; son mari, elle fit le choix de s'enfuir, de s'exiler en France. Avait-elle vraiment le choix ?... Aujourd'hui, elle vit ici, mais ne peut pas oublier ce souvenir et le Kosovo a toujours une place au fond de son c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;font-variant:small-caps; text-align:right; margin-bottom:20px; margin-top:-10px; margin-right:5px; font-size:14px;&#034;&gt;(Salah Khamassi et Abdulrahman Al Abdah Eissa, &#233;l&#232;ves de 5&#232;me)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background: url(http://actes-de-lecture.org/squelettes/images/bord_gauche_tags_article.png) 0 -1px no-repeat;padding: 30px 10px 30px 40px;border: 1px solid #CBCBCB;width: 100%;margin-top: 10px;margin-bottom: 10px;background-color: #EAEAEA;overflow:auto;&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_261 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;151&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://actes-de-lecture.org/IMG/pdf/al131_p21.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 212.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://actes-de-lecture.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783629978' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Des coll&#233;giens entre savoirs scolaires et pratiques sociales : tenter de r&#233;&#233;crire une exp&#233;rience autour de l'&#233;criture de monographies &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Les coll&#233;giens, des formateurs dans la cit&#233;. Proposition sur l'organisation et le fonctionnement du coll&#232;ge&lt;/i&gt; &#187;, J. FOUCAMBERT, Y. CHENOUF, A.L. n&#176;65, p.82, mars 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A.L. n&#176;60, A.L. n&#176;63, &lt;i&gt;Th&#233;o-Prat&lt;/i&gt; n&#176;1, les BCD, AFL.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;LEROI-GOURHAN A., &lt;i&gt;Le Geste et la Parole&lt;/i&gt;. Albin Michel, 1964.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;CLOT Y., &lt;i&gt;Le geste est-il transmissible ?&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Actes des 10&#232;me entretiens de la Villette : Apprendre autrement aujourd'hui ?&lt;/i&gt;, Paris. 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Coll&#232;ge Rosa Partis, rue de Lyon, 13015 Marseille. Le R&#233;seau Rosa Parks a fait partie des 10 r&#233;seaux REP+ pr&#233;figurateurs sur l'Acad&#233;mie Aix-Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Les coll&#233;giens, des formateurs dans la cit&#233;. Proposition sur l'organisation et le fonctionnement du coll&#232;ge&lt;/i&gt; &#187;, F0UCAMBERT J..CHEN0UF Y..&lt;br class='autobr' /&gt;
A.L n&#176;65, p.82, mars 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibidem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La Villa M&#233;diterran&#233;e est un centre international pour le dialogue et les &#233;changes en M&#233;diterran&#233;e gui a vu le jour lors de l'&#233;v&#233;nement Marseille capitale de la Culture 2013. C'est un espace de conf&#233;rences, de r&#233;unions et d'exposition situ&#233; sur l'esplanade du J4. Avec cette exposition, Bruno Ulmer nous plonge au c&#339;ur des mobilit&#233;s m&#233;diterran&#233;ennes humaines et marchandes et nous les fait vivre au plus pr&#232;s en images et en sons.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Velibor COLIC est un &#233;crivain, n&#233; en Bosnie en 1964, dans une ville qui aujourd'hui n'existe plus. Il vit en France depuis 1992. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont &lt;i&gt;Bosniaques&lt;/i&gt; paru en 1994, &lt;i&gt;Sarajevo omnibus, Ederlezi&lt;/i&gt;, en 2014. La guerre reste le fil conducteur de toute son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;AL n&#176;65, ibidem&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BERGOUNIOUX P., &lt;i&gt;Exister par deux fois&lt;/i&gt;, Fayard essais, Paris 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
