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« Pour fêter ses 20 ans, ELSA se vit au numérique »
Nicole PLÉE
Actuellement, l’AFL repense son logiciel pour en proposer, dans les prochaines semaines, une version en ligne. Sur la base inchangée de ses fondamentaux, cette nouvelle version, outre son actualisation graphique, visera un gain en autonomie afin de s’adresser directement à toute personne désireuse de se perfectionner en lecture.
« Personne n’est l’éducateur de quiconque, personne ne s’éduque lui-même, seuls les hommes s’éduquent ensemble, par l’intermédiaire du monde. »
Les raisons d’utiliser elSa ne changent pas
Pour au moins 40% d’élèves l’initiation scolaire à la lecture nécessite une poursuite de l’apprentissage premier par un entraînement systématique vers la compréhension maîtrisée des documents écrits. Ces jeunes élèves ne décrocheront pas, d’autres plus grands raccrocheront, s’ils peuvent s’entraîner et progresser grâce à un logiciel adapté à leur niveau et à leurs difficultés. Maintes fois observé, et encore récemment avec une évaluation financée par le Ministère de l’Éducation nationale sur cinq sites en France, le logiciel eLSa montre largement son efficacité de 9 à 18 ans, voire au-delà.
Les raisons de modifier elsa
« elSa est un logiciel de perfectionnement des compétences de lecture qui réunit les conditions d’un entraînement à une Lecture Savante, particulièrement adapté à la nécessité d’élever rapidement et durablement le niveau de ta lecture. C’est un entraînement individualisé constitué de sept séries d’exercices qui s’enchaînent. Comment faire en sorte que l’entraînement grâce à elSa ne soit pas qu’un temps mécanique devant l’ordinateur — ce dont les élèves se lasseraient bien vite — mais une source de progrès réels, facilement évalués ? En effet, notamment pour les conduites intellectuelles complexes, on sait bien qu’aucun entraînement ne provoque des progrès de manière mécanique. Les exercices développent de réelles compétences au prix d’une prise de conscience et d’un réinvestissement. La théorisation est un élément clé de l’entraînement : c’est le temps où les élèves élucident les raisons de cet entraînement, analysent leurs résultats, cherchent à comprendre les raisons des réussites et des échecs et discutent des stratégies qu’ils mettent en œuvre. Il apparaît essentiel de comprendre que — même si des séances sont régulièrement encadrées par des éducateurs pour des raisons d’emploi du temps — les enseignants sont ¡es mieux placés pour participer à l’entraînement, pour aider à comprendre les résultats qui s’affichent, pour mettre en pratique, dans leurs cours et les recherches au CDI, les compétences de lecteur en aidant le transfert, au quotidien, de ce qui s’acquiert ponctuellement sur l’ordinateur. »
La démystification
Il s’agit d’abord de sortir de la confusion entretenue autour du verbe lire, qui laisse penser que Totalisation, même véloce, d’un texte, accompagnée du questionnement sur les informations explicites qu’il contient sont suffisantes pour être lecteur. Donc faire connaître, montrer ce que sont les différentes compétences en lecture est de première nécessité, autant que faire savoir et affirmer qu’il est possible de passer de l’état de lecteur alphabétisé à l’état de lecteur aux compétences remarquables, et d’en tirer bénéfice sans attendre. Dans le cadre des contraintes scolaires traditionnelles l’enjeu est différé : « Exerce-toi d’abord et nous verrons la suite que le cursus scolaire te réserve » ; ce qui suppose une projection dans l’avenir qui soutiendrait l’action en cours : apprendre aujourd’hui pour exploiter ses connaissances demain. Si, socialement, cette projection ne dépend pas d’un logiciel si bon soit-il, au moins, pour ce qui concerne la compréhension, l’efficacité en lecture, pouvons-nous proposer une visibilité des compétences attendues. Donner à voir ce qu’un lecteur élabore à partir d’un texte comparativement à ce qui se passe lorsqu’on s’en dent à l’apprentissage alphabétisé. Collégiens et lycéens qui déchiffrent un texte pour une compréhension approximative soutiennent qu’ils savent lire ; ils pensent juste que leur difficulté vient de ce que les études qui leur sont proposées ne les concernent pas, ce qui justifie qu’ils se détournent des textes. Ils ne soupçonnent pas l’état de la lecture tel qu’il leur a été inculqué dans les années d’apprentissage. Ils n’imaginent pas non plus que cet état peut se modifier, ni qu’il s’agit d’un projet qui leur appartient non plus tard, mais aujourd’hui.
Ce qu’elSa veut clarifier pour celui qui s’entraîne
Sur le comportement de lecteur.
Ce qu’on en voit, ce qu’on en sait, quel statut, quels enjeux ? Le sportif ne s’entraîne pas sans voir où est le panier, le but ou l’en-but ; il s’agit donc de rendre visible et lisible la ligne de l’en-but, de mesurer la marge de progression nécessaire pour l’atteindre. Dans cette perspective, de courts modules vidéos de lecteurs à l’œuvre seront introduits dans la présentation du parcours auquel on sera inscrit.
Sur le fonctionnement de lecteur.
Les exercices en cours d’entraînement donneront lieu à des retours réflexifs, aides, explications de nature à accompagner cet entraînement : retour sur résultat, échec et réussite, reprise d’exercice, commentaire sur historique, etc. Il s’agit bien d’apprendre à comprendre son fonctionnement de lecteur.
Sur la théorisation, les stratégies de lecture et le réinvestissement
► Des modules audio ou vidéo seront disponibles, voire incontournables, dans l’entraînement ; ils aborderont l’information sur l’acte lexique, le langage écrit, le langage oral, la nature des textes, les différents supports et leur lecture, le projet de lecture et l’anticipation, les stratégies et les réseaux.
► lin lien avec un réseau social, la possibilité d’échanger avec d’autres inscrits (métropole, espaces francophones) sur les modalités de l’entraînement, son efficacité, les ressources bibliographiques, les lectures découvertes, les critiques et les points de vue.
Ce qui va être différent avec elSa
Une présentation graphique renouvelée ainsi qu’une présentation et un fonctionnement plus intuitifs. Notamment pour : ► La mise en route ► La compréhension des consignes ► La lecture des résultats, leur interprétation, et les aides pour atteindre l’objectif visé (pour chaque exercice, d’un plan à l’autre, l’évolution générale).
Dispositif prévu
Chaque abonné sera inscrit individuellement, y compris à l’intérieur d’un groupe ou d’une classe. Le prescripteur de cet abonnement pourra être
1) Institutionnel, de financement territorial...
► pour la médiathèque, pour l’école, dans le cadre du soutien scolaire, etc. (Municipalité, Communauté de Communes)
► pour le collège (Conseil Départemental)
► pour le lycée, le Centre d’apprentissage, l’aide aux jeunes décrocheurs (le Conseil Régional)
► pour la formation continue, le dispositif de lutte contre l’illettrisme (fonds multiples)
y compris
► les universités françaises pour leurs étudiants étrangers, ► les institutions françaises à l’étranger pour les étudiants étrangers de la langue française (Alliances, lycées et écoles françaises), ► les institutions qui s’occupent en France de l’accueil et de l’intégration des étrangers en France
2) Familial pour le cas d’un enfant mineur
3) Individuel pour tout autre cas
En conclusion
L’objectif est de parfaire le logiciel pour qu’il soit un module autonome d’accès à la lecture le plus complet possible.
Pour autant, en cours de scolarité, il y a une cohérence réelle et incontournable de l’exploitation de l’outil par les élèves et par leurs professeurs ; ces derniers ne sont
pas exonérés d’une implication active dans ce projet de transformation du rapport à l’écrit ; c’est un questionnement du monde et de ses langages qui fait défaut aux
élèves en difficulté de lecture, et un soutien à pister les réponses que les enseignants peuvent apporter : intelligence du cours et des parcours, exploitation du CDI, connaissance et stratégique utilisation des outils mis à leur disposition, etc.
Pour autant enfin, dans l’idée d’un projet de perfectionnement en lecture, la cohérence dépasse évidemment la situation juste scolaire, mais prend appui sur cette formation initiale pour sa mise en œuvre.
Les écrits sont nombreux hors les murs de l’école et la lecture reste une pratique sociale. Autant dire l’affaire de tous. [1]
[1] On lira ou relira avec profit « Lire, c’est vraiment simple ! quand c’est l’affaire de tous » / AFL