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« Jean ZAY toujours actuel ? »
Lu par Dominique SAITOUR
JEAN ZAY TOUJOURS ACTUEL ?, JOURNÉES D’ÉTUDES DU 14 JUIN 2013. DOSSIER VERS L’EDUCATION NOUVELLE REVUE DES CEMEA, MARS 2015
Actes de la journée d’études organisée par les Amis de Jean Zay sous la direction de Francine Best (présidente d’honneur des CEMEA) d’Annette Bon et Antoine Prost, historien et président des Amis de Jean Zay. Une dizaine de contributions, regroupées dans un petit fascicule, tentent de répondre à la question : Jean Zay, toujours actuel ?
Ministre de l’Éducation nationale et des beaux Arts en 1936 sous le Front Populaire, Jean Zay est réapparu dans l’éclairage médiatique à l’occasion de sa panthéonisation et du film qui lui a été consacré au Festival de Cannes dont il est l’initiateur. Quelle trace a-t-il laissée dans le milieu éducatif et pédagogique ? Les instructions officielles de 1938 et ses interventions à des conférences sont les principales sources écrites sur lesquelles les différents intervenants s’appuient pour argumenter leurs propos. On trouve au fil des pages l’ensemble des transformations proposées par Jean Zay (allongement de l’âge de la scolarité, modification du cursus scolaire, articulation entre l’école et son environnement expérimentation pédagogique à grande échelle...). On remarquera le dialogue entre Catherine Chabrun (ICEM, pédagogie Freinet) et Anne Marie Chartier sur le thème « enseignement du français dans les instructions de 1938 » et les interprétations de chacune sur la place de la littérature à l’école.
L’ambition éducative de Jean Zay ne laisse aucun doute aux participants mais, comme le Front Populaire, sa courte existence n’a pas permis de mener les projets à long terme. Ces textes d’orientation pour l’école favorisent largement l’esprit de l’éducation nouvelle et furent salués en leur temps par Célestin Freinet qui trouvait là une reconnaissance officielle. L’analyse de Catherine Chabrun s’appuyant sur les écrits de Célestin Freinet font l’objet d’un chapitre complet dans le fascicule. Outre l’ICEM, la Ligue de l’Enseignement et les Cahiers pédagogiques interviennent en reprenant les propositions de Jean Zay et en illustrant leurs champs d’action par les
innovations décidées alors et mises en place depuis. Historien, universitaires se succèdent pour apporter leur éclairage d’où on retient surtout la difficulté persistante de transformer les rapports à l’école et à l’éducation.
Frandne Best conclut légitimement cette journée et la publication, rappelant que les CEMEA sont nés de la décision ministérielle d’entraîner les instituteurs aux méthodes actives, jeux, chants et pratiques sportives. Soulignons une phrase de cette conclusion : « Comment retrouver ¡’enthousiasme et la générosité des années du Front populaire ? »
