Dossier : « Elsa »
« Circulez, y’a tout à voir ! ou la Série F »
Prenez une situation courante aujourd’hui, une recherche sur Internet. Tout le monde le fait, même des enfants d’école élémentaire. Quelques mots sont tapés, une liste de résultats surgit. Comment repérer une réponse qui correspond à mes attentes ? L’idée est de parcourir d’abord la liste puis de parcourir certaines des pages proposées. Il n’est pas question de tout lire. Tout lire ? Pour un lecteur peu accompagné dans la réflexion sur l’acte de lire, lire c’est souvent lire tous les mots et lire mot à mot. La page écrite affiche, de fait, des successions de mots et des successions de lignes parallèles. Cela signifie-t-il que cette technique d’inscription soit le seul guide de lecture ?
Certainement pas et c’est là que l’entraînement sur elsa joue un rôle, demandant au lecteur de construire un comportement qui le rende agile, habile, intelligent. Inter legere, choisir, recueillir et lier les choses entre elles. Devient véritablement lecteur celui qui prélève, trouve des repères, des cohérences (ou incohérences) et les relie à ce qu’il sait déjà, a déjà lu ou va lire. L’image va peut-être paraître audacieuse, mais comme une personne dans un supermarché qu’elle ne connaît pas repère à grand pas les rayons vêtements, hygiène, alimentation, surgelés, etc., un lecteur est capable de circuler d’un endroit à l’autre de la page, imprimée ou sur Internet, et de repérer grâce à des éléments précis (comme les marques de conjugaison, le style direct ou indirect, un réseau sémantique) la thématique, le type de texte (fiction, information, témoignage...), la construction, voire le point de vue choisis.
Dans la série F, elsa met le lecteur en situation de se construire cet « aperçu » organisé : on l’empêche momentanément de reprendre son comportement de lecture linéaire par le masquage de certains mots ou des affichages parcellaires (début et fin de partie) ; on lui propose successivement l’affichage en clair de types de mots différents par leur nature ou leur fréquence. C’est à lui de circuler d’un point d’appui à l’autre sans trajet prédéterminé, de manière verticale, oblique avec retours en arrière de manière à relier les éléments prélevés, faire émerger les spécificités du texte et se faire une idée de ce qu’il lit : où l’on sent que le lecteur est fortement actif, d’autant qu’on le stimule en limitant le temps d’affichage (selon ses compétences, bien sûr, la précipitation n’est pas de mise). Une page synthétique, ouverte en alternance avec les parcours de lecture, aide le lecteur à cerner ces caractéristiques.
Puis, dans la dernière partie de cet entraînement, une volte-face met le lecteur devant le texte affiché en clair et on lui demande de pointer volontairement des éléments de justification de l’une de ses réponses. Apprenez à lire, apprenez à voir les circuits que les lignes ne montrent pas !
RELEVER ET CROISER RAPIDEMENT DES INFORMATIONS DIVERSES POUR COMPRENDRE UN TEXTE EN CERNANT SES CARACTÉRISTIQUES
Cette série a pour objectif de faire prendre conscience des éléments qui entrent dans la compréhension d’un texte afin de rendre le lecteur plus performant. Lorsqu’on lit un texte, selon la circonstance ou l’objectif de lecture, on n’a pas besoin de lire tous les mots. Le texte sur lequel va porter chaque plan de cette série est présenté 3 fois, tramé en silhouettes, 20% des mots ou groupes de mots seulement apparaissent en clair. Il faut s’appuyer rapidement sur les éléments les plus significatifs et croiser ces informations. A l’issue de chaque présentation, une fiche d’indexation doit être progressivement remplie. Il s’agit de cocher deux mots-clés généraux indépendants du texte (documentaire/ fiction, genre), quatre mots-clés spécifiques dépendant du texte (type de texte, temps des verbes, thème, ton...), le titre de l’extrait parmi 5 proposés, un résumé de ce texte parmi 4 propositions. Après l’enchaînement des 3 séquences (présentation du texte suivie de la fiche d’indexation), un tableau récapitulatif, comportant l’ensemble des réponses fournies, apparaît. Il est suivi d’un retour réflexif qui en découle directement et clôture la série. Ce retour oblige l’apprenant à reconsidérer ses bonnes réponses dans un ou plusieurs des pavés renseignés. Il est pensé comme un court arrêt dans l’action pour faire en sorte que celle-ci se poursuive plus efficacement. Il permet de questionner la démarche en cours, d’apporter des informations, des pistes pour progresser à celui qui ne réussit pas ou de prendre conscience des stratégies positives de celui qui réussit.
On dispose de 15 minutes pour réaliser l’ensemble de l’exercice.
DÉROULEMENT DE LA SÉRIE
Un premier écran donne à la fois la consigne, une description succincte du déroulement et le temps imparti à la réalisation de l’exercice.
Présentations du texte. Les présentations se succèdent de manière aléatoire. Les mots « lisibles » ne sont pas de même nature : ce sont des éléments syntaxiques (mots noyaux, verbes, organisateurs, ponctuation), des éléments lexicaux (mots fréquents dans le texte mais rares dans l’usage de la langue) ou des mots liés aux thèmes principaux du texte.
Le stagiaire possède un temps limité pour prendre les informations dans le texte.
Les blocs de la fiche d’indexation. Voici la fiche d’indexation proposée après chaque présentation du texte.
Elle comporte 4 zones distinctes. Dans un temps limité, il faut trouver 1 résumé, 1 titre, 2 mots-clés généraux et 4 mots-clés spécifiques. A tout moment, celui qui s’entraîne peut revenir sur ses choix et les modifier. Les éléments cochés sont conservés d’une présentation à l’autre. A l’issue des 3 présentations, il faut impérativement avoir rempli la dernière fiche en ayant coché le nombre d’items attendus, le bouton de validation n’apparaîtra qu’à cette condition.
Après validation de la fiche d’indexation, suite au 3ème passage, l’ensemble des réponses fournies est synthétisé dans un tableau. Le lecteur devient spectateur de sa démarche. Il peut analyser la genèse de ses propositions.
C’est sur cette base et en fonction du plan dans lequel il se situe qu’un retour réflexif lui est proposé. Il prend appui sur une bonne réponse donnée par le lecteur et il a pour objectif de l’aider à prendre conscience des points d’appui qu’il a repérés peut-être intuitivement pour comprendre un élément de l’extrait présenté. On demande au lecteur de sélectionner, dans la liste des mots apparus en clair aux trois présentations ou dans le texte, lisible intégralement, 3 à 6 mots permettant de justifier cette réponse.
Dans le cas où le lecteur ne trouve aucune bonne réponse, il lui est proposé un des mots-clés spécifiques. Il doit faire sa sélection de 3 à 6 mots dans une nouvelle présentation du texte où tous les mots, apparus au moins une fois en clair, le sont de nouveau.
Cette étape de justification est traditionnelle, mais cette présentation, dans un deuxième temps et de manière élogieuse (« Tu as eu raison... »), surprend le lecteur, le stimule une nouvelle fois en lui donnant un rôle actif dans l’affichage du réseau de signification.
À la fin du retour réflexif, les mots choisis sont repris dans un tableau, distribués en fonction de la présentation dans laquelle ils apparaissent.
Les résultats. Les résultats sont affichés sur le dernier écran : un score sur 100 est donné : le résumé compte pour 35/100, le titre pour 27/100, chaque mot-clé général pour 5/100 et chaque mot-clé spécifique pour 7/100.
Cette série clôture chaque plan. Ainsi, à la fin de la série F, le stagiaire peut soit, arrêter son entraînement en quittant l’exercice, soit, poursuivre. Il passe alors au plan suivant et commence par une nouvelle série T. Le score général obtenu à la série F contribue à déterminer le degré de difficulté des textes proposés lors des séries du plan suivant.