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« Histoires de géomètres et de géométrie » (Louis Brahem)

Lu par Arlette LEROY

« HISTOIRES DE GÉOMÈTRES ET DE GÉOMÉTRIE », JEAN-LOUIS BRAHEM, ÉDIT. LE POMMIER. 2011, 286 p., 27€

Jean Louis Brahem, architecte, professeur de géométrie à l’École d’architecture et de paysage de Lille a concocté un ouvrage unique pour lequel il a d’ailleurs obtenu le prix Tangente qui récompense chaque année un livre « ayant donné envie à un large public d’en savoir plus sur un ou plusieurs domaines des mathématiques ».

Ce manuel de géométrie à l’usage des géomètres et de leurs apprentis, fait le bonheur des professeurs et de leurs élèves mais aussi de tous les curieux arpenteurs que sont restés les grands écoliers que nous sommes. Pédagogue né, Jean-Louis Brahem connaît l’importance du langage dans les apprentissages et il nous parle la géométrie à travers les travaux de quatre personnages qui déambulent avec leur matériel de mesures du VIème siècle avant JC jusqu’au XVIème de notre ère.

Ainsi, c’est par les récits de l’arpenteur babylonien que sont exposées les méthodes de calcul des surfaces des célèbres jardins pourtant fort biscornus. Récits illustrés de schémas explicatifs, qui permettent d’aborder l’apprentissage (ou la révision (...) des surfaces de tous les polygones et du calcul des volumes. Il a beaucoup de travail cet arpenteur malicieux, « ni scribe ni savant », mais dépositaire du savoir de son vieux maître et inventeur des outils nécessaires à sa pratique.

De Babylone à Alexandrie nous franchissons des siècles pour nous arrêter un an en tant que jardinier chez Eratosthène, (-240 à -195) grand savant, philosophe, poète mais aussi directeur de la Grande Bibliothèque. Monsieur Eratosthène s’est bâti une grande et belle maison dont il faut cependant repaver la cour, et c’est un travail d’autant plus compliqué que le budget en est limité et le carrelage très irrégulier. Mais la réussite est totale et le jardinier invité à poursuivre des recherches sous la haute autorité d’Eratosthène.

Aux travaux de l’arpenteur et du jardinier de l’Antiquité succèdent ceux du maçon picard, voyageur du XIIIème siècle, bâtisseur de cathédrales à l’ombre du grand Villard de Honnecourt et puis vient ce drôle d’architecte faussaire familier de l’œuvre de Léonard de Vinci à qui est consacrée la dernière partie de l’ouvrage.

Ne pas se méprendre, ce livre est aussi un trompe l’œil, « une fiction raisonnable » dit l’auteur. Si le narrateur se déguise et utilise l’illusion à des fins pédagogiques, son ouvrage regorge de schémas et de démonstrations savantes. Ce qui veut dire qu’il nécessite une lecture approfondie et un vrai désir d’apprendre.

« Histoires de géomètres et de géométrie » (Louis Brahem)