Formation

« Une réforme, une occasion... »

Robert CARON & Véronique DUVERGER

La « réforme des rythmes éducatifs » est apparue aux responsables du Centre Paris Lecture comme l’occasion « de faire avancer des dispositifs susceptibles de profiter aux enfants. ». L’occasion fut la mise en place par la Ville de Paris d’un plan de formation des animateurs des centres de loisirs.

Propositions par Robert Caron et Véronique Duverger...

Une réforme des « rythmes éducatifs » va se mettre en place en septembre 2013, vous le saviez, non ?

Il est relativement difficile de passer à côté tant les remarques, les analyses, les critiques ont été nombreuses. Chacun y est allé de son opinion plus ou moins sentencieuse, plus ou moins argumentée. Il y a donc les « pour » (que nous n’avons pas beaucoup entendu) et, comme d’habitude, les « contre » (qui, eux ont fait beaucoup plus de bruit... mais c’est souvent le cas.).

En marge ou à côté de ce combat de goûts et de couleurs il existe une majorité d’acteurs et d’agents de terrain qui sont dans l’obligation de « s’y coller ». Le Centre Paris Lecture en fait partie et nous avons décidé de profiter de ce moment de déstabilisation, de perte des équilibres en place pour tenter de faire avancer des dispositifs susceptibles de profiter aux enfants et, par conséquent, aux élèves.

Le contexte sur la ville de Paris

662 écoles maternelles et élémentaires sont concernées, 27800 enfants fréquentent le périscolaire, 290 bibliothèques en maternelle, 348 bibliothèques en élémentaire, plus de 1700 personnels d’animation titulaires, de 4000 à 6000 animateurs vacataires et quelques 1900 ASEM en maternelle...

Des temps pour le périscolaire sont dégagés les mardis et vendredis après-midi (à partir de 15h30), le mercredi matin les élèves sont en classe et le mercredi après-midi en Centres de Loisirs.

Presque tous les enseignants, presque tous les parents, presque tous les professionnels de l’animation, presque tous les citoyens ont fait état de leurs inquiétudes. Chamboulement des habitudes et des automatismes de fonctionnement, obligation de fabriquer de nouveaux repères et de s’installer dans de nouveaux repaires, des missions redéfinies et des équilibres professionnels à reconstruire... Bref, une agitation que le milieu de l’éducation n’a pas connue depuis très très longtemps.

Le Centre Paris Lecture n’est pas entré dans le débat (ce n’est pas dans ses attributions) puisqu’il n’est qu’un des rouages au bout de la chaîne de l’animation à Paris. Par contre, nous avons regardé ce qui se préparait, oserais-je l’avouer, d’un œil intéressé. Pour un peu nous aurions pris pour nous la phrase de Cocteau : « Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs. » mais en plus modeste Disons « feignons d’en être des contributeurs ».

Puisqu’un grand jeu de « chamboule tout » se mettait en place, pourquoi ne pas répondre favorablement aux demandes que nous fait notre hiérarchie de « proposer ». D’ailleurs, si nous ne le faisons pas, d’autres le feront Alors autant s’y mettre. D’autant que toute cette effervescence s’accompagne d’une mobilisation budgétaire sans précédent :

En résumé
• Nous n’avons rien à dire sur l’opportunité de cette réforme (même sous la torture).
• Une autre organisation des temps du scolaire et du périscolaire se met en place.
• Nous sommes intéressés à saisir l’opportunité de cette situation agitée pour proposer des dispositifs susceptibles de faire avancer la qualité d’une « politique de lecture » sur la ville de Paris.

Une occasion... former des animateurs Centres de Loisirs

Une des préoccupations souvent évoquée dans les réunions publiques concernait la « qualité professionnelle » des animateurs. Pas très délicat comme attaque et pas fondée. Mais la Ville de Paris la prend en compte et met en place un plan de formation d’importance pour les animateurs Centres de Loisirs. La dominante « lecture » s’est trouvée très présente dans ce plan avec la programmation entre avril et juin 2013 de 26 stages de 4 jours pour 520 animateurs.

Cette belle occasion, nous l’avons attrapée au vol. Elle était pour le Centre Paris Lecture une opportunité de travailler, réfléchir et peut-être même faire passer une autre idée de l’animation à d’autres animateurs que les animateurs lecture. La mise en place de ces formations a été aussi l’occasion d’élargir la base des formateurs d’animateurs au-delà de l’équipe du Centre. Ainsi 30 animateurs ont rejoint l’équipe et ont, par leur présence, grandement enrichi la réflexion de tous.

Quels bénéfices à cette réflexion ?

Comment envisager le recours à l’écrit au cœur même de l’activité Centre de Loisirs ? Le but de ces formations n’était pas de former des « sous-animateurs » lecture par des stages au rabais (4 jours au lieu des 20 jours pour les formations initiales d’animateurs lecture) mais plutôt de permettre aux animateurs loisirs de s’interroger et de mettre en pratique des parenthèses nouvelles inscrites dans leurs activités traditionnelles.

Premier constat : les temps de l’animation

La pratique professionnelle des animateurs se partage entre deux grands types d’interventions : les projets et les activités.

• Le projet : plusieurs séances de propositions faites aux enfants et devant leur permettre d’aboutir à un résultat final souvent conçu comme ayant une certaine ampleur.

• L’activité : temps plus court qui peut ou non concourir à la réalisation d’un projet mais qui peut aussi se suffire à lui-même.

• On pourrait ajouter les temps libres où là, l’enfant, peut s’adonner aux occupations qui lui plaisent ou même ne rien faire du tout.

Ce schéma est tellement bien ancré (encré) dans la réalité professionnelle des animateurs qu’il laisse peu de place à l’imagination de temps différents.

Second constat : le rapport à la langue, à la parole

Il est courant de constater que les points d’accords et de désaccords se font souvent sur la base de malentendus. Par exemple, à l’écoute de l’expression « être d’excellents pratiquants », il est arrivé que l’ensemble d’un groupe d’adultes se rebelle fortement et s’oppose arguant du fait que la religion n’avait pas sa place en Centres de Loisirs. Cela signifie que majoritairement les participants ont installé face au mot « pratiquant » le terme ou la notion de religion et même rien qu’elle. Il ne leur vient même pas à l’idée de s’imaginer que le sport, l’art ou la cuisine pourraient aussi être concernés par la « pratique » de « pratiquants ».

Ce qui est le plus étonnant, hors de tout jugement, c’est le positionnement catégorique avant toute vérification sur la validité de la compréhension du message reçu. Ce qui est aussi étonnant, et qui est peut-être à l’origine de cette position c’est qu’un mot, dans beaucoup d’esprits, ne peut avoir et n’a qu’une seule signification.

D’où l’idée...

D’où l’idée d’envisager une attitude, un automatisme que chaque animateur pourrait porter pour lui-même, avec ses collègues mais surtout aussi avec les enfants. Et si l’on imaginait des adultes qui seraient en permanence suspicieux sur ce qu’ils ont compris ? Et si l’on inventait des adultes qui seraient avant tout et surtout dans la méfiance de ce qu’ils pensent eux-mêmes de ce qu’ils viennent d’entendre et qui partiraient à la chasse à des informations complémentaires qui leur permettraient peut-être de préciser, infirmer ou confirmer leur première et timide compréhension ? La compréhension d’un animateur sur ce que dit en enfant doit toujours nécessiter le recours à vérifications multiples et variées. La véritable écoute vient de là : je ne suis absolument pas sûr d’avoir totalement compris ce que l’enfant vient de dire.

Et c’est sans doute là que l’attitude du « Maître ignorant » doit être la plus manifeste. Le « Maître » est ignorant de ce qui se passe réellement dans la tête des autres et surtout dans celle des enfants. Bon ! Et si cette attitude de retrait, d’humilité sur sa dose de compréhension doit se trouver à l’œuvre chez l’animateur adulte, rien n’empêche ce dernier de mettre en place un nouveau type d’activité, ou plutôt de temps, où chacun serait invité à prendre le petit caillou blanc de mot, d’expression ou de phrase pour le tourner justement dans tous les sens et en imaginer tous les sens...

Et l’invention de temps nouveaux...

À l’intérieur de la vie d’une activité, d’un temps avec les enfants les mots fusent s’échangent, rebondissent... Ces vivants d’enfants font vivre les mots à toute allure. L’animateur, belle et bonne oreille, veille. Et puis, l’un d’entre ces mots fait tilt dans sa tête, lui fait pousser un sourire et l’on pourrait inventer et imaginer de nouveaux temps.

Ces temps parenthèses, ces temps divagations, ces temps chemins de traverse, où l’animateur prend le mot au bond et propose un rebond.

 Ah bon ? « Pratiquant » = Religion ? Et quand on mange des dessins animés à longueur de journée, on n’est pas pratiquant de dessins animés ? Donc les dessins animés sont une religion, non ? Et sinon... pratiquant de vélo, c’est quoi ?
 Moi je sais : un cycliste !
 Oui et pratiquant d’un vélo à deux roues derrière ?
 Un bébé cycliste !
 Et le pratiquant du bronzage ?
 Un bronzé !
 Non un cramé !
 Non un beau gosse !
 Et quand on ne pratique pas, qu’est-ce qu’on fait ? Qu’est-ce qu’on est ?
 On est feignant !
 On dort !
 Oui mais dans ce cas là on pratique la sieste ! On est pratiquant du « roupillage » ! - ...

On pourrait continuer, mais aussi arrêter. On s’est bien marré, on a fait marcher un peu sa tête, son imagination, les liens qu’on portait, et on peut reprendre l’activité, joyeux d’avoir ri ou heureux d’avoir souri ou d’avoir pensé des choses qu’on n’avait pas pensé avant... Bon, certes, le déroulé calibré et voulu par l’animateur en prend un coup. Il doit même s’attendre, dans cet esprit d’animation, à ne pas arriver au bout de ce qu’il avait envisagé, pour causes de détours et de chemins de traverses. Mais en même temps, est-ce que ce n’est pas cela qui fait « Loisirs ». J’ai connu, rencontré et subi des animateurs de randonnées qui nous (enfants) faisaient marcher à cadence régulière et minutée, de façon à ce que le groupe arrive à heure précise au refuge. Nous avions donc pris l’habitude de fixer nos yeux au sol de façon à ne pas être distrait par le spectacle extraordinaire qui pouvait nous entourer mais que nous n’aurions pas eu le temps de déguster par une longue pause contemplative. Un des intérêts du « Loisirs » est, je pense, de ne pas aller là où on avait imaginé aller, de ne pas arriver à la destination prévue mais de s’être perdu volontairement dans des labyrinthes de pensées, de rires ou d’actions qui sont nés de rencontres fortuites. Le « Loisir » c’est se permettre et permettre de prendre et voler du temps sur le « prévu » parce que « l’imprévu » nous intéresse davantage.

Une autre corde à l’arc de l’animateur ?

On imagine assez bien que dans ces perspectives, l’animateur est sollicité sur une attention (tension) quasi-permanente. Un animateur qui n’est plus (ou moins) celui qui propose, dirige, anime mais plutôt un personnage présent, tous sens aux aguets, à l’affût de ce que produisent les enfants.

Il y a quelques temps, nous avions essayé un stage Lecture experte et savante d’écrits d’enfants. Il contrebalançait, d’une certaine manière, cette idée que seuls les écrits d’écrivains méritaient une attention méticuleuse de la part des lecteurs. Ce stage avait donné des résultats surprenants et notamment par le simple fait de la position prise. Et si ces écrits étaient porteurs de sens cachés ? Et si ces écrits méritaient davantage qu’une lecture de surface, en diagonale ? Et effectivement, ces écrits le méritaient, ces écrits résistaient...

De la même manière, nous pourrions imaginer le développement d’une technicité de la part des animateurs qui deviendraient de plus en plus efficaces dans le dépistage de paroles susceptibles de déclencher des vagabondages de sens. Par exemple « Pourquoi il y a des vaches dans la vie ? » ou « Pourquoi je suis mignonne ? » ou encore « Comment on sait qu’on peut enlever les petites roues de derrière au vélo ? » mériteraient bien que l’on s’y arrête, que l’animateur les pointe du doigt et de l’intérêt et invite le groupe à investir ces paroles pour y débusquer ce qui pourrait s’y cacher.

Bref, un animateur dont la principale qualité serait pour reprendre le mot de Mermet « l’acuité » ; ou : « Comment enseigner l’acuité ? ». Or cette dernière ne s’enseigne pas, elle se pratique...

Un exemple de parenthèse de temps suspendu...

Les animateurs, les adultes en général, reprennent souvent les enfants sur leurs mots, leurs erreurs de langage, pour les corriger, les remettre droit. « C’est comme ça qu’il faut dire ». Le meilleur exemple en est la reformulation quasi systématique par l’adulte de ce que vient de dire un enfant avant même qu’il soit allé au bout de sa phrase, de sa pensée...

Difficile apparemment de rester en retrait et de résister à la tentation d’expliquer. Ils s’approprient une façon de dire les choses, connaissent les règles et le sens des mots et sont les seuls maîtres du déroulement de l’activité. S’ils ont du mal à sortir du chemin qu’ils se sont tracé et à rebondir sur un mot saisi au vol, on peut toujours proposer dans un premier temps de s’exercer, de s’entraîner sur un temps autre.

Un des rares temps où on ne maîtrise pas un déroulement, on ne coupe pas la parole des enfants et où on les laisse finir leurs phrases est le «  15 lib’  ». Il s’agit d’une invention « locale ». L’animateur annonce qu’il va proposer une histoire, un livre, une image, un extrait de film et qu’ensuite, pendant 15 minutes, il ne dira plus rien. Cette proposition d’animation surprend et réjouit les enfants, mais tétanise quelque peu les adultes...

On peut « piocher » par exemple cette phrase d’un 15 lib’ en CLSH maternel :

Elle avait rien d’habits pour aller au bal

Est-ce que ça veut dire que rien est plus fort que pas ? Si on n’a pas d’habits, ça veut dire qu’on n’est pas vêtu, qu’on a des habits mais qu’on ne les a pas mis ? Si on a rien d’habits, ça veut dire qu’on ne les a pas mis mais parce qu’on n’en a vraiment pas. On va rester tout nu ?

 Si on met le mot contraire, « Elle avait tout d’habits » ça voudrait dire qu’elle avait tous les habits du monde ? Pas seulement des habits de bal ?

 Si on essaie avec un adverbe de manière : ça veut dire quoi ?

« Elle avait d’ailleurs d’habits » ? Des habits d’ailleurs ? « Elle avait debout d’habits » « Elle avait presque d’habits » ? « Elle avait n’importe comment d’habits » ?

 Ou un adverbe de lieu :

« Elle avait dedans d’habits »
« Elle avait derrière d’habits »... et ainsi de suite... puis essayer avec dessous, dessus, loin, à gauche, etc... On imagine bien les dessins que les enfants pourraient faire.

Une vraie collection de vêtements !

 Et puis tout d’un coup inverser le processus et « jeter » d’autres adverbes (de quantité par exemple) où la phrase redevient « correcte, normale » : beaucoup, combien, moins, davantage, trop,... Tiens, ça marche plus... Revenons à nos moutons.

Intégrer « l’acuité » à la formation ?

Là réside la difficulté. Nous arrivons sans trop de problème à envisager des situations de formation où des animateurs fabriquent des projets ou des séances d’activités. Mais comment leur faire pratiquer « l’acuité » ?

1. Partir du mot semble être la première réponse et l’une de nos premières pratiques. Et ces mots sont produits sur la base de « Si je vous dis... ? ». Ces mêmes collectes se transforment en « nuages ». Mais ne peut-on envisager une lecture de ces « nuages » qui, bien sûr, prendrait appui sur les présences des mots fréquents mais pourrait aussi donner lieu à une attention particulière aux mots incongrus, bizarres, « vilains petits canards »... ? Sommes-nous capables de pouvoir les repérer ? Peut-on s’y entraîner ? S’y essayer ?

2. Autre piste : l’ensemble des « Pourquoi et Comment que les enfants se posent et auxquels ils n’ont pas de réponse » (voir le site de près de 1 600 questions non retravaillées : http://questions-enfants.org). Là, nous avons à faire avec des phrases ou des expressions. Sommes-nous capables de dépister celles qui méritent interrogations, arrêts, attentions ?

3. Sur le choix de mots à donner en pâture aux enfants se forcer à s’imposer le critère : « Mots de la télévision, de la société, des adultes... » ou « Mots de la cour de récréation ? ». Sur cette base là, les mots « tolérance », « liberté », « Arts », « Développement durable » seront irrémédiablement écartés. S’entraîner à les dépister est une chose... En trouver des tout neufs qui fonctionneraient avec les enfants en est une autre.

4. Si les animateurs en formation restent délibérément et désespérément accrochés à leur schéma « activités », ce sera sans doute aux formateurs de fabriquer ces virgules de dérapages, ces décrochages sur quelque chose qu’ils auront pris au vol... Les formateurs s’y collent, se démarquant ainsi du prof de philo de Coluche qui leur parlait d’intelligence et « qui n’avait pas un seul échantillon sur lui ».

Conclusion...

L’occasion de devoir former très rapidement un nombre important d’animateurs s’est transformée en terrain d’expérimentation et de découvertes. Un bilan fort d’un des animateurs en formation s’est traduit par cette phrase : « J’ai appris qu’un enfant ça parlait ! ». Et s’il l’a appris c’est bien parce qu’il a eu et vécu l’expérience du « son de sa voix ». Sans doute qu’auparavant, ce son-là ressemblait à ceux que l’on utilise dans les haut-parleurs des supermarchés, un bruit de fond sans importance ni signification. D’ailleurs, les enfants, bien souvent font de même : il n’est pas nécessaire d’écouter l’adulte puisque sa parole est sans surprise, une parole ressassée faite d’injonctions, de conseils ou d’encouragements de surface. S’il s’agit de « développer la lecture », nous le savons, il faut d’abord qu’un groupe vive. Notre bon vieux slogan « Un groupe qui vit est un groupe qui lit » a toujours de la force mais la vie ne s’installe pas entre « sourds ». Si certains parlent, encore faut-il que d’autres écoutent et entendent. L’action, la vie crée les conditions du questionnement, de la recherche. L’action et la vie, c’est aussi un « plusieurs » qui pense et se permet par moment de lâcher des bouts de formulations, des mots qui peuvent être autant de prétextes à plongées, à recherches, à recours aux livres... Mais il importe peut-être que chacun se sente responsable de la parole qui traîne. Il ne faut jamais laisser traîner une parole. Un animateur qui découvre « qu’un enfant ça parle », c’est surtout un animateur qui découvre l’importance de la vigilance qu’il faut établir avec eux, une vigilance de tous les instants, une tension, une attention qui pourra être porteuse d’indications, de signes qui, prenant appui sur ces paroles « en l’air », indiquent la direction de livres.

Nous n’aurions pas imaginé que, chargés de cette mission de former en quelques semaines plus de 540 animateurs, nous en venions à découvrir un essentiel de l’animation : prendre le mot de l’enfant au vol pour partir dans des dédales de découvertes, des parenthèses de réflexions, des divagations dans les sens et les significations... Bref, se permettre de perdre du temps dans le cadre strict de ce qui avait été prévu par l’animateur pour l’animation.

Entendu : « Pourquoi on a un squelette ? ». Pris : « Squelette ». Relances : « Est-ce qu’une maison a un squelette ? Et une histoire ? Et si l’on partait à la chasse aux squelettes dans les livres ? Si je vous dis « squelette », quels mots vous viennent à l’esprit ? Pourquoi le squelette se cache-t-il, il est timide ? Est-ce qu’une idée a un squelette ?... » Et voilà ! La machine à jubiler est lancée.

À nous d’inventer des « animations jubilations » !

Si les dénominations ne sont pas correctes, les discours ne sont pas conformes à la réalité, et si les discours ne sont pas conformes à la réalité, les actions entreprises n’atteignent pas leur but.

CONFUCIUS
« Une réforme, une occasion... »