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« L’école des barricades, 25 textes pour une autre école (1789-2014) » (G. Chambat)
Lu par Michel PIRIOU
« L’ÉCOLE DES BARRICADES, 25 TEXTES POUR UNE AUTRE ÉCOLE (1789-2014) », GRÉGORY CHAMBAT, LIBERTALIA, 2014, 226 p., 10€
Ces vingt-cinq textes mis ici en perspective explorent deux siècles et demi de réflexion et de pratiques liant contestation de l’ordre scolaire et de l’ordre social. De Fourier aux établissements autogérés, en passant par Bakounine, Freinet... se lisent les continuités et les ruptures de luttes sociales et pédagogiques pour une autre éducation.
L’ouvrage, comme une anthologie en faveur de l’émancipation, consacre une large part aux trente dernières années pour mettre en exergue la permanence et l’actualité de ces combats face aux tentations réactionnaires.
Parce qu’elle est une institution ambiguë, traversée par de nombreuses contradictions – entre domination et émancipation – , l’école est l’objet de multiples controverses et polémiques. La récurrence même de ces débats nous dit déjà peut être quelque chose de leur stérilité. Une chose, en tout cas, est à peu près certaine. Ils éclairent rarement les pratiques et le quotidien de celles et ceux qui y vivent, souvent confrontés à d’autres défis.
Après vingt années d’enseignement dans des collèges de la région parisienne, toujours en lien avec un engagement pour un syndicalisme de combat et de rupture, la recherche d’une cohérence entre les luttes sociales pour une autre société et l’engagement pédagogique restent pour Grégory Chambat, une préoccupation fondamentale. L’auteur coanime la revue N’autre école et le site Questions de classe(s). Il a publié Pédagogie et Révolution (Libertalia, 2011) et Apprendre à désobéir. Petite histoire de l’école qui résiste (Libertalia, 2013).
Un beau jour, l’idée me vint que si je savais écrire, je pourrais dire autre chose que ce que je pensais.
L’imaginaire représente à chaque instant le sens implicite du réel.
La lecture est conductrice du Désir d’écrire. (...) Dans cette perspective, la lecture est véritablement une production : non plus d’images intérieures, de projections, de fantasmes, mais, à la lettre, de travail : le produit (consommé) est retourné en production, en promesse, en désir de production, et la chaine des désirs commence à se dérouler, chaque lecture valant pour l’écriture qu’elle engendre, à l’infini.
