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« Brindille », Rémi Courgeon

Lu par Robert CARON

Brindille, Rémi Courgeon, Éditions Milan, 32 p., 16,95€

Une grande famille où Pavlina, la petite dernière, ne doit pas attendre un quelconque traitement de faveur de la part de ses lourdauds de frères. Tout se négocie par la force dans cette famille : pour jouer du piano, il faut gagner ; pour éviter les corvées, il faut gagner ; et notre Pavlina perdait toujours. Pas de cadeau dans cette famille de costauds. Et pas question de compter sur une mère puisqu’apparemment, elle n’est plus là. Un soir, elle perd une fois de plus et récolte un œil au beurre noir. Elle ne « cafarde » pas, ne dit rien à son père mais décide d’arrêter le piano pour faire de la boxe. Et rien, ni personne ne la fera changer d’avis. Elle s’y met, s’entête et s’entraîne. A grands coups de volontés, elle progresse et arrive même à « gagner des points contre ses frères ». Et qui dit victoires dit aussi davantage de temps pour s’entraîner. Arrive un moment où elle peut disputer une compétition : elle est prête ! Aucun signe de soutien dans son entourage de brutes... Sauf quelques petits mots glissés dans ses gants le jour du combat. Ne révélons pas s’il y aura victoire ou défaite. Ne révélons pas non plus si la tenace Pavlina poursuivra sa carrière de boxeuse. Restons-en là ! Et profitons de cette belle complicité entre texte, illustrations et environnement familial faussement rêche. Profitons aussi de cette petite dernière avec ses gants presqu’aussi gros qu’elle et qui profite de ce sport, la boxe, pour colmater une fêlure. S’il y a un rapport étroit avec la boxe, je dirais (alors que je ne suis pas boxeur pour un sou) qu’il se trouve et se niche dans la volonté inflexible, la persévérance, l’entêtement de cette petite fille. Elle s’appelle Pavlina. On la surnomme Brindille. Or la plus petite catégorie de poids en boxe est la catégorie « paille ». Ce n’est sans doute pas un hasard. La différence entre la boxe et la vie, c’est que dans la boxe on impose des combats sur la base de ces catégories de poids mais que dans la « vie vraie », souvent, le « poids paille » peut se trouver à combattre un « poids lourd ». La boxe plus juste que la vie ?