« Message aux 16.000 lieux »
AFL
D’une manière ou d’une autre, vous avez déjà été contacté par l’AFL (Association Française pour la Lecture). Dès 1981, cette association a poursuivi, à la demande de Louis Legrand, les travaux menés depuis 1972 au sein de l’INRP afin de rechercher une organisation résolument nouvelle du système éducatif qui réponde à la volonté que la totalité d’une classe d’âge, à l’issue de l’enseignement secondaire commun, maîtrise les différents outils intellectuels au même niveau d’efficacité. Cette mission s’inscrivait dans la continuité du plan Langevin-Wallon issu en 1946 de la Résistance, lui-même héritier du Front populaire et des apports des mouvement d’Éducation nouvelle.
En liaison avec les principales structures sociales, culturelles et sportives d’Éducation populaire, un important réseau d’établissements scolaires – de la maternelle au lycée – s’est alors engagé sur la durée dans des processus d’innovations contrôlées (de caractère scientifique) qui ont souvent abouti à des expérimentations inscrites dans le quotidien des terrains et permettant de parler des 30 Glorieuses d’une réflexion pédagogique largement partagée. Aussi ne faut-il pas s’étonner si, à partir de 1983, le vent tourne pour réclamer la fin de la récréation et le retour aux pratiques traditionnelles qui n’avaient jamais cessé de faire la preuve de leur pouvoir de reproduire les inégalités sociales devant la réussite scolaire. Donner au plus grand nombre les « outils de pensée » présente en effet quelques dangers !
Au cours des 36 ans qui viennent de s’écouler, la morosité des enseignants, des parents et des élèves n’a cessé de croître, ainsi que celle des mouvements d’Éducation auxquels la majorité des collectivités territoriales n’offre d’autres ambitions que l’accompagnement à la scolarité primaire et secondaire – quand il ne s’agit pas directement de soutien scolaire... Ce lent enlisement aboutit chez de nombreux éducateurs à un réel découragement en même temps qu’à l’intuition d’un retour encore possible à une réflexion collective appuyée sur le concret d’actions collectives. Mais comment sortir de l’isolement organisé aujourd’hui pour enfermer les volontés survivantes dans des mesures individuelles sans prise réelle sur la complexité des solutions nécessaires ?
L’AFL souffre aussi de cet isolement et ressent l’impératif besoin d’échanger avec les acteurs qui pensent que du meilleur est encore possible à condition de ne plus perdre de temps : échanger non pour faire la leçon aux autres mais pour tisser les nouveaux liens d’un intellectuel collectif en prise avec la réalité. Pour le moment, elle n’a d’autres moyens à offrir – afin d’ouvrir un dialogue – que les documents qu’elle produit pour alimenter son site [www.lecture.org] et rédiger sa revue trimestrielle : les actes de lecture dont elle vous propose de prendre intégralement connaissance du dernier numéro...