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« Grand petit des rapports au monde aux rapports du monde »

Yvanne CHENOUF

Tobie mesurait un millimètre et demi, ce qui n’était pas grand pour son âge. [1]

Pour la deuxième édition du Mois de la petite enfance des bibliothèques du réseau d’Est Ensemble sur le thème « Petit et Grand », la Bibliothèque de Montreuil Robert Desnos a organisé une journée de formation avec exposition, ateliers et conférence. C’est le texte de cette conférence qui est ici reproduit : un observatoire de ce que les premiers albums font de ces extrêmes où sont pris les enfants : être petit, devenir grand.

CONTRAIRES UTILES

La pensée a besoin de contraires « car ces grandes oppositions universelles sont celles qui structurent notre esprit, qui lui permettent de réfléchir, qu’on soit un grand enfant ou un grand philosophe. (...) on a toujours besoin des deux contraires, même si l’un nous semble plus évident ou plus important, même si l’autre nous effraie ou nous paraît impensable. » [2] Ainsi sont explorées les oppositions fondamentales dans Le Livre des grands contraires philosophiques, chacune envisagée dans son rapport à l’autre comme dans cet autre album (Les Contraires) où la fleur est plus petite que l’arbre mais plus grande que la fourmi. Comparer c’est, ici, relativiser. On est toujours le grand d’un plus petit et le petit d’un plus grand [3], telle pourrait être la découverte de Lili Prune au terme d’un long voyage : « Sur le chemin du retour, elle inventa les fourmis et vit que pour une fourmi elle était une géante. Ensuite, elle inventa les géants et vit qu’elle était elle-même une petite fourmi pour le géant. » :

« Elle découvrit que la fourmi géante est une fourmi pour le géant géant, qu’elle, Lili Prune, est une fourmi pour la fourmi géante, que le petit géant est une fourmi pour elle, et que la petite fourmi est une fourmi pour le petit géant, et qu ’elle, la toute petite Lili Prune, est une fourmi pour la toute minuscule fourmi et que la toute minuscule fourmi est une toute petite minuscule fourmi pour le tout petit rikiki minuscule géant et que tout le monde s’en moque parce que tout le monde le sait déjà. » [4]

Mais, pour les jeunes enfants, les choses sont au début plus simples et plus cruciales : ils n’apprécient guère d’être traités en (de) petits, aspirent à devenir grands (tous sauf Peter Pan). Tout ce qui est petit les émeut (trop mignon le chaton, si craquante la dernière poupée russe), tout ce qui est grand les épate (grands engins, grands monuments) ou les effraie (grand méchant loup). Par-dessus tout, ils aiment voir les choses se transformer, dépasser la mesure (la pile de cubes grandir, le bout de sucre fondre) et c’est le summum quand ils peuvent eux-mêmes régenter ces écarts (La Folie des grandeurs). C’est avec des outils intuitifs qu’ils observent d’abord le monde en métreurs : Ça c’est petit, ça c’est gros, ça c’est énorme et, plus rarement, Ça c’est moyen (le cadet des cochons, la mère chez les trois ours, etc.). Le couple « petit/grand » renvoie, en effet, à une moyenne, une norme plus ou moins visible située entre lilliputiens et géants, nains et colosses, faibles et forts, enfants et adultes : taille, âge, place, tout est question de rapport. Au niveau de l’univers, la moyenne se situe entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, deux extrêmes que la lunette de Galilée ou les microscopes de Jansen et de Van Leeuwenhoek ont tenté d’atteindre bravant « le secret impénétrable » de « la fin des choses et de leur principe » : « Car enfin qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout » (« Les deux infinis », Pascal). Entre rien et tout, se tient la peur de se désunir (« Oh ! mes pauvres petits pieds, je me demande qui, à présent, vous mettra vos bas et vos souliers. ») ou de disparaître (« Car, voyez-vous, se disait Alice, je pourrais bien finir par me réduire à néant telle une bougie. »). Contrôler ce phénomène est la seule condition de le trouver intéressant (« Alice tenait toujours en mains les deux morceaux de champignon, et elle se mit très prudemment en devoir de grignoter l’un des morceaux, puis l’autre, grandissant parfois et d’autres fois rapetissant jusqu’à ce qu’elle eût réussi à revenir à sa taille normale ») [5] ; le Chat Botté joue avec la plasticité de l’ogre, s’extasiant devant sa forme léonine pour mieux le faire entrer dans un trou de souris et le croquer.

L’action de mesurer, dans les contes, les comptines, les chansons, ramène de façon empirique l’inconnu au connu (haut comme trois pommes, guère plus grand que le pouce) : dans Bestiaires des grands et des petits, Julie Colombet estime les proportions de sa ménagerie en prenant les animaux comme étalons (« Il faut trois ours bruns pour égaler en longueur un calamar géant, l’ours brun est haut comme deux moutons, le ouistiti mignon est grand comme un œuf d’autruche ! ») tandis que, dans C’est qui le petit ?, Corinne Dreyfuss (auteure) et Virginie Vallier (photographe) défient la fiabilité de nos perceptions en introduisant la notion de point de vue (« Les images, toujours liées à l’enfance, inspirées de comptines, contes et jeux, posent questions, mettent en abîme, tiennent à distance, s’amusent de ces notions de petit et de grand qui se révèlent imaginées, construites, appropriées, relativisées, déjouées », précise l’introduction). S’il est important de se situer par rapport à son environnement physique et humain, les enfants cherchent d’abord à obtenir des informations sur eux-mêmes (« C’est qui le petit ? Et le grand c’est lui ? Tu crois que c’est le petit qui agrandi ? Je suis plus grand que toi et plus petit que lui, alors moi je suis qui ? Le grand ou le petit ? (...) Tu as vu, de loin j’ai l’air tout petit... »). À force d’approximations, ils réévaluent constamment leur place, visant parfois la tête du rang, le rôle suprême (C’est moi le plus fort, C’est moi le plus beau pérore le loup de Mario Ramos avant qu’un dragonneau ne le terrasse). Les albums soutiennent ces tentatives de définitions personnelles au risque de mettre l’enfant au centre du monde, lui faisant croire qu’il en est la mesure. Nul ne peut atteindre la totalité de l’univers, juste accéder à des totalités fragmentées capables de s’emboîter les unes dans les autres comme on peut le voir et le lire à la fin de Ma vallée : « Si ma vallée est toute petite dans une vallée plus grande, alors, un jour, j’irai voir. »

La littérature de jeunesse dispose d’une infinité de pièces orales et écrites (parmi lesquelles les comptines et les randonnées) qui se plaisent à insérer les éléments les uns dans les autres jusqu’au tournis : du plus petit espace au plus grand (Si petit, Des milliards d’étoiles), du plus grand au plus petit (Si grand, Un cœur qui bat) puis de l’un à l’autre (Dans Paris, il y a..). Troublante est la sensation d’être pris entre l’origine inconnue et la fin qui échappe : dans Une histoire sombre, très sombre, de quel espace plus grand vient le chat et jusqu’où peut-on aller dans le corps de la souris ? Tout livre est lui-même un contenant symbolique dans lequel chaque page est un « lieu de sagesse paradoxale où c’est en se risquant à rétrécir qu’on s’ouvre à l’immense, en choisissant de se défaire en mille morceaux qu’on s’unifie, selon la belle maxime placée par Hölderlin en tête de son Hyperion ». « Ne pas être limité par le plus grand et n’en être pas moins contenu par le plus petit, cela est chose divine. » [6] ?

QU’EST-CE QUI EST PETIT ? QU’EST-CE QUI EST GRAND ?

« Quand fêtais petit, je n’étais pas grand. »

Un escargot, c’est petit, ça tient dans la main mais, dans Tobie Lolness, l’échelle est telle qu’un homme peut voyager dans une coquille vide ; une montagne, une cathédrale c’est haut, sauf pour Gargantua qui s’assoit dessus, prend des bains de pieds dans le fleuve, assèche les rivières et avale les bateaux en se désaltérant. Petits et grands peuplent notre réalité et notre imaginaire : on les dit courts sur pattes ou grands échalas, on les traite de riquiquis ou bien d’asperges, on les met devant sur les photos ou derrière au cinéma, ils se hissent sur la pointe des pieds pour mieux voir ou sont voûtés à force de se pencher. Les jeunes enfants s’arc-boutent sur des critères infimes (un centimètre, quelques jours) pour disputer une supériorité d’âge et de taille aux plus grands. Etre petit c’est avoir l’avenir devant soi (petit poisson deviendra grand, les petites gouttes font les grandes rivières…), être grand c’est partir à la recherche du moindre souvenir : « Comment appelles-tu ces choses auxquelles on pense avant de s’endormir et qui rendent un peu triste ? » demandait parfois Petit Pote. Et Groshert répondait : « Voyons, Petit Pote, je te l’ai déjà dit, ce sont des souvenirs. » (...) Un jour, Petit Pote refusa de jouer à la dînette. Il se sentait un peu bigarre. « Qu’as-tu donc ? » lui demanda son ami. « Je crois que j’ai un souvenir », murmura Petit Pote. » » (Où vont les bébés ?)

Petits, Minuscules

Etre petit, chez les personnages, c’est être nouveau-né (Mon tout petit, Le Tout petit invité) puis garçonnet ou fillette (Poucet, Chaperon). Adjectifs, adverbes, suffixes disent la situation de dépendance face à l’omnipotence des adultes (Mes géants, mes parents) : on miniaturise, avec l’adjectif, les parties du corps (Petit nez Petit ventre, Petites mains, Petits pieds), les objets (petit bol, petite chaise, petit lit) jusqu’aux instants de vie (petit tour, petit dodo), on réduit avec l’adverbe (tout petit, très petit, vraiment petit) et le suffixe (Poucet, Poucette, Riquet, Allumette). Alors que les bébés sont d’immenses explorateurs, on ne cesse de leur signaler la modicité de leur champ de recherche (2 petites mains et 2 petits pieds) : avec leurs menottes et leurs petons ils sont tout simplement et universellement marrants.

Le « petit » est ensuite désigné par l’infériorité de son statut. Les parents sont souvent présentés de façon positive, exerçant leur autorité avec bienveillance (sauf dans les contes et dans quelques pages du Catalogue de parents - 12-13, 38-39) mais ils n’évitent pas la démesure : les papas Touim’s de Ma vallée possèdent une statue gigantesque à leur effigie, la maman de Bibi est envahissante (Bibi), une autre est excessive (Ma maman est aussi haute qu’une tour) et une ogresse dévore même, par mégarde, son rejeton (L’Ogresse en pleurs).

Pas d’autres possibilités pour le petit que de fuir... si les parents le permettent tant leur besoin de garder leur enfant est grand (Je vais me sauver). D’autres adultes assument pleinement leur rôle de tuteur sans pouvoir écrasant (Ernest et Célestine), poussant même les petits à découvrir le monde, s’instruire, se faire des amis, devenir autonome (Premier matin). Et puis, de temps à autre, heureusement que les petits sont là pour rassurer les grands et ensoleiller leur vie (Orson) : avec les petits-enfants, écrit Victor Hugo, les grands se retrouvent « doux, naïfs, heureux de rien ».

Quand la petite taille perdure jusqu’à l’âge adulte, le petit a intérêt à s’unir (nains de Blanche-Neige) s’il ne veut pas être traité à la légère (Monsieur Ouiplala), ou, pire, être perdu, au fond du lit, brûlé dans l’incendie du matelas, dévoré par le chat (Mon père m’a donné un mari). De cette infériorité physique, la littérature a su faire une force en créant des héros malicieux (Le Vaillant petit tailleur) ou chanceux (La Toute petite petite bonne femme), des artistes de foire au destin enchanté (Jésus Betz), des peuples organisés, souvent opposés aux géants (les lilliputiens) mais cherchant toujours à tirer parti de leur faiblesse (les Mini-Moys, Les Minuscules, Tobie Lolness...). Non dénuées d’humour et de poésie, ces œuvres transforment les actes quotidiens en luttes colossales, requérant, à défaut d’exploits héroïques, de la ruse, de la patience, de la solidarité, des qualités morales et intellectuelles. Dans un univers traversé de forces titanesques (goutte de pluie, insecte, courant d’air), la vie est un souffle constamment menacé d’extinction. Les solutions, qui ne peuvent plus être l’apanage d’un seul mais de collectifs, exigent des coopérations soutenues par des écritures polyphoniques (plusieurs voix, diversité de genres, pluralité de références) : « Si je transmets quelque chose, dit Thimothée de Fombelle, c’est d’abord la conscience de la fragilité des êtres et du monde, et par conséquent l’importance de l’intensité, à chaque instant de la vie. C’est peut-être le seul aspect « enfantin » de mon écriture, la recherche de la magie dans les petites choses. Je me souviens de mes rêveries pendant les longs trajets en voiture, je me rappelle aussi la mie de pain qui devient un avion ou un dinosaure. Déjà, ma première inspiration pour Tobie était la vision de la cime d’un mélèze dans la brume en hiver. Cela ressemblait à une île. Et je me disais, si quelqu’un vit là-haut, il se pose les mêmes questions que nous : « Y a-t-il une vie en dehors de l’arbre ? » [7]

Au pluriel, les petits représentent les dominés, « les obscurs, les sans-grade » [8] mais ceux-là figurent peu dans la littérature des jeunes enfants. Citons, pour l’exception, Tiens-bon Ninon où une bande de petits singes défie une mafia de grands singes en faisant une chaîne de leurs corps et Le Canard fermier où la résistance des animaux vient à bout d’un fermier despotique et délivre le canard des cadences infernales.

Grand, Maousse

Qu’est-ce qu’être grand ? Aller à l’école, au collège ? Être adolescent, majeur, citoyen, pouvoir se reproduire, être une grande personne, responsable, autonome ? Est-ce savoir manger tout(e) seul(e), marcher, ne pas pleurer quand on tombe, parler, lire, nager, faire du vélo, dormir dans un grand lit, traverser la route tout(e) seul(e), avoir l’âge de raison, gagner sa vie ? Dans les albums, le grand c’est souvent le père, plus haut et plus fin que la mère [9] (moyenne, entre le père et l’enfant [10]) : Boucle d’or et les Trois ours a définitivement fixé ce trio gradué du père, de la mère et de l’enfant, un gabarit maintes fois reproduit. Dans Petit Bleu et Petit Jaune, la forme longue et mince suggère le père et la forme intermédiaire, plus courte et plus rondelette, la mère. Dans l’œuvre d’Anthony Browne, la mère se rapproche davantage de l’adolescente que de la femme [11]. Le grand, c’est aussi le réfèrent (grand frère, grande sœur, camarade), quelqu’un entre le tuteur et le modèle (Sisters, Grand Meaulnes), un(e) aîné(e) qui rassure dans les moments dramatiques (Bébés chouettes), initie à la découverte du monde (La Grande aventure de Ti’Bob), donne envie de grandir. Les grands, enfin, ce sont les héros : avec leurs super pouvoirs, ils réveillent la puissance contenue chez les petits et nourrissent le rêve extravagant de se surpasser (Le Matelas magique). Le géant, l’ogre, le monstre sont grands, immenses, gigantesques. Pour Bruno Bettelheim, cette démesure reflète le monde des adultes : « Nous apparaissons à nos enfants comme des géants menaçants ; ce que nous sommes bel et bien dans la réalité, (...) des géants égoïstes qui désirent garder pour eux-mêmes toutes les choses merveilleuses qui nous donnent le pouvoir (...). Les histoires rassurent les enfants, leur montrent qu’en grandissant ils deviennent eux-mêmes des géants et acquièrent les mêmes pouvoirs. ». Ces géants (sauvages ou bienveillants) changent les proportions de l’univers, rappellent l’origine chaotique et les ancêtres protecteurs (Les Derniers géants), favorisent la projection dans un vaste futur (Le Bon gros géant) : Isée aura beau s’identifier à tous les monstres (Cornolion, Affreulon, Pouassontank, Végétamor, Nouzokrok), c’est dans sa forme la plus innocente (un dessin d’elle-même) qu’elle pourra terrasser le monstre des monstres (l’Ekrazatouteure). Alors, « elle s’ouvre une porte et continue son chemin, car rien ni personne ne l’arrête. » (La Venture d’Isée).

On peut devenir grand(e) brutalement à la suite d’une naissance (petit frère, petite sœur) : l’événement génère des remous tenaces et obscurs (Tout change) provoquant fierté et regret (Je suis petite). Car, même si grandir demeure un projet fascinant pour les enfants, ils sentent bien ce qu’il contient de renoncements (Augustine ne rentre plus dans ses bottes, J’ai 4 ans et je suis grande) et de responsabilités (Le Petit bateau de Petit Ours). La princesse de Tony Ross veut être GRANDE et ça lui donne le tournis : il faut être gentille, affectueuse, propre, courageuse, nageuse, intelligente : « La question la plus importante, lui dit la femme de chambre, c’est comment veux-tu être Toi ? ». (Je veux grandir). Puisque rien ne lui va plus, Augustine porte les tenues de sa mère et de sa grand-mère... en attendant.

VAUT-IL MIEUX ÊTRE GRAND OU PETIT ? PEUT-ON ÊTRE L’UN ET L’AUTRE ?

A cette demande d’une petite fille, l’arbre expose les avantages et les inconvénients de chaque état : les grands n’ont peur de personne, sont admirés de tous et peuvent protéger les petits qui, eux, se cachent facilement, voient les belles choses en grand mais « Rien ne sert de grandir trop vite : chaque étape de la vie mérite d’être savourée. » (L’Arbre et l’enfant). Comme il faut déjà être grand pour pouvoir dire des choses comme ça ! Alors, les premiers livres évoquent la croissance avec enthousiasme, invitant le lecteur à profiter du présent, un œil sur l’évolution des choses (Maintenant), l’autre sur les mystères de l’avenir (Les Grandes questions du petit garçon). Grandir ? C’est quoi l’idée ? [12]

Grandir, c’est...changer de peau

Grandir est source d’angoisse, de désir, de délire : c’est à la fois se perdre et se trouver, une contradiction si troublante que certains renoncent à l’affronter (Peter Pan, Quand je serai grand). Quand le corps se transforme que devient l’autre corps ? Chaque état est-il absorbé par le nouvel état ? Pas pour Claude Ponti qui préfère le terme de grande personne à celui d’adulte, le lent processus plutôt que la suite de ruptures : « Je pousse, je grandis. Je suis comme les arbres, j’ai le même tronc mais j’ai des branches en plus. » [13] : Dans L’Almanach ouroulboulouck, il écrit : « Un jour, le bébé change-toupareille se plante dans la terre.. Il germe, exactement comme une graine. Et il pousse, il pousse...jusqu’à devenir une très belle nouvelle Change-Toupareille. » (p. 130) Il est toujours question de change-toupareille mais les majuscules ont remplacé les minuscules. Faire grandir l’enfant en soi sans le trahir, c’est sur ce terrain que se retrouve la majorité des livres. Grandir ? Et si le mécanisme se détraquait, se déployait à l’infini ? Pour les petits, ce risque existe, traité avec humour. (Géant, Monsieur Cabossé)

Grandir c’est gagner en maturité, en droits et en devoirs.

Être grand c’est la possibilité de libertés nouvelles souvent fantasmées : se coucher tard, ne pas avoir à obéir, mettre la télé aussi fort qu’on peut et du sucre dans son chocolat autant qu’on en veut...comme lorsqu’on est vieux (Dans 3500 mercredis). Les enfants et les vieux partagent la même situation d’irresponsabilité, de part et d’autre de la chaîne de production, plus du tout créateurs de richesses (retraités) ou pas encore (mineurs) : l’activité professionnelle devient alors le phare de l’âge adulte. Ce sujet, pour le moins sérieux, est traité avec fantaisie (Quand j’étais grand), voire humour (Ou alors pompier...) pour les petits : le métier individuel est privilégié (guère de production collective, de bureau, d’usine), à l’image de l’« ubérisation » qui s’est récemment imposée dans la société mais sévit depuis longtemps dans la littérature de jeunesse. Dans Nous quand on sera grands, on voit les victimes des contes envisager la profession comme un moyen de vaincre ses peurs d’enfance.

Grandir c’est se séparer

Si, en grandissant, on souhaite acquérir de nouveaux avantages sans renoncer aux anciens (Comme un grand, Quand je serai grand) c’est qu’il est difficile de quitter le connu et d’aborder l’inconnu. Il en va ainsi du délicat moment où le jeune quitte le cocon familial, une épreuve difficile pour les parents (Une nuit, un chat) et pour les enfants même si là est leur plus fort désir (Laurent tout seul). Grandir, c’est se libérer des premiers attachements même ceux qui paraissaient indestructibles (Où vont les bébés ?), c’est se souvenir de celui qu’on a été (Quand j’étais petit) et de tous ceux qui, avant nous, nous ont permis de devenir « des nains sur les épaules des géants » [14] (De maman en maman, De papa en papa). Grandir c’est se projeter : quand Isée monte dans une statue géante d’elle-même jusqu’aux yeux-fenêtres ouverts sur le monde, elle « peut voir aussi loin qu’elle veut, bien au-delà des monts et merveilles, au-delà de par là, vers où elle veut aller. » (L’Avie d’Isée)

Grandir, c’est devenir plus grand... que les petits

On grandit dans un monde qui semble infini, d’abord aidé par les plus grands, puis, de plus en plus seul (Grand comment ?). Après un temps de cohabitation où l’aîné(e) guide, soutient, rassure le plus petit (« Moi je range. Toi tu déranges. Toi, patatras ! Moi, Sparadrap ! » - Moi grand, toi petit), ce dernier s’approprie l’héritage à sa manière, entre imitation et création (Comme mon père me l’a appris). Mais un jour, dans l’inversion des rôles, les petits voient les grands rapetisser (Mon tout petit), être dépendants à nouveau (Toi grand et moi petit) puis disparaître et se développer dans l’espace infini, du souvenir (Dans les yeux d’Henriette). Grandir, c’est se rapprocher chaque jour un peu plus de la mort, atteindre l’âge limite. C’est lorsqu’ils voient cette échéance arriver que les grands rêvent de redevenir petits, revenir au temps d’avant, modifier le cours de la vie (L’Enfant minuscule). Mais ils restent debout sur le chemin, espérant que les petits poursuivront la route par eux-mêmes initiée. (Mon papi peuplier)

GRAND / PETIT : DEUX PÔLES INDISSOCIABLES

Grand et petit ont besoin l’un de l’autre (Petits et grand) pour affronter les situations ordinaires et extraordinaires dans la concurrence, l’entraide, la domination, la révolte...toutes ces variations du vivre ensemble. De là, tous les jeux de complémentarité et de spécificité (dans Le Petit pompier, le petit pompier habite une petite caserne, il a un petit camion et un petit chien, il éteint de petits incendies mais il rêve en grand), toutes les contrariétés et les fascinations qui unissent les êtres de toutes natures et de toutes conditions (Grand Petit Lapin) : chaque grand a été petit un jour et tout petit deviendra grand à son tour... si les petits cochons ne le mangent pas. Petits et grands sont condamnés à vivre ensemble, se confronter, s’opposer, s’unir, agir dans le même sens ou séparément, dans la mesure et la démesure qui ne sont pas des notions ennemies. Dans Quelque chose de grand, un enfant se demande comment, tout en étant petit, il pourrait faire quelque chose de grand : « Grand comment ? Comme une montagne ? », « Oh ! non, pas comme une montagne, rigole le petit, c’est quand même trop grand ! », « Grand comme une tour ? », « Non, c’est trop haut. », « Comme une maison, alors ? », « Peut-être un peu à un phare, comme au bord de la mer. », « Mais c’est très haut aussi, un phare... c’est presque comme une tour ! », « C’est vrai, admet le petit, mais il y a la mer partout, et la nuit il y a de la lumière ». Le petit finira par rejeter à la mer « un poisson resté prisonnier d’un trou dans la roche... ». Les enfants font d’abord l’expérience de la mesure des choses en utilisant leur propre corps : les vêtements trop courts ou trop grands, les choses en hauteur plus ou moins faciles à attraper, les doigts, les bras qui mesurent (« Je t’aime grand comme ça »). À force d’évaluer ce qui est grand et ce qui est petit., ils se promènent entre l’absolu (grand, moyen, petit) et la relativité (par rapport à quoi ?) en affûtant leurs techniques « au pif » : comparaison (plus grand, plus petit, égal), progressivité (d’abord petit, ensuite grand ou l’inverse), intégration (faire entrer les petits éléments dans les grands), projection (agrandir, réduire), etc. Les manipulations (tris, classements, emboîtements) confortent et aiguisent ce plaisir de regrouper, d’empiler, de calibrer, d’ordonner...et de passer expérimentalement de l’estimation (subjectivité) à la mesure (objectivité). Pourtant, les premiers livres n’accompagnent pas vraiment cette évolution, trop centrés qu’ils sont sur l’individu, ses relations avec les autres et sa psychologie. Les récits continuent de privilégier le corps comme unité de mesure multipliant les superpositions d’animaux pour atteindre une montagne (Tout en haut) ou des montgolfières en plein vol (Tout là-haut) utilisant la fourmi comme l’étalon de l’infiniment petit (Fourmi, L’Ogre) et la girafe, celui de l’infiniment grand (Grand comment ?). Faisant de la précision l’ennemi de l’imaginaire (perçu comme une pure fantaisie), on fuit l’exactitude. Or, la précision sait, elle aussi, créer le vertige : conversion du mètre en décimètres, centimètres, millimètres, etc. C’est encore chez Claude Ponti qu’on peut, dans un cadre irréel, vérifier, à la règle, l’exactitude de la mesure d’un trait et du nombre de poussins qu’il peut supporter : « Ils arrivent même à être un peu plus de trente sur trente centimètres. » (Blaise et le Kontrôleur de Kastatroffe). Si les premiers albums privilégient la relation aux autres (Pezzetino), la relativité (Une histoire sans début ni fin), peu sensibilisent aux tentatives de l’homme de mettre la réalité en nombres (De plus en plus haut). De l’aulne (arbre intermédiaire entre le monde des vivants et des morts) à la toise (distance entre les deux bras), de la chaîne d’arpenteur à la sonde, de la coudée, à l’empan, du pouce au pied... quantifier le monde passe par l’harmonisation des moyens d’exprimer des rapports (leur fiabilité, leur reproductivité) afin d’éviter les erreurs et les fraudes (Sous la toise) et d’assurer le progrès de la science (« Une unité de mesure pour tous les hommes, pour tous les temps », Condorcet). Le système métrique décimal [15] et la déclaration des Droits de l’homme sont les legs de la Révolution Française à la postérité : évaluer des choses différentes en les comparant avec un étalon de la même espèce, considérer des individus aussi différents que possible sous un seul angle qui exclut la comparaison : à égalité.

BIBLIOGRAPHIE

POUR LES ADULTES

♦ Aux petits enfants les grands livres, collectif, Association Française pour la Lecture (AFL), 2007
♦ De quelques albums qui ont aidé les enfants à découvrir le monde et à réfléchir, Michel Defourny, L’école des loisirs, 2013
♦ Devenir adulte et rester enfant, relire les productions pour la jeunesse, Isabelle Cani, Nelly Chabrol-Gagne, Catherine d’Humières, Université Clermont-Ferrand, 2008
♦ Grand/Petit au cinéma, Nathalie Bourgeois, Actes Sud Junior, 2006
♦ Haut les docs !, collectif, Association Française pour la Lecture (AFL), 2009

POUR LES ENFANTS

♦ 2 petites mains et 2 petits pieds, Mem Fox, Helen Oxenbury, Gallimard, 2009
♦ L’Almanach ouroulboulouck, Claude Ponti, L’école des loisirs, 2007
♦ L’Arbre et l’enfant, Jean-Luc Coudray, Régis Lejonc, L’Edune, 2010
♦ Augustine ne rentre plus dans ses bottes, Lydia Devos, Arnaud Madelénat, Le Pommier, 2013
♦ Les Aventures d’Alice au pays des merveilles, Lewis Carroll (plusieurs éditions)
♦ L’Avie d’Isée, Claude Ponti, L’école des loisirs, 2013
♦ Bébés chouettes, Martin Waddell, Patrick Benson, Kaléidoscope, 1993
♦ Bestiaire des grands et des petits, Julie Colombet, Actes Sud, 2014
♦ Bibi, Elzbieta, Pastel, 2000
♦ Blanche-Neige (plusieurs éditions)
♦ Blaise et le Kontrôleurde Kastatroffe, Claude Ponti, L’école des loisirs, 2014
♦ Le Bon gros géant, Roald Dahl, Gallimard, 1984
♦ Boucle d’or et les trois ours (plusieurs éditions)
♦ Ça c’est énorme, Ça c’est gros, Ça c’est petit, Ça c’est moyen : Jeanne Ashbé, Albin Michel, 2001
♦ Le Canard fermier, Martin Waddell, Helen Oxenbury, Pastel, 1999
♦ Catalogue de parents, Claude Ponti, L’école des loisirs, 2008
♦ C’est moi le plus beau, Mario Ramos, Pastel, 2002
♦ C’est moi le plus fort, Mario Ramos, Pastel, 2007
♦ C’est qui le petit ?, Corinne Dreyfuss, Virginie Vallier, éd. Thierry Magnier, 2013
♦ Le Chat botté, Charles Perrault (plusieurs éditions)
♦ Comme un grand, Anouk Ricard, Le Rouergue, 2000
♦ Comme mon père me l’a appris, Rascal, Pastel, 2009
♦ Les Contraires, Gallimard, 2008, divers illustrateurs
♦ Dans 3500 mercredis, Annie Agopian, Claire Franek, Le Rouergue, 1999
♦ Dans les yeux d’Henriette, Virginie Jamin, Casterman (coll. Les albums Duculot), 2002
♦ Dans Paris, il y a, Paul Eluard (1954), Antonin Louchard, Rue du monde (coll. Petits géants), 2001
♦ De maman en maman, Emilie Vast, MeMo, 2016
♦ De papa en papa, Emilie Vast, MeMo, 2016
♦ De plus en plus haut, Justine Delagausie, Mikhail Mitmalka, La Martinière, 2014
♦ Les Derniers géants, François Place, Casterman, 1992
♦ Des milliards d’étoiles, Katie Couprie, Antonin Louchard, éd. Thierry Magnier, 1998/2016
♦ Devine qui a retrouvé Teddy, Gerda Muller, L’école des loisirs, 2004
♦ Dix petites graines, Ruth Brown, Gallimard, 2001
♦ L’Enfant minuscule, Clotilde Perrin, Rue du monde, 2014
♦ Ernest & Célestine, Gabrielle Vincent, Casterman (série depuis 1994)
♦ La Folie des grandeurs, Kathrin Scharer, Minedition, 2015
♦ Fourmi, Olivier Douzou, Le Rouergue, 2012
♦ Gargantua, Rabelais, Christian Poslaniec, Ludovic Debeurme, Milan, 2004
♦ Géant, Seo Hyeon, éd. La Pastèque, 2015
♦ Grand comment, Nadine Brun-Cosme, Aurore Petit, Benjamins Media, 2012
♦ Le Grand imagier des petits, Ole Konnecke, L’école des loisirs, 2011
♦ Le Grand livre des petits trésors, Aki, Gallimard, 2015
♦ Grand loup et Petit loup, Nadine Brun-Cosme, Olivier Tallec, Père Castor, 2008
♦ Le Grand Meaulnes, Alain Fournier,1913
♦ Grand Petit Lapin, Rascal, Olivier Goka, L’école des loisirs, 2016
♦ La Grande aventure de Ti’Bob, Martin Waddell, John Lawrence, Albin Michel, 2004
♦ Les Grandes questions du petit garçon, Sophie Furlaud, Catherine Proteaux-Zuber, Bayard, 2014
♦ Gulliver chez les tout petits hommes, Jonathan Swift, Hisachi Inoue, Mitsumasa Anno, Le Genévrier, 2015
♦ L’Imagier des gens, Blexbolex, Albin Michel, 2008
♦ J’ai 4 ans et je suis grande, Michel Piquemal, Cécile Geiger, L’élan vert, 2009
♦ Je suis petite, Elwina de Ruiter, Mariëlle Bonenkamp, Kaléidoscope, 2000
♦ Je vais me sauver, Margaret Wise Brown, Clement Hurd, Mijade, 2016, (1942, trad. 1985)
♦ Je veux grandir, Tony Ross, Gallimard, 1993
♦ Jésus Betz, Fred Bernard, François Roca, Seuil, 2001
♦ Laurent tout seul, Anaïs Vaugelade, L’école des loisirs, 1998
♦ Le Livre des grands contraires philosophiques, Oscar Brenifier & Jacques Després, Nathan, 2007
♦ Loulou, Grégoire Solotareff, L’école des loisirs,1989
♦ Maman est aussi haute qu’une tour, Brigitte Schar, Jacky Gleich, Autrement, 2000
♦ Ma vallée, Claude Ponti, L’école des loisirs, 1998
♦ Maintenant, Alain Serres, OlivierTallec, Rue du monde, 2007
♦ Le Matelas magique, Anaïs Vaugelade, L’école des loisirs, 2005
♦ Mes géants, mes parents, Agnès De Lestrade, Mayalen Goust, Père Castor Flammarion, 2010
♦ Les Minuscules, Roald Dahl, Patrick Benson, Gallimard, Folio cadet, 2002
♦ Moi grand, toi petit, Lili L’Arronge, Didier, 2015
♦ Mon papa est un soleil, Johan Leynaud, Sarbacane, 2015
♦ Mon papi peuplier, Adèle Tariel, Jérôme Peyrat, Talents Hauts, 2015
♦ Mon père m’a donné un mari, Christine Destours, Didier, 2008
♦ Mon tout petit, Albertine, Germano Zullo, La Joie de lire, 2015
♦ Monsieur Cabosse, Roland Fuentès, Pascal Lemaître, Nathan, 2012
♦ Monsieur Ouiplala, Annie M.G.SChmidt, Nathan, 1957
♦ Nous quand on sera grands, Jean Leroy, Matthieu Maudet, L’école des loisirs, 2015
♦ L’Ogre, Olivier Douzou, Le Rouergue, 2001
♦ L’Ogresse en pleurs, Valérie Dayre, Wolf Erlbruch, Milan, 1996
♦ Orson, Mario Ramos, Pastel, 1993
♦ Ou alors pompier, Hubert Ben Kemoun, Bruno Heitz, Rue du monde, 2013
♦ Où vont les bébés ?, Elzbieta, Pastel, 1997
♦ Peter Pan, James Matthew Barrie, 1902 (voir la version de Susan Janssen, Être éditions, 2005)
♦ Le Petit bateau de Petit Ours, Eve Bunting, Nancy Carpenter, Pastel, 2004
♦ Petit bleu et Petit jaune, Léo Lionni, L’école des loisirs, 1970
♦ Petit nez, Emma Adbâge éd. Cambourakis, 2015
♦ Le Petit pompier, Esphyr Slobodkina, Maragert Wise Brown, Didier jeunesse, 1938/2014
♦ Petit ventre, Emma Adbâge éd. Cambourakis, 2015
♦ Petits ou grand, Caroline Dall’Ava, Albin Michel, 2015
♦ Petits pieds, Emma Adbâge éd. Cambourakis, 2015
♦ Petites mains, Emma Adbâge éd. Cambourakis, 2015
♦ Pezzetino, Léo Lionni, L’école des loisirs, 1977
♦ Premier matin, Fleur Oury, Les fourmis rouges, 2015
♦ Quand j’étais grand, Margot Duroux, Loulou & Cie, 2015
♦ Quand j’étais petit, Pittau & Gervais, Gallimard, 2006
♦ Quand je serai grand, Colin Mcnaughton, Gallimard, 2005
♦ Quand je serai grand, Pittau & Gervais, Gallimard, 2007
♦ Quelque chose de grand, Sylvie Neeman, Ingrid Godon, La Joie de lire, 2012
♦ La Revanche de Lili Prune, Claude Ponti, L’école des loisirs, 2003
♦ Si grand, Laurie Cohen, éd. Les P’tits bérets, 2013
♦ Si petit, Laurie Cohen, éd. Les P’tits bérets, 2013
♦ Sisters, Christophe Cazenove, William, Bamboo éditions (série depuis 2008)
♦ Sous la toise, Keitaro Kikaseya, Jun Takabataké, Picquier jeunesse, 2015
♦ Tiens bon Ninon, Nadja, L’école des loisirs, 1988
♦ Tobie Lolness, La vie suspendue, Timothée de Fombelle, François Place, Gallimard, 2006
♦ Toi grand et moi petit, Grégoire Solotareff, L’école des loisirs, 1996
♦ Tout change, Anthony Browne, Kaléidoscope, 1990
♦ Tout en haut, Mario Ramos, Pastel, 2009
♦ Tout là-haut, Morgan De Cadier, Florian Pigé, Hongfei Cultures, 2015
♦ Le Tout petit invité, Hélène Riff, Albin Michel, 2005
♦ La Toute toute petite bonne femme, Jean-Louis Le Craver, Delphine Grenier, Didier, 2010
♦ Trop, Marie Haumont, éd. Thierry Magnier, 2001
♦ Un cœur qui bat, Virginie Aladjidi, Joëlle Jolivet, Thierry Magnier, 2004
♦ Une histoire sans début ni fin, Andreï Ousatchev, Alexandra Junge, Nord-Sud, 2011
♦ Une histoire sombre, très sombre, Ruth Brown, Gallimard, 1981
♦ Une nuit, un chat, Yvan Pommaux, L’école des loisirs, 1994
♦ Le Vaillant petit Tailleur, Jacob et Wilhelm Grimm (plusieurs éditions)

VOIR AUSSI

♦ Le Bureau des poids et des mesures, Anne-Marie Balpe, Vincent Mahé, Milan, 2016
♦ Ce livre est trop petit, Anne Wouters, Pastel, 1991
♦ Histoire de la petite souris qui était enfermée dans un livre et La Deuxième histoire de la petite souris qui était enfermée dans un livre, Monique Félix, Gallimard, 1983
♦ Mercredi, Anne Bertier, MeMo, 2010
♦ La Nature du plus grand au plus petit, René Mettler, Gallimard, 2004
♦ Petite beauté, Anthony Browne, Kaléidoscope, 2008
♦ La Reine des fourmis a disparu, Fred Bernard, François Roca, Albin Michel, 1996
♦ Tout petit, très grand, Margareth Wise Brown, Clement Hurd, Circonflexe, 2006
♦ Zoom, (Re-Zoom), Istvan Banyai, Circonflexe, 1995

« Grand petit des rapports au monde aux rapports du monde »

[1] Tobie Lolness, Timothée DE FOMBELLE, Gallimard, 2006.

[2] Le Livre des grands contraires philosophiques, p. 7.

[3] Dans ses voyages Gulliver peut être géant chez les Lilliputiens ou nain chez les gens Brobdingnag.

[4] La Revanche de Lili Prune, Claude PONTI, L’école des loisirs, 2003, p.35.

[5] Alice au pays des merveilles, Lewis CARROLL, ill. Anthony BROWNE, Kaléidoscope, 1988, pp.18,20,58.

[6] Anne ZALI, L’Aventure des écritures, Bibliothèque Nationale de France, 1999, p.15.

[7] Voir Ici

[8] L’Aiglon, Edmond ROSTAND (1900), Gallimard, Folio essais, 1986.

[9] Dans Remue-ménage chez Madame K. (Wolf ERLBRUCH, Milan, 1996) l’homme est moins grand que la femme (sans enfant).

[10] Voir la série de vidéos consacrées à l’infériorité de taille des femmes par rapport aux hommes sur le site d’Universcience

[11] A calicochon (1987), Le Jeu des formes (2003), etc... chez Kaléidoscope

[13] « [Claude Ponti, l’historiculteur »

[14] « ... nains sur des épaules de géants. Nous voyons mieux et plus loin qu’eux, non que notre vue soit plus perçante ou notre taille plus élevée, mais parce que nous sommes portés et soulevés par leur stature gigantesque. » Bernard DE CHARTES

[15] Voir « Un mètre pour mesurer le monde », documentaire réalisé par Axel ENGSTFELD, diffusé sur Arte le 7/08/2010. Voir aussi « L’histoire du mètre »