Nous avons lu

« De Freinet à la lutte antifasciste (Espagne 1936-1939) »

Lu par Dominique SAITOUR

« De Freinet à la lutte antifasciste (Espagne 1936-1939) » (Marcel Diaz, éd.. Atelier de création libertaire)
Marcel avait 10 ans quand il s’est retrouvé dans la classe de Freinet à St Paul de Vence. Un de ses textes libres a provoqué de violentes réactions de l’extrême droite locale... déjà anarchiste, le petit Marcel ? « Ils ont dit que Freinet fabriquait des révolutionnaires, ce qui n’est pas vrai. Moi, révolutionnaire, ce n’est pas Freinet qui m’a fait. Je suis né révolutionnaire ».
Lu par Dominique SAITOUR

Marcel avait 10 ans quand il s’est retrouvé dans la classe de Freinet à St Paul de Vence. Un de ses textes libres a provoqué de violentes réactions de l’extrême droite locale... déjà anarchiste, le petit Marcel ? « lis ont dit que Freinet fabriquait des révolutionnaires, ce qui n’est pas vrai. Moi, révolutionnaire, ce n’est pas Freinet qui m’a fait. Je suis né révolutionnaire ». Marcel n’est pas un intellectuel idéologue mais un instinctif révolté. Il refuse l’exploitation, veut sortir d’une société féodale en faisant sienne la devise « Liberté égalité, fraternité ». En 1936, il a 16 ans et c’est presque naturellement qu’il s’engage auprès des républicains espagnols en compagnie de son frère aîné. Ce sont ces années de luttes antifascistes que nous raconte Marcel Diaz, comme un texte libre. Il ressort ses écrits de l’époque, se remémore des détails de vie comme, quand, avec ses camarades, ils sont faits prisonniers au port d’Alicante : « Vous pouvez imaginer ? Les hommes prenaient leurs fusils, ils les tapaient, les fusils se cassaient à la hauteur de la culasse et ils les jetaient à la mer. Les culasses se remplissaient d’eau et coulaient. Les crosses remontaient à la verticale comme des bouchons de pêche ».

On est à ses côtés et on l’écoute nous dire ses espoirs de changer la société, de « donner la valeur du travail manuel et intellectuel et de respecter les hommes ». Il nous raconte les embuscades, la solidarité entre camarades engagés, la difficulté à reconnaître un fasciste d’un républicain quand on le croise sur le chemin, l’internement au camp d’Albatera. Un témoignage d’adolescent recueilli soixante-quinze ans plus tard par la CNT 34 qu’il a contactée pour livrer son récit, pour dire que l’important pour lui, c’est de « combattre avec l’amour de l’humanité ».

« De Freinet à la lutte antifasciste (Espagne 1936-1939) » et « Crépuscule des bibliothèques »