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« Les mots piégés de la politique »

Lu par Robert CARON

LES MOTS PIÉGÉS DE LA POLITIQUE, PHILIPPE BLANCHET, TEXTUEL, 2017,108p, 12,90€

Les médias et organisations politiques tiennent à nous faciliter la vie et à organiser (piéger) nos débats. Pour ce faire, ils nous fournissent ce qu’ils appellent des « éléments de langage ». Le principe et la méthode sont simples :

► Répéter à longueur de discours et déclarations les mots qui ont été choisis

► Éviter soigneusement d’en définir les contours et significations Ces mots, alors, s’insinuent dans toutes les conversations, quels que soient les bords et sensibilité politiques. Et c’est bien là que réside le danger pour la pensée et, plus largement, pour la démocratie.

Philippe Blanchet, dans un petit livre cinglant, Les mots piégés de la politique, fait le tour du propriétaire de ces mots qui n’existent que pour régenter la réflexion. Ces mots, d’après lui, ne sont là que pour renforcer une « propagande » au service de la domination.

Rappelez-vous, ces derniers mois (« Je suis Charlie ») puis, dans la foulée, « Laïcité ». Un œcuménisme des mots qui cache une religion douteuse laquelle a pour principale fonction de nous désigner un ennemi responsable de tous nos maux. L’un comme l’autre se sont retrouvés dans tous les discours, de tous les bords, et c’est bien à cause de ce large consensus qu’il convient de se méfier, voire de ne plus participer à leurs diffusions. L’auteur nous en démine l’implicite pour en éclairer la puissance de mystification, et donc de nuisance, pour le citoyen.

Philippe Blanchet poursuit avec « Radicalisation », « Communautarisme », « Incivilités » en ce « débusquant (quel) endoctrinement politique » ils servent. Son projet, qui doit devenir le nôtre au plus vite : « Il faut contester les cadres et donc contester les mots »

« Les mots piégés de la politique »