Dossier « Les enfants ont besoin de livres pour apprendre à lire ! »
« Apprendre à SE lire »
Christian BRUEL
Nul n’apprend à menuiser avec une scie en chocolat. En contournant le risque, les outils « pour de faux » intègrent l’échec, la frustration et la reproduction de l’ordre des choses comme seuls horizons, alors que les savoirs et les savoir-faire réels ne sauraient être différés ni étayés sur du faire-semblant prétendument neutre et bienveillant. Il en va de la lecture comme de ce qui relève des activités manuelles (et non du manuel !). Dès l’abord, les enjeux sont là : en faisant du sens entre textes et images, en lisant pour de vrai des propositions littéraires authentiques (ou pas !), on s’estime mieux, on peut peser peu ou prou sur son destin et sur celui des autres. Ce qui ne va pas sans le trouble, l’incertitude et l’apprentissage d’une liberté : celle de l’interprétation, chacun faisant son propre miel en goûtant à la complexité du monde. Car, ne l’oublions pas, dans l’étymologie de savoir est nichée la saveur !