A propos de...
« Préparer les enfants du peuple... »
Raymond MILLOT
1879 - (23 avril) Jules Ferry précise : il faut « clore l’ère des révolutions » et éviter « que d’autres écoles ne se constituent, ouvertes aux fils d’ouvriers et de paysans, où l’on enseignera des principes totalement opposés, inspirés peut-être d’un idéal socialiste ou communiste emprunté à des temps plus récents, par exemple à cette époque violente et sinistre comprise entre le 18 mars et le 24 mai 1871 ».
L’école qu’il institue a donc aussi pour mission de préparer les enfants du peuple à se discipliner et à acquérir un minimum de savoirs pour travailler à l’usine (les autres iront au lycée et étudieront le latin, le grec...). Partout en France, la journée doit commencer par la leçon de morale qui édifie le respect de la famille, des institutions et de la propriété, et aidée, par l’enseignement. L’Histoire, conçue comme « roman national », formera des patriotes, prêts au « sacrifice suprême ». Les enfants apprennent les chants martiaux... « Mourir pour la Patrie, c’est le sort le plus beau... ».
Jean Jaurès est conscient du danger de ce conditionnement. Dès 1886, il envisage que « la commune... puisse instituer des écoles d’expériences, où des programmes nouveaux, que des méthodes nouvelles puissent être essayées ou des doctrines plus hardies puissent se produire. »
Il est assassiné trois jours avant la déclaration de guerre : 10 millions de morts. « Une éducation pour les temps à venir ».