Dossier : « La déscolarisation »
« La Déscolarisation - Introduction »
L’école sent le renfermé scolaire. Elle doit s’aérer au contact du monde. C’est ainsi que l’AFL parle de déscolarisation de la lecture depuis plus de trente ans.
« La lecture, l’affaire de tous ! » : par cette formule, maintes fois réécrite au fil des pages de cette revue, l’AFL souhaite sensibiliser l’opinion au fait que les questions de lecture et les problèmes qui en découlent ne relèvent pas de la seule compétence et du seul pouvoir de spécialistes et de professionnels.
Tout lecteur assidu des actes de lecture aura constaté, dès les premiers numéros, que la déscolarisation de la lecture est au centre de la réflexion de l’AFL. C’est un élément moteur de son action et c’est, sans doute, à travers elle, que le discours et les activités de l’association trouvent leur cohérence. il ne s’agit pas de faire encore mieux ce qui est déjà fait, l’idée est de dépasser le système éducatif actuel basé sur l’alphabétisation pour se lancer dans la lecturisation par le biais de politiques territoriales de la lecture.
La chose est entendue du côté des acteurs de l’Education nationale.
Collaborer avec l’extérieur, certes, si tant est que l’école reste le pivot, garde la maîtrise et que rien ne vienne perturber son fonctionnement...
La chose est entendue du côté des acteurs de la culture si tant est qu’il s’agit de multiplier des actions contribuant à développer le goût de lire dans et hors les murs, dans et hors l’école...
Mais au-delà ? du côté d’un corps social qui prend conscience de la nécessité démocratique de partager la maîtrise d’un outil de pensée ?
À l’heure où l’AFL repense son logiciel elsa et passe au web afin de permettre, à toute personne de recourir, par le biais d’une plateforme informatique, à un entraînement d’une quarantaine d’heures qui va l’aider à accroître l’efficacité de sa maîtrise de la langue écrite, il s’est avéré nécessaire de faire un point sur cette question, centrale pour notre association, qu’est « la déscolarisation ».
Pour ce dossier, ont été réunies 4 contributions :
► La première propose, de nouveau, la lecture d’un texte qui, en 1992, reprenait le concept en détails tout en redonnant la liste de l’ensemble des contributions qui en avaient fait leur sujet central. il précise, en particulier, que la déscolarisation de la lecture exige un ample « mouvement porteur », la conviction partagée de son impérieuse nécessité et la volonté de ses acteurs de rompre avec les pratiques habituelles... (Michel Violet, pp.36-40)
► La deuxième est la réécriture, en 2015, du texte paru, dès le n°3, en sept.83, « la lecture, une affaire communautaire », où le concept était présenté pour la première fois... (Jean Foucambert, pp.41-47)
► La troisième, écrite en droit de réponse pour le magazine d’information hebdomadaire Marianne, permet de replacer ce concept de déscolarisation dans l’histoire plus vaste de la pédagogie de la lecture... (Jean Foucambert, pp.48-53)
► Quant à la dernière, elle donne à lire un exemple détaillé et analysé, en collaboration avec des partenaires extérieurs, d’une pratique de déscolarisation pour un autre langage... (Laurence Dauguet, pp.55-62)
Bonne lecture... déscolarisante !